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samedi 18 octobre 2008

Faut-il dépoussiérer Marx ?

Alain Badiou (De quel réel cette crise est-elle le spectacle ?, LE MONDE.fr 17 octobre 08).
Au spectacle malfaisant du capitalisme, nous opposons le réel des peuples, de l'existence de tous dans le mouvement propre des idées. Le motif d'une émancipation de l'humanité n'a rien perdu de sa puissance. Le mot "communisme", qui a longtemps nommé cette puissance, a certes été avili et prostitué.
Mais, aujourd'hui, sa disparition ne sert que les tenants de l'ordre, que les acteurs fébriles du film catastrophe. Nous allons le ressusciter, dans sa neuve clarté. Qui est aussi son ancienne vertu, quand Marx disait du communisme qu'il "rompait de la façon la plus radicale avec les idées traditionnelles" et qu'il faisait surgir "une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous".
Marx, trahi par ses disciples, source de jouvence à redécouvrir ?
  • Les idées de Marx étaient une variante de la culture ambiante en Allemagne. Rien de très original.
  • C’était un économiste des plus classiques, un disciple obéissant des premiers économistes tels qu’Adam Smith. Comme eux, c’était un effroyable matérialiste, qui ne rêvait que de produire le plus possible. Un amoureux de la Révolution industrielle. Certes la production devait profiter à tous, mais elle n’en était pas moins polluante et à effet de serre, déchets nucléaires et OGM.
  • Il avait appelé sa doctrine « socialisme scientifique ». Elle annonçait la fin de l’histoire. Ce qui n’avait rien de scientifique : la seule chose dont la science semble certaine, c’est que l’avenir est imprévisible. Le scientifique n’avait rien de scientifique, juste un argument d’autorité.
Un homme gavé de l’idéologie de son temps, et manipulateur. C’est cela notre dernier espoir de régénération ?

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