jeudi 15 avril 2021

Les origines du virus

On en sait toujours aussi peu sur les origines du virus. Il y a quelques temps l'OMS concluait de sa mission en Chine qu'il était très peu probable que le virus vienne d'un laboratoire. Mais pouvait-elle dire autre chose ? L'indice le plus convaincant de la véracité de la thèse du laboratoire n'est-il pas que la Chine gène toute enquête, contrairement à ce qu'elle a fait dans le passé ? 

On lit aussi que l'on a découvert que le virus circulait déjà en France avant le départ de l'épidémie, qu'il venait probablement de Chine, mais pas de Wuhan. Et qu'il était moins nocif que les variantes actuelles, c'est pourquoi on n'en a pas parlé. Une pièce de plus à apporter au dossier du laboratoire ? Pour leurs recherches, les scientifiques seraient-ils parvenus, par mégarde, à créer un virus "super performant" ? Certes on nous répète que les virus artificiels ne durent pas longtemps, mais n'est-ce pas l'histoire même de l'humanité, et de toutes ses inventions : à force d'essais et d'erreurs, de hasards, l'homme arrive à ses fins ?

Le gouvernement chinois aurait-il honte d'une invention géniale ? 

mercredi 14 avril 2021

La planète des singes ?

"Une étude scientifique menée dans l’archipel de Porto Rico après le passage de l’ouragan Maria, en 2017, illustre comment des communautés rivales de macaques ont adapté leur comportement face au désastre. Au lieu de lutter pour les rares ressources, ils ont étendu leur toile sociale pour s’entraider. (Article.)" 

L'article dit que les femelles ont joué un rôle central dans ce rapprochement entre communautés, mais parle aussi d'une augmentation du nombre des individus isolés. 

L'épidémie va-t-elle faire de nous des singes ? Qu'en a-t-il été dans le passé ? La crise de 29 a créé une sorte de fusion du peuple allemand, qui s'est tournée contre le monde ; quand à la France elle a donné le spectacle consternant d'une lutte fratricide. Rien n'est jamais déterminé. Tout est possible. Seulement certaines configurations, comme la coopération, deviennent plus probables, à mesure que la probabilité de destruction augmente. Ce qui n'a rien de rassurant. 

Inéluctable déclin de l'Occident ?

On entend que l'occident c'est fini. Est-ce aussi sûr que cela ? 

Ce qui est certain est que l'Occident est son pire ennemi. S'il est dans cet état ce n'est certainement pas du fait de l'irrésistible ascension de la Chine, de la Russie ou de l'Inde. C'est l'oeuvre de l'Occident lui-même. Il est à la mode de citer Thucydide, mais il faut reconnaître que l'Occident ressemble à Athènes, déchirée, dans les périodes fastes, par la folie des appétits égoïstes. Existe-t-il d'autres cultures qui vendent la corde pour les prendre et se dénoncent comme le mal absolu ?

Mais l'Occident a une force extraordinaire, que n'avait pas Athènes. C'est lui qui a inventé le jeu auquel nous nous livrons tous. Sa culture est devenue celle de l'humanité. La Chine rêve d'être à nouveau le centre du monde, mais elle n'a pas compris que, de même que, hier, on disait que le drame de notre droite était d'avoir des idées de gauche, elle est aliénée par les idées occidentales. 

L'Occident, la France en particulier, est démoli, mais il n'est pas mort. Ce qu'il lui faut, c'est retrouver son unité, et sa combattivité. 

Mais où avions-nous la tête ?

"selon l’étude US Financial Health Pulse Study, menée en août 2020, 167 millions d’Américains (soit environ la moitié des habitants du pays) sont en situation de précarité financière." (Article.)

Et les USA ont été le pays de la prospérité ! Comment en est-on arrivé là ? Et comment se fait-il que les "élites" américaines aient été prises par surprise par l'élection de M.Trump ? 

Peut-être dira-t-on que c'est l'effet de la "disruption". Une grande partie des Américains n'a pas réussi à s'y adapter. Mais n'est-ce pas pour cela que le citoyen élit des gouvernements ? Pour qu'ils l'aident à tirer profit du changement, et pas à en être victime ? 

mardi 13 avril 2021

Le dirigeant est irrationnel

Que fait l'entrepreneur lorsque sa société commence à aller mal ? 60000 rebonds, l'association qui aide les entrepreneurs ayant subit un dépôt de bilan, a analysé l'expérience qu'elle accumule depuis dix ans. 

