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lundi 22 mars 2010

Concurrence internationale

Le Monde consacre un article à la conquête du marché des centrales nucléaires par les pays émergents. Un extrait :
"Les Chinois sont capables de les construire", constatait Hervé Machenaud, le nouveau responsable de la production et de l'ingénierie d'EDF, quand il dirigeait sa branche Asie-Pacifique. Le directeur général de CGNPC, Quian Zhimin, n'en fait pas mystère. Aux journalistes qu'il rencontre, il glisse un document sans ambiguïté sur ses ambitions : "Acquérir la technologie grâce à l'ouverture du marché, importer la technologie avancée de l'étranger, en coordonner l'assimilation et favoriser l'innovation afin de devenir autonome dans la conception." La CGNPC doit, selon lui, "acquérir les compétences nécessaires pour construire des centrales 100 % chinoises". C'est cette capitalisation des savoir-faire, à partir des technologies françaises en particulier, qui a permis à Séoul de s'imposer face aux Français.
Ce qui pose de curieux problèmes. Par exemple, le savoir-faire français nous a coûté des décennies de recherche, de longs investissements à perte, et beaucoup de risques humains. Quel prix cela a-t-il été payé par nos clients émergents ?

Ils semblent vouloir utiliser ce que nous leur avons vendu pour nous éliminer du marché : que ferons-nous quand tous nos savoir-faire auront été rayés de la carte ? Un autre article (voir page 40) dit :
Leurs champions (des pays émergents) réécrivent les règles du jeu en se battant sur l’innovation, la carte maîtresse qui était supposée permettre aux entreprises européennes et américaines de rester concurrentielles en dépit de coûts élevés, du poids énorme des retraites futures, et de contrats sociaux douillets.
Plus loin
Ceux qui affrontent la concurrence directe (ou indirecte) du (…) grand nombre de diplômés que produisent la Chine et l’Inde souffrent. (…) Les personnes qui sont dans les 40% du bas de la distribution des revenus aux USA n’ont connu aucune amélioration dans leurs conditions de vie réelles en 20 ans – en dépit de la plus longue période de croissance économique connue en un siècle.
Serait-il temps de mettre un terme à la politique qui a consisté à laisser faire tout et n’importe quoi aux dirigeants de nos grandes entreprises, et de réfléchir à comment affronter un monde émergent peu amical ?

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