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jeudi 24 septembre 2009

Taxe Tobin

M.Sarkozy aurait exhumé la Taxe Tobin. On en parlait hier pour le financement de notre politique environnementale mondiale (tiens, pourquoi n’y reviendrions nous pas ?). Aujourd'hui, elle mettrait du sable dans les rouages financiers, qui tendent à s’emballer, et tirerait du coupable les moyens de rembourser les désagréments qu’il nous cause. Sans y avoir réfléchi, je trouvais élégante cette sorte d’assurance anti-crise prélevée automatiquement. Mais The Economist présente des objections imparables. Que je ne comprends pas.

  1. La taxe ne marcherait que si tous les gouvernements s’y pliaient. Et, bien entendu, il y aura fatalement des parasites. Pas convaincu, cf. les paradis fiscaux. Il suffit que la plupart des grosses économies appliquent la mesure pour que les autres soient obligées de les suivre (par les premières).
  2. La liquidité des marchés en souffrirait (l’effet cherché), ce qui les rendrait plus volatiles. Les chercheurs l'affirment. Mais, la taxe Tobin est une variante des frais de transaction, or, il me semble que ces frais ont été élevés jadis, et je n’ai pas l’impression qu’on se soit plaint du type de perversions associées à la crise…
  3. Si elle avait existé, elle n’aurait pas évité la crise actuelle, au contraire. Elle favoriserait les gros, alors que justement on veut diminuer la taille des banques ; les coûts de transaction n’ont pas joué dans la crise puisque l’immobilier, à coût de transaction élevé, en est la cause. Certes, mais personne n’a dit que la Taxe Tobin éviterait seule les crises futures. C’est un élément parmi d’autres. Par exemple : si la taille des banques fait courir un risque social à la nation, pourquoi ne la réduisons-nous pas par loi ? (N'est pas un crime?) Et puis si les coûts de transaction n’ont pas gêné l’immobilier pourquoi gêneraient-ils la finance ? D’ailleurs n’avons-nous pas plus intérêt à ce qu’une banque s’enrichisse en exploitant ses clients, par des frais élevés, plutôt qu’elle ne cherche fortune dans une innovation financière menaçant la planète ?

Argument incompris, ou combat d’arrière garde d’une idéologie compromise ? à creuser.

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