Il y a quelque chose d'étrange chez M.Trump. C'est un (faux ?) milliardaire, pourtant la classe des déclassés s'identifie à lui.
Par beaucoup d'aspects, M.Macron lui ressemble. Et pourtant il ne suscite nulle part la sympathie. En revanche s'il irrite, il ne provoque pas de rejet violent.
Cela a-t-il une importance ? Il n'y a que les hommes politiques qui aient besoin d'être aimés. L'électeur est utilitariste. Du moins, c'est ce qu'il me semble.
vendredi 31 août 2018
Vacances, artefact culturel ?
Pour moi, un entrepreneur est un homme qui se consacre nuit et jour à son entreprise. Eh bien ce n'est pas comme cela que l'entrepreneur français voit les choses. Pour lui, les vacances, bien longues, sont sacrées. C'est ce que j'ai constaté, il y a une quinzaine d'années, en travaillant avec deux jeunes entrepreneurs. Phénomène que j'ai retrouvé ensuite. Il est d'autant plus curieux que de grands patrons, qui sont les premiers à critiquer la paresse de l'employé, sont aussi les premiers à faire ce qu'ils lui reprochent.
Que les vacances aient quelque-chose de culturel se vérifie aussi en observant les pratiques étrangères. Un des deux jeunes entrepreneurs, ci-dessus, était libanais. Lui ne prenait pas de vacances. Ou plutôt il en prenait pour éviter un drame familial. Mais il était extrêmement malheureux en vacances, et cherchait tous les moyens de s'évader de sa famille, française. (Quinze ans après, il n'a pas changé.)
Que les vacances aient quelque-chose de culturel se vérifie aussi en observant les pratiques étrangères. Un des deux jeunes entrepreneurs, ci-dessus, était libanais. Lui ne prenait pas de vacances. Ou plutôt il en prenait pour éviter un drame familial. Mais il était extrêmement malheureux en vacances, et cherchait tous les moyens de s'évader de sa famille, française. (Quinze ans après, il n'a pas changé.)
jeudi 30 août 2018
Les vacances de M.Hulot
M.Hulot part du gouvernement. On ne l'écoutait pas. Il m'a fait penser à de Gaulle. Qu'il a subi de frustrations quand il était en Angleterre ! Il n'était rien, d'ailleurs. Général de brigade à titre provisoire, secrétaire d'Etat, il s'était bombardé voix de la France. Or Roosevelt, maître du monde, voulait administrer la France comme l'Allemagne, avec un homme à sa main. Mais de Gaulle a tenu. Et il a imposé ses vues à Roosevelt, à Churchill et au reste du monde.
Le talent de M.Hulot, ce sont les émissions de télé. Et s'il faisait une émission sur de Gaulle ? Son exemple inspirerait peut-être une personne qui a le talent de changer le monde ?
Le talent de M.Hulot, ce sont les émissions de télé. Et s'il faisait une émission sur de Gaulle ? Son exemple inspirerait peut-être une personne qui a le talent de changer le monde ?
Changement à la russe
Qu'est-ce qui s'est passé en 1917 ? La Russie était peuplée de paysans orthodoxes. Les Révolutionnaires ont voulu qu'ils soient des ouvriers athées. Du jour au lendemain. Pour cela, ils ont eu recours à la terreur. (Entendu dans une émission sur Soljenitsyne.)
Le romantisme des récits épiques nous fait oublier que les grands changements ont pour origine une idée toute simple.
Combien de milliards de morts faudra-t-il pour que l'on comprenne que le changement ne se fait pas en un claquement de doigts ?
Le romantisme des récits épiques nous fait oublier que les grands changements ont pour origine une idée toute simple.
Combien de milliards de morts faudra-t-il pour que l'on comprenne que le changement ne se fait pas en un claquement de doigts ?
mercredi 29 août 2018
Maria Casarès, le Camus acceptable ?
On entend beaucoup parler des lettres de Maria Casarès et d'Albert Camus. Il n'y a pas eu de grande célébration du centenaire de Camus. Ses amours semblent plus populaires que lui.
Albert Camus était un homme de la classe moyenne. Et ses valeurs sont suspectes ? Il a quelque-chose de sulfureux ? Mais peut-être pas ses sentiments. Surtout parce qu'ils ne devaient pas être révélés ?
Albert Camus était un homme de la classe moyenne. Et ses valeurs sont suspectes ? Il a quelque-chose de sulfureux ? Mais peut-être pas ses sentiments. Surtout parce qu'ils ne devaient pas être révélés ?
