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mardi 30 juin 2009

À vendre pays pauvre (suite)

Il y a quelques mois, j’avais écrit une note sur l’achat des terres des pays pauvres. L’affaire a évolué. Ce que dit un chercheur :

  • La tactique initiale, que j’assimile à celle du passage en force, a échoué. Elle consistait en des négociations entre gouvernements, sans se préoccuper des droits des petits propriétaires. Il en a résulté un mécontentement populaire, qui a notamment fait échouer les projets Madagascar / Corée du sud (1,3mha), Philippines / Chine (0,5mha), Indonésie / Arabie Saoudite (1,2mha).
  • Il serait mieux, en quelque sorte, de faire des pays pauvres des pays riches : de leur apporter les techniques qui permettent de développer leurs capacités agricoles. Tout le monde y gagnerait. Leurs ressortissants mangeraient à leur faim ; leurs clients auraient accès à des sources d’approvisionnement beaucoup plus fiables et abondantes que par la méthode précédente, sans risque de révolte.

C’est la loi fondamentale du marché : plus l’autre produit, plus on peut lui vendre. Espérons qu’elle sera comprise.

1 commentaire:

  1. Ce billet « A vendre pays pauvre (suite) » me fait penser à mes années de coopération en tant que professeur de génie méchanique, dans une université des sciences et techniques, en Afrique anglophone.

    A cette époque, le pays était un des 10 plus pauvres de la planète avec un nombre très important de personnes mourrant de faim chaque jour.

    Une donation du gouvernement Allemand arriva. Elle se traduisait pas l’envoi d’une douzaine de tracteurs agricoles équipés de charrues pouvant retourner le sol jusqu’à 60 cm de profondeur et conçues pour la culture intensive.

    Sachant que la terre agricole dans ce pays avait une épaisseur d’environ 20 cm et qu’en dessous, on y trouvait de la latérite, terre pauvre, je demandais à un collègue Allemand, en charge du département Agriculture de l'université, pourquoi faire un tel don puisque l’exploitation de ces engins en Afrique appauvrirait les terres cultivables, aurait un effet dévastateur sur les cultures et sur la capacité de nourrir les habitants.

    Sa réponse : « La société Allemande qui construisait les tracteur était en passe de déposer le bilan, ce don du gouvernement Allemand était une manière de lui permettre d’alimenter ses chaînes de montage et donc de survivre… Tant qu’ils seront comme ils sont, nous serons comme nous sommes… ».

    Pas étonnant qu’avec ce type de raisonnement, les pays pauvres ne puissent pas devenir des pays riches…

    A bon entendeur, salut !

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