dimanche 17 décembre 2017

Anti Clint

Le film de Clint Eastwood dit toujours la même chose. Rien n'est assez fort pour faire plier la volonté de l'homme, seul. Tout problème a une solution.

L'affaire Weinstein est un moment anti Clint. On y entend des actrices extrêmement riches dire : Harvey Weinstein nous a contraintes à faire ce que nous ne voulions pas. Mais que risquaient-elles à ne pas obéir à ses volontés ? Le sort de Causette ? Et encore, Causette n'aurait probablement balancé personne. C'est plutôt un personnage pour Clint Eastwood.

Paradoxalement Harvey Weinstein était au coeur du dispositif démocrate. Visiblement, ses agissements étaient des secrets de polichinelle. Pourquoi le scandale survient-il justement chez les forces de la morale, qui prônent la liberté, les droits de l'homme, l'égalité des sexes, comme valeurs absolues ?

Retraite

J'observe des retraités. C'est le bonheur fou. Ils sont en excellente santé, ont des revenus supérieurs à ceux des actifs, et rien à faire. La plupart voyage beaucoup.

Je lisais que jadis la retraite était une sorte de pension d'invalidité. La société aidait ceux qui ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins par leur travail. C'était l'antichambre de la mort. Aujourd'hui, c'est devenu de grandes vacances. Ce qui pose le problème du vieillissement, me disait un anthropologue qui a étudié un EPHAD. Peut-être sommes-nous la première société qui a refusé d'envisager cette question.

samedi 16 décembre 2017

Corse

Discussion avec un Corse... Pourquoi les nationalistes dirigent-ils l'Ile ? Parce que les autres partis se sont compromis avec des intérêts "mafieux". Les nationalistes remettent de l'ordre et de la rigueur. Les Corses sont moins nationalistes que pragmatiques.

(Il se passe, en Corse, à la mode locale, ce qui se passe sur le continent.)

Sauver le monde

"Cela fait plus de trente ans que demain il sera trop tard, et rien ne change", lisait-on dans Le Monde.
Le développement durable, ça ne remonte pas à hier. Cela fait plus de soixante-dix ans que l'on a pris conscience du danger que l'homme court. Après guerre, c'était la peur du totalitarisme, et accessoirement de la bombe atomique. Puis, début 70, c'est la croissance qui est en cause. Ce qui n'a rien de neuf, puisque c'est déjà la thèse de Malthus. Ensuite arrive l'effet de serre.

Depuis 70 ans, on croit que la science peut résoudre le problème. Après guerre, il y a eu la systémique. (En ces temps toute la science était systémique.) On a pensé mettre au point une science des sociétés. Etrangement, le travail des géants de la science d'après guerre a été enterré. Aujourd'hui on ne parle plus que d'économie, de psychologie et de neurosciences. Le monde est devenu individualiste, et sa science avec lui.

Pourquoi, alors, rien de significatif n'arrive-t-il ? Peut-être parce que le développement durable ne préoccupe que les élites. Si les dites élites se préoccupaient de ce qui compte pour le reste de la population, peut-être alors accoucheraient-elles d'un changement qui a des chances de se réaliser ?

vendredi 15 décembre 2017

Notre Dame des Landes

On reparle de Notre Dame des Landes. Une poignée d'activistes a mis en déroute l'Etat et la démocratie (un vote local a été favorable à la construction de l'aéroport).

Peut-être les activistes ont-ils raison. Peut-être la sauvegarde de l'endroit est-il d'intérêt planétaire ? Peut-être que le procédé démocratique a été détourné par quelque pouvoir mafieux ? Mais, ce qui est ennuyeux est que, si les activistes ont le dernier mot, cela voudra dire que n'importe qui peut faire comme eux. Car, nous sommes tous convaincus d'avoir raison. C'est la guerre civile.

Ce que doit construire le gouvernement, ce n'est pas un aéroport, c'est un processus de décision collectif accepté par tous.

Force tranquille

Interview du ministre de l'éducation. Message que j'entends : on identifie les problèmes à résoudre, on cherche ce qui semble marcher pour le résoudre, et ensuite on met au point. Pas de révolution. On améliore ce qui existe. C'est la définition même du pragmatisme, au sens philosophique du terme. Et c'est totalement opposé aux affrontements idéologiques qui ont cours chez nous d'habitude. C'est une forme de désenchantement du monde politique. Le bulldozer Macron enterre 68.

(Par ailleurs, il semblerait que la côte de popularité de M.Macron s'améliore régulièrement : ce qu'il fait marche.)

jeudi 14 décembre 2017

Ecole 42

Un ami embauche un stagiaire de l'école 42. Difficile à faire passer : il demande le double d'un stagiaire Bac + 5 alors qu'il est Bac + 4. Mais cet ami a beaucoup appris de ce stagiaire. Les technologies informatiques évoluent vite, et l'on n'en sait rien. Bon investissement.

Un prof de fac me disait que les élèves n'attendaient rien de l'université, sinon un diplôme. Et si l'école 42 était le signe d'un changement ? Plutôt qu'une école qui sélectionne de beaux esprits, une école qui arme des combattants ?

Génie

Je lis une biographie de Schelling. Curieusement, il a étudié avec Hegel et Hölderlin. Et ils étaient proches de Fichte et de Goethe, et de Kant. Et, de tout ce que l'on connaît aujourd'hui du monde intellectuel et artistique allemand de cette époque.

En même temps, loin d'avoir une pensée compliquée et rigoureuse que seul le normalien peut comprendre, ces gens ne faisaient qu'exprimer l'esprit de leur temps. Ils disaient, à leur manière, le romantisme et l'émerveillement de leur société face à la science naissante.

On croit aujourd'hui que le génie sort de la concurrence la plus large possible. Il semble, au contraire, qu'il émerge d'une sélection initiale plus ou moins aléatoire (dont l'intérêt est de concentrer des ressources rares de formation sur quelques personnes) et d'une sorte d'effet "cluster" : une "copétition" entre un tout petit nombre de proches.

(Cela signifie peut être aussi qu'il y a très peu de différences entre les hommes. Dans des conditions favorables, nous avons tous les capacités des devenir des génies ?)

mercredi 13 décembre 2017

Compréhension

En relisant un texte écrit il y a longtemps, je l'ai trouvé difficile à comprendre. Il m'a fallu du temps pour retrouver l'esprit de l'époque.

Un mathématicien éminent me disait quelque chose d'approchant. Lorsqu'il lit un livre de maths, même sur un sujet connu, même relativement élémentaire, il a besoin de commencer par parcourir avec beaucoup de soin ses premiers chapitres.

L'écriture ou tout autre jeu de symboles ne semblent pas parler d'eux-mêmes. Ils provoquent des sortes d'associations avec l'expérience. Le haïku, confirmation de cette théorie ?

Ecosystème

On dit que ce sont nos microbes qui ont tué les Indiens d'Amérique... On dit aussi que si notre écosystème est aussi agressif, c'est parce que notre mode développement, à commencer par l'agriculture, a détruit l'équilibre naturel. Du coup, les éléments se sont déchaînés. Mais ce qui ne nous a pas tués nous a renforcés. Notre environnement est hautement toxique. Mais nous sommes vaccinés.

Je me demande s'il n'en est pas de même de la culture, au sens anthropologique du terme. Nos intellectuels sont tombés amoureux de la contre culture américaine. Or, celle-ci, comme le disait un billet précédent, n'a rien de "contre". C'est une partie intégrante de la culture américaine. C'est là que naît le nouveau business. C'est le creuset de la destruction créatrice. C'est la matrice du capitalisme. On y trouve aussi bien Bob Dylan que Bill Gates ou Al Capone : des milliardaires en puissance.

Nous n'étions pas vaccinés contre cette contre-culture, alors elle a liquidé la nôtre ? (Et toutes les autres cultures, d'ailleurs ?)

mardi 12 décembre 2017

Licenciement

Hasard ? Plusieurs licenciements du même type parmi des proches. Plus de 55 ans, gros travailleurs, très qualifiés, très dévoués, ayant des circonstances qui jusqu'ici les auraient rendus intouchables (invalidité lourde, asile politique...). Un hasard ?

Que leur reproche-t-on ? Une intransigeance gênante. Premier effet des nouvelles lois sur le travail ? Elles n'ont pas changé grand chose, mais elles ont fait croire que le licenciement devenait facile ?

Comme le disait un autre ami, qui a passé sa vie à désamorcer des "bombes sociales", ce type de lois pourrait avoir des conséquences imprévues. Si l'on n'a plus confiance dans le droit, on empruntera d'autres méthodes...

Grève Macron ?

Grève dans le RER. Motif nouveau : management insupportable (article du Monde). Injonction paradoxale : les dirigeants des services publics les ont laissés se dégrader (faute d'investissements, ou à cause d'investissements malencontreux), et ils exigent aujourd'hui de leurs personnels de compenser des dysfonctionnements qui ne sont pas de leur ressort ?

Mais, aussi, évolution des temps ? Il semble que ce soit un mouvement venu de la base. Comme dans les lois travail, les syndicats ont de moins en moins de sens, l'entreprise devient une démocratie, dont les membres se fédèrent spontanément ? MM. les dirigeants préparez-vous au changement ?

Intelligence fragile

Les grosses intelligences tendraient à être instables. C'est ce que semble dire une étude. Le haut QI souffre plus que la moyenne de troubles du comportement. Il réagirait de manière excessive aux aléas de la vie. (Aléas qu'il pourrait être le seul à voir.)

Choisissons des dirigeants pas trop intelligents ?

lundi 11 décembre 2017

Communication

Depuis quelques temps, je lis que l'image de la France a radicalement changé aux yeux des investisseurs étrangers.

C'est étrange, car, qu'est-ce qui a changé, pour nous ? Comme quoi la communication est tout ?

(Dans un sens, comme dans l'autre. Si ce changement d'humeur se révèle bon pour nos affaires, on pourra se demander si la communication de nos précédents gouvernants ne nous aura pas coûté cher.)

Populisme

Il y a un peu de Johnny Halliday dans tous nos hommes politiques. C'est étrange. En effet, hier, il était de bon ton de se moquer de l'inculture de Johnny.

Nous avons peut-être renouvelé notre chambre des députés, mais une chose ne change pas : la volonté de faire peuple, chez nos élus ?

dimanche 10 décembre 2017

Intelligence artificielle

Répétitions d'une formation à l'intelligence artificielle. Deux parties : comprendre ce que cache l'IA, et appliquer aux cas de trois entreprises volontaires. Objectif : qu'elles sortent de la salle avec un fil directeur à suivre.

Première partie - tour de force. Rien n'est masqué de la complexité du sujet, et de ce qui fait les avancées actuelles, sans pour autant que l'on soit perdu. On a même droit à quelques équations terrifiantes, si on les avait rencontrées sans être accompagnés.

Mais ce n'est pas le plus surprenant. La seconde partie conduit à un résultat inattendu. La première est, au fond, ce qu'il faut savoir sur l'IA pour comprendre que ça ne vous concerne pas. Quasiment chaque entreprise a un problème qui lui est propre. Et il correspond à une famille de questions mathématiques "classiques" bien qu'inconnues de nous. Dans un cas, définir une "fonction d'utilité" était le noeud du problème. Et il y avait tout pour cela. Dans un autre, il fallait s'intéresser aux travaux sur "le choc commun". Dans le troisième, "l'intelligence naturelle" avait trouvé une solution au problème. (Dans tous les cas, les questions susceptibles d'être résolues sont critiques pour les affaires de l'entreprise concernée.)

Leçon de modestie. C'est peut-être la première fois que je prends conscience d'à quel point je sais peu. Les mathématiques sont faites d'un nombre infini de ramifications. J'ai aussi compris qu'il fallait se méfier comme de la peste des idées reçues. Les outils tous terrains sont ceux qui fonctionnent le moins bien. Malheureusement ils nous fascinent, de même que les insectes sont attirés par une lampe.

