jeudi 18 mai 2017

Changement planifié

Que peut-on reprocher à M.Macron ? Ce que l'on a reproché à M.Hollande, qui disait à sa compagne que la vie était belle, qu'il fallait en profiter. Sans apparemment comprendre qu'il y avait beaucoup de gens qui passent un mauvais moment, et qui n'ont pas droit à la parole. Eh bien M.Macron a été béni des dieux. Mais, lorsque l'on entend son discours d'investiture, il n'est pas interdit de croire qu'il ait compris ce qui ne va pas. En fait, c'est curieux que je ne m'en sois pas aperçu plus tôt, mais il reprend les obsessions de ce blog, au moment où j'avais renoncé à livrer bataille. 

Changement planifié
Tout d'abord en termes de stratégie, "d'intention stratégique". L'Europe doit être une machine de guerre au service des intérêts collectifs, et pas un repère de théoriciens qui appliquent aveuglément une utopie. M.Macron me semble une sorte de nationaliste européen. Par ailleurs, la formation professionnelle est, évidemment, fondamentale : il faut s'adapter toute sa vie. (Mais, ce sera compliqué : "formation professionnelle" et France ne riment pas.) Cela traduit un des grands enseignements que j'ai tirés de mes travaux : la société doit être un "donneur d'aide". C'est ainsi qu'elle sera "résiliente". 

Ensuite, il semble un adepte du "changement planifié", la méthode qui écoute le bas, pour en formuler les aspirations, et organiser le changement qui y correspond.

Surtout, il parle de "confiance". Comme le disait Albert Hirschman, la condition nécessaire de réussite d'un changement est "d'y croire". Or, la France doute. Elle doit redevenir optimiste. Et cela passe par de premiers succès, pas forcément grands, mais symboliques. Je le répète depuis quinze ans : le critère de réussite du changement, c'est l'optimisme.

Et le leader du changement ? Il doit être "honnête et compétent", dis-je aussi. Et surtout "in quiet" (pour voir émerger à temps les humeurs négatives) et plein d'énergie. Car, au moins au départ, il faut lancer le changement "à la manivelle" : il faut repérer les quelques leaders d'opinion qui "tirent la tronche", et aller à leurs côtés, façon Whirlpool. S'ils retrouvent le sourire, alors, nous saurons tous qu'il est temps de se retrousser les manches.