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lundi 7 septembre 2009

Mme Blair, femmes et carrière

Minter Dial rapporte les propos que Cherie Blair a tenus lors de l’Université du MEDEF :

Mme Blair, comme beaucoup de féministes, se heurte à la cohabitation carrière, famille. Elle cite le cas de son mari, à qui on a fait remarquer un jour que s’il quittait la chambre des députés à 19h00 (pour s’occuper de sa famille), il ne ferait pas une grande carrière.

Pourquoi ne pas admettre l’évident ? L’incompatibilité, tous sexes confondus, entre la vie qu’exige l’ambition et les conditions d’épanouissement d’une famille. Il faut choisir l’une ou l’autre. Vous voulez une carrière ? N’ayez pas d’enfant. Vous voulez une famille ? Satisfaites-vous du travail bien fait, sans courir après des honneurs illusoires.

D’ailleurs, même dans ce dernier cas, il est possible de faire carrière. J’ai vu nombre de cadres devenir DG vers 40 ans, démontrer leur manque d’expérience, se faire licencier, puis végéter définitivement. Prendre le temps de s’occuper de sa famille donne aussi celui de construire son expérience, et de se préparer à une carrière solide. Pourquoi se précipiter ? La retraite sera bientôt à 70 ou 75 ans, ça laisse le temps de faire carrière.

Mais, au fond, qu’est-ce que faire carrière ? N’est-ce pas s’élever dans la hiérarchie d’une grande organisation bureaucratique ? Est cela que nous attendons de la vie ? Serat-ce cela notre contribution à la société ? N’est-ce pas la notion de carrière qu’il faut mettre en cause ?

D’ailleurs, qui peut faire carrière ? Une classe privilégiée, une infime partie de la population. Les intérêts de cette classe sont-ils l’essentiel des préoccupations de la très socialiste Mme Blair ?

Compléments

  • Il me semble repérer quelque chose de vaguement contradictoire dans les propos de nos élites. Depuis des décennies, elles nous enjoignent d’aimer l’économie. Pour elles, comme pour Mme Blair, l’économie c’est la grande entreprise. Or, ses dirigeants, qu’ils soient diplômés de Harvard ou issus de l’inspection des finances, s’ils se présentent comme des entrepreneurs, ne sont que des bureaucrates de carrière. L’entrepreneur, c’est celui qui crée son entreprise. Et il ne la crée pas seulement par souci d’indépendance, mais surtout pour apporter à la société quelque chose qu’elle ne possédait pas (Capitalisme : punir le client).

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