Show

Des amis sont allés assister à la cérémonie funéraire de Johnny Halliday. J'ai pensé qu'ils avaient eu raison : c'avait été une bonne occasion de sortie. La mort de Johnny aura été comme sa vie : un show. Et, comme ses mariages : un cercueil blanc, des célébrités, des motards, et probablement Paris Match. L'aura-t-on vraiment pris au sérieux ?

samedi 9 décembre 2017

Mythes

Dans ma jeunesse, Jack Welsh était un mythe. Pas uniquement pour moi : il a séduit et épousé la rédactrice en chef d'Harvard Business Review ! Aujourd'hui GE va mal. Et on soupçonne que Jack Welsh en est la cause. Diversification hasardeuse.

Nouvel exemple d'une longue tradition de la littérature du management américaine ? Son principe est de dire : imitez les "meilleures" entreprises (ENRON, GE, IBM...). Si elles sont les meilleures c'est pour telle et telle raison. Puis, quelques temps après, la belle entreprise se révèle un village à la Potemkine.

Ce qu'il y a d'étrange est que le phénomène se reproduise. La société ne semble pas avoir de mémoire.

Johnny culture

Vendredi soir, "La dispute" de France Culture assassinait Johnny Halliday. Voilà qui tranchait avec la pensée unique de la presse. J'en retiens l'image de quelqu'un d'une gentillesse désarmante, mais de capacités intellectuelle et artistique limitées, qui avait été malmené par les événements.

(Curieusement, les journalistes estimaient qu'ayant eu des amitiés de droite, il n'avait pas été un "rebelle". J'aurais tendance à penser le contraire : pour un artiste, il n'y a rien de très original à être de gauche.)

Angleterre

Que va devenir l'Angleterre après le Brexit ? Dans ma jeunesse, on disait que l'Anglais était paresseux. Mon expérience ne permet pas de réfuter cette opinion. Mais le talent de l'Anglais a été d'attirer chez lui des entreprises et des hommes qui lui ont apporté leur génie et leur fortune. Pour cela il a exploité (en particulier) sa position de nid d'aigle au sein d'une Europe faible.

Est-ce la paresse qui va gagner ? Ou, au contraire, le chaos ? Le pays va-t-il en revenir à son état d'avant la conquête de Guillaume ? Base pour raids de pirates ? L'Europe a-t-elle les moyens de faire basculer son voisin dans un scénario plutôt que dans un autre ?

vendredi 8 décembre 2017

Intelligence artificielle

Préparation d'une formation à l'intelligence artificielle...

En fait, c'est plus large que cela. Il s'agit d'analyse de données, et, même, de mathématiques appliquées. Le moment principal de la formation consiste à faire parler le participant de ce qui préoccupe sa société. Il s'agit de trouver la question mathématique qui y correspond. Ensuite, on comparera les techniques (algorithmes) qu'il utilise avec ce qui se fait de mieux. Puis on chiffrera les gains qu'il y aurait à changer.

Intéressante préparation !
  • "J'ai des données, l'IA doit pouvoir faire quelque-chose pour moi" (A peu près tous les propriétaires de start up désirent ajouter une ligne IA dans leur business plan). L'IA fait des miracles ? Eh non. Si l'on ne sait pas ce que l'on veut résoudre, l'IA est sans utilité. De plus les données dont on dispose sont généralement inutilisables telles que. 
  • "Je n'ai pas de données." C'est rarement le cas. Seulement, on ne les voit pas. Et, même quand on n'en a pas, on peut en collecter.
  • "Je n'ai pas de problème, je viens pour m'instruire." L'IA n'est pas quelque chose de nouveau qui va nous permettre de faire du nouveau. C'est quelque-chose d'ancien qui nous permet d'attaquer des questions que nous croyions insolubles. 
La difficulté est de "poser le problème". Une fois qu'on l'a fait, les mathématiques peuvent, effectivement, faire des miracles. Mais c'est l'intelligence naturelle qui déclenche le feu d'artifice.

Trump

Je voyais l'autre jour que les mesures décidées par M.Trump allaient rapporter 47md$ à Apple. Président des riches. Mais qu'est-ce que cela nous fait ?

La première chose que l'on peut constater, c'est que, contrairement à M.Obama, M.Trump agit. Il n'est peut être pas aussi malin que M.Obama, mais en termes de changement, il le surclasse de la tête et des épaules. Lui, va laisser une trace dans l'histoire. Surtout, il nous met en face de nos responsabilités. En se repliant sur les USA, il nous laisse la place de reconstruire un monde à notre goût. Certes, il peut déclarer une guerre nucléaire à la Corée, mais là aussi, c'est notre responsabilité qui est en jeu. En effet, peut-on laisser un régime de déséquilibrés sans aucun contrôle ? Si M.Trump essaie de régler l'affaire à sa manière, c'est que nous ne le faisons pas. Enfin, pour le reste, M.Trump fait des expérimentations, qui ne nous coûtent rien. A nous de profiter de leurs leçons.

jeudi 7 décembre 2017

Fantôme d'Hollywood

Le fantôme d'Hollywood est celui d'une actrice qui est s'est jetée d'une de ses lettres. C'était lors de la grande dépression. Elle ne parvenait pas à trouver d'emploi.

Il semble qu'un engagement lui soit arrivé le lendemain de sa mort. C'est un classique. Ainsi on a retrouvé pas mal de gens congelés à proximité d'un village. Comme quoi il ne faut jamais désespérer. Si ça va vraiment très mal, c'est que l'on est proche du but ?

Gloire posthume

On dit que le léger Jean d'Ormesson n'était pas si léger que cela : comme M.Hollande, il était préoccupé de sa gloire posthume.

C'est étrange cette histoire de postérité. Elle sous-entend que nous nous intéressons au passé. Or, je ne suis pas sûr que ce soit une constante humaine. Les Egyptiens du dix neuvième siècle, par exemple, se fichaient de leurs antiquités. Elles étaient des inventions occidentales. De même la postérité suppose que nos descendants nous ressembleront. Or qu'y a-t-il en commun entre un ancêtre et un de ses lointains descendants ? Et à quoi ressemblera l'espèce humaine dans quelques siècles ? Qu'aura-t-elle en commun avec nous ?

mercredi 6 décembre 2017

Johnny Halliday

Après Jean d'Ormesson, Johnny Halliday. Dans ma toute première enfance, au début des années 60, c'était la plus grande de nos vedettes. On disait qu'il était très riche, et on parlait des voitures qu'il achetait. Cela surprendrait aujourd'hui, mais il était en concurrence avec Antoine, le degré zéro du talent. Je me souviens aussi que Johnny avait une réputation sulfureuse. Une sorte de fléau des valeurs de la France de l'époque. Le parfum du scandale faisait son succès.

Il a mal vieilli. Contrairement à Eddy Mitchell, l'âge ne lui pas apporté le changement et la maturité, mais la décrépitude. Des journalistes l'appelaient "le beau jauni" ou sous-titraient une photo de lui, aviné, "la dernière tournée". A l'époque certains se faisaient concessionnaires de voitures américaines, lui l'a été de la culture des USA. Et cela s'est arrêté là ?

Vote

Le Corse vote pour le nationalisme. On entend dire qu'il veut, donc, ce que veut le nationaliste. Est-ce juste ?

Condorcet a fait une théorie très compliquée pour déterminer un système de vote juste. Pour cela il a fait des hypothèses : le votant peut connaître exactement l'avenir, et trouver son idéal parmi les candidats. Dans la réalité, les candidats semblent aussi inquiétants les uns que les autres. Et, que vont-ils faire une fois élus ? D'autant que l'avenir est imprévisible. Alors, l'électeur use de "tactiques". Je soupçonne qu'en Corse, le nationalisme fait régner l'ordre. Et il n'a pas d'opposant crédible. Les nationalistes corses sont l'équivalent de LREM, au niveau national : le seul parti qui fonctionne. Alors on leur laisse le bénéfice du doute ? D'où phénomène identique dans les deux cas : taux d'abstention élevé ?

Car il y avait un phénomène ignoré par le génial Condorcet. Le groupe humain, sans que l'on sache trop comment, parvient à se coordonner. Cela est vrai pour l'équipe sportive. Mais aussi pour la société. C'est comme cela qu'un système fondamentalement injuste finit par être efficace.

(Et c'est aussi la raison pour laquelle la démocratie n'est pas nécessairement le régime le plus démocratique.)

L'adolescence est une courte folie

Les neurosciences expliquent l'adolescent. L'adolescent est avant tout un cerveau en construction. Le système de contrôle du comportement est le cortex préfontal. C'est la partie qui semble être apparue le plus récemment dans l'évolution. Elle se met au point au moment de l'adolescence. C'est pourquoi l'adolescent paraît tout fou. Il ressemble à une voiture de course qui aurait une direction de deux chevaux. Et c'est pourquoi, avec lui, ni la carotte ni le bâton n'ont d'effet.
A mature brain is quite good at predicting the necessary balance between effort and reward. It does this by using links between the cognitive control systems, found in the highly evolved prefrontal cortex, and the reward circuitry, made up of evolutionarily older sub-cortical structures, which controls motivation and “wanting”. These include the striatum and the anterior cingulate cortex.

mardi 5 décembre 2017

Jean d'Ormesson

J'ai été triste d'apprendre le décès de Jean d'Ormesson, ce matin. J'aimais l'écouter parler. Aujourd'hui, nous sommes tous sinistres et haineux. A commencer par ceux qui nous entretiennent d'empathie, de méditation, ou de développement personnel. Lui était plein d'une délicieuse joie de vivre. Aime et fais ce que tu veux ?

Lecture

Les jeunes Français auraient des difficultés de lecture. Cela fait longtemps que je voulais faire un billet sur le sujet. Un de mes clients m'a dit un jour "votre force c'est de savoir écrire". Je prends toujours des notes. Et il était légèrement agacé que je lui rappelle de temps en temps ce qu'il avait dit. Un jour je lui ai répondu : "ma force c'est de savoir lire". En effet, j'ai constaté que peu de gens semblent comprendre le contenu d'un texte.

Explication ? A l'époque où j'enseignais, j'ai remarqué que ce qui faisait que mes élèves comprennent mon cours écrit était que je les note. Je me demande si ce n'est pas la source du problème. Nous ne sommes pas habitués à chercher à comprendre pour notre propre compte.

Education nationale - l'avenir

Comment régénérer l'Education nationale ? Il faut commencer par poser le problème. On attribue à l'Education nationale beaucoup de fonctions, qui ne sont pas forcément de son ressort. (Suite de la série.)
  • Apprentissages initiaux (lire, écrire, compter)
  • Socialisation (apprentissage de la vie en société)
  • Esprit critique (penser, sans se laisser influencer)
  • Intégration (assimiler l'immigré, mais aussi éviter l'apparition de forces sociales centrifuges)
  • Epanouissement (ce que les psychologues appellent "réalisation de soi" : trouver et exprimer son identité). 
  • Formation pratique, en vue d'un emploi (c'est à dire d'une place dans la société)
  • Formation continue. 
Pour chaque question, il faut se demander ce que l'on désire réaliser, quels organismes (famille, entreprise, groupes sociaux divers, Education nationale...) sont candidats pour assurer cette fonction, lequel choisir, et comment le faire évoluer. (Il peut y avoir un mélange de solutions.) En tenant compte de la diversité des hommes. Et en n'oubliant pas que nous ne sommes pas seuls au monde.
Aussi, il est certainement une bonne idée de chercher les "bonnes pratiques". Si l'on parvient à comprendre les conditions favorables à une vie réussie (ou à une vie ratée), on pourra en faire profiter la société dans son ensemble. Une démarche d'expérimentation est impérative. 