Ce qui en ressort est une forme d'irrationalité ! Alors qu'il y a tout un dispositif public d'aide au dirigeant, très bien pensé, le chef d'entreprise n'y fait pas appel. Pourquoi ? Il ne veut absolument pas que quoi que ce soit filtre de ses difficultés, il doit redresser l'affaire seul. Car, il ne veut pas que l'on dise qu'il n'a pas payé ses dettes. Il arrête de se rémunérer, il travaille de plus en plus... Il se détruit. 

En France, l'échec est mal vu, dit-on. Le failli est stigmatisé. Tout le problème est là ?

Je n'en suis pas sûr. Qu'un entrepreneur crève plutôt que de ne pas payer ses dettes est tout à son honneur. Ce blog raconte l'histoire d'Américains qui ont eu l'idée géniale selon laquelle les retraites étaient des dettes comme les autres, et que les dettes, quand une entreprise est en faillite, se négocient... L'irrationalité est une rationalité que l'on ne comprend pas ?

Ce qui manque, me semble-t-il, au dirigeant pour être rationnel dans la difficulté, c'est des amis. S'il faisait avant la faillite ce qu'il fait après, chez 60000 rebonds, il n'y aurait pas de faillite ! Il parlerait tôt de ses inquiétudes, et ses "pairs" l'aideraient, grâce à de simples conseils, à les résoudre. 

Unconditional surrender


Dernière partie de Sword of Honour. Cette fois, Guy parvient à être nommé officier de liaison en Yougoslavie. Enfin l'aventure ? 

L'Angleterre a décidé de soutenir les partisans de Tito, et de trahir ses alliés royalistes. On dit que la bravoure des troupes de Tito "fixe" un grand nombre de militaires allemands. Dans les faits, les armées allemandes ont décidé de se replier, et ne craignent rien des partisans yougoslaves, qui ne font pas le poids. On décide de mettre en scène une attaque contre un poste occupé par les alliés les moins dangereux des Allemands pour convaincre un général américain de soutenir Tito. L'affaire tourne au ridicule, comme d'habitude, mais le général est convaincu. 

La guerre s'achève. Les bonnes intentions de Guy y auront pavé quelques enfers. Sa femme, avec qui il s'était remarié entre-temps, afin de donner un père à l'enfant qu'elle avait eu par inadvertance, meurt dans un bombardement. Ce qui lui permet de se remarier en toute bonne conscience. Il grossit, a deux enfants, devient prospère. Sa vie a repris un sens. 

Chaque personnage a sa langue propre et sa personnalité. C'est remarquablement bien écrit. Chaque histoire est racontée avec une économie de mots surprenante. C'est féroce. Curieusement, je l'avais lu il y a plusieurs décennies, et cela ne m'avait laissé aucun souvenir. 

lundi 12 avril 2021

Méthode détestable

"Encore une fois, le gouvernement use de cette méthode détestable qui consiste à faire payer ses cadeaux par les autres" (André Laignel, parlant de la politique de l'Etat vis-à-vis des collectivités locales.)

Toute la politique du gouvernement, depuis toujours : en prendre aux uns, pour en donner aux autres, et en perdre au passage ? Peut-être aussi, pour que ça ne se voit pas : monter les uns contre les autres, en faisant croire que l'un volait à l'autre, alors qu'il se trouvait que le financement en question était nécessaire à son fonctionnement, lui même nécessaire à la nation ? 

Et si, au lieu de diviser pour régner, notre gouvernement se demandait comment combiner nos forces de façon à ce que nous nous mettions à créer une richesse qui nous profite à tous ? 

Officers and gentlemen


Deuxième partie de Sword of honour. Cette fois-ci, on découvre les commandos. Une idée nouvelle. Un des maris de la femme de Guy Crouchback, officier de carrière, est chargé de monter une unité commando. Il y réunit ses amis, tous gens de la haute société. On y passe le temps agréablement. 

