lundi 19 décembre 2016

Choisit-on de faire le mal ?

Ma théorie : Les actions de Mao sont en grande partie prédéterminées. Sa vie (la longue marche, et le changement de l'intérieur) illustre le type de changement que subit la Chine depuis des millénaires. Ensuite, il mène une lutte contre l'influence extérieure qui vide le pays de sa substance, le réduit à la misère, et l'empêche de se redresser. L'intellectuel chinois en est arrivé à penser que la solution au problème est de mettre la culture occidentale au service de la chinoise. Pour cela Mao, le pays ayant récupéré sa souveraineté, utilise des techniques de conduite du changement classiques : la révolution culturelle. Il s'agit de faire rentrer dans la culture (au sens anthropologique du terme) chinoise le savoir-faire occidental, par une expérience collective réussie. (C'est comme cela qu'un match de foot gagné soude une bande de gamins.) Millions de morts. Ses successeurs poursuivent dans la voie du changement social, eux aussi. Mais, ayant constaté l'échec de Mao, ils ont essayé autre chose. Ils ne sont donc pas forcément plus sympathiques que Mao. Ils sont seulement plus jeunes que lui. Moins de morts, mais tout de même des conséquences : une pollution effroyable. J'ajoute à cela que Mao n'a pas eu beaucoup de temps pour s'entraîner à diriger le pays le plus peuplé du monde : il vient d'un milieu paysan, et il a passé sa vie à se battre. Pourquoi le Chinois aime encore Mao, en dépit de ce raté sanglant ?  Que se serait-il passé, si la Chine n'avait pas réussi à sortir de l'état dans lequel elle était encore avant guerre ? Comment serait son peuple ? Peut-être compare-t-il la Chine à l'Afrique ?...

Mon interlocuteur me disait que tout dirigeant, de nation ou d'entreprise, peut choisir de faire le bien ou le mal. Mao avait choisi la voie du mal. Quant au Chinois, il ne pense pas. J'ai demandé à mon interlocuteur ce qu'il aurait fait à la place de Mao. Il m'a répondu que ce n'était pas la question.