lundi 2 avril 2018

Grève et changement

Je m'apprête à hiberner pendant 6 mois. J'ai fait l'erreur de m'installer en banlieue. Or, sans SNCF, plus de banlieue. (Et, après la grève, il y a l'été, et la France ne travaille plus en été.)

Au moins, la grève a un bénéfice, elle donne un sujet de discussion. Pourquoi y a-t-il une grève ? pour commencer. La Poste s'est transformée, sans difficulté. Le secteur public a fait l'objet d'une vague de transformations, dans les années 90, aussi. Il est donc probable que la SNCF souffre surtout d'un management faiblard. Il est possible que la question soit ancienne.

Il est aussi possible qu'il y ait eu un autre moyen de réforme que l'affrontement. Le gouvernement a fait une erreur ? S'il cède, ce sera sa dernière : il aura prouvé qu'il est faible. Ce qui est préoccupant, lorsque l'on considère les alternatives que l'on nous propose un peu partout en Europe.

Reste la SNCF. Est-il acceptable que l'intérêt particulier bloque un pays ? Le problème n'est pas neuf. Marc Bloch attribuait la défaite honteuse de la France, en 40, à la fois à la démoralisation de l'état major, et aux grèves des usines d'armement. Déjà. Le pays est-il incapable de changer ?

(La réponse est non. Le changement tient du miracle.)