jeudi 30 avril 2020

Dirigeant : que faire face à une crise ?

Pourquoi les entreprises disent-elles qu'elles vont devoir réduire leur activité de 30 à 50% ? (Un précédent billet.) Parce que, effectivement, beaucoup de leurs activités traditionnelles ne vont pas survivre.

Que faire alors ? Oublier le long terme, pour regarder le court terme. On découvre alors des tas de choses fondamentales à faire, toute une énorme activité.

Par exemple, c'est le moment de réfléchir pour savoir ce qui est porteur, et ce qui ne l'est pas. Pour tester de nouvelles technologies, etc. Cela ne coûte rien, à l'échelle de ce qui se joue pour l'entreprise, et cela se fait vite. Et imaginez que vous découvriez une idée qui a même une toute petite chance de rendre votre société exceptionnellement rentable. Eh bien, même si vous n'avez pas d'argent, vous allez en trouver !

Hier ce qui rapportait c'était la production, aujourd'hui, c'est l'idée.

(Je fais actuellement ce travail avec quelques entreprises : la créativité est extraordinaire. Essayez, vous verrez, c'est génial !)

Le boom du plexiglass

Mort de l'open space et boom du plexiglass. Conséquence imprévue du virus.

Les épidémies sont des "points singuliers" diraient peut-être les mathématiciens. Il y a rupture de continuité. L'après est différent de l'avant. C'est pourquoi le déterminisme (croyance de beaucoup de scientifiques) ne peut être justifié ? Et pourquoi le prospectiviste a toujours tort ?

mercredi 29 avril 2020

L'attitude paradoxale de l'entreprise à la crise

Je mène une étude sur la réponse de l'entreprise à la crise. Ce qu'il y a d'amusant est que les deux formulations opposées de l'attitude à adopter par rapport à la crise obtiennent une réponse identiquement affirmative de mes interviewés.
  • Ils sont d'accord pour dire que leur activité va être réduite de 30 à 50%, et qu'ils doivent adopter les mesures qui s'imposent. (Le patron de PME serait-il un adepte du "principe de précaution" ?)
  • Mais, lorsqu'on leur dit que l'histoire montre que c'est dans les crises qu'émergent les leaders de demain, ils trouvent que c'est une évidence. 

L'affaire Dreyfus et la vérité

Ce qui se joue aujourd'hui en Chine, dans le corps médical ou ailleurs, ressemble peut-être à ce qui s'est passé lors de l'affaire Dreyfus.

Il y avait d'un côté le camp de la vérité, et de l'autre celui qui pensait qu'il y avait plus important que la vérité. Que cette vérité remettait en cause ce qu'il était, et que c'était inacceptable. Et ce même si cela signifiait qu'il protégeait un espion, et donc qu'il mettait en danger la sécurité de la nation !

Curieusement, comme le montre le cas du colonel Picard, ou une étude faite par Serge Delwasse sur l'école polytechnique, l'armée était probablement partagée, exactement comme le pays. D'un côté elle était le pilier de "l'ancien régime", de l'autre elle était à la pointe du progrès et des idées nouvelles.

Ce que révèle le coronavirus est probablement un conflit de ce type. D'un côté l'appareil refuse toute critique, comme une menace existentielle, de l'autre, si l'on veut éviter le pire, il faut que l'on comprenne ce qui s'est passé.

mardi 28 avril 2020

Domination : caractéristique culturelle de l'Occident ?

Récemment, j'ai découvert que ce que l'on peut appeler, faute de mieux, une "pensée intellectuelle de gauche" a pour dogme que la culture occidentale est fondée sur la domination. Ai-je raison de penser que cette idée est ridicule ? Quelques faits, qui pourraient la confirmer :
  • Une de mes missions actuelles me fait travailler sur le lithium. Je constate, une fois de plus, que beaucoup de pays vivent de "l'exploitation" de leurs ressources naturelles, par une main d'oeuvre "exploitée". Elles n'ont pas cherché à développer des industries de transformation. La Chine a compris ce piège. Mais elle a fait comme l'Occident, en pire, elle s'est mise à exploiter les pays en développement. Il semble que, pour que la domination marche, elle ne doit pas dépasser certaines bornes. Les Chinois ne l'ont pas compris. Ils agissent comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. 
  • La France semble exclusivement occupée à l'affrontement. Elle ne défend pas ses intérêts internationaux. La presse, en particulier, ne juge pas le citoyen suffisamment intelligent pour l'informer. Quant aux pays du nord, qui semblent plus solidaires, ils tendent à reporter l'exploitation sur les peuples qu'ils jugent "inférieurs". 
  • La politique menée dans les entreprises ces trois dernières années, dite "du marché", a consisté à les vider de leur substance pour enrichir fonds d'investissement, consultants et dirigeants salariés (qui ont tous fait les mêmes études et appartiennent aux mêmes milieux que les intellectuels). Il en est résulté une panne de croissance et une croissance des inégalités. D'où jeu à somme nulle. De fait, affrontement entre "classes". 
  • Les intellectuels, qui dénoncent la domination, sont aussi ceux qui ont le plus profité de ces derniers temps. C'est le diplôme qui contrôle l'ascenseur social. Et ils contrôlent les diplômes. Ce qui confirme leur thèse : si toute la société est porteuse du virus, leur appartenance à la société fait qu'ils en sont porteurs. La contre-culture est un aspect de la culture. 
  • Une caractéristique de cette société semble être, comme dans les modèles de Gramsci ou des Lumières, la manipulation des esprits. Cela est revendiqué par l'entreprise comme par l'intellectuel, qui combat l'entreprise. 
Faut-il sortir de ce modèle ? Est-il propre à toute la société ou est-ce une sous-culture ? Serait-il l'aspect négatif de ce qui, par ailleurs, serait une qualité ?... Immense mystère.

