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mardi 9 avril 2013

Margaret Thatcher et l’hiver nucléaire

Le journaliste est affligeant. Hier je lisais dans le Monde que Mme Thatcher avait été boursière à Oxford. C’est faux. Elle appartient à une famille aisée qui lui a payé de coûteuses études. De même que son ascension politique n’a pas été difficile. Elle était haïe par ses pairs, mais ils avaient besoin d’une femme dans leurs rangs. Ce matin un chroniquer de France Culture racontait que le Thatchérisme avait amené le PIB par habitant anglais de 10% au dessous du niveau français à dix % au dessus (preuves ?). Ce qui ignore le fait que la destruction nourrit le PIB, et que le Thatchérisme est une bulle spéculative. D'ailleurs le PIB moyen est-il corrélé avec le bonheur ? Idem, Madame Thatcher n’était pas un être sans cœur : elle haïssait simplement les indigents et l’élite anglaise. Pas plus qu’elle n’est à l’origine du Thatchérisme : elle était beaucoup trop prudente pour cela. Ce sont ses successeurs, principalement de gauche, qui ont enterré le modèle social anglais. (Un texte de référence.)

La mort de Margaret Thatcher est celle d’une utopie. L’utopie d’une société qui serait faite sur le modèle du marché. Une société dans laquelle il n’y aurait plus d’Etat. Dans laquelle nous serions à la fois des clients et des produits. Bref dans laquelle nous n’aurions droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité… qu’en fonction de nos revenus (nuls pour beaucoup), et qui nous demanderait d’aller au plus offrant, et ce nonobstant nos liens familiaux, culturels…

Cette utopie a dévasté la planète. Qu’est-ce que l’Etat ? Qu’est-ce que la démocratie ? qu’est-ce que la science ? quel est le sens de la vie ?... Nous n’en savons plus rien. Car tout cela a été manipulé dans un but unique : nous convaincre que le marché était notre Dieu.

Après cet hiver nucléaire, il nous faut réinventer le monde.

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