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mardi 8 septembre 2009

Miss Blandish

Film de Robert Aldrich (Pas d'orchidées pour Miss Blandish, en fait). Étranges personnages. Bêtise à l’état pur. Par la moindre étincelle d’humanité. Un peu comme dans les films des frères Cohen, ou, différemment, chez Arnaud Desplechin. Ne sachant pas quoi penser, j’ai lu ce qu’écrivait Jean Tulard de Robert Aldrich (Dictionnaire du cinéma) :

Il fit des débuts fracassants. En trois films, les genres chers à Hollywood volaient en éclats.

Il n’y a pas de plus grand compliment que puisse faire un critique français à un réalisateur : bousculer les conventions, se jouer des règles de la tradition, les pervertir…

Curieusement, je trouve que l’œuvre des révolutionnaires (comme celle de Godard ou les premiers films d’Aldrich) fait son âge. Elle est marquée par son époque, et elle n’est même que cela : une révolte sans autre ambition que de dénoncer ce qui se faisait alors. Les chefs d’œuvre intemporels me paraissent avoir obéi aux règles. Serait-ce là l’utilité des conventions : transformer le talent en génie ?

dimanche 20 juillet 2008

Conte de Noël

Jusque-là je trouvais les films d’Arnaud Desplechin reposants. On y rencontre des normaliens littéraires au vocabulaire suranné, qui voient des complots dans les événements les plus insignifiants. Une vie faite de telles inquiétudes serait agréable, me dis-je. Mais ses deux dernières productions me dérangent.

Encore, j’interprétais Rois et Reines comme une apologie de la différence. Mais je ne vois rien qui puisse passer pour un happy ending dans Un conte de Noël.

D’ordinaire on nous affirme que notre culture tend à s’opposer à nos instincts. D’où des complexes. Ici, tout va de travers. Plus de culture : on s’y dit tout le mal qu’on pense les uns des autres. Même l’instinct semble déréglé : les parents haïssent leurs enfants, voire les considèrent comme des réservoirs de pièces de rechange. Ce qu’il y a au moins de positif là dedans c’est qu’il n’y a plus de place pour les complexes. Pauvre Freud.

Compléments :

  • Dans mon monde, il n’y a ni bons ni mauvais. Ce qui en crée l’illusion est un dysfonctionnement organisationnel. Parce que l’entreprise, par exemple, est incorrectement organisée, elle demande à une personne de faire ce qu’elle ne peut pas faire (elle n'en a pas la compétence ou les moyens). Du coup, ses collègues voient ses maladresses et pensent qu’elle est cause de leurs maux. Une fois l’organisation « réparée », et chacun de ses membres placé sur ses forces, l’animosité disparaît. Le but du changement est de transformer une organisation afin de rendre ses membres « heureux ». C'est-à-dire de les placer là où leurs facultés ont la place de s'exprimer. (Définition universitaire de changement.)