lundi 8 mai 2017

Verre à moitié vide

C'est étrange. Ce que j'entends depuis hier soir présente l'élection de M. Macron comme un échec. Il n'a eu que 24% au premier tour. 50% de ces voix étaient "par défaut". Donc il ne représente que 12% des votants du premier tour. Autant dire, rien. Ou, pire, un groupe d'affreux privilégiés. D'ailleurs il y a eu une abstention énorme, et beaucoup de bulletins blancs. Et Marine Le Pen a récolté 11m de voix, du jamais vu. 

Certes, mais beaucoup de beaux esprits prévoyaient la victoire de Marine Le Pen. On disait que si M.Macron n'obtenait que 55% des voix, il se ferait balayer lors des législatives. En 2002, M.Chirac, a gagné le premier tour de la présidentielle avec moins de 20% des voix. Pourtant personne n'a mis en cause sa légitimité. En termes d'abstention et de blancs, cette élection se compare à celle de Pompidou. Or, il n'y avait pas eu, alors, une telle pub pour le vote blanc et l'abstention, et  cela n'avait ému personne en son temps. Et Pompidou n'a jamais été vu comme un président faible. Finalement, en Angleterre, il n'y a généralement guère plus d'un tiers de la population qui vote pour le parti du premier ministre en place. (Qui, lui, n'a aucune légitimité directe.)

Ce que je vois de la presse étrangère tend à dire que M.Macron a fait systématiquement mieux que ce que l'on attendait de lui. Et que l'on souffle de voir que la France n'a pas été submergée par une marrée nationaliste. D'ailleurs, qui aurait mis un kopeck sur ses chances quand il a annoncé son projet ? Aujourd'hui, il se présente avec une équipe de vieux briscards et de jeunes loups, qui vont renouveler la politique française, dit le Financial Times. Certes il a encore du boulot. Mais, à quoi cela sert-il de partir perdant ? De toute manière, à vaincre sans péril...