samedi 31 décembre 2016

Ombre de Paris

Mes amis m'ont affirmé que je faisais une erreur de m'installer hors de Paris. Un de mes changements de cette année. La vie parisienne me manquera, m'ont-ils dit. 

Mais qu'en reste-t-il, de Paris ? J'ai couru à une époque les cinéclubs. Mais la majorité des films est porteuse d'un message moral bien lourd, et c'est lassant. Quant au théâtre, qu'est-il en comparaison de ce qu'il fût à l'époque de Victor Hugo ? Les concerts ? La vie dans les bars ? Cher et prétentieux. La ville elle-même n'a plus rien du charme auquel Walter Benjamin était sensible quand il s'y promenait. Les Champs Élysées ne sont plus que fast food et bling bling pour parvenu, les monuments historiques sont récurés, et la mairie et le pouvoir culturel, avec un goût de chiotte affirmé, y construisent partout des immeubles écoresponsables, qui font regretter l'esthétique soviétique. Il reste une librairie, rue des écoles, et quelques magasins, que l'on ne trouve pas en banlieue. Mais ils ne sont pas perdus.