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jeudi 4 avril 2013

Critiquer l’Etat : art national français

- à propos du déficit, un commentateur faisait la remarque que nous avons un problème de riches : on parvient à n'avoir que 3 ou 4% de déficit (rapporté au PIB) alors que les dépenses publiques représentent 54% du même PIB (6 points au-dessus de la moyenne de la zone euro). On en a sous le pied !...
- Bon constat. Alors il faut viser 48% du PIB.
Soudainement un débat enthousiasme mes amis. Ils ont trouvé les sources des maux de la France : le poids de l’Etat. Son incompétence est désolante. Ils se lancent dans une surenchère de conseils.

Moi, cette conversation me déprime. Qui a démontré le lien entre la dépense publique et la performance d’un pays ? Elle varie énormément d’un pays à un autre. En outre, elle a atteint, y compris en Angleterre, des niveaux qui seraient apparus insoutenables il y a quelques décennies. D’ailleurs, la France est-elle particulièrement mal ? Dans quel état seraient l’Allemagne ou les pays du nord si le sud de l’Europe s’effondrait ? Ces pays peuvent-ils prétendre que leur situation est durablement saine ?
Et surtout, mes amis ont-ils réfléchi qu’ils ont peut être quelque-chose à voir dans les prélèvements de l’Etat ? Aux USA une licence dans une bonne université coûte 200.000$. Leurs enfants auraient-ils fait des études s’ils s’y étaient trouvés ? Se permettraient-ils de chercher leur voie pendant plusieurs années ? Et eux, auraient-ils les ressources du chômage pour monter une entreprise, voire des transports en commun subventionnés pour se rendre à leur travail ? Qu’attendent-ils donc pour partir aux USA ?

C’est cela être un assisté : critiquer un système qui vous nourrit. C’est une occupation bien plus agréable que travailler. 

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