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mardi 1 mars 2016

Le mystère de l'Internet des objets

L'Internet des objets serait-il une affaire française ? En ce qui concerne les opérateurs, on ne parle que de Sigfox et LoRa. Tous les deux français. Plus curieux. Alors que l'on pourrait s'attendre à ce que chacun se fiche de la France, marché minable où rien ne se joue, et dont les fonds d'investissement n'ont ni vision ni moyens, ils semblent être fascinés l'un par l'autre.

Il est logique que les opérateurs soient inquiets. Mais pourquoi n'achètent-ils pas Sigfox ? A moins que leur avenir repose sur du très compliqué, très coûteux pour le client (5G), et que l'innovation frugale à la Sigfox menace leur modèle économique, leur vie même. Orange prochain EDF ? Rejouerait-on ici la bataille de Google, et sa démocratisation des SI, et des monstres du SI maison (Oracle, IBM, HP...) ? Mais pourquoi aucun étranger ne semble s'intéresser à la question, en particulier Google ou même Amazon ? Y aurait-il quelque-chose que nous n'avons pas vu ?

(Le point de vue de Gartner.)

dimanche 22 février 2015

Sigfox : Google en puissance ?

Sigfox ressemble aux très gros coups spéculatifs de la Silicon Valley. A mon avis, ces dirigeants ont une probabilité élevée de devenir milliardaires. Pour eux, toutes les tartines semblent être tombées du bon côté. 
  • A l'origine, il me semble qu'il y a une orientation stratégique géniale. Alors que tout le monde ne parie que sur la nième génération mobile, histoire de faire casquer le consommateur, Sigfox a fait de l'innovation frugale. Il installe un réseau mondial qui gère des sortes de tweets. Cela ne s'adresse pas à des ordinateurs ou à des mobiles, mais à des émetteurs consommant peu. En outre, la bande de fréquence utilisée semble gratuite. Le déploiement peut donc se faire relativement vite et à coup faible. D'autant que, pour accélérer, la société semble s'appuyer sur des partenaires locaux. Ce qui paraît très malin.
  • Tout cela permet de dire que Sigfox est le champion de "l'Internet des objets" (ou des choses). Un mot qui rend fou l'investisseur et le gouvernant. Mais, c'est faux. Car l'Internet des objets est une fumisterie de marketeux : ce sera surtout l'Internet des virus et des pirates. Sigfox, lui, me semble attaquer un besoin réel. Celui des objets ou des gens dont il faut suivre les mouvements, sans avoir besoin de beaucoup plus d'informations. Par exemple, j'ai découvert, il y a une vingtaine d'année, que la SNCF ne savait pas où passaient ses wagons. Avec Sigfox ce problème ne se poserait pas. (J'espère qu'il a été résolu.) Là où Internet présente un intérêt dans cette histoire, c'est qu'il offre un moyen sophistiqué hyper bon marché de traiter les données collectées, de leur apporter des services à valeur ajoutée. 
  • Autre coup de génie : Anne Lauvergeon préside Sigfox. Or, elle a ses entrées partout, et, probablement, une revanche à prendre sur la vie. Cela va la rendre encore plus redoutable que d'habitude. Hasard ? Il se trouve que Sigfox vient d'annoncer un partenariat avec Airbus et une levée de fonds de 100m€.
  • Les investisseurs initiaux semblent avoir été visionnaires et aventureux. Ce qui est assez rare pour être souligné. 
L'histoire est-elle écrite ? Non. La société peut se faire doubler, elle peut faire des erreurs stratégiques (par exemple en allant sur le "vrai" Internet des objets), elle peut avoir choisi de mauvais investisseurs, ses fondateurs peuvent être dilués, ou incapables de diriger une multinationale... Mais, déjà, avoir pris un tel départ est remarquable. 

(Mes références viennent du site de Sigfox.)