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mercredi 1 avril 2009

Gestion des banques

Une étude de 21 grandes banques montre qu’elles ont vécu dangereusement :

  • Elles ont levé une masse de dettes (1640 milliards$ sur 8 ans) et ont acheté leurs actions.
  • Elles ont aussi distribué énormément de dividendes : 400md$ (un tiers de leur valeur en 2007), y compris récemment. « Il est peut-être difficile de le croire, mais les banques ont à peine diminué leurs dividendes dans les 15 premiers mois de la pire crise depuis la Grande dépression ». « Pour les banques qui anticipaient des pertes, les dividendes étaient payés aux actionnaires au détriment des créditeurs (y compris les contribuables qui finançaient le sauvetage). C’est un pur transfert, en violation de la priorité de la dette sur le capital. » Cela aurait été permis par l’inertie des règles comptables qui s’appliquent aux banques, et qui n’ont pas immédiatement montré la détérioration de leur situation.
  • Finalement, elles auraient tardé à se recapitaliser (jusqu’à ce qu’il soit trop tard) pour éviter de diluer l’actionnariat existant, en premier lieu les dirigeants de la société.

Ce comportement est bizarre parce qu’il ne correspond pas du tout à celui de quelqu'un qui veut sauver son entreprise (ou même au comportement du particulier, qui économise en période difficile). Mais on y trouve deux grandes idées que l’on enseigne en classe d’économie comme une vérité révélée :

  • Tout l’argent qui ne « sert à rien » à l’entreprise doit être donné au marché. Il sait mieux l’exploiter qu’elle.
  • Pour éviter que les dirigeants ne volent les actionnaires, il faut qu’ils partagent les mêmes intérêts, d'où distribution d'actions aux dirigeants. Plus ils en auront, plus honnêtes ils seront.

Ce qui est étonnant est que tout s’est passé comme s’il y avait eu manipulation des règles que nous suivons tous aveuglément (en particulier de celles de la « science » économique), de façon à ce qu’une petite partie de la population puisse dépecer les entreprises, avec notre approbation.

Peut-être que l’appât du gain est tel que l’intérêt tord la raison dans le sens qui lui convient ? Cela ressemble à ce que dit Galbraith du crash de 29 (Crash de 29 : mécanisme) : une sorte de folie collective.

Compléments :

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