vendredi 23 juin 2017

La monarchie de Juillet

Réhabilitation de Louis-Philippe ? Son règne semble anticiper le monde moderne. Il est surtout totalement atypique si on le compare au gouvernant français ordinaire. Il veut la paix et la prospérité. La puissance française est en déclin. Et pourtant, en jouant habilement d'une sorte de pouvoir de dissuasion, mais aussi d'une forme d'élégance, il parvient à faire respecter notre pays et à obtenir ce qu'il désire des nations étrangères, sans guerre et sans moyens. A l'intérieur, le début du règne est marqué par des crises politiques permanentes (ce n'est apparemment pas propre à la République, et on peut probablement remercier de Gaulle de nous avoir libéré de cette instabilité suicidaire), jusqu'à ce que survienne Guizot. Par son art politique il parvient pendant 8 ans à constituer des coalitions pour chacune de ses lois. (Il n'a pas de majorité de gouvernement.) Pour le reste, croissance et modernisation. Avec une crise économique en fin de règne, mais que le roi jugule habilement. 

Guizot et Louis-Philippe pensaient que l'histoire était finie. Ils avaient le sentiment d'avoir mis le point final au projet de la Révolution. Si nous n'avons pas de roi aujourd'hui, cela tient peut-être à un incident. Le fils aîné de Louis-Philippe semblait être paré de toutes les qualités. C'était le prince du peuple, qui sait ? Mais il est mort stupidement. Accident de voiture. Louis Philippe était vieux, et Tocqueville pense qu'il avait perdu le contact avec la réalité. Dans un pays aussi facilement inflammable que la France, ça ne pardonne pas. 

(ROBERT, Hervé, La monarchie de Juillet, Biblis, 2017.)