Nouvelle constitution
Mais il y a plus fondamental. Ce qui est atteint, avec l'Education nationale, c'est le principe sur lequel repose notre société depuis la Révolution. Et peut-être même avant. Puisque la Révolution a emprunté beaucoup à l'Ancien régime. Ce principe, me semble-t-il, c'est que "l'on naît homme". (Il faut aussi dépoussiérer la question de ce qu'est la science.)
C'est lui qui a disjoncté. Il faudrait le remplacer. Cependant, il me semble que ce travail est impossible à faire par une approche purement théorique et intellectuelle, à la Platon. Il demande un processus créatif, qui se nourrit d'une confrontation au concret et au pratique. C'est en attaquant sous problème par sous problème qu'émergera un principe organisateur d'ensemble. 

lundi 4 décembre 2017

Histoire

M.Hollande aurait été obnubilé par sa place dans l'histoire. Mais l'hirondelle fait-elle le printemps, et M.Hollande, l'histoire ? Il semble surtout que sous Hollande pointait Emmanuel. Il a amorcé un virage, qui se préparait peut-être depuis longtemps, et qui a été négocié par M.Macron ?

N'en est-il pas de même de M.Trump ? Lors de l'élection de M.Obama, j'ai lu une étude qui expliquait que les USA oscillaient entre le prosélytisme et le repli frileux. Comme souvent, les deux résultent de la même idée. Les USA sont le bien. Donc soit il doit être étendu au monde, soit il doit être protégé du mal. M.Obama a amorcé le mouvement. Mais c'est M.Trump qui l'a amené à son terme.

Education nationale - le problème

Et si 68 avait bon dos ? Et si l'Education nationale était morte de sa belle mort ? Et si elle n'avait pas su se renouveler ? (Suite d'une série de billets sur ce sujet...)

Son projet : sélectionner des esprits d'élite, des individus. Elle sélectionne, elle ne forme pas. Le principe de l'Ancien régime est toujours des nôtres : on ne devient pas homme, on le naît.
Et comment sélectionne-t-elle ? Par un positivisme obsolète. Le progrès de la science patine, elle s'emmêle dans ses contradictions. Pourtant l'Education nationale croit toujours que l’on trouve « la vérité » grâce à une équation, et qu'il existe des esprits qui ont accès à cette vérité. Eternel Platon. Totalitaire, et pas scientifique (la science, c'est le doute) pour un sou.

Autrement dit : zéro en termes d’épanouissement humain ou d’apprentissage de la société. Mais aussi zéro pour l'acquisition d’un esprit "critique" (au sens des Lumière), c'est à dire des bases nécessaires à la pensée. Zéro pour la science. Et zéro pour l'apport de connaissances pratiques.

Comme d'habitude en systémique, il y a des conséquences imprévues. La société est contrainte à développer des mécanismes qui compensent les effets de l'Education nationale. Nous nous formons en réaction à l'education nationale ?

dimanche 3 décembre 2017

Indestructible Trump ?

Un proche de M.Trump plaide coupable dans une histoire de collusion avec la Russie. M.Trump est-il menacé ?

Il n'y a que ses opposants qui le pensent. Son camp a la majorité, et il n'a pas intérêt à ce qu'il parte. Plus généralement, l'affaire n'est pas plus sérieuse que celle des emails de Mme Clinton, ou celle qu'a traversée M.Clinton. Et lorsque l'on connaît la puissance de la CIA et son histoire, il est un rien ridicule de s'émouvoir de l'influence de la Russie.

C'est l'Amérique. En définitive, il n'y a pas de bien et de mal. Tous les coups sont permis. Ce qui compte est le résultat. Ce qui met en mouvement les événements. C'est le jugement de Dieu.

Education nationale - les conséquences

Quelles sont les conséquences de la transformation de l'Education nationale (billets précédents) ? Un retour à l'Ancien régime.
  • L’élite se reproduit. La sélection se fait sur l'habitat. 
  • Peut-on encore parler de culture ? Le niveau intellectuel du jeune semble bloqué à 10 ans. Pour masquer le phénomène, on appelle les BD des « romans graphiques ». Tout le monde est concerné. Du cancre, au normalien.
  • L’éducation crée le chômage. On a voulu faire de tout le monde un intellectuel. Non seulement on a dévalué ce que cela signifie, mais il n’y a pas de place pour autant d’intellectuels. Et il manque des personnes pour occuper des autres métiers dont a besoin une société. 
  • En détruisant le mécanisme français d'intégration, on a favorisé le développement de communautarismes. (Ceux-ci sont artificiels. Ce ne sont pas des internationales, ils n'ont de sens que par rapport à la France.)
(Le "retour à l'Ancien régime" n'est pas une insulte. L'Ancien régime fonctionnait sur une sélection par la naissance, et les coutumes assuraient la stabilité du système. La Révolution a substitué à ce modèle une sélection par le mérite et la libération des coutumes par l'éducation. En éliminant ces mécanismes, on en revient au système précédent.)

samedi 2 décembre 2017

SIDA

Hier, journée SIDA. J'entendais aussi une série interviews d'Etienne Daho (A voix nue). Il disait que beaucoup de ses amis en étaient morts. Ce qu'il attribuait aux pratiques sexuelles de son époque.

En 68, on disait "il est interdit d'interdire". Il se trouve que l'homme n'a pas en son pouvoir d'éliminer toutes les interdictions. Le rôle de la société est de lui faciliter la vie.

Education nationale - 68

68 a eu un effet systémique fascinant : il a trouvé la faille de notre système social. Mais ce 68, n'a pas été que de gauche. Beaucoup de monde y avait sans doute intérêt. Pour les pauvres, la disparition des tourments de l'école était probablement un soulagement, à court terme. Pour les riches c'était l'assurance que leurs enfants le resteraient, et à moindre effort. Que s'est-il passé ?
  • La « massification » de l’enseignement (secondaire et supérieur) l’a vidé de son sens. 
  • On a dit en 68 que l’école asservissait l’homme (l’exact envers du message des Lumières). Il ne fallait rien apprendre, mais s’épanouir. Les enseignants sont massivement gauchistes. Résultat : le maillon clé du dispositif, l'éducation primaire, a été torpillé. 
(Série de billets sur l'Education nationale.)

vendredi 1 décembre 2017

Désirable, équitable et durable

Désirable, équitable et durable, prend la place de liberté, égalité, fraternité, selon Jacques Fradin, expert des neurosciences. Il mène une croisade pour ramener l'homme à la raison, et lui éviter de disparaître. C'est le projet qu'il fixe au monde.

En y réfléchissant, j'ai pensé que cela définissait le type de mission auquel je suis associé. Le problème de l'entreprise, est, à son échelle, le même que celui de la planète. Mais, une fois de plus, l'affaire est paradoxale.
  • Le changement démarre par un blocage. Ce que l'entreprise désire, c'est de ne rien changer. Mais ce n'est pas durable. Alors on procède à des décisions qui ne sont pas équitables (licencier certains, réduire le salaire d'autres... pour que d'autres encore puissent poursuivre leur existence selon leur bon plaisir). C'est reculer pour mieux sauter (ou disparaître).
  • Le changement réussit lorsque l'on identifie un nouveau projet d'entreprise, équitable, et désirable. C'est ce que la systémique appelle un "changement d'ordre 2". Le changement peut être équitable, parce que l'objectif étant un peu éloigné, l'organisation dispose de latitude d'ajustement pour passer de l'un à l'autre.
(Ce type de changement n'a rien d'exceptionnel : la croissance d'une entreprise demande des réinventions permanentes.)

Education nationale - les principes

L'Education nationale jouait un rôle central dans le fonctionnement de notre pays. 68 lui a porté un coup fatal, sans apporter de remplacement. Voici une série de réflexions sur le sujet. On commence par les principes.

Ils viennent des Lumières. L'école, c'est la fabrique de l'homme libre. On est libre si l'on pense librement. Si l'on ne se laisse pas engluer par les coutumes, dont le seul rôle est de nous asservir. Elles sont "l'opium du peuple". Pour cela il faut apprendre à exercer son esprit. Il faut être un "philosophe".

A cette mission officielle semble être venue s'en ajouter une autre (contradictoire ?). L'Education nationale donne à chacun un rôle social, selon ses mérites. C'est « l’ascenseur social ». Sa pièce maîtresse est la sélection faite à l’école primaire, partout en France. Voilà pourquoi l'instituteur a longtemps était un esprit d'élite, premier de canton, missionnaire. C'est surtout le moyen d'intégration et d'uniformisation du pays. S'il n'y a pas de Catalans en France, c'est grâce au nettoyage ethnique que fut l'Education Nationale.

jeudi 30 novembre 2017

SNCF de Prévert

Métro, boulot, dodo, c'est fini. Grâce à la SNCF, l'homme n'est plus un numéro. Impossible de se laisser aller, de se rétrécir du cerveau, de s'avachir. C'est l'aventure à chaque voyage. Un jour c'est la voix qui annonce les stations qui me fait sortir en urgence du train, avant de revenir en catastrophe, sur les conseils des agents de la SNCF. Un autre jour, j'ai trois trains annulés et 2 retards sérieux sur 5 parcours de dix minutes... Et tous les jours je reçois trois ou quatre mails qui m'informent de retards ou d'annulations. (Mais jamais des retards ou annulations qui me concernent.)

Je trouve d'ailleurs aux explications de ces dysfonctionnements une sorte de créativité poétique : train qui n'est pas sorti de son hangar, ou qui, n'ayant pu redémarrer, bloque une voie, personne sur les rails, train détourné, passage à niveau qui ne marche plus, pont en réfection, feu... La SNCF n'est plus une triste entreprise d'ingénieurs qui ne savent que faire arriver les trains à l'heure. Elle a de la fantaisie. C'est la SNCF telle que la rêvait Prévert. Pour cela il lui a fallu la direction d'experts des sciences politiques ?

(PS. Un nouveau motif de dysfonctionnement : mouvement social.)

Les épées

Le roman précédent (Les jeux sauvages) m'a fait me demander s'il n'appartenait pas au même courant littéraire que l'oeuvre de Roger Nimier, et de quelques autres. D'où ma lecture des Epées.

Alors ? Ce livre a été publié en 48, par un auteur de 23 ans. Ses premières pages coupent le souffle. C'est une attaque en règle des fondations de la société. Le monde est abjecte. Et le héros, un milicien, s'en réjouit. La phrase et courte. Elle ne dit jamais ce que l'on attend d'elle. Mais, bien vite, cela m'a lassé. C'est de la mécanique.

J'ai pensé que la société de l'époque était extraordinairement permissive. Je me suis aussi rappelé Radiguet et Le diable au corps. Il semblerait qu'à chaque guerre la nouvelle génération ait une envie irrépressible de provoquer l'ancienne. Il est vrai qu'il est d'une audace folle d'insulter des gens qui vous veulent du bien.

mercredi 29 novembre 2017

Immigration

Article d'un Anglais éminent sur l'immigration. Il souligne un paradoxe. Le libéral (de gauche ou de droite) est pro immigration alors que, par principe, il détruit les conditions qui permettent l'immigration.

En effet, en niant la dimension sociale de la société ("la société n'existe pas" dit Mme Thatcher), qu'il conçoit comme un assemblage d'individus indépendants, il nie à la fois les forces (sociales) de résistance à l'immigration, et les forces (sociales) qui pourraient l'intégrer.

C'est ainsi que, traditionnellement, la France, depuis longtemps, est un pays de forte immigration. Mais elle possédait aussi des mécanismes efficaces pour l'absorber. L'école en particulier. Ils ont été attaqués.

Les jeux sauvages

Ce livre a une histoire. Je l'ai trouvé dans la maigre bibliothèque familiale, alors que j'avais cinq minutes à tuer. C'était le jour de la remise du prix Goncourt. Et j'ai été surpris de voir qu'il était dédicacé à une de mes tantes "si charmante" (on dit que ma tante, qui avait alors 19 ans, était la "plus jolie fille du bourg") ; et que l'auteur s'était enfoncé, pour cela, dans le coeur des ténèbres, en Corrèze profonde. Mais ce n'était pas fini. Wikipedia m'a appris qu'il était prix Goncourt 1950 ! Et qu'il a vaincu Marguerite Duras. Pourquoi n'en parle-t-on plus ? Parce qu'en ces temps, le Goncourt faisait gagner beaucoup d'argent. Et qu'avec cet argent, Paul Colin a acheté une ferme. Et qu'il n'a publié un autre livre que dix ans plus tard. (Une émission de télévision, traitant du prix Goncourt, l'a retrouvé, en 1970, dans sa ferme.)

