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mercredi 14 novembre 2012

Journalisme et censure

Ecrire des livres m’a fait découvrir la profession de journaliste. Expérience frustrante. Je pensais avoir des choses intéressantes à dire. Or, le journaliste, au lieu de m’écouter, semblait me considérer avec méfiance.
Je crois maintenant comprendre pourquoi. Le journaliste est comme tout Français : avant d’entendre quelqu’un, il a besoin de le connaître. Il doit s’assurer qu’il est honnête. Travailler avec des journalistes est donc un investissement au long cours, avec une longue phase initiale de calme plat.
Mais le plus curieux n’est pas là. Je lis beaucoup la presse étrangère. J’en ai parlé avec les journalistes. J’ai constaté que ce que je leur disais leur faisait peur : « on ne pourrait pas imprimer cela ». En France, il existe une sorte d’omerta. Elle ne couvre pas que les agissements de DSK. Un journal de gauche ne peut pas dire, comme le fait The Economist, que les conditions de travail modernes conduisent au suicide, pas plus qu’un journal de droite ne peut écrire, comme The Economist, que l’automatisation à outrance élimine la classe moyenne.
Raffinement de la culture française, éprise de respect de l'autre, ami ou ennemi ? Ou  dangereuse forme de censure: étant mal informée, notre démocratie marche mal ?
Plus possible aujourd'hui ?

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