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jeudi 21 mars 2019

A house for Mr Biswas de V.S.Naipaul

Sir V.S.Naipaul. Grand écrivain anglais. Prix Nobel. Un de ses romans les plus célèbres. C'est le roman de son père.

Le roman se passe dans la communauté indienne de Trinidad. Mr Biswas naît dans une famille extrêmement pauvre. Il perd son père, alors qu'il n'est qu'un enfant. Sa vie sera promiscuité et misère. Son rêve : avoir sa maison. Ce qui le sauve, c'est son mauvais caractère. Il ne s'avoue jamais vaincu, même par plus fort que lui, il n'est jamais inférieur, il ne plie jamais l'échine. Au fond, c'est un libertaire.

C'est un brahmane. Cela ne veut pas dire grand chose hors de l'Inde. Mais cela lui vaut d'être un peu éduqué. Et c'est probablement quelqu'un d'intelligent. Un tournant de sa vie surviendra lorsqu'il est embauché, alors que jusque-là il peignait de la publicité pour des commerces, comme reporter par un des titres de l'ile. Mais c'est aussi ce contre quoi il lutte qui le sauve. Il se marie, par mégarde, avec une fille d'une famille nombreuse. Cette famille joue le rôle d'assurance pour ses membres. Qu'ils travaillent ou non, elle les habille et les nourrit. Ils vivent les uns sur les autres, dans le bruit, les disputes et les fêtes.

Ces familles indiennes sont industrieuses et entreprenantes. Elles investissent aussi considérablement dans l'éducation de leurs enfants, qui ont droit, mêmes pauvres, à des cours particuliers intenses. Les plus brillants partent à l'étranger poursuivre leurs études (V.S.Naipaul va à Oxford).

C'est aussi l'histoire du monde. La prospérité d'après guerre, l'ascenseur social de l'éducation supérieure, qui se "massifie", la dislocation de la famille et le triomphe de l'individualisme.  C'est peut être ce que signifie la maison de M. Biswas.

vendredi 14 août 2009

Forte Europe ?

Es-on victime d’une fiction : celle de la faiblesse de l’Europe ? Les Américains nous ont convaincus que nous étions des ratés, et que l’avenir appartenait aux puissances neuves que sont la Chine, l’Inde, et éventuellement la Russie et le Brésil. N’étaient-elles pas surpeuplées, donc potentiellement riches, et n’y avait-il pas que l’économie qui comptait ?

Il y a aussi la culture. Chine et Russie sont assises sur des nationalités qui ne les acceptent pas. Le cas de l’Inde a l’air encore plus compliqué, avec la question de la caste, qui est d’autant plus bizarre, qu’elle se pose localement et non globalement, si j’ai bien compris (i.e. il n’y a pas de solidarité de caste). Je ne connais pas le Brésil, mais il ne me semble guère impressionnant.

L’Europe, par contre, est bâtie sur des nations solides. Elle peut avoir des difficultés avec ces nations, entre nations, mais non avec son peuple. Parvenir à faire fonctionner tout cela ensemble est il compliqué ? L'UE doit être, seulement, forte dans les grandes occasions (par exemple : Iran et Europe). Une question demeure : les pays de l’Est. Les plus proches de la Russie ont été traditionnellement des zones de turbulence, soumises à des influences externes. Faire de ces pays des démocraties aussi solides que celles de l’Ouest : une urgence ?

La faiblesse de l’Europe, c’est son idéologie. Elle a passé des décennies à persuader le monde que ses appétits colonialistes l’avaient détruit, qu’elle était une grande criminelle. Non seulement elle s’est affaiblie aux yeux de pays qui n’ont pourtant rien à lui envier en termes de colonialisme et de massacre des droits de l’homme, mais elle traîne un complexe qui la rend incapable de volonté. Elle doit retrouver ses convictions, et donc bonne conscience.

C’est encore l’Amérique qui est la plus forte : elle est une grande nation homogène. Certes, j’ai quelques doutes sur sa direction actuelle, qui la font ressembler à un village à la Potemkine, mais, en cas de difficulté, elle réagira sûrement bien.

Compléments :
  • Mes idées sur l'Inde (à approfondir) viennent principalement de V.S Naipaul, L'Inde, et Louis Dumont, Homo Hierarchicus.