lundi 18 octobre 2021

La métamorphose du dirigeant français

Je suis un des fondateurs d'une association qui veut tirer parti de la créativité de l'entreprise française. Une de nos méthodes est "top boss", une séance de discussion avec un chef d'entreprise. 

Des deux côtés il y a des hommes d'entreprise, mais nous ne nous comprenons pas. Et pourtant la rencontre est surprenante. En quelque-sorte, le dirigeant se métamorphose. Son entreprise devient "une autre entreprise", et lui une autre personne. 

Qu'est-ce qu'un chef d'entreprise français ? Peut être un pur entrepreneur, et, pas du tout, un gestionnaire. Autrement dit c'est quelqu'un qui a des idées et qui sait les mener à bout, en faire une "entreprise". Mais il marche à l'intuition, à l'envie. Il ne sait pas mettre en valeur ce qu'il fait. Cette mise en valeur n'est probablement même pas concevable, pour lui. Il ne voit pas comment faire autrement que ce qu'il fait. Parfois, il rencontre un blocage, par exemple un financier qui ne le comprend pas. Et pourtant, il sait qu'il a raison. 

Cela est peut-être inattendu, mais je crois que la France compte beaucoup plus d'entrepreneurs que les autres nations. Ailleurs, les chefs d'entreprise sont avant tout des gestionnaires, en particulier en Allemagne, où ils héritent souvent de leur entreprise. Et c'est pour cela qu'ils savent tirer beaucoup plus que nos patrons de ce qu'il possèdent. 

Ce que nous apportons, c'est, justement, de voir ce qui constitue la valeur de l'entreprise. Elle est souvent considérable. C'est, peut-être curieusement, une activité qui s'est développée à côté de son activité principale. Pour compenser les difficultés grandissantes de son métier, il a acquis un savoir-faire, qui n'a aucune valeur pour lui, mais qui en a beaucoup pour le marché. 

En tout cas, il reste encore bien des mystères. (Un témoignage.)

Suspension

Je me lave les dents. Ma brosse est molle. Décidément, les brosses ne sont pas de bonne qualité. Mais non. Je me suis trompé de brosse. Pourtant elles ne se ressemblent pas du tout !

Et voilà comment fonctionne notre esprit. Il se trompe "énormément". Comment se fait-il qu'il ait choisi la mauvaise brosse ? Comme se fait-il, qu'ensuite, il rationalise une idée fausse ? Qu'il applique un préjugé (obsolescence programmée) à une observation étonnante ? (Le professeur Cialdini dit que notre cerveau tend à s'économiser, il adopte spontanément une solution qui lui évite de penser.)

Suis-je le seul à avoir toujours tort ? Voilà qui n'est pas rassurant, quand on pense que l'on est dirigé par une élite, qui a une confiance absolue en la supériorité de son intellect. 

Mais voilà aussi ce qui justifie l'intérêt de la "suspension" de Husserl. Spontanément notre raison plaque sur la réalité des préjugés qui la rendent sourde et aveugle. Ce qui provoque des drames. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus d'accidents ? Elle ne marche bien qu'a posteriori. Nourrie d'informations, elle en fait une synthèse, qui nous permet de décider. La "suspension" correspond à ce procédé : débrancher sa raison, pour pouvoir collecter suffisamment d'informations, pour qu'elle puisse voir l'ensemble du tableau, le "système" derrière les faits disparates. 

Examen de gouvernement

Une commission parlementaire a étudié la gestion de la pandémie par le gouvernement Johnson. Il aurait pu mieux s'y prendre, ce qui aurait évité un nombre considérable de morts inutiles, mais il a été particulièrement efficace en phase de vaccination. 

Ce type de commission est-il usuel chez nous ?

Une démocratie en ordre de marche, de temps en temps, essaie de tirer des leçons de son expérience ? 

dimanche 17 octobre 2021

Combattive Europe ?

L'UE serait-elle une proie ? L'Angleterre ne veut pas appliquer les accords du Brexit, qu'elle a signés, la Pologne, entrée dans l'UE à l'initiative de l'Angleterre, ne veut pas appliquer les lois de l'Union qu'elle a acceptées, la Russie lui coupe le gaz, pour lui imposer un contrat dont elle ne veut pas, la Turquie joue au chantage au migrant... 

Rien de cela n'arriverait à un Etat fort. Serait-il temps de réagir ? 

Effet troupeau

L'épidémie, c'est fini ? En tout cas, je suis bombardé de photos triomphales de rassemblements de dirigeants, sans masques, et en configuration troupeau. On claironne le nombre de participants. 

Le patron est-il naturellement grégaire ? Et pourtant on parle de sa solitude ?