Celui-ci montre à quel point notre société a évolué. Car c'est l'antithèse de la pensée dominante actuellement. C'est une sorte de "Bonheur fou", à la Giono. Une ode à la gloire du mâle exceptionnel, qui dompte les êtres inférieurs, la femme, la nature. Ce faisant il donne un sens à leur vie. Et ils lui rendent un amour aveugle. L'existence de l'auteur s'est voulue, semble-t-il, conforme à son oeuvre.

mardi 28 novembre 2017

Cabane

Lorsque j'étais petit, mon grand père m'avait fabriqué une cabane. Il avait plié des branches en une sorte d'ogive de ma taille de l'époque et couvert le tout par un véritable rideau de fougères. Elles étaient si denses que la pluie ne pénétrait pas. Et mon grand père y allait parfois faire la sieste.

Il lui avait fallu très peu de temps pour la bâtir, alors que j'en serais incapable. Peut-être faudrait-il réfléchir à deux fois avant d'abandonner nos compétences ?

Genre

Et quelle imagination fantasmagorique que cette division de l'espèce en genres ! Comment, en présence d'une femme, ne pas être constamment préoccupé par cette différence de formes, presque de natures, entre son corps et le mien ? Comment ne pas être obsédé par cette idée d'espèce dans laquelle elle et moi sommes représentatifs d'un genre différent ? Soit, nous avons reconnu ces genres et le dimorphisme sexuel nous est chose coutumière ; mais le fait, le fait seulement qu'il s'impose à nous et qui, plus nous le constatons, s'amplifie jusque'à nous écraser de sa monstrueuse présence ! (...) Et l'on arrive à étendre la signification de ce terme : "le genre" jusqu'à l'égaler à "l'espèce" ; oui une espèce dans l'espèce ou mieux deux espèces parallèles couplées entre lesquelles de constants échanges se produisent. On se demande même si elles sont solidaires et si, dans l'évolution, après des millénaires... un jour... (Paul Colin, Les jeux sauvages, Gallimard, 1950).
Cette citation est tirée du Goncourt 1950. Prix gagné contre "Le barrage contre le Pacifique" de Marguerite Duras.  Ce qui semble dire que cette opinion était alors largement partagée. Or, elle est diamétralement opposée à ce que l'on entend aujourd'hui. La seule chose de commun est ce curieux mot : "genre". Alors qu'aujourdhui on nous dit que le genre ne signifie rien, qu'il est une construction sociale, en 1950, beaucoup pensaient que cette construction sociale pourrait amener hommes et femmes à se comporter en espèces différentes. Et ils en étaient heureux.

lundi 27 novembre 2017

Stérilisation

Il n'y a plus que quelques parties du monde dont la population croit rapidement (un pour cent ?). Et ce n'est pas elles qui menacent la durabilité du monde, parce qu'elles sont pauvres. Même la fécondité de l'Inde s'est considérablement réduite : 2,24 enfants par femme. Et ce changement s'est fait naturellement. Voilà ce que disait la radio ce matin. (Ou, du moins, les cinq minutes que j'ai entendues de l'émission qui traitait de ces sujets.)

Ce qui n'a pas marché ? La politique de stérilisation forcée qu'a tentée un temps le gouvernement indien.

Ce qui m'a fait penser que la "stérilisation forcée" est ce que l'on appelle, en termes de technique de changement, un "changement dirigé". Et que c'est ainsi qu'actuellement les entreprises mènent leurs changements...

Fin de l'histoire

La Princesse de Clèves ou les mémoires du Duc de Saint Simon me font croire que le noble vivait au Club Med. Thorstein Veblen parle d'une "leisure class" au sujet des riches de son temps. Mais ce n'était pas n'importe quel loisir. Il était fait de rites compliqués. C'était un loisir d'esthètes à la Boni de Castellane. Un mode de vie qui a fasciné Proust.

Je me demande si le projet des Lumières, et de Marx, n'était pas d'apporter à tous la conception que les nobles avaient de la vie ; et si ce n'est pas ce qui a constitué le projet de la gauche : la culture pour tous. Malheureusement, de l'idée à sa réalisation, il ne restait plus grand chose de la dite culture. Ce qui fait que la gauche nous semble un peu ridicule.

Un tel type de société est-il possible ? C'est difficile à imaginer. Car il faut bien produire ce que consomme l'oisif. Et même si c'est la machine qui le fait, il faudra l'entretenir et savoir la fabriquer. Les sociétés qui semblent s'être le plus approchées de l'idéal du loisir démocratique sont les peuples "primitifs". Elles sont stables, et communistes. La culture nie le progrès ?

dimanche 26 novembre 2017

Changement en France

"Les anti ne bougent pas", disait un ami. Pour la première fois depuis bien des années, les réformes gouvernementales ne produisent aucun remous. En dépit des tentatives des médias et de l'opposition, rien ne se passe. Un invité d'une émission de France Info disait de la polémique suscitée par le cumul de mandats de Christophe Castaner : "tout le monde s'en fout". Et il a probablement raison.

Un sondeur, il y a quelques temps, constatait que "la France laissait sa chance au gouvernement". C'est probablement aussi juste.

Cela montre que, contrairement à ce que l'on a dit, le Français ne refuse pas le changement. Et que s'il s'y est opposé jusque-là, c'est qu'il lui supposait des intentions qu'il réprouvait ?

Affirmative action

Un statisticien me disait que la publicité ne représentait pas la population française. On n'y voit pas des gens majoritairement blancs. En revanche les affiches de la SNCF qui dénoncent la fraude montrent exclusivement des blancs bien habillés.

C'est un fait qui m'a frappé, il y a déjà longtemps, dans les séries télévisées américaines. C'est une sorte d'affirmative action : on y représente le monde comme on pense qu'il devrait être. C'est la croyance en la prédiction auto réalisatrice. C'est aussi pour cela que l'on nous parle tant des malheurs des femmes, par exemple. Nos élites croient en la puissance de la parole.

Cela semble en partie efficace. Peut-être jusqu'à ce que le peuple se rende compte qu'il est le dindon de la farce. Alors, il dégage les beaux parleurs ?

samedi 25 novembre 2017

Allumage paradoxal

L'intelligence artificielle de YouTube a sûrement repéré mes instincts lubriques. Elle me suggère des vidéos de virtuoses provocantes. "Dressed to kill." Il semble que ce soit devenu en genre. Il y en a un relativement grand nombre. Le contraste avec l'orchestre est frappant : les autres musiciens sont habillés de manière sinistre, c'est-à-dire traditionnelle.

Ce qui pose une question compliquée. D'une part la femme veut être séduisante, et pour cela elle en appelle aux instincts les plus primitifs de l'homme. D'autre part, elle veut être un homme comme les autres. De ce fait, elle place l'homme en injonction paradoxale.

Thèse, antithèse... quelle sera la synthèse ?

Transformation numérique

Les hasards de la vie font que je suis au coeur des bulles spéculatives. La transformation numérique, maintenant. Elle produit un phénomène auquel je ne m'habitue pas : la mode de management. Les entreprises se "numérisent", parce qu'il le faut. On nomme un responsable et hop, c'est parti.

Mais il y a encore plus surprenant. C'est qu'il y a beaucoup de choses extrêmement intéressantes qui sortent de ces expérimentations. (Et en grande partie parce que ceux qui les font sont des gens remarquables.) J'entraperçois de quoi "casser la baraque". Mais cela n'émeut pas l'entreprise. Le spécialiste de l'innovation est là pour tester des innovations ; le PDG pour diriger. On est dans le rite, il n'y a personne dont le rôle soit de changer. L'entreprise est en panne de leadership.

(C'est déjà ce que disait mon rapport sur les ERP, en 2002, l'ERP aurait pu être quelque chose de très utile si seulement on s'était donné la peine de réaliser son argumentaire de vente - qui n'était pas idiot.)

vendredi 24 novembre 2017

Black Friday

Après Halloween, voici Black Friday. Quelles sont les forces derrière ces importations ? Quelle est leur logique ? Une partie de notre société serait-elle devenue américaine ?

Dans les années 60, on aurait parlé de "l'impérialisme américain". Allons-nous subir le sort des sociétés colonisées ? Ou, pire ?, des sociétés décolonisées ?

Discrimination

"SOS Racisme et le CNRS publient ce jeudi l'étude "Diamant", qui révèle les discriminations exercées en France dans des secteurs du quotidien, comme l'accès à une assurance automobile, aux complémentaires-santé, aux crédits et à l'hébergement touristique."Article.

On apprend dans cette étude, notamment, que les assurances vous font payer plus si vous êtes vieux que si vous êtes jeune. Curieusement, elle ne s'est pas interrogée sur les discriminations du bac. Car, si vous vous appelez Joséphine, vous avez significativement plus de chances d'obtenir la mention très bien que si vous portez un autre prénom. N'est-ce pas honteux ? 

Et s'il y avait d'autres causes, plus sérieuses, à ces différences de traitement que la discrimination ? Et si le CNRS faisait, lui-même, preuve d'une discrimination bien peu scientifique ? 

Dangereux Uber ?

On apprend en même temps qu'Uber a subi un piratage de ses données et qu'il va équiper Londres de taxis autonomes... Sera-t-il capable d'éviter que ceux-ci soient assaillis par un virus ?

Et si Uber était une course en avant de paris fous ? (Ce qui n'a rien d'exceptionnel dans la culture anglo-saxonne de l'entreprise. "Bet the farm," dirait Monsanto.)

jeudi 23 novembre 2017

Discrimination

Pourquoi y a-t-il un noir et un blanc ? Pourquoi le blanc est-il sale et le noir propre ? (Publicité pour un revêtement auquel rien n'adhère.)


Suicide policier

J'entendais que les taux de suicide des policiers étaient exceptionnellement élevés. L'explication qui suivait l'annonce montre à la fois qu'il faut se méfier de ses premières réactions et à quel point Durkheim demeure indépassable.

En effet, les raisons évoquées sont : on est policier à un âge où l'on tend à se suicider ; le policier, par le jeu des mutations, tend à être coupé de ses proches - un facteur de dépression ; il dispose d'une arme...

Autrement dit, les conditions dans lesquelles vit le policier se prêtent au suicide. Comment lui sauver la vie ? Par le lien social, aurait dit Durkheim. La "police de proximité" n'est pas bonne que pour la proximité, elle l'est surtout pour le policier...

RSE

Une juriste s'interroge. Entre les mains du monde pourri des affaires, n'est-il pas obligatoire que la RSE soit vidée de son sens ? Je doute :

Les Etats s'effacent, les entreprises prennent leur place. Elles doivent assumer la responsabilité de la planète. C’est la logique (mondiale) de la RSE : entreprises comportez vous bien, si vous ne voulez pas être réglementées. Effectivement, il y a des batteries de lois liées à l’environnement, à la santé au travail… Elles vont dans le même sens que la RSE. Parce que la RSE correspond à des préoccupations mondiales.

