jeudi 16 avril 2015

Radio France ou la défaite de la grève

La grève de Radio France est finie, ai-je entendu dire. Apparemment, grève pour rien. Dernier soubresaut d'une institution française ? 

Le Français va-t-il s'enfoncer dans l'apathie ? Il est convaincu d'être dirigé par des malhonnêtes et des incompétents, mais, après tout, cela a toujours été le cas. Ce en quoi il illustre la théorie de la Boétie. C'est cette apathie qui permet au système de fonctionner. L'opprimé prête ses bras à son exploitation ! Mais la solution de la Boétie, la grève générale, ne marche pas. D'abord parce que personne n'est jamais parvenu à en organiser une. Et surtout, comme le montre le cas de Radio France, que ce sont ceux qui font grève qui ont le plus à perdre dans une grève. Echec et mat ? 

Non. Changement. Le petit peuple doit apprendre les techniques de conduite du changement. Au lieu de choisir le rapport de force, il doit accepter l'objectif du changement, qui est généralement acceptable, mais discuter de sa mise en oeuvre. En effet, c'est là que se cache le problème : dans le comment. C'est la façon de mettre en oeuvre le changement qui peut à la fois faire échouer le changement et broyer le petit peuple. Or, en termes de mise en oeuvre, c'est le petit peuple qui a un avantage : il connaît la réalité, ce qui n'est pas le cas du grand dirigeant.

(C'est ce que les économistes appellent la théorie de l'agence.)