mercredi 11 janvier 2017

François Mauriac

Hasards d'un rangement. J'ai lu un recueil de quelques romans de François Mauriac. (La toge prétexte, Le baiser au lépreux, Le fleuve de feu, Plongées.) Je voyais François Mauriac en statue du commandeur. Une manif pour tous gaulliste, de l'Académie française et qui aurait, par dessus le marché, reçu le prix Nobel. Quelqu'un de suprêmement ennuyeux. Je tenais cela de la rumeur, mais aussi de France Culture, qui a donné la parole à Anne Wiasemski, sa petite fille, et à la mère de cette dernière. 

Faux. Ses textes ne sont  pas sans humour, et ses personnages débordent d'appétit pour la vie. En fait, il me semble décrire, comme beaucoup d'artistes, le combat de l'homme et de la société. Une société catholique de province, dont la bien-pensance infecte produit massivement l'hypocrisie, et écrase le faible. Ici, on ne naît pas saint, au contraire, on le devient. Ses héros sont condamnés par la société. Ils n'ont même pas la possibilité de se révolter. S'ils trouvent une forme de rédemption, c'est parce qu'ils parviennent à aller au delà des apparences et des souffrances, à pénétrer le sens ultime de la religion.