Ensuite, l'entreprise obéit à la loi, et il y a des choses en commun entre l'esprit des lois et la RSE :
  1. L'article 1382 du code civil parle de responsabilité (civile). La question de la RSE, qui revient à s’interroger sur les responsabilités de l'entreprise, n’est-elle pas équivalente ? Construire une politique RSE ne revient-il pas à réduire les risques de poursuite auxquels l’entreprise est exposée ? (Voir les assurances responsabilité civile pour entreprise.) 
  2. La constitution, et en particulier ses annexes, notamment le fameux « principe de précaution ». 
  3. Esprit des lois qui régissent l’entreprise. En France, l’entreprise a une personnalité morale. Son fondateur ne peut pas faire ce qu’il veut d’elle, de même que les parents ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent de leur enfant. 
  4. Est-ce que la loi, d’une manière générale, n’a pas pour objet d’organiser la vie en société ? Est-ce que réfléchir à sa responsabilité sociétale n’amène pas, naturellement, à respecter l’esprit de la loi ? 
Finalement, comme le dit Adam Smith, ce n'est pas parce que l'on est inspiré par le mal que l'on ne peut pas faire le bien (et inversement). La presse étrangère dit que les investisseurs activistes imposent à l’entreprise des mesures environnementales, ou autres, qui sont du domaine de la RSE. Mais, s’ils le font ce n’est pas par amour de la nature, ou de l’humanité, mais parce qu’ils pensent que les Etats ou les opinions peuvent nuire à leurs intérêts. De même, l’actionnaire peut pénaliser une entreprise susceptible de subir les conséquences du réchauffement climatique.

Morale. La RSE peut être compatible avec les instincts les plus primaires de l’homme. « Greed and fear » disent les Anglo-saxons. Une erreur qui tue le changement est, justement, de voir le monde en termes de bien et de mal.


mercredi 22 novembre 2017

Pire qu'avant

Il y a des déçus du Macronisme. Ce sont ses adversaires politiques. Je les entends sans arrêt dire : "les élus de la République en Marche sont pires que nous". Ce qui, curieusement, sous-entend qu'ils s'estiment peu...

Je pense qu'ils pourront envisager l'avenir avec confiance, le jour où ils auront retrouvé leur fierté. C'est ça le changement quand il est réussi. En attendant, ils doivent faire le deuil de leur identité passée. C'est douloureux.

Penser et exister

Je pense donc je suis, dit Descartes. Et si c'était le contraire ? Les existentialistes estiment que tout commence par la recherche de son identité. Une fois que l'on a mis de l'ordre dans ses convictions, alors, on est capable de juger de manière à peu près cohérente.

L'explorateur sait qu'il peut mourir en chemin. Mais la vie d'explorateur lui plaît. Décider ce n'est pas être certain de faire le bon choix. C'est probablement éviter au mieux d'en faire un mauvais. Et c'est emprunter un chemin inconnu qui nous enchante. C'est peut être cet inconnu, plein de promesses et de danger, qui donne du prix à certaines vies ?

mardi 21 novembre 2017

Même combat

M.Trump est le meilleur ami du réformateur de l'Arabie saoudite. Ce faisant, il parachève le travail de printemps arabe encouragé par les démocrates.

M.Trump et Mme Clinton seraient-ils des frères ennemis ? Comme au temps des rois, où l'on s'entretuait entre père et fils ou entre frères, le conflit entre tenants d'un système n'est-il pas une condition de sa durée ?

Roi composite

L'histoire du Roi Arthur, homme de la Table Ronde, aurait été la somme des vies de cinq personnes. Arthur est inventé. (Article.)

Des mystères de la création. Son but était-il de distraire ou d'édifier, de même que Corneille à réinterprété des histoires anciennes au goût de son siècle ? Ou besoin d'une mythologie pour une forme de nationalisme ?...

lundi 20 novembre 2017

Glasnost

Partout dans le monde, la génération Macron prend le pouvoir ? Un jeune prince s'est emparé de l'Arabie Saoudite. Comme Xi Jinping, il a déclenché une campagne anti corruption (une pratique culturelle), pour se débarrasser des gêneurs. C'est surtout, peut-être bien, le dernier avatar du printemps arabe. Et aussi celui d'un changement plus fondamental, qui consiste à transformer le monde en un marché.

Les USA ont attaqué le royaume par son point faible : le pétrole. S'il veut survivre, il doit entrer dans le moule mondial de l'économie de marché. Comme il ne sait pas faire grand chose, il se raccroche aux modes du moment : il parle de transformation numérique et de développement durable. Et aussi, il doit s'acclimater aux moeurs occidentales, qui vont avec. Glasnost.

Comment cela se terminera-t-il ?

Emploi et mort

J'entendais qu'il y avait beaucoup plus de cancers à Fos sur Mer qu'ailleurs. Ils sont causés par la pollution industrielle. Mais les habitants ne bougent pas, car l'industrie fournit des emplois. (France Info.)

Voilà un argument que beaucoup de monde a oublié. Le développement durable, et même la santé, est une question de riche.

dimanche 19 novembre 2017

Art moderne

Le livre précédent raconte une curieuse histoire. Celle de l'art moderne. Cet art serait une réaction à Picasso : comment être aussi célèbre que lui, sans talent ? Etrangement, c'est possible. C'est la société qui décide du succès d'une oeuvre. Et son opinion peut être gagnée par d'autres raisons que le talent.

Explication du capitalisme moderne ? La règle du jeu est l'influence. C'est susciter un effet de mode. On a remplacé le talent de création, d'invention, par le talent de communication. On est dans l'économie irréelle.

La mariée des célibataires

Cela démarre bien, et finit platement, en roman ordinaire. Années 60, monde d'Andy Warhol. Art business, argent, défonce, sexe, harcèlement, dépression, mort...

L'intérêt : l'étude anthropologique d'une contre culture qui a submergé le monde. Or, elle n'a rien de "contre". Non seulement elle est culture de gosses de riches, mais les hommes d'affaires la suivent de près. C'est des marges que sortent les bulles spéculatives.

On y apprend aussi que le père de Warhol et de l'art contemporain, c'est Marcel Duchamp. Il voulait être Picasso. (Il a d'ailleurs eu sa période cubiste.) Mais il n'avait aucun talent. Alors, il a dynamité l'art. C'est pourquoi il plaît autant à la nouvelle génération. L'art contemporain : un cri de révolte contre le talent, de gens qui en manquent ? Mais, le marché n'enrichit pas le talent, mais ceux dans lesquels il se reconnaît ?

(Et, un livre tout en professionnalisme américain. C'est bien écrit, c'est habilement construit, c'est intello - cela reprend la trame de Gatsby le magnifique... Mais ça manque de souffle et de génie.)

samedi 18 novembre 2017

Goncourt des lycéens

Il paraît que le Goncourt des lycéens est le prix littéraire qui rapporte le plus. C'est curieux, car les lycéens doivent choisir parmi 15 personnes sélectionnées par les jurés du Goncourt. (France Info dixit.) C'est donc un recalé du prix le plus prestigieux qui gagne le gros lot. C'est d'ailleurs probablement pour cela que le vainqueur est une femme.

Illustration de l'irrationalité humaine. Ce qui plaît dans ce prix, c'est probablement "lycéen". On imagine des gamins dénichant une oeuvre qui avait échappé à la pensée unique des vieilles barbes. Le livre en lui-même ne compte pas. Des miracles du marketing. Mais aussi, validation sociale, dirait Robert Cialdini : nous sommes des moutons de Panurge.

Mais encore, irrationalité de l'auteur. Il préfère certainement gagner le Goncourt des grands plutôt que celui des petits, quitte à y perdre de l'argent. Autre illustration de la "validation sociale". Il n'a pas sa tête à lui, il est conditionné par la pensée collective.

Hypocrisie

On dit de l'Occidental qu'il est hypocrite. Le "bourgeois bohème" en est l'exemple type. Tartuffe aussi. Cela paraît risible ou criminel. Mais c'est surtout rationnel. L'hypocrite a un avantage immédiat. Exemples :
  • Depuis 68, il est dit qu'il ne faut pas brutaliser l'enfant. Du coup, l'école de la 3ème République a été démantelée. Mais les élèves d'enseignants réussissent magnifiquement. Pourquoi ? Parce que les enseignants se comportent comme n'importe quel homme, ils veulent la réussite de leurs enfants, et ils connaissent les ressorts du système, alors que l'enseignement auquel ils participent fait échouer les enfants des autres. 
  • Les théories économiques affirment que le marché fait une meilleure allocation des capitaux que l'entreprise. Donc l'entreprise doit se vider de son argent pour le donner à ses actionnaires. Mieux, elles expliquent, "théorie de l'agence", que si le dirigeant n'est pas actionnaire, il ne va pas administrer l'entreprise dans l'intérêt de l'actionnaire. Bref, cette théorie conduit à ne plus faire d'investissement productif, et à supprimer des emplois, pour donner des dividendes aux dirigeants des entreprises et des fonds d'investissement. Le "marché", c'est eux. (Et, curieusement, ce sont des frères.)
L'hypocrisie est probablement rendue possible par la division des tâches, propre à notre société, dont parle Adam Smith. Tant que l'on ne paie pas pour les conséquences de ses actes, paroles et comportements ont intérêt à diverger. En tout cas, cela pousse à faire du "fact checking" : quels sont les intérêts immédiats que cachent les nobles théories dont on me parle ?

vendredi 17 novembre 2017

Vide

Personne n'aime M.Macron dit la radio publique. Elle ne devrait pas s'en réjouir, car cela ne sert pas son camps. En effet, il n'a rien à proposer. Ce qui est curieux est à quel point notre président a fait le vide autour de lui. Non seulement il a récupéré ce qui était un peu opérationnel dans les idées de droite, mais il a absorbé une grosse partie de la bien-pensance de gauche. Il a même capturé le dernier écologiste vivant.

Que reste-t-il à ses opposants ? La nausée. L'angoisse existentielle. La confrontation avec le néant, ou l'absurde. Autrement dit, le changement. Kurt Lewin le décrit comm un dégel. Glasnost en russe. Il faut mettre en cause les principes en lesquels on croyait. Et en chercher d'autres, plus efficaces. Si la situation s'améliore, ces nouveaux principes gèlent. Changement de phase. De jeune con, on devient vieux con. Il y a cinq ans pour cela. Peut-être dix.

Sapiens

Nous sommes homo sapiens. Le nom est bien trouvé, à condition de traduire sapiens par "de raison", et pas par "sage".

Car la raison, ce n'est pas la sagesse. Au contraire. Je soupçonne que la caractéristique première de la raison est collective. Elle permet à une masse d'hommes de se comprendre. Du coup, ils peuvent s'organiser, s'entraider. L'union fait la force. La raison a donné à homo sapiens un avantage concurrentiel de poids. Elle permet à l'espèce humaine d'être résiliente.

Paradoxalement, la raison a fait croire à l'homme qu'il était, au contraire, un individu, que la société ne comptait pas. Il en résulte des crises de folie périodiques. Or, si l'homme suit ce que lui dicte la raison, il ne fait que des erreurs. Le monde est par nature irrationnel. Pour autant, pour une humanité qui a un minimum d'humilité, la raison n'est pas inutile. Elle permet d'expliquer (ou plutôt d'approximer) l'incompréhensible a posteriori. Mais, face à l'incompréhensible, c'est surtout le groupe humain qui est efficace. Il s'adapte et pense bien mieux que l'individu seul. Et c'est la raison qui lui donne cette capacité.

(En quelque sorte, la fin de l'histoire pour la raison, c'est Internet. C'est une humanité qui a fait sa jonction, qui est une.)

jeudi 16 novembre 2017

Nouvelle droite

Que vouliez-vous qu'il fit ? - Qu'il mourut ! Le combat de Laurent Wauquiez n'est-il pas désespéré ? Mais, sauf à faire allégeance à M.Macron, quel autre choix ? Mélenchon, ou rien ?

En termes marketing, il existe peut-être un "positionnement" pour lui. J'ai noté que l'électorat qui a été fidèle à M.Sarkozy, contre M.Hollande, avait des valeurs très particulières. Valeurs "conservatrices" au sens des Versaillais de la Commune ou des résistants à la Révolution. Il serait peut-être plus juste de dire "possédants". Le combat de M.Wauquiez est celui des Catalans et Daesh : créer une communauté. Ce qui demande, semblent dire ces deux cas, un endoctrinement.

