jeudi 3 novembre 2016

Les conditions du changement

J'écoutais parler les policiers mécontents. J'ai été frappé par la pertinence de leur propos. Mais, pourquoi attendent-ils le secours des politiques, alors qu'ils sont mieux placés qu'eux pour comprendre leur situation, et lui trouver des solutions ? D'ailleurs, ils ont fait un premier pas dans cette direction : ils ont éliminé leurs syndicats. 

Il y a là les symptômes d'un changement. S'il est possible c'est parce que l'éducation a été "massifiée". Il est fini le temps où seule une classe étroite pouvait décider ; où l'action politique était réservée à quelques-uns. Et c'est probablement le sens de la loi El Komri. Il s'agit de donner le pouvoir au peuple, qui peut maintenant l'assumer. (Pour le reste, c'est une invraisemblable usine à gaz, selon les spécialistes.)

Question : qu'est-ce qui va faire le déclic ? Qu'est-ce qui peut provoquer la prise de conscience qu'il faut cesser de réclamer ou de se plaindre et agir ? Que la politique n'est pas une histoire de professionnels mais de citoyens ?

Peut-être, une fois de plus, cela tient à notre "anxiété d'apprentissage" : le peuple ne bougera que lorsqu'il saura comment coordonner son action collective.