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mercredi 30 septembre 2009

Pour une vaccination sociale

La fin de l’inconscience ? comme plusieurs autres billets récents me montre une propriété fondamentale de l’homme : il déduit de ses expériences de jeunesse ce qu’il croira ensuite des lois de la nature, démontrées scientifiquement. S’il a baigné dans la crise et l’incertitude, il sait que tout est chance ; s’il n’a connu que le succès, il sait que le monde lui appartient. Ce qui est ennuyeux : il est condamné à répéter les erreurs de ses ancêtres, puisque ceux-ci, en les réparant, l’empêchent de les vivre.

D’où une idée qui m’est venue en écoutant une émission sur la grippe, dimanche : pourquoi ne pas vacciner les générations futures avec des souches atténuées de ce que Durkheim appelait des « pathologies sociales ».

Il suffirait de faire la liste de toutes les erreurs que la société a commises, et de déduire pour chacune une expérience qui, une fois vécue, empêcherait la dite nouvelle génération de la commettre.

Compléments :

  • Ces expériences ne sont pas forcément complexes, mais elles doivent être frappantes. Par exemple Paul Krugman parle d’un système de bons qui permettaient à une communauté d’étudiants de demander à d’autres de garder leurs enfants quand ils sortaient. Le système s’est arrêté lorsque les étudiants se sont mis à thésauriser leurs bons, de peur d’en manquer. Pour relancer la mécanique « l’état » a dû faire marcher la planche à bons. C’est un exemple d’une relance Keynésienne. KRUGMAN, Paul, The Return of Depression Economics, Princeton 1999.
  • Plus généralement, il existe la méthode des scénarios, l’équivalent de l’entraînement du sportif, qui convainc beaucoup mieux l’homme qu’une longue argumentation. (Ce qui prouve que son expérience continue à se construire, même à un âge avancé.) Exemple : Gérer une crise.

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