mercredi 21 décembre 2016

Appliquer la loi El Khomri

Comme je le disais dans un billet précédent, beaucoup de gens pensent que la loi El Khomri sert leur idéologie. Qui va gagner ? Celui qui ne se contente pas d'attendre, mais qui agit. S'il y a une leçon de l'histoire, c'est bien cela. Alors, comment mener le changement ?

Méthode des scénarios
Une bonne façon d’affronter un avenir incertain, c’est la méthode des scénarios. J’en vois trois. 
  • Si l’application de la loi se fait en situation de crise, ce sera favorable au scénario « zone franche ». Avec effet domino du type de celui que provoque la loi sur les faillites américaine. L’entreprise améliore sa compétitivité à court terme. Ses concurrents sombrent. Ils utilisent la loi, à leur tour. Cercle infernal. Jusqu’à ce que la concurrence cesse faute de combattants. 
  • Le scénario allemand permet à l’entreprise de se tirer de ses difficultés par le haut. Il augmente ses marges et sa différenciation. Malheureusement la crise est favorable au changement, mais pas à la sagesse. 
  • En conséquence, un scénario vraisemblable est celui du village gaulois frappé par le choc de complexité. Car le droit social a été singulièrement complexifié par la Loi El Khomri, si j'en crois ce que l'on me dit...
Elan vital
Moment difficile. 
  • Premier danger : la complexité. L’antidote à la complexité, c’est la simplicité. Il faut un cap. D’abord, un projet de transformation fort. Les obstacles seront d’autant moins gênants que les bénéfices attendus seront motivants. Surtout, il ne faut pas perdre de vue l’esprit de la loi, et les intérêts vitaux de l’entreprise. En fait, l’un va avec les autres. 
  • Second danger propre à un environnement chaotique : la surprise, le coup de théâtre. Le succès est dans la préparation. En particulier, la méthode des scénarios dont il est question plus haut. A condition d’en comprendre le véritable intérêt. L’expérience montre que ce n’est pas de prévoir l’avenir. C’est impossible. C’est, au contraire, de vous entraîner, de vous préparer mentalement à saisir les chances que crée l’incertain. Un homme averti en vaut deux, autrement dit… 
Morale ? Je crois que c'est celle dont je parlais dans mon article sur le succès des start up. Ce qui fait réussir, c'est la détermination. Et elle se trouve. Difficilement. Il faut chercher la fondation de ses convictions. Ce qui demande d'affronter ses contradictions. C'est la façon dont Socrate voyait l'accouchement : balancer le nouveau né dans de l'eau glacée, pour voir s'il survit. C'est comme cela que se révèle "l'élan vital". Au moins en théorie.