Puis, après bien des péripéties, ils se retrouvent faire la campagne de Crète. Une longue déroute, dans le désordre le plus complet, avec pour mission finale de se rendre aux Allemands. Guy est invité par d'autres militaires à s'échapper dans un bateau de pêche. Il est un des seuls survivants de l'aventure, sauvé par un subalterne, quelque-peu inquiétant. (S'est-il débarrassé des autres navigateurs ?) 

Occasion de voir les ridicules de l'arrière, en particulier des officiers généraux. Tous plus sots les uns que les autres. 

Une unité étant menacée de disparition, elle décide d'un coup de pub. Elle expédie ce qu'elle a sous la main, c'est à dire un raté avec une bande de pieds nickelés, dynamiter un bâtiment d'une île anglo-normande. Le sous-marin qui les transporte se perd dans la brume, et ils débarquent en France, où, dans l'improvisation totale, il font sauter un train de marchandise. L'affaire est montée en épingle. Le raté est nommé colonel, et sert aux relations publiques de l'Angleterre auprès de ses alliés. 

Un phénomène curieux, en ces temps, était la valse des grades. En fonction des besoins on changeait de grade. D'ailleurs, les seuls qui semblent avoir de brillantes promotions, comme ici, sont les imbéciles et les planqués. Les autres sont cantonnés à des postes subalternes. 

dimanche 11 avril 2021

ENA mondiale

Une biographie de Mme Thatcher et de ses successeurs dit que ses réformes ont été faites par des "énarques". On croit que l'ENA nous est propre, mais elle a gagné le monde. Et cela se manifeste par le fait que, partout, existe un mouvement "anti élites". 

Pourquoi ? Probablement du fait d'un double phénomène. 

  • L'idée s'est imposée selon laquelle la complexité du monde exigeait de donner ses commandes aux plus intelligents, l'intelligence était sélectionnée par l'école. C'est ainsi que les universités les plus prestigieuses se sont transformées en ENA : elles sélectionnent "l'élite" et l'expédient, sans aucune autre forme d'apprentissage, au sommet de tout ce qui compte. Et même, ce qui surprendra, des start up. Car ce qui fait la start up, c'est le financement. Et les fonds sont aux mains de l'élite, qui ne finance que l'élite. 
  • Parallèlement, l'égoïsme a gagné l'humanité. Son credo est devenu le chacun pour soi libéral. Dans ces conditions ceux qui devaient être de "grands commis" ne pouvaient que profiter de leur position. 
Qu'en tirer ? Deux enseignements :

  • Nous sommes tous responsables. L'ENA n'est que la partie émergée d'un phénomène social, et mondial. L'ENA ne va pas faire le printemps, il demande un changement collectif d'état d'esprit. 
  • Le "bien commun" collectif, la société comme filet de sécurité, et très mal garanti contre les coups de folie de ses membres. Toute la question de la "résilience" est ici. 

Men at arms


La guerre de 40 vue par Evelyn Waugh, en trois livres (Sword of honour). 

C'est l'histoire de Guy Crouchback. Très ancienne famille chrétienne, qui a perdu sa fortune, probablement du fait de la crise d'avant guerre. Il vit en Italie dans une propriété familiale. Il avait épousé une femme qui coure d'homme en homme, et qui a divorcé de lui. Le divorce n'étant pas reconnu par l'Eglise, il ne peut se remarier. Sa vie est fichue. Depuis huit ans, il ne fait rien. La guerre est l'espoir d'un renouveau. Il revient en Angleterre, et avec quelques difficultés, en dépit de son grand âge (35 ans), parvient à s'engager.

Le monde d'Evelyn Waugh est ridicule. Et la traversée de la guerre sera une traversée de ridicules. Pour commencer on assiste à la drôle de guerre du côté Anglais. La brigade à laquelle appartient Guy essaie de se former. Ordre et contre ordre. On l'envoie un moment surveiller une plage où l'Allemand doit débarquer. Il est à deux doigts de mitrailler d'autres Anglais qu'il trouve trop anglais pour ne pas être allemands. Puis, cela devient plus sérieux, débarquer à Dakar. Mais rien ne se fait. On revient au pays.