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vendredi 27 février 2015

Ne dîtes pas à ma mère que je suis consultant...

Je prépare une conférence. C'est étrange, j'ai un rôle central dans ce travail, et pourtant je sens que j'embarrasse ses organisateurs. Et même que l'on aimerait bien que je ne monte pas sur l'estrade. Qu'est-ce qui ne va pas ? Je suis consultant ! Et il y en aura 150 dans la salle ! Mais, je suis aussi enseignant. Ouf, on a trouvé un moyen de me présenter. Mais attention : il ne faut pas que je donne de leçons. Cela créerait des crises d'hystérie. Et, surtout pas de graphiques ! Je suis une ancienne de McKinsey, j'y suis allergique !, m'entends-je dire.  

Chaque période a eu ses professions honnies. Il a y a eu les devins au temps des Romains, les médecins de Molière, et maintenant les consultants. Les raisons doivent en être les mêmes. Une forme de totalitarisme. Ils imposent leur vérité, qu'ils prétendent détenir de quelque source divine. Et c'est pour cela qu'ils se fâchent tout rouge contre ceux qui n'on pas foi en eux. 

Mais il existe peut-être une différence entre les devins et les médecins, d'une part, et les consultants de l'autre. Les consultants sont des agents de basses œuvres. Ils sont l'outil du dirigeant, grand ou petit, pour faire faire à une organisation, dont ce n'est pas l'intérêt, ses quatre volontés. Ils y gagnent le mépris unanime dont jouit le mercenaire ou le chasseur de primes. 

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