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vendredi 11 décembre 2020

Convention citoyenne et démocratie représentative

La Convention citoyenne a-t-elle la moindre utilité démocratique ? La question qui se pose est sa légitimité. Sans elle, rien n'est possible. La formule actuelle ne va pas. Trouver un meilleur dispositif est compliqué. (Un article sur le sujet.) 

John Stuart Mill a étudié la démocratie représentative, et ses travaux n'aboutissent pas à la convention citoyenne, mais au parlement anglais. Ce qui ressemble le plus à la convention est le "jugement par jury", quoi qu'on demande au jury une réponse à une question, et pas un programme. 

La consultation serait-elle une mieux adaptée ? Un petit groupe de citoyens reconnus pour leur honnêteté intellectuelle identifie les "parties prenantes" concernées par un problème et les consulte. Il en tire un rapport qui fait l'unanimité au sens où il est possible qu'il ne soit idéal pour personne, mais que personne ne puisse le trouver inacceptable. (L'exemple de Vichy-communauté.)

lundi 19 octobre 2020

La complexité de la démocratie participative

La Convention citoyenne était-elle représentative de la France ? Apparemment, mes doutes d'ancien sondeur ont été confirmés : le groupe n'était pas représentatif. Il était constitué de personnes motivées par la question (un biais bien connu). En revanche, ce que je n'avais pas prévu est que le groupe était solidement encadré par des "militants" de la cause environnementale. (Un article sur le sujet.) 

Ceux-ci ont été délégués par la présidence : voulait-on utiliser cette convention pour donner une légitimité populaire à des idées préconçues ? Mais cette légitimité peut-elle être acquise si le peuple ne se reconnaît pas dans ce qui sort des débats ?

Cette Convention était supposée être un premier pas vers la Démocratie participative. Démocratie participative : pas encore au point ?

(Lorsque je faisais des études de marché, je procédais comme un juge : j'instruisais un dossier. Il s'agit d'écouter toutes les opinions, à la recherche d'un dispositif qui leur convienne à tous. Il y avait des travaux de groupe. Leur rôle était de rechercher le "coup de génie", l'idée qui débloque le problème insoluble. C'est ce qui rendait mon métier passionnant. Je soupçonne que la "démocratie participative" devrait s'inspirer de cette expérience.)

mercredi 24 juin 2020

Convention citoyenne est-ce bien sérieux ?

La Convention citoyenne, c'est l'intelligence collective, l'autorité définitive de la parole du peuple. C'est ce que pense, ou aimerait faire croire, le gouvernement.

Car la Convention citoyenne est un type de travail de groupe qui est bien connu pour ses biais.

Un groupe est extrêmement vulnérable à la manipulation, volontaire ou non. Le psycho-sociologue Serge Moscovici a montré, par exemple, qu'il suffisait qu'un petit nombre de "comparses" soient fermes dans leurs opinions, pour produire un recodage de la vision des couleurs du reste du groupe ! Robert Cialdini fait de la "validation sociale" (moutons de Panurge) une des lois des comportements sociaux. Pour beaucoup de raisons nous savons qu'il est désirable de penser comme les autres, ou dangereux de ne pas le faire. Ce phénomène se produit dans les jugements par jury. Le film "Onze hommes en colère" montre, d'ailleurs, comme un seul juré peut retourner un groupe complet.

La sélection du groupe influence ses conclusions. Soit il n'est pas représentatif de la population, et va refléter la culture, les intérêts, des gens choisis, soit il est représentatif de la population, et les virtuoses de la parole vont écraser les damnés de la terre.

Ce sont des phénomènes bien connus par ceux qui font des études de marché.

Le groupe ne travaillant pas correctement, il en reste à des considérations superficielles, il ne pénètre pas au coeur de la question. Par définition il ne va pas se confronter aux problèmes susceptibles de produire un conflit. De ce fait, ses décisions ne peuvent avoir aucune autorité.

(La question du groupe et de la démocratie est étudiée depuis les Grecs et les Anglais, pourquoi ne tient-on pas compte des enseignements du passé ?)