mercredi 18 janvier 2017

Diesel et changement

Comme souvent la France a une guerre de retard. Cette fois-ci il s'agit du Diesel. Le Japon aurait entamé un plan d'élimination dès 2000, alors que la France ne fait toujours rien. La radio citait aussi le cas de l'amiante, que l'on a mis des années à interdire, alors qu'on savait qu'elle tuait. D'où vient cette curieuse inertie ? Cela m'a rappelé M.Chirac, qui a dit à son ministre des finances, qui lui parlait de déficit : après moi le déluge. (Ou à peu près.)

En fait, j'ai rencontré ce phénomène dans la vie courante. La situation : un problème local de santé, avec des conséquences possibles très graves, une loi qui n'est pas appliquée, et le groupe qui fait bloc, pour ne rien faire, alors que la question n'était probablement pas coûteuse à régler. J'ai constaté un égoïsme invraisemblable : la simple perspective d'avoir quelque chose à payer (on ne savait pas quoi !) avait rendu certaines personnes hystériques, et ce toutes tendances politiques confondues. Curieusement, cette résistance sous-entendait aussi que l'on estimait que la loi ne pourrait être appliquée. Cet égoïsme et ce sentiment d'impuissance congénitale de l’État expliquent peut-être le blocage du changement, en France. En effet, ensemble, il est relativement facile de résoudre n'importe quel problème. Dans une société aussi fracturée par l'intérêt à court terme que la société française, c'est surhumain ?