Cela conforte peut-être une théorie que cite ce blog. Le patron est malheureux, on ne reconnaît pas son mérite. Alors, il est content de se retrouver avec des gens qui lui ressemblent. Il y est au chaud. 

Mais un tel environnement ne lui est pas favorable, car il ne le stimule pas. Il le conforte dans le statu quo. Sans compter qu'il est le terrain idéal de lancement de la prochaine épidémie. 

Le naufrage de l'Education nationale

1% des élèves actuels auraient été parmi les 10% les meilleurs il y a 30 ans, 56% d'entre-eux, parmi les 10% les moins bons, dit une étude. Le système éducatif français a été dynamité. Probablement tout le monde le sait. Mais on ne s'attendait pas à un tel naufrage. Comment parler de "méritocratie", dans ces conditions ? Et, surtout, de "French Tech" ? Ou même de compétitivité internationale ? 

Chaque réforme semble enfoncer un nouveau clou dans le cercueil de l'Education nationale. Comment changer les choses ? Urgence ?

samedi 16 octobre 2021

La gloire des Gilets jaunes

"A Bercy, les meilleurs cerveaux s’agitent pour trouver des parades au retour des Gilets jaunes" (Philippe Mabille, La Tribune.)

Un temps, il était d'usage de railler les Gilets jaunes. Pauvres types incapables de formuler une revendication sérieuse. Eh bien, ils ont réussi un changement extraordinaire, plus fort que le Brexit ou Trump. Quasiment partout dans le monde, on agite le spectre des Gilets jaunes dès qu'un événement (la hausse du prix de l'énergie ou une mesure environnementale par exemple) menace de toucher le peuple. La "fin de mois" a gagné. 

Les Gilets jaunes ou le triomphe de l'intelligence collective ?

(La suite de l'article : "après le chèque énergie et le bouclier tarifaire, de nouvelles mesures sont attendues pour freiner la hausse des prix des carburants pour les plus modestes, de façon ciblée pour éviter d’être accusé de favoriser les « riches » conducteurs de SUV par une baisse générale des taxes sur l’essence. Formule qui aurait pourtant l’avantage de la simplicité et que propose sans états d’âme Eric Zemmour et plus curieusement (mais il faut dire que sa campagne peine à décoller) la socialiste Anne Hidalgo. Initiative peu appréciée d’ailleurs par ses alliés verts avec qui les relations sont tendues, au Conseil de Paris comme au niveau national face à un Yannick Jadot qui se sent pousser des ailes".)

La dernière séquence de Pirandello


Une compagnie cinématographique, en Italie, du temps du muet. Un "caméraman", qui tourne la manivelle de sa machine est le témoin muet, et quasiment invisible, de la vie qui se déroule autour de lui. 

Histoire agréable, mais qui n'accroche pas. Qu'a voulu dire Pirandello ? La vie est absurde ? On s'agite, voire on s'entre-tue, sans rime ni raison ? A moins que Sisyphe soit heureux, et que ce soit le caméraman qui passe à côté de la vie ?

France 2022 : la réélection de Jupiter

"Les collectivités sont donc dans l’attente d’un signe de l’Elysée. Comme en début de quinquennat, le retour du « en même temps » semble aller de pair avec celui de « Jupiter »." (France 2030 : un plan d’investissement qui laisse les collectivités dans l’attente)

Soit le gouvernement encourage le changement par en bas, soit il l'impose par en haut. Schizophrénie ? Ou le naturel revient au galop ? 

Un résultat que rien ne dément : un pays en crise au moment d'une élection ne reconduit pas son gouvernement. M.Macron est un trop bon connaisseur du marché, pour le laisser faire à sa guise ? Raison du plan de relance ? France 2030 ou France 2022 ? Et après nous le déluge ? 

Dans ces conditions, il est logique de ne compter que sur ses forces, plutôt que sur celles de ses ennemis, qui ont fait des régions leurs baronnies ?

vendredi 15 octobre 2021

Déodorants et phtalates

Le Monde disait, l'autre jour, que les déodorants seraient soupçonnés d'être à l'origine de cancer du sein et que les phtalates, qui se trouveraient dans des objets et des aliments, auraient causé 100.000 décès prématurés aux USA. 

Rien de nouveau. On utilise d'abord, et on constate ensuite. Rayons X, amiante, DDT, etc. 

Ne serait-il pas temps de prendre conscience de ce phénomène ? Et, d'une part, de cesser de dire d'une innovation qu'elle est évidemment sans risque, ce que personne ne croit, et, d'autre part, qu'il serait bien de l'éviter, dans la mesure du possible, en utilisant au maximum ce qui semble avoir fait la preuve de son innocuité ? (C'est probablement la logique du "circuit court".)