La peste
Quand j'étais adolescent, mon père m'a envoyé La peste, de Camus. Je passais mes vacances avec mes grands parents, et il n'y avait pas de librairie à côté de chez nous. Si bien que, mais je ne me souviens plus très bien, mon père devait m'envoyer quelques livres de temps à autres.
Dans les années 50, il vivait en province et, la libraire, à la réception du "Mythe de Sisyphe", qu'il avait commandé, lui avait dit "la mite est arrivée". Ce qui me fait penser qu'il devait suivre les publications de Camus de près. Mon père avait dû se reconnaître dans l'oeuvre de Camus. Au temps de la querelle de Camus et de Sartre, il avait dû choisir son camp.
Mais il ne parlait jamais de ses opinions, et ne m'imposait rien. Je soupçonne, quarante ans après, que, s'il m'a expédié ce livre, c'est qu'il pensait qu'il était important pour la formation de mes idées.
Mais, on est toujours trahi par les siens ? Je n'ai pas aimé La peste. Et je n'aime toujours pas la plupart des livres de Camus, pour la même raison. Il était trop simple et trop didactique. Ce qui me plaît chez Camus, c'est "L'homme révolté" ou certains passages de "Noces". C'est lorsque la passion déborde le calcul. Camus disait qu'il était un "artiste". Ce n'était pas le cas, à mon avis. L'artiste dit une forme de vérité, selon moi. Une vérité qui vient de l'intérieur, et qui n'a subi aucune censure. Un cri. Le plus étrange, peut-être, est que cette vérité doit traverser et dominer toute la contrainte des conventions, de l'art ou de la science, pour s'exprimer. A moins que ce ne soit ce combat qui ne lui soit nécessaire ? De même que l'homme projeté sous l'eau a le désir fou de remonter à la surface ?
De l'art, ultime, de l'influence ? (Une des rubriques les plus fournies de ce blog.) Si je me suis mis à m'intéresser à Camus, quarante ans après, c'est peut-être du fait de l'influence de mon père. Ne rien imposer, mais, pour autant, laisser entendre ce que l'on trouve bien. Et faire confiance au temps, et à ses enfants ?
Dans les années 50, il vivait en province et, la libraire, à la réception du "Mythe de Sisyphe", qu'il avait commandé, lui avait dit "la mite est arrivée". Ce qui me fait penser qu'il devait suivre les publications de Camus de près. Mon père avait dû se reconnaître dans l'oeuvre de Camus. Au temps de la querelle de Camus et de Sartre, il avait dû choisir son camp.
Mais il ne parlait jamais de ses opinions, et ne m'imposait rien. Je soupçonne, quarante ans après, que, s'il m'a expédié ce livre, c'est qu'il pensait qu'il était important pour la formation de mes idées.
Mais, on est toujours trahi par les siens ? Je n'ai pas aimé La peste. Et je n'aime toujours pas la plupart des livres de Camus, pour la même raison. Il était trop simple et trop didactique. Ce qui me plaît chez Camus, c'est "L'homme révolté" ou certains passages de "Noces". C'est lorsque la passion déborde le calcul. Camus disait qu'il était un "artiste". Ce n'était pas le cas, à mon avis. L'artiste dit une forme de vérité, selon moi. Une vérité qui vient de l'intérieur, et qui n'a subi aucune censure. Un cri. Le plus étrange, peut-être, est que cette vérité doit traverser et dominer toute la contrainte des conventions, de l'art ou de la science, pour s'exprimer. A moins que ce ne soit ce combat qui ne lui soit nécessaire ? De même que l'homme projeté sous l'eau a le désir fou de remonter à la surface ?
De l'art, ultime, de l'influence ? (Une des rubriques les plus fournies de ce blog.) Si je me suis mis à m'intéresser à Camus, quarante ans après, c'est peut-être du fait de l'influence de mon père. Ne rien imposer, mais, pour autant, laisser entendre ce que l'on trouve bien. Et faire confiance au temps, et à ses enfants ?
mardi 28 août 2018
Une journée d'Ivan Denissovitch
Une journée d'Ivan Denissovitch est probablement le seul livre de Soljenitsyne que j'ai lu. Et cela, il y a vraiment très longtemps. Comme le Zéro et l'infini, de Koestler, c'est l'histoire d'un homme qui fait face à l'absurde. Mais qui domine cet absurde, et qui donne un sens à chaque minute de sa vie. C'est l'illustration du Sisyphe de Camus. On n'a jamais été aussi libre qu'au Goulag, ou dans les geôles de Staline, aurait certainement dit Sartre.
