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jeudi 13 juin 2013

Politique et esclavage

Tirant le fil de ma pensée, j’en arrive à me dire que le précédent billet de cette série a quelque chose d’idiot. Je reproche au Français de se comporter comme la CGT, de n’être capable que de condamner, jamais de proposer quoi que ce soit de constructif. Autrement dit de ne pas faire de « politique » (politique = action pour faire avancer la nation). Mais, cela prend beaucoup de temps ! J'en suis un exemple. Au fond, ce blog est la matérialisation de mon action « politique ». Et il est devenu (du moins, en ce qui concerne la collecte de la matière qui l'alimente) le cœur de ma vie. Et je parviens, difficilement certes !, à combiner mon travail avec cette réflexion ! Tout le monde n'a pas cette chance. 

D'ailleurs, ça ne s'arrange pas. Ne nous dit-on pas de « travailler plus » ? The Economist, par exemple, le répète sans cesse. Or, Hannah Arendt oppose travail (physiologique) avec action (politique). Le propre de l’homme digne de ce nom est l’action, le politique. Le travail, c'est pour l’animal, « bête de somme », ou l’esclave, chez les Grecs. J'en arrive donc à me demander si l’on n'a pas voulu nous asservir. Et si, pour cela, on s'était emparé du politique, fonction de direction, en nous rejetant dans les fonctions d’exécution ?  Pour réussir, ne suffisait-il pas d’appeler « travail » l’action politique favorable aux intérêts de l'élite, et « oisiveté », la nôtre ?  Mais, comment créer une société sans esclaves ?
  • Faire accéder tout le monde au politique. C’était probablement l’idée de la IIIème République. La mission de l’Education nationale. Mais, je ne suis pas sûr que ce soit suffisant. Si j’en juge par ma propre expérience, développer une conscience politique demande énormément de temps (une vie). Et il est difficile d’agir correctement : je découvre sans arrêt que ce que je croyais était faux.
  • Seconde idée : « changer pour ne pas changer ». Trouver un moyen d’amener la société à se développer d’une façon à ce que la tentation de parasitisme du politique par l’intérêt particulier soit mise au profit de la société. Il n’est pas impossible que c’ait été le cas après guerre. Alors, le développement économique était tel que l’utilitariste avait mieux à faire dans l’entreprise que dans la politique.

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