J'entendais une universitaire expliquer qu'il avait les compétences nécessaires. Il est ce dont déborde la gauche, et manque traditionnellement à la droite : un intellectuel. Cependant, il fait face à deux handicaps. Tout d'abord, la bien pensance de gauche pollue la parole de droite. Elle ne parvient pas à se décomplexer. Ensuite, les mouvements conservateurs n'ont pas laissé en France un bon souvenir.

Paris ne s'est pas fait en un jour. Travaillez, prenez de la peine... ?

Process consultation

On fait changer les organisations et les hommes en améliorant leurs processus, dit Edgar Schein. Mais quels sont ces processus ? Edgar Schein en identifie quelques-uns. Par exemple, une organisation a un processus d'intégration de ses nouveaux membres. Seulement, moi, je n'ai jamais rencontré ces processus. J'ai essayé de voir si mes élèves se tireraient mieux d'affaire que moi, mais en pure perte.

Je pense que c'est Process consultation qui crée le processus. Un commerçant, par exemple, ne pense pas qu'il applique un processus de vente. La vente est sa vie. Il fait ce qu'il a été "créé" pour faire. Et c'est pour cela qu'il est efficace. Il n'a pas besoin de réfléchir pour agir. Lorsque ce qu'il fait ne va plus, il est tellement peu conscient du dit processus, qu'il va chercher des explications compliquées à ses maux. C'est alors que transformer ce qu'il faisait inconsciemment en un processus peut être utile pour l'aider.

En résumé. Quand ça ne va pas, c'est une bonne idée de penser processus. Seulement, il ne faut pas chercher un processus préexistant. Mais un processus à créer. Pour cela on a besoin probablement de quelqu'un qui va nous permettre de trouver le dit processus, et de l'explorer.

(Il est aussi possible qu'il y ait des endroits où les chemins ont été tracés. Par exemple, un enfant doué pour la course à pieds ne sera jamais un champion, s'il ne suit pas un processus d'entraînement. Mais ce sont rarement ces processus balisés qui nous posent des difficultés. D'ailleurs, dans certains cas, ils sont eux-mêmes le problème : avec eux il n'y aurait pas eu de jazz ; ils tuent la créativité.)

mercredi 15 novembre 2017

Papous

Les Papous est une émission de France Culture. Je l'écoute depuis 1986. Je pensais qu'elle avait démarré bien avant. Mais wikipedia prétend le contraire. Les Papous ce sont des exercices sur les mots. J'ai besoin d'un bruit de fond. Et celui que me fournit les autres radios ne me va pas. Ce que j'apprécie, de plus en plus, dans cette émission, c'est son calme. On n'y parle pas des malheurs du monde. Et on n'y dénonce personne.

To be or not to be 68
Drôle de mélange. 68 et anti 68. C'est anti 68, parce que tout y est une question de contrainte. Les Papous viennent de l'Oulipo. C'est la contrainte qui rend créatif. C'est aussi anti 68, parce qu'on y parle en alexandrins et en sonnets et que l'on cite Victor Hugo ou Corneilles. La culture de l'école républicaine de mon père est le matériau de l'émission. C'est aussi anti 68 parce qu'on n'y est pas entre normaliens philosophes, détenteurs officiels de la culture. C'est anar, au sens Brassens, ou Canard enchaîné du terme.

Mais c'est aussi 68. On y veille à défendre les femmes, les jeunes et les immigrés. Le noyau dur du groupe est fait de "vieux blancs". Les fameux anars. La nouvelle génération est celle des jeunes femmes. (Pas de jeune homme parmi les recrues.) Mais leur intelligence ne compense pas leur (notre) manque de culture. C'est Eva Almassy qui est le cocktail gagnant. Hongroise qui a fui le colonialisme soviétique, elle a une grande culture et un accent attachant, ce qui est capital quand on parle à la radio. Comme il est dit dans "My fair lady", seule une étrangère peut maîtriser aussi bien une culture. J'aimais la voix de Vassilis Alexakis (Grec). Mais je suis réservé sur le cas de Ricardo Mosner (Argentin). Accent peu compréhensible et humour absurde facile, à mon avis.

Cela en dit long sur la société ? La culture des jeunes est faible : l'émission pourra-t-elle durer encore trente ans ? Surtout, ce qui reste de cette culture est désormais entre les mains de la femme. L'inégalité a changé de camp. Mais aussi, l'émission explique peut-être pourquoi les peuples tendent à haïr les "outsiders". Ces derniers sont meilleurs que les premiers à leurs propres jeux, à leur propre culture. Cela s'explique certainement parce qu'ils en ont une vue extérieure. Ils ne lui sont pas intimement attachés, ils gardent la tête froide. La culture n'est pas un constituant de leur être, elle est un moyen, un véhicule, un jeu ?

(On pourrait dire, aussi, qu'il n'y a pas de minorités chez les Papous : immigrés ou non, on est entre blancs.)

Voyage sans cartes

Le Libéria en 1936. Aucune carte du pays n'existe. Zone vide. Tout au plus est-il indiqué qu'il y a des cannibales. Graham Greene va le visiter, durant 4 semaines, à pieds, avec une cousine, sur laquelle on ne saura rien, une trentaine de porteurs, et une caisse de whisky.

Qu'en voyons-nous ? Pas grand chose. Il y fait très chaud. Les natifs sont couverts de plaies, généralement syphilitiques. La lèpre est présente. On y est souvent pris de fièvre. L'habitat y est misérable, plein de rats et de parasites. Même celui de l'ethnie dominante : les noirs Américains qui ont été installés par les USA. Les USA sont d'ailleurs bien pires que les empires coloniaux, dit Graham Greene. Ils ont prêté des fonds au Libéria qu'il n'a pas pu rendre. Firestone, le fabricant de pneus, s'est emparé du pays, contre finances.

Tristes tropiques ?

mardi 14 novembre 2017

Deuxième espèce

En statistique, on parle de risque de première espèce : rejeter une hypothèse alors qu'elle est juste. (Tel médicament guérit bien le cancer.) On parle aussi de risque de deuxième espèce : accepter une hypothèse alors qu'elle est fausse. Il me semble que cette idée s'applique un peu partout, et que ces derniers temps, on s'est surtout intéressé au risque de première espèce. C'est ce qui pourrait être à l'origine de beaucoup de nos problèmes.

Prenons les cas de la justice. Son obsession est de ne pas condamner un innocent. Du coup, elle est extrêmement lente, et elle laisse passer beaucoup de coupables. Ce qui lui fait perdre toute crédibilité.  Paradoxalement, une justice qui ne prend pas le risque de condamner un innocent n'est plus une justice ! (On notera, au passage, que la justice du Far West est de deuxième espèce.)

De même avec le Brexit. La moindre petite vexation bureaucratique était montée en épingle (peut-être même inventée), pour condamner en bloc l'UE. Idem pour la notion de "président des riches". Et ainsi de suite.

Ramener tout à un risque de première espèce est probablement une méthode de sophistique. Elle fait l'hypothèse implicite que le monde n'est pas complexe. Ce qui est faux.

La vie de Franz Liszt

J'ai compris pourquoi Guy de Pourtalès a été célèbre pour ses biographies. Il connaît ses personnages comme ils ne se connaissent pas eux-mêmes, de l'intérieur. Il a un jugement définitif sur leur musique, en particulier. Est-ce pour autant invraisemblable ? Le plus surprenant est qu'il cite des lettres de Liszt ou parlant de Liszt, et qu'elles sont exactement dans le ton du livre. Il se trouve qu'il a été écrit moins de 40 ans après la mort de Liszt. Et que Guy de Pourtalès, grand aristocrate, a fréquenté les milieux dans lesquels Liszt a vécu.

On n'imagine pas qu'une telle célébrité puisse exister. Ce fut le plus grand virtuose de son temps. Il déclenchait des crises de folie collective. Ses concerts rapportaient des sommes fabuleuses. Il fut l'égal des empereurs et des rois. D'ailleurs il fut à une demi journée de se marier à une princesse russo-polonaise, avec qui il partagea une partie de sa vie. Ce fut l'Européen par excellence, comme la haute société de l'époque. Bien que Hongrois, sa culture était française, mais il a été au coeur de la musique allemande, et a vécu à Rome (il fut ordonné Abbé à la fin de sa vie), et ses concerts lui ont fait parcourir le continent. Sans lui, il n'y aurait probablement pas eu Wagner. Pendant longtemps Wagner, qui n'était que de deux ans plus jeune que Liszt, a crevé de faim. Personne ne voulait entendre sa musique, sauf Liszt, qui l'a nourri et a donné son oeuvre, quitte à se faire des ennemis. Et Liszt a défendu tous les compositeurs qui, depuis, occupent notre panthéon. Il semble avoir fait l'opinion musicale moderne. Cela va de Beethoven, dont il a connu les dernières années, aux compositeurs russes, en passant par Schuman et Berlioz. A tous les sens du terme, il fut extraordinairement généreux. Il a multiplié les concerts de charité, il a beaucoup fait pour l'oeuvre de ses contemporains, leur dédiant des concerts entiers, il les a beaucoup aidé, financièrement, et Wagner semble, musicalement, lui devoir beaucoup.

lundi 13 novembre 2017

CDD

En 2015, la différence entre allocations versées et contributions perçues par l'Unedic pour les CDI est... positive : il y a eu 18,892 milliards d'euros versés en allocations pour 29,28 milliards d'euros de cotisations perçues, soit un solde positif de 10,39 milliards. A l'inverse, pour les CDD, 8,88 milliards d'allocations ont été versées, alors que seulement 2,66 milliards ont été perçus, soit un trou de 6,22 milliards d'euros. La Tribune
En ce moment, je rencontre des patrons de PME. Je constate qu'ils sont terrorisés par les syndicats, les CE, et les CDI. Ce n'est pas toujours rationnel, mais c'est comme cela. D'autant que leur problème majeur, me disent-ils, est de trouver des employés... On marche sur la tête ?

Dans ces conditions, les mesures gouvernementales qui rendent le CDI plus facile à licencier qu'un CDD et qui donnent au dirigeant le pouvoir de court-circuiter ses syndicats, sont un pari qui n'est peut-être pas insensé. En effet, cela permet au patron de conjurer ses peurs. Or, il n'est pas enclin à licencier. Donc, non seulement cela pourrait créer de l'emploi, mais aussi résorber les déficits publics ?

Seulement, je constate aussi que le dirigeant ne connaît rien au droit.

Une sorte de vie

L'écrivain Graham Greene et ses débuts, difficiles. C'est l'occasion de retrouver l'Angleterre d'après la guerre de 14. Il appartient à une branche intellectuelle d'une famille fameuse.  En ces temps, on pouvait se considérer comme pauvre tout en ayant du personnel de maison en foule.

Cette histoire montre que le succès ne va pas de soi. On tend à lire une vie à l'envers, comme si elle était destinée à ce qu'elle est devenue. Il n'en est rien.

Ce qui marque la jeunesse de Graham Greene, c'est le vide existentiel, et la tentation du suicide. Et les deux combinés : il joue à la roulette russe. Probablement un mal de la haute société de ce temps : d'autres trahissaient leur pays, pour une cause incertaine, seulement pour donner du piment à leur vie. Puis c'est dix ans d'échec littéraire, la pauvreté et le doute.

Un désespoir dont la politesse est l'humour, léger, britannique.


dimanche 12 novembre 2017

Sales pauvres

France culture était à Chicago et interrogeait ce qui semblait être une intellectuelle démocrate. Elle parlait des électeurs de M.Trump. Des petits blancs qui n'avaient pas compris que le progrès balayait leur emploi. Ils devaient s'adapter. Toute résistance était vaine. Et, pour montrer à quel point ces gens étaient méprisables : les noirs et les Latinos n'ont pas voté pour M.Trump. Eux sont intelligents ?

