mardi 31 janvier 2017

Alexandre Koyré

Alexandre Koyré, philosophe des sciences. La science fait des découvertes qui changent notre manière de penser, non ? Non. La science ne fait que confirmer nos idées préconçues, dit Koyré. On ne trouve que ce que l'on cherche. Galilée ou Newton résultent d'une façon de concevoir le monde nouvelle. Avant on pensait séparation entre terre et espace. Après on a fusionné les deux.

Querelle de clerc ? Non, c'est notre bonheur qui est en jeu. Car ce modèle mental a laissé l'homme de côté. On a cherché à régler sa vie avec ce que l'on avait : les lois de la physique. Et s'il suffisait d'adopter une autre façon de penser pour sauver la planète et nous assurer le bonheur ? Hannah Arendt, peut-être venue de Husserl, semble dire comme Koyré. Bergson, idem. (Koyré a suivi les cours d'Husserl et Bergson.) Et la systémique d'après guerre cherche à créer une science de la société. Koyré semble avoir l'élite intellectuelle (la vraie, celle qui est capable de penser) de son côté. 

Mais ceux qui dominent le monde ne sont pas des Husserl ou Bergson.  Ils sont "concentrés sur leur objectif" disent les Américains. Des managers professionnels ou des ritualistes de l'intelligence. Des individualistes que leur succès conforte dans leur contentement de soi. Ils financent une science à leur image : une science de l'individu. Et si la science du développement durable ne pouvait résulter que de l'élimination à la loyale des "individualistes" par des "sociaux", qui battraient les premiers à leur propre jeu, l'économie ?