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lundi 27 octobre 2008

Sarkozy est tel que nous l'avons voulu

Notes prises lors d'une conférence de Stéphane Rozès (IFOP), fin 2005 :

Le Français est inquiet

  • parce qu’il pense qu’il est le fruit d’un processus de formation sophistiqué et que ses compétences ne seront pas exploitées, que son intelligence, ne sera pas « mise en valeur ».
  • « parce que le travail est l’élément premier de son identité »
  • Surtout, parce qu’il a besoin de « cohérence », de voir la fin pour pouvoir concevoir les moyens ; aujourd’hui, elle est absente ; par contraste, l’anglo-saxon s’accommode très bien des seuls moyens, ce qui compte pour lui, « c’est de se mettre en mouvement ».

C’est cette question qui segmente la France entre « ceux d’en haut », « ceux qui maîtrisent leur devenir social », et « ceux d’en bas », les autres, une catégorie qui compte de plus en plus de monde, et notamment les cadres dont l’avenir est de plus en plus incertain.
De même, les jeunes français se sont identifiés avec les jeunes des banlieues, parce qu’ils se pensent une génération sacrifiée qui n’a pas d’avenir.
À cela vient s’ajouter des désillusions conjoncturelles comme celle du referendum européen : la France croyait que l’Europe était le prolongement de son modèle, elle découvre que ce n’est pas le cas.
Le besoin des français est donc : « donnez-nous un moyen de nous repérer ».
Répondre à cette question, fixer un idéal, le « souhaitable », est le rôle traditionnel du politique. Or le politique a « externalisé le souhaitable », à l’Europe d’une part, aux lois du marché de l’autre, qui servent d’excuses quant à son impuissance ;
l’Etat aux agents duquel le Français demande « soyez des puissants, mais pas des privilégiés » se dérobe, « s’esquive ». C’est une organisation de techniciens, qui ne sait donner que des réponses de technicien : mesures, moyens, « ils font entrer le pays dans leur réseau de contraintes » ; alors que la France demande du sens, de dire « pourquoi ? », et est prête pour cela à mettre « les choses sur la table », à débattre,… ils refusent l’obstacle et répondent « comment ».
C’est la source du malaise actuel : faute de sens partagé chacun essaie de reconstruire le sien en se raccrochant à ce qu’il peut, fondamentalisme divers ou autres certitudes.
La popularité des hommes politiques reflète ce malaise :

  • Nicolas Sarkozy, par exemple, est utilisé comme un modèle par l’opinion, qui essaie par son exemple de montrer au politique ce qu’il désire, c’est à dire quelqu’un qui croit que « quand on veut on peut », et ne connaît pas l’excuse.
  • Jack Lang est populaire chez les ouvriers parce qu’il ne partage pas le discours misérabiliste de la gauche et a su retrouver la voie de la « fierté ouvrière ».
Dans le prolongement de : Sarkozy en leader du changement.

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