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mercredi 5 août 2015

33 Newport Street

Grâce à l'école, Richard Hoggart, né en 1918, va s'extraire d'un milieu extrêmement pauvre, et devenir un éminent universitaire. Ce livre est à la fois l'histoire de cette ascension et un travail d'anthropologie des classes défavorisées anglaises. 

D'ordinaire je pense qu'il n'y a pas incompatibilité entre pauvreté et bonheur, mais ça ne semble pas le cas ici. Ce qui est décrit ressemble beaucoup à ce qu'observe Poor economics. Le pauvre y est à la limite de la déchéance. Toute sa force sert à le maintenir à flot. La moindre difficulté et c'est le naufrage. En outre, ces pauvres, contrairement aux mineurs de Qu'elle était verte ma vallée, ne semblent pas avoir développé de culture à eux, de fierté. Une fois de plus, ils ne sont pas loin de n'être préoccupés que de leur survie. 

La société anglaise y est décrite comme figée. Le haut méprisant le bas, et s'arrangeant pour que ce dernier reste à sa place, misérable. A tel point que le succès de Richard Hoggart était hautement improbable. C'est à l'intervention d'enseignants qui avaient repéré ses compétences qu'il a dû de continuer ses études. En particulier, faute d'une formation correcte, il a été incapable de réussir l'examen d'entrée à l'équivalent de notre collège. 

(HOGGART, Richard, 33 Newport street, Points Essais, 2013.)

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