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mardi 14 juillet 2020

L'ubérisation disruptée par la démocratie ?

France Stratégie a réuni les "plates-formes" citoyennes. Ces plates-formes organisent des débats entre Français, afin de savoir ce qu'ils désirent, puis font connaître leurs sentiments. (France Stratégie procède de même.)

J'en retiens que ces plates-formes répondent à une attente nouvelle. Le citoyen, là où il se sent légitime, veut être entendu. Ces plates-formes expriment fortement le refus de l'infantilisation auquel il a été soumis traditionnellement par le pouvoir politique. Il en ressort que leurs participants veulent des gouvernants qui décident vite et bien, mais après avoir consulté la collectivité, et qui s'expliquent clairement (le citoyen aurait "perdu le fil" de ce que fait l'Europe, par exemple). "L'Etat autoritaire" : non.

Sont-elles représentatives des Français ? Certainement pas. Il suffit de voir leurs animateurs pour constater qu'ils appartiennent à un cercle extrêmement étroit. On a même l'impression qu'ils viennent de la même classe (au sens scolaire du terme). En revanche, ce besoin d'expression pourrait être commun à toute la population. D'ailleurs, il était dit que le Français est un peuple qui s'intéresse, beaucoup plus que d'autres, à la politique, même s'il vote peu. (Au fond il aime son pays, et c'est pour cela qu'il lui en veut de ne pas être à la hauteur de ses attentes ?)

Ce besoin d'expression rencontre le désir du politique, qui encourage ces initiatives.

Serait-on au "début d'une réforme démocratique" ? Demain, le "bon gouvernement" de Pierre Rosanvallon ? Quel sera le rôle qu'y joueront les plates-formes ?

S'il y a un paradoxe dans cette affaire, c'est qu'après avoir été asservissement de l'homme par l'homme, avec Uber, elles deviennent lien social...

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