dimanche 25 juin 2017

Reprise

Quand une entreprise va mal, on appelle un "repreneur". C'est une erreur. Mon expérience limitée montre que le repreneur fait comme M.Buffett : il cherche des actifs sous évalués. (Et les histoires d'Heuliez et de GM&S me confirment dans mes a priori.) Il ne reprend que s'il sait que la société vaut plus cher que son prix de vente. Or, cet actif est un actif matériel à quoi il faut ajouter les subventions de l'Etat et de la Région, qui sont étonnamment généreuses pour un pays ennemi du business. Le repreneur a tout intérêt à plus ou moins long terme à licencier le personnel et à vendre l'entreprise à la découpe. 

Qu'est-ce qui ne va pas ? C'est l'actif immatériel, c'est-à-dire le savoir-faire de l'entreprise. Il arrive qu'il n'existe plus. Il a été perdu par une suite de restructurations. Mais ce n'est pas toujours le cas. Comment développer cet actif ? Cela ne se fait pas de l'extérieur, par un repreneur, mais de l'intérieur. Et cela ne va pas de soi. Il faut l'identifier, première difficulté. Car l'entreprise française n'en est pas une, elle se voit comme un "sous-traitant". On lui doit des commandes. Ensuite, il faut le "mettre en valeur", seconde difficulté. C'est l'art du commerçant. Autant l'Allemand et l'Américain le possèdent, autant nous en sommes privés. Abstrait ? Un Allemand vous dira que son entreprise est parfaite. En France, l'image de l'entreprise est faite par une CGT qui vocifère sa haine de tout. Enfin, il faut que quelques personnes de l'entreprise aient la volonté de développer l'affaire. Ils entraînent leurs collègues. Là, c'est pire que tout. Le Français rêve de salariat (même s'il se prétend entrepreneur, vous pouvez lui acheter son entreprise contre un plat de lentilles quotidien). 

Mais, comme je le disais à la veille de l'élection présidentielle, je crois aux miracles. Car, en définitive, le changement n'est que miracle.