Je me suis demandé si elle n'était pas le porte parole de la gauche. Une gauche qui se définit comme le défenseur du "perdant". Mais pas de n'importe quel perdant. Comme à l'époque victorienne, il y a les bons et les mauvais pauvres ?

Pince-fesses

Il paraît qu'une championne de foot s'est fait pincer les fesses par le président de sa fédération. Harcèlement. Mais, n'aurait-elle pas pu lui balancer une baffe ?

Un jour, ma grand mère a rencontré un exhibitionniste. Jetant un coup d'oeil à l'objet du délit, elle s'est exclamée, consternée : "oh que c'est laid". Je me demande s'il n'y aurait pas des moyens efficaces de réduire le harcèlement, autres que le peloton d'exécution.

samedi 11 novembre 2017

Clémenceau

On fête Clémenceau...

Ce qui a caractérisé Clémenceau, c'est quelque-chose de quasi unique pour un politique. Un courage extraordinaire. Pendant la Commune, il est entre les Communards et les Versaillais, au milieu des combats. Et il sauve bien des gens de la mort. Dont Bienvenüe, l'homme du métro. Le guerre de 70 amène les Radicaux au pouvoir. Il ne lâche sur rien. C'est un duelliste redouté.  Il fait tomber les gouvernements. Puis, lorsqu'il arrive au ministère de l'intérieur, il devient "le tigre". Il se révèle homme d'ordre. Il met un frein à la criminalité galopante. Mais, surtout, il arrête les grèves. Ce qui lui vaut la haine des socialistes. Paradoxalement, alors que Jaurès est pacifiste, il encourage la révolte, lorsqu'il s'agit d'usines. En 17, Clémenceau est appelé pour reprendre en main les affaires de la nation. Il met de l'ordre dans un haut commandement pitoyable. On le voit beaucoup dans les tranchées. Pourtant il est déjà bien vieux. Et plutôt que de chercher une victoire par KO, il signe tôt un armistice. Il veut mettre un terme à la boucherie. Finalement, il est victime d'un coup bas politique, qui l'amène, dégoûté, à prendre sa retraite. Alors, il écrit un ouvrage sur les merveilles du progrès, et de la vie.

La fin d'une époque ?
S'il était libertaire, il mettait l'intérêt collectif avant tout. Et, avec lui, ce n'était pas la marge (riche ou pauvre), la minorité, qui comptait. Son idéal c'est le peuple. Homme des Lumières, il veut sa liberté. Et celle-ci est une liberté de pensée. Les chaînes dont il faut la libérer, à l'époque féodale comme aujourd'hui, ce sont celles d'une morale qui condamne l'individu avant même qu'il soit né, pour le mettre au service des pouvoirs héréditaires. Cela s'appelle pêché originel, hier, ou repentance pour cause de colonialisme, aujourd'hui. (Sachant que, à nouveau exceptionnel, il fut anticolonialiste.) Parler de Clémenceau, c'est enterrer 68.

(Biographie.)

Decima

Decima, néologisme. Cela serait le dixième titre mondial d'un sportif. Curieux comme on a besoin de créer des mots.

De même, j'entends que Charles de Gaulle est maintenant l'ami de tout le monde. Etrange. La gauche s'est construite contre lui. Qu'aurait-il dit de la théorie du genre ? Et des pouvoirs d'argent, avec lesquels le sarkozysme s'est acoquiné ? Et du culte que lui voue désormais la famille Le Pen ?J'entendais un de Gaulle dire que M.Macron était le seul gaulliste de la bande.  Le général aurait-il apprécié qu'un banquier d'affaires entre dans ses bottes ? (La revanche de Pompidou, autre homme de Rothschild ?)

Morale. Nos opinions fluctuent. Il est plus important pour nous de faire le même bruit que nos amis que d'exprimer une opinion cohérente tout au long de notre vie. L'Education nationale ne nous apprend pas la rigueur scientifique.

Je sais tout

Pour un de mes premiers postes, j'ai eu a étudier le "marketing BtoB". Comme c'est un domaine peu connu en France, on m'a demandé de l'enseigner, en entreprise, et en école de commerce. Pour cela, j'ai fait une synthèse de livres de cours marketing (BtoB et BtoC) et d'articles classiques (le texte de mon cours est chez Slideshare). Je l'ai complétée au fur et à mesure de mes expériences, notamment lors de mon passage dans les études de marché. (Mon intérêt pour le changement est venu de là. Je me suis rendu compte que ce qui faisait marcher mes missions n'était pas mon travail sur la stratégie et le marketing, pour lequel me payait mon client, mais celui, sur l'organisation, qui en était la contrepartie.) A cette occasion, j'ai fait pas mal de missions de conseil concernant la communication et sa stratégie.

Quelques années après, alors que j'avais monté mon cabinet de conseil, j'ai pensé que je ne m'appliquais pas ce que je disais aux autres : je les poussais à communiquer, je n'en faisais rien. Je travaillais alors avec un communicant fameux. Il me donne un nom d'un spécialiste de RP. Je rencontre la personne. Elle me demande pourquoi je m'intéresse au changement. C'est un sujet qui n'a pas d'avenir. Si bien que je me retrouve en train de me défendre, sans fin. Puis, pourquoi ?, on en vient aux journalistes qu'elle connaissait. J'avais plus de relations qu'elle. Nous n'avons pas fait affaire.

L'histoire continue. Dix ans plus tard, un ami me demande de l'aide pour quelqu'un qui est en difficulté. C'était la fameuse personne. Elle avait fait faillite. Elle s'était reconvertie dans le changement. Et elle avait besoin d'un éditeur pour le texte qu'elle avait produit sur le sujet. (Je l'ai aidée, et en plus je lui ai payé un repas.) La réalité dépasse la fiction.

Morale de cette histoire ? Il me semble qu'un défaut de l'enseignement français est de nous faire croire que nous sommes des spécialistes de tout. Or nous ne le sommes de rien. Car, être un spécialiste, c'est être un professionnel, c'est avoir passé des décennies à améliorer son art. C'est savoir faire. Et non savoir parler.

vendredi 10 novembre 2017

Maître du monde

Time Magazine parlant d'Emmanuel Macron :
But if Macron is proved right, France could emerge as a far more important global power than it has been in decades. If he wins re-election in 2022, after his first five-year term as President, he would leave the Élysée Palace in 2027 at a sprightly 49 years of age—with plenty of time to form a radically different post-presidential role for himself ( ) if Macron pulls off his transformation at home, the ambitions he has to change the world—not just France—could be within reach. That club, after all, has an opening for a leader.
Emmanuel Macron, maître du monde ?

Start up nation

On se plaint des jeunes. Egoïstes, irresponsables, sans culture, reliés à un écran, ils vivent dans un monde virtuel et stupide...  Deux observations :
  • Je n'ai pas l'impression qu'ils différent tant que cela de leurs parents. Ce qui n'a rien de paradoxal : nos défauts ne sont gênants que lorsqu'ils apparaissent chez les autres. En outre, toutes les mauvaises habitudes qu'ils ont acquises ne sont que la contrepartie de l'économie de marché qui nous nourrit tous. Ils sont les premières victimes de la transformation numérique qui doit faire notre bonheur, en particulier. 
  • Ensuite, ils ne sont irresponsables que parce que nous ne leur laissons pas de responsabilité. Entre eux, ils se rendront vite compte qu'ils doivent changer leur façon de faire. 

Couverture

En écoutant la radio publique ce matin, je pensais que l'on entendait peu parler du gouvernement. Quand il est question de lui c'est pour dire qu'il est mal aimé, ou qu'un scandale le menace. Les gouvernements précédents ne me semblent pas avoir eu le même traitement.

Curieusement, son image à l'extérieur de chez nous est extrêmement différente.
La presse représenterait-elle avant tout ses propres opinions ?

Déterminisme

Kant disait que l'on est déterminé, mais qu'il faut agir comme si on ne l'était pas. Je crois que la contradiction n'est qu'apparente. Nous faire croire que l'on n'est pas déterminé est une manière de nous déterminer. Et elle conduit à un meilleur résultat que l'hypothèse inverse. Elle crée une angoisse existentielle, favorable au changement.

Car, il me semble aussi que l'homme est indéterminé. Sa vie est faite de "big bangs" qui le changent. Ils sont imprévisibles. Ce sont eux qui font que nous sommes collabos, résistants ou majorité silencieuse. La société joue sans doute un rôle essentiel dans la création des conditions qui permettent le big bang. C'est probablement une conclusion qu'il faut tirer des travaux de E. Durkheim sur le suicide. Cependant, dans les mêmes conditions, deux hommes peuvent ne pas réagir de la même façon. (Cf. étude sur des jumeaux, citée par B.Cyrulnik.) Ce qui est inquiétant, me semble-t-il, est que ce qui détermine leur réaction est au delà de la raison. James March conclut : "décisions happen".

jeudi 9 novembre 2017

Problème mal posé

L'Intelligence artificielle est un problème mal posé. Les vendeurs nous proposent des produits sans se préoccuper de nos problèmes. C'est le syndrome du marteau, qui voit des clous partout.

En fait, je crois qu'il y a derrière ce que l'on appelle "data science", et qui me semble être plus justement "mathématiques appliquées", un gisement énorme, de quoi faire une révolution industrielle.

Question de transformation numérique, mais de transformation numérique des mathématiques. Ces nouvelles mathématiques ont la capacité à nous faire voir l'invisible. L'idée est simple. Taylor a inventé les "sciences du management". Sa technique consistait à repérer les ouvriers les plus rapides, à comprendre ce qui faisait leur efficacité, et à transférer ce savoir-faire à tous. On parle de "connaissance", et de "gestion de la connaissance". Aujourd'hui, le chronomètre n'est plus adapté à la complexité de la société. En revanche les algorithmes d'analyse de données, pourvu que l'on dispose de données !, permettent de se repérer dans cette complexité, et de voir les "anomalies" remarquables.

Un exemple. On m'a dit qu'il y avait de l'ordre de un million cinq cent mille personnes qui sortent de l'Education nationale sans diplôme. C'est un drame m'a-t-on aussi dit. Imaginons un instant que l'on puisse retrouver la trace de ces gens et que l'on découvre que certains ont réussi leur vie. Peut-être serions nous capables d'y distinguer quelques bonnes pratiques qui, si elles étaient connues ou favorisées, feraient le bonheur de centaines de milliers de personnes ?

Bref, on a de quoi faire un miracle, il ne nous reste qu'à bien poser le problème.

Etre humain

Il me semble que nous sommes guidés par des principes inconscients, qui proviennent de notre expérience, de notre éducation ou autre influence sociale… Il arrive des moments où ceux-ci se contredisent. Crise existentielle.

C’est alors que l’homme peut devenir homme. Il lui faut affronter ces contradictions et mettre au point de nouvelles règles de conduite qui lui conviennent. Ce qui implique d’y croire suffisamment pour affronter sans regret les conséquences qu’elles impliquent. D’une certaine façon, il s’invente et se met au monde. Tous n’y parviennent pas. Peut-être alors est-on moins humain qu’on pourrait l’être ?

Je crois qu’aujourd’hui, la société, dans son ensemble, fait face à une crise existentielle. Elle doit se mettre au monde.

mercredi 8 novembre 2017

Instinct primaire

Je lis un ouvrage sur la haute classe artistique new-yorkaise des années 60. C'est 68 avant 68. Mais cela ne semble pas une "libération", plutôt une "normalité". C'est amusant, superficiellement. Le plus curieux est à quel point ces gens sont dominés par leurs instincts primaires. C'est un monde d'obsession sexuelle, d'argent et de manipulation psychologique.

Ce sont des intellectuels, mais ils n'utilisent pas leur raison à la méthode Kant : pour le progrès collectif. Au contraire. Elle leur sert à faire prendre des vessies pour des lanternes. Ils s'en servent comme de la plus perverse des armes de destruction. C'est le jeu de "l'emprise", diraient les psychologues. C'est la guerre par d'autres moyens. Il s'agit de trouver la faille psychologique de l'autre, afin de détruire son libre arbitre, et d'en faire un légume.

