vendredi 19 mai 2017

Brigades du Tigre

Les Brigades du Tigre étaient un feuilleton de ma jeunesse. J'aimais les voitures, et les costumes d'époque. Mais j'imaginais que les histoires avaient été inventées, pour montrer notre pays mieux qu'il n'avait été. 

Eh bien non. Les Brigades du Tigre sont peut-être bien une illustration dont devraient s'inspirer les pssionarias du numérique. Début XXème, la France est victime d'une vague de criminalité. En 1907, Clémenceau (le Tigre), y réagit non seulement en dotant la police de moyens, mais surtout en lui donnant ce que la science a de meilleur. Cependant, au lieu de le faire à la manière numérique, par nettoyage ethnique de l'espèce humaine, il le met à la disposition des individus. Et il a raison car la technologie moderne ne fonctionne pas encore très bien. Par exemple, les voitures tombent en panne. Si bien qu'on les équipe de porte-vélos, de façon à pouvoir continuer une poursuite, en cas de panne. Puis on invente le mécanicien. Et ce n'est pas que de la technique, on forme aussi le policier à la savate. Aujourd'hui, on parlerait de "performance" : le changement fut massivement efficace. Des dizaines de milliers de criminels sont capturés en peu de temps. La France a peut-être bien été le pionnier mondial de la police moderne

Voilà ce qui fait la force de notre modèle jacobin ? Une idée fixe partagée, un leader visionnaire et pragmatique, honnête et compétent, qui sait "organiser l'autonomie", et alors la motivation du Français et son système D font des miracles. Qu'y a-t-il de jacobin, là dedans ? "Organiser l'autonomie" : un mode efficace de coordination, dirigé d'en haut, mais qui laisse la liberté, et la motivation, au bas. Car, lui aussi, est honnête et compétent.