Dangereux Humanisme ?
L'Humanisme serait-il à l'origine d'une idée perverse qui saperait la durabilité de notre développement ? C'est ce que semblait dire Claude Lévi-Strauss, il y a déjà pas mal d'années.
Selon lui l'Humanisme de la Renaissance a fait une grave erreur en définissant l'homme comme "être pensant" et non comme "être vivant". Et en en faisant le maître de la nature. Ce qui lui donnait la permission de massacrer la nature, mais aussi les êtres humains qu'il pensait inférieurs.
Selon lui l'Humanisme de la Renaissance a fait une grave erreur en définissant l'homme comme "être pensant" et non comme "être vivant". Et en en faisant le maître de la nature. Ce qui lui donnait la permission de massacrer la nature, mais aussi les êtres humains qu'il pensait inférieurs.
lundi 27 août 2018
Soljenitsyne méconnu
L'histoire de Soljenitsyne ressemble à celle des Afghans. Les Américains pensaient que Soljenitsyne était leur ami parce qu'il était l'ennemi des Soviétiques. Mais Soljenitsyne était l'ennemi du principe commun qui faisait de l'URSS et des USA des frères ennemis.
Il en est probablement de même de Dostoïevsky. Au fond, on ne voit dans une oeuvre que ce qui nous arrange. On est incapable de percevoir l'identité réelle d'un homme. Aime et fais ce que tu veux...
(Réflexion qui vient de : Avoir raison avec Soljenitsyne, de France Culture.)
Il en est probablement de même de Dostoïevsky. Au fond, on ne voit dans une oeuvre que ce qui nous arrange. On est incapable de percevoir l'identité réelle d'un homme. Aime et fais ce que tu veux...
(Réflexion qui vient de : Avoir raison avec Soljenitsyne, de France Culture.)
Je me défais
"Je me défais" disait Michel Onfray. Plus il étudie, plus il découvre que ce qu'il croyait était faux.
C'est aussi ce que je pense. Notamment en écrivant ce blog. Mais, j'ai l'impression que cela aurait pu ne pas arriver. J'aurais pu demeurer un légume. J'ai longtemps était convaincu de mon impuissance. Curieusement, c'est dans cette période que j'ai acquis mon expérience du changement. Seulement, c'était un changement local. Et je ne comprenais pas que je faisais bouger les choses. Mais il y a eu la crise de la quarantaine. Un curieux enchaînement de circonstances a fait que j'ai écrit un livre. Puis, reste de mes études, je me suis demandé si d'autres n'avaient pas travaillé sur mon sujet. Et, petit à petit j'ai tiré le fil des travaux plus ou moins scientifiques. Dans le même mouvement, j'en suis arrivé à chercher des exemples d'application du changement. C'est en partie l'explication de ce blog. En examinant tout cela, j'ai compris que ce que je croyais était gravement faux. Nous subissons un efficace lavage de cerveau. Il s'explique probablement en partie par l'intérêt général, et en partie par l'intérêt particulier. Et il est revendiqué haut et fort, depuis toujours.
C'est aussi ce que je pense. Notamment en écrivant ce blog. Mais, j'ai l'impression que cela aurait pu ne pas arriver. J'aurais pu demeurer un légume. J'ai longtemps était convaincu de mon impuissance. Curieusement, c'est dans cette période que j'ai acquis mon expérience du changement. Seulement, c'était un changement local. Et je ne comprenais pas que je faisais bouger les choses. Mais il y a eu la crise de la quarantaine. Un curieux enchaînement de circonstances a fait que j'ai écrit un livre. Puis, reste de mes études, je me suis demandé si d'autres n'avaient pas travaillé sur mon sujet. Et, petit à petit j'ai tiré le fil des travaux plus ou moins scientifiques. Dans le même mouvement, j'en suis arrivé à chercher des exemples d'application du changement. C'est en partie l'explication de ce blog. En examinant tout cela, j'ai compris que ce que je croyais était gravement faux. Nous subissons un efficace lavage de cerveau. Il s'explique probablement en partie par l'intérêt général, et en partie par l'intérêt particulier. Et il est revendiqué haut et fort, depuis toujours.
Inscription à :
Articles (Atom)