Et si le principe de cette société, le principe même de l'individualisme, était le harcèlement ?

(Harcèlement moral)

Epuisement du progrès

Marie Curie et sa fille Irène ont eu le Prix Nobel, et sont mortes jeunes, irradiées. Marie a eu une autre fille, Eve. Elle fut écrivain et pianiste. Elle a vécu 103 ans.

Marie était positiviste, elle croyait aux bénéfices absolus du progrès scientifique. Comme la société de son temps, elle n'avait pas vu ses conséquences. Ou elle était prête à les accepter. (Après tout, les nobles risquaient leur vie pour la gloire : une longue vie n'est pas ce que tout le monde recherche.)

Un des changements de notre temps est peut-être que le "progrès" a épuisé sa séduction. Il ne vaut plus la peine que l'on risque sa vie pour lui. Voilà peut-être que ce M.Macron et les magnas de la Silicon Valley n'ont pas compris.

mardi 7 novembre 2017

Résistance au développement durable

Pourquoi la société humaine résiste-t-elle au développement durable ? Parce que, tout simplement, tout le monde veut un même type de vie : celui qui se pratique chez nous. Et il n'est pas durable. C'est ce que disait un débat de France Info l'autre jour. Je crois que c'est juste. Et que tant qu'on le niera et que l'on parlera de développement durable comme d'une lutte du bien contre le mal, on n'ira nulle part.

Pour autant, les pasionarias du développement durable ont en main les clés du changement. Puisque le monde envie leur mode de vie, il leur suffit de le modifier d'une façon qui puisse se généraliser.

Histoire

M.Hollande était obsédé par la trace qu'il laisserait dans l'histoire. (Son conseiller en communication le disait à France Culture, samedi midi dernier.) Cela lui a fait faire énormément de bêtises. Et. cela l'a peut être condamné à une fin prématurée et piteuse. Curieuse obsession. Car l'histoire est-elle capable de juger quoi que ce soit ? De Gaulle ou Mitterrand furent-ils de bons ou de mauvais présidents ? Alexandre ? Louis XIV ? Et Thiers, qu'en pensez-vous ? Et Marx ? Et Heidegger ? Et Montaigne ? Furent-ils de bons philosophes ?

En fait, la seule chose qui assure une place dans l'histoire, c'est l'autorité et la mythologie. Il est dit : ceux qui ne croient pas en Staline ou Mao, ou la vraie foi... sont passibles de la peine capitale. Et c'est enseigné dès la naissance. Pour le reste, ce qui frappe l'histoire, c'est l'anecdote et le ridicule.

Et si le bon président était le catalyseur du changement, celui qui ne laisse pas de trace ?

lundi 6 novembre 2017

Art

Roman Polanski a détourné des mineures, non à une rétrospective de son oeuvre, disait-on il y a quelques temps. Le ministère répondait que l'on ne mélange pas art et morale.

Que resterait-il de notre passé si l'on appliquait ce type de raisonnement ? L'essentiel de notre patrimoine artistique vient de gens, dictateurs, rois, financiers ou autres aventuriers douteux, que notre morale moderne réprouve. D'ailleurs, on protège même les camps de concentration, ou les champs de bataille.

Tout cela est une question d'informations. On en a besoin pour penser. R. Polanski est moins intéressant comme coupable que comme témoin.

Fait social

Nouvelle tuerie aux USA. Comme d'habitude, on tape dans la foule. Comme souvent, c'est à l'arme de guerre, ou quasiment.

Et si c'était un "fait social" à la Durkheim ? Et si la culture américaine était un facteur aggravant, autrement dit ? Dans une société individualiste, l'homme est un loup pour l'homme. Mais l'affrontement est du ressort de la psychologie, plus du coup de poing. La règle du jeu, c'est le harcèlement moral. C'est la destruction de l'identité de l'autre, encore plus sûrement que dans 1984. Cela ne contredit aucune loi. Alors, le perdant du jeu, écrasé, qui n'a plus aucun droit, plus aucune voix, manifeste une dernière fois son existence par un grand massacre ? Alors, il a de nouveau l'impression d'avoir du pouvoir sur les événements, de vivre ?

(L'affrontement est certainement le même à tous les niveaux de la société, mais, en haut, on a des psychanalystes, de l'éducation, et aussi les moyens de s'éloigner de la zone de combats.)

Paradise papers

Depuis hier soir, la radio ne parle que de Paradise papers. Etrange, il semblerait que tout soit légal. Et que les personnes dont on met en avant le nom ne soient impliquées que très indirectement. Pour la reine d'Angleterre, le fonds qui gère sa fortune aurait investi dans une société peu recommandable. Pour Justin Trudeau, ce serait un ami qui serait compromis par les placements de son parrain...

La méthode est elle-même un peu douteuse : un grand nombre de médias font beaucoup de bruit. Pour M.Trudeau, on interviewe un député d'opposition pour connaître son opinion : on se doute qu'il ne va pas défendre son adversaire politique...

Ce qu'il y a de curieux est qu'à l'époque Kerviel, on n'ait pas pensé à incriminer la direction générale de la banque qui l'employait. Après tout elle semblait plus concernée par ses agissements que la reine d'Angleterre et le premier ministre canadien par ceux de leurs proches.

Peut-être faut-il y voir une évolution des temps ? En période de crise, on a besoin d'argent. On trouve toujours de bonnes raisons de brûler des Templiers.

Culture

Récemment, j'ai observé de jeunes adultes. Ce qui m'a surpris est qu'ils vivent dans un monde de mangas ou genres équivalents, une "fantaisie" sans rime ni raison, ni la moindre poésie, ni le moindre enseignement. Même si France Culture s'est mise à appeler ce type de choses "romans graphiques", cela me semble très inférieur à la bande dessinée de mon adolescence. Cette nouvelle génération serait-elle, au delà des images, capable de comprendre Lucky Luke ?

Faut-il s'en inquiéter ? Il y a effondrement de la pensée. Un encéphalogramme plat est l'héritage que nous laisserons ?

(J'ai aussi noté à la fois que ces jeunes avaient la tête pleine de nobles principes pas digérés, et que c'étaient de bons professionnels. Pour travailler, pas besoin d'une pensée sophistiquée ?)

dimanche 5 novembre 2017

Pervers narcissique

Je dois la découverte du "pervers narcissique" a un lecteur de ce blog. Le pervers narcissique est la défaite de tout ce que je croyais. Car tout mon travail est basé sur la notion de "donneur d'aide" :

Poussée à ses extrêmes, cette idée de donneur d'aide omnipotent me fait retrouver l'a priori commun à notre société : le criminel est une victime. Il faut l'aider. Or, le pervers narcissique est quelqu'un que l'on ne peut pas aider. Il faut le fuir. Il est probable qu'il n'y a que lui qui puisse "s'aider". Le pervers narcissique est peut-être la seule personne qui doive changer seule : l'égoïsme n'est pas bon pour la santé. Il dessèche. Curieusement, l'acte gratuit, lorsqu'il n'est pas totalement idiot, fait beaucoup de bien.

Mais aussi, le pervers narcissique se nourrit d'amour. Il entend "aimer" au sens "aimer le poulet". Non seulement il fait du donneur d'aide une victime, mais l'aide l'entretient dans sa perversion. C'est un mauvais service à lui rendre !

Mon a priori révèle aussi un autre préjugé que je partage avec la société : tout être n'a pas de nature définie, on peut le changer. Eh bien, il semble que le pervers narcissique, au moins, a une nature qui résiste fermement au changement. (Mais peut-être pas définitivement.)

(La notion d'aide et de changement ne m'est pas propre. Parmi les théories récentes sur le sujet, il y a Boris Cyrulnik et sa résilience, mais aussi Kurt Lewin et toute l'école qui l'a suivi, notamment Edgar Schein. Par ailleurs, comme aurait dit Durkheim, le pervers narcissique est probablement un "fait social". Il y en a toujours quelques-uns, mais s'il y en a autant aujourd'hui, c'est parce que les principes de notre société s'y prêtent. Finalement, il y a peut-être une forme d'auto régulation du pervers narcissique. Il a besoin d'une société solidaire à parasiter. Dès que l'égoïsme la gagne, son existence se complique.)

L'enfance d'un pervers narcissique ?

Histoire. Dès que bébé manifeste un caprice, ses parents interviennent. "Il a besoin d'être secoué." Puis, ils décident d'avoir un second enfant. Le premier manifeste sa rage. Démunis, les parents l'abandonnent à son sort. L'individu qui en résulte a des caractéristiques du pervers narcissique.

Question : ont-ils, dans un premier temps, encouragé le développement d'une volonté de puissance absolue, puis créé, dans un second, une frustration, qui fera que leur enfant cherchera sa vie durant à écraser ses semblables ? Où l'on voit que le pervers narcissique serait bien, comme le disent les psychologues, une dangereuse victime ?

Mais aussi, peut-être, influence des temps. Idéologie de l'enfant roi qui se heurte ensuite à celle du bon plaisir des parents ? (Deux aspects de la même idée ?) Dès que l'enfant leur demande trop d'efforts, ils s'en désintéressent ?

Difficile de tirer des conclusions aussi générales d'une observation superficielle ?

samedi 4 novembre 2017

Process consultation

Un exemple de process consultation.

Un dirigeant, fondateur d'une grosse PME. Il définit son problème du moment comme étant une difficulté à gérer la carrière de ses employés. Mais, à la réflexion, il sait faire. Le réel problème auquel il est confronté est sa succession. Son fils, qui est en position de prendre sa suite, ne le fait pas. Pourquoi ? Parce qu'il continue à diriger son entreprise, et que son fils a une charge de travail telle qu'il  serait incapable d'occuper la direction générale. Et pourquoi le fondateur ne part-il pas ? Parce qu'il ne sait pas ce qu'il va faire de sa retraite. Et s'il devenait administrateur d'entreprises ? Idéal, mais comment y parvenir ? Pas compliqué... Alors, il a su immédiatement faire ce qu'il fallait pour que son fils puisse se dégager de ses obligations et prenne sa place... 

Morale. Notre dirigeant était bloqué parce qu'il ne savait que diriger son entreprise. Dans ces conditions, la retraite était impossible. Mais il y avait une autre façon de l'occuper. Mais elle n'était envisageable que s'il savait "comment" procéder. Le déblocage a consisté à la fois à indiquer l'autre façon de voir le problème, et comment la mettre en oeuvre.

Républicains et démocrates

On oublie le sens des mots. M.Sarkozy a appelé son parti, les "républicains". Ce n'est pas par hasard. Res Publica, c'est la "chose publique", ou le bien commun. Cela signifie qu'il y a quelque chose "au dessus" de l'individu. La démocratie, c'est le contraire. C'est le gouvernement du "demos", du peuple.

Pour les Américains, et M.Sarkozy, ce qui est "au dessus", c'est la tradition. C'est pourquoi on parle de "conservatisme". Pour les démocrates, et la gauche (au sens PS), aucune contrainte ne doit s'imposer à l'homme.

Ces deux mouvements ont des tendances qu'ils réprouvent. Car, l'idéal du bien commun, c'est, comme son nom l'indique, le communisme. Et celui de la démocratie, c'est l'anarchie. (Tous les deux au sens étymologique du terme.) L'un tend au totalitarisme, l'autre au chaos. Peut-être est-ce pour cela qu'ils ne peuvent vivre l'un sans l'autre.

M.Macron tente d'incarner une "troisième voie". La combinaison de la république et de la démocratie. C'est une des traditions françaises. Elle a connu pas mal de variantes, du radicalisme au gaullisme. Contrairement à la démocratie, ce dispositif a une "infrastructure", mais, contrairement au communisme, celle-ci est contrôlée par le peuple. C'est le principe, par exemple, de l'économie sociale, et de son navire amiral : l'association.