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dimanche 8 janvier 2012

Nouvelle vague

J’entendais l’autre jour Jean Rochefort parler avec émotion de l’impression que lui avait faite « A bout de souffle ». Renouvellement d’un cinéma qui n’avait plus rien à dire. Décidément, la nouvelle vague, qui me paraît terriblement ringarde, ridicule et datée, correspondait à quelque chose de vraiment important pour la jeune génération de l’époque.

Qu’est-ce que je lui reproche, d’ailleurs ? Je la soupçonne d’avoir appauvri le cinéma en laissant croire aux réalisateurs qu’ils pouvaient laisser libre cours à leur génie, sans contrainte et sans travail.

Curieusement, cette tendance n’a pas affecté les cinéastes de la nouvelle vague, en dehors de Godard. Des gens comme Truffaut ou Rohmer, par exemple, me semblent avoir produit une œuvre très classique. Peut-être ont-ils profité de la culture qu’ils avaient reçue, contre laquelle ils se sont révoltés, et qu’ils ont refusée à la génération suivante ?

lundi 25 janvier 2010

Domicile conjugal

Film de François Truffaut, 1970.

J’ai beau prendre ce film sous tous les angles, je ne le trouve pas intéressant.

  • À la recherche du temps perdu ? Il en dit peu sur les années 60, sinon que l’on n’avait vraiment aucune difficulté à trouver un emploi (idiot, d’ailleurs), et qu'il fallait des années pour obtenir un téléphone.
  • Les fantasmes de l’auteur ? Glorifier un Antoine Doinel qui ne partage pas les règles de la société ? Mais jamais Jean-Pierre Léaud n’a été aussi conventionnel, et peu décalé. Message du film : le peu de solidité de l’originalité soumise aux conforts de la société ?

vendredi 22 janvier 2010

La mariée était en noir

Film de Truffaut de 68.

Ça me semble surtout un exercice de style : comment tuer 5 acteurs fameux, sans répétition ? Solution : l'homme est un pantin entre les mains de la femme de ses rêves.

Complément :

mercredi 15 juillet 2009

Les deux Anglaises et le Continent

Temps lointains. Univers oublié. Dialogues décalés (surtout ceux de Jean-Pierre Léaud). Les films de Truffaut sont un dépaysement formidable.

D’abord, moment d’ajustement difficile. Ma grille de lecture n’arrivait pas à s’adapter au film. Bizarrement j’y retrouvais des sentiments qui me semblaient familiers dans mon enfance, ceux que véhiculent les romans du 19ème siècle et d’avant, mais qui ont été ridiculisés depuis.

Le plus étrange est la cohabitation de deux codes moraux totalement incompatibles. D’un côté le plus pur des romantismes, de l’autre une liberté de mœurs qui n’a pas grand-chose à envier à la nôtre. Le personnage central ne semble d’ailleurs passer de l’un à l’autre, comme s’il était unique. Mais pourquoi seraient-ils incompatibles ? Pourquoi ne pourrait-on pas vivre dans des univers différents, en même temps ? Ne tutoyons-nous pas certaines personnes, et n’en vouvoyons-nous pas d’autres ? Cette distinction d’univers ne suscitait-elle pas de grands sentiments, qui nous sont inconnus ?

J’en viens à penser que notre époque aura été celle de la pensée unique, de la bien pensance, de l’intolérance absolue, du refus de la différence. Du haut de nos certitudes, nous avons jugé ce qui nous a précédés, et nous l’avons trouvé condamnable. Les neocon américains sont notre image fidèle.

Sans beaucoup de rapport avec ce qui précède, je me suis aussi inquiété des drames dans les films : pourquoi n’y en a-t-il pas, du moins du même type, dans la vie ? Solution possible : le film dure deux heures, et la vie beaucoup plus, elle nous laisse le temps d’oublier.

lundi 10 novembre 2008

Appaloosa

Besoin de détente ? Je recommande Appaloosa.
  • Un Western traité sous un angle inattendu. 4 grands acteurs à contre emploi (Ed Harris, Viggo Mortensen, Renée Zellweger et Jeremy Irons). Et vraiment très bien. Un énorme humour. Bon moment.
  • Voilà ce dont on a besoin en période de crise. Se changer les idées devrait être prescrit par le médecin.
Film sur une autre période où l’on a eu besoin d'une telle prescription : Le dernier métro de François Truffaut.

lundi 8 septembre 2008

L’homme qui aimait les femmes

Hier je suis allé voir L’homme qui aimait les femmes. Il m’a réconcilié avec Truffaut. (Je trouvais exagérée l’admiration qu’on lui portait de son vivant.) J’y pensais vaguement lorsque m’est venue l’idée que je faisais une infidélité à ce blog. Que dire de ce film ?

Pourquoi ne l'ai-je pas compris tout de suite ? Ce film est une illustration de mon dernier livre (transformer les organisations). L’individu a beaucoup de mal à changer, c’est pour cela qu’il a inventé la société :

Le film est l’histoire d’un homme pour qui certaines femmes comptent plus que sa vie. Pas toutes les femmes, quelques-unes. Mais quand même un grand nombre. Et il est tellement désespéré et touchant qu’aucune ne lui résiste, et ne lui en veut vraiment quand il découvre une nouvelle femme (quasiment tous les jours). D’ailleurs il les porte toutes dans son cœur.

Comme la sienne notre vie n'est-elle pas une répétition des mêmes comportements ? Sisyphe de Camus. Woody Allen refait le même film, dans des décors différents (il copie un genre et y place un personnage qui lui ressemble), idem pour Clint Eastwood (homme indigne aux nobles valeurs)… et pour Napoléon, qui chaque année repart en campagne, à la poursuite de la gloire d’Alexandre ; le pays qu’il sert lui étant indifférent.

Voilà ce qui explique l’échec répété du changement dans l’entreprise. On croit que changer une organisation, c’est changer les hommes, or ils ne peuvent évoluer. Ou très lentement.

Heureusement, nous sommes aussi programmés pour suivre des lois, généralement inconscientes (la politesse). Il suffit de les réorganiser pour que notre comportement change, sans que nous le sentions.

Bien sûr, on ne peut pas les modifier n’importe comment. Elles dépendent toutes les unes des autres, et elles n’ont pas d’existence palpable. Mais si, de ce fait, elles présentent une formidable résistance au changement irréfléchi, il se trouve aussi, quelque part, un petit mécanisme qui permet de retourner la société comme une crêpe.

Compléments :

  • Sur le mécanisme en question : Toyota ou l’anti-risque.
  • Ma vision de Napoléon vient du second tome des Mémoires d’outre tombe.