samedi 4 août 2018

Le génie du bon élève

J'ai voulu aider une parente qui avait des difficultés avec les mathématiques. Curieusement, j'avais moins de mal à faire les exercices qu'à retrouver la théorie qui est derrière. C'est le bachotage. Un biais du système français. (Que l'on retrouve dans le MBA américain.)

On noie l'élève sous l'information. On pense que seuls les intelligents surnagent. Faux. Ceux qui résistent sont les esprits paresseux. Ils trouvent la faille du système. Les exercices sont tous les mêmes et obéissent à des règles qu'il est facile d'identifier.

On raconte l'histoire suivante. M.Giscard d'Estaing fut un ministre de M.Pompidou. Le premier était désagréable au second, parce que, dans les conseils des ministres, il avait toujours le dernier mot. Alors M.Pompidou a eu l'idée de le faire s'exprimer en premier. La tactique réussit : M.Giscard d'Estaing n'a rien eu d'intéressant à déclarer. Je ne sais pas si l'histoire est vraie mais, en tout cas, elle nous dit ce que produit l'enseignement : une paresse géniale.

(Phénomène que j'ai constaté avec mes étudiants : ils n'écoutent pas ce que je leur dis, investissement inutile ?, ils cherchent ce qui me fait plaisir, et déclenche le réflexe pavlovien de la bonne note.)