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lundi 6 juillet 2009

Honduras

Ce que je comprends de la situation du Honduras. D’un côté le monde des affaires appuyé par les USA, de l’autre un peuple de crèvent la faim. Caricature du modèle latino américain. Un président élu à droite dérive à gauche, jusqu’à devenir un allié de Chavez et de Cuba.

Et ça se complique : il n’a droit qu’à un mandat, mais en veut un autre. Il épuise les ressorts légaux, puis demande à l’armée de l’aider et licencie son chef d’état major récalcitrant. L’armée le jette, en pyjama, dans un avion en partance pour l’étranger. Chavez menace le pays de mesures de rétorsions (le Honduras dépend du pétrole vénézuélien), voire d’une guerre.

Les deux interprétations suivantes sont justes, ou quasiment :

  1. Un président, défenseur du peuple, dérange l’establishment qui organise un coup militaire.
  2. Un dictateur aux dangereuses tendances communistes est écarté par l’armée.

Ingrédients d'un dialogue de sourds, qui se termine en bain de sang. Chacun aurait été sûr de son bon droit.

La communauté internationale, emmenée par B.Obama, semble avoir évité le piège. Elle a condamné une violation démocratique (qui n’était pas évidente), évitant probablement une escalade.

La raison pour laquelle j'ai écrit ce billet est qu'il me semble que, dans cette affaire, la démocratie a vaincu. Face aux coups tordus des précédentes administrations américaines, Hugo Chavez était en passe de s’affirmer comme le champion de la justice sociale, le défenseur des valeurs démocratiques, et de les utiliser pour imposer au continent sud américain un modèle qui ne semble pas franchement les respecter. Il n'a plus de raisons d'être un démocrate approximatif.

Espérons que B.Obama va parvenir à adapter ce type d’intelligence manœuvrière à la situation intérieure des USA.

Compléments :

  • La même stratégie appliquée à l’Iran l’a montré beaucoup moins sympathique que ne le laissait paraître la politique préventivement agressive de l’administration Bush (Iran suite). C’est une illustration de prédiction auto-réalisatrice : l’administration Bush faisait le lit du fondamentalisme et du terrorisme de tout poil, et de la haine de la démocratie. C’est aussi une bonne nouvelle en ce qui concerne la Chine, qui utilise la duplicité américaine pour faire croire que la démocratie est un outil de destruction massive inventé par le perfide Occident. Face à un Occident honnête, il sera difficile à la Chine de céder à ses tendances dictatoriales et d’utiliser une propagande antioccidentale pour servir ses intérêts économiques, au détriment de ceux de ses partenaires.
  • Sur les événements : Booted out (avec un complément d’une émission de France Culture de ce matin, vers 7h).

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