Qui croit-on ?

Comment détermine-t-on, en général, si une opinion est juste ou non ? Le "bon sens", selon Gramsci, que je viens de découvrir, me semble la réponse à la question.

Si l'opinion est contraire au "bon sens", elle est rejetée. Deux cas :
  • Je soupçonne qu'elle cache une critique de ce que je suis, de ce que j'ai fait. 
  • Elle semble contraire au "politiquement correct" et pourrait me valoir des désagréments si je l'adopte. 
La libre pensée est le contraire du bon sens. Elle exploite le "paradoxe", ce qui contredit notre "bon sens", pour explorer ce qui conditionne nos décisions réflexes (ce que cache notre "bon sens"), et chercher si ces fondations ne sont pas viciées, c'est-à-dire ne nous conduisent pas à aller contre notre intérêt.

(Cf. Aristote et la démagogie.)

lundi 27 avril 2020

Fonds de relance : un investissement ?

A chaque crise, la relance est plus importante. On avait été époustouflés par les centaines de milliards injectés dans l'économie en 2008, maintenant, on compte en milliers de milliards. Comment allons-nous payer cette dette ?

Une autre façon de voir les choses est de considérer qu'il ne s'agit pas d'une dette, mais d'un investissement. Nous investissons pour transformer la société. Et cet investissement va rapporter. En particulier à nos enfants. Et que va-t-il rapporter ? La vie. Il peut financer l'émergence d'un monde où il fait bon vivre.

Peut-on dormir tranquilles ? Notre argent est bien employé ? Non. Nous sommes devenus des "capitaux risqueurs" : nous devons nous assurer que notre argent va bien dans ce qui a une chance de transformer notre monde en bien, et que nous ne donnons pas d'argent à des médiocres, voire à des escrocs.

Ces gens qui ont tant dénigré le "principe de précaution" doivent maintenant montrer qu'ils sont effectivement des innovateurs et qu'ils ne se terrent pas peureusement dans leur trou, en attendant d'être sauvés par la société.

Le monde d'après : la victoire du milieu ?

Extrait d'une enquête sur le monde d'après :
« Cette crise est forcément une opportunité. Aller vers moins de transports, de tourisme de masse à longue distance, relocaliser plus (avec des créations d’emploi, diminution des bullshit jobs), plus de télétravail pour les métiers le permettant (avec l’adaptation des logements, du mode de management) peut-être même plus d’école (partiellement au moins) à domicile, de meilleurs outils numériques pour les élèves et les parents, des assurances et dispositifs pandémie anticipés (au niveau de l’Etat) pour permettre aux métiers impactés de survivre et beaucoup d’autres idées à venir. On voit aussi que dans une crise comme celle-ci, on demande aux citoyens d’être résilients, autonomes, localement solidaires (pour se nourrir, vivre plus en autarcie, éduquer les enfants sans l’école) donc un peu le contraire de l’Etat qui fait tout à la place des familles, sans doute une piste là dessus, vers plus de responsabilisation de chacun. »
On peut apercevoir, ici, un résultat que l'on trouve dans la théorie des réseaux. Le réseau résilient a des "noeuds" puissants (la pensée est délocalisée), et des liens de proximité forts (coopération).

Peut-être, plus surprenant, cela semble aller dans le sens de la thèse à contre courant du mouvement "vert" de Régis Debray : la redécouverte de l'importance du "milieu".  (Le siècle vert.)

dimanche 26 avril 2020

Le coût imprévu des pays à bas coûts

Ce matin, le Financial Times annonçait que les délocalisations allaient coûter cher aux constructeurs automobiles. Contrairement à ce qui se passe chez nous l'Etat ne sera pas là pour éponger les coûts de fermeture de leurs usines.

Une dirigeante juridique, spécialiste de l'optimisation fiscale, me disait que son entreprise américaine avait envisagé de fermer sa filiale française au temps des grèves des services publics. Elle avait reculé devant le coût du licenciement. Et, finalement, elle était maintenant très satisfaite d'être en France.

Découvrons-nous soudainement le sens de l'Etat ? C'est une assurance qui vous sauve la vie ? Combien cela vaut-il, selon vous ?

"Carmakers hit by lack of state support in emerging markets / Suppliers that exploited cheaper labour hit by big wage bills for shuttered plants" (Financial Times)

D'où viennent nos illusions ?

Le coronavirus nous réveille. Nous découvrons que ce que nous pensions était faux. D'où cela vient-il ?

C'est la question que je me pose depuis au moins le début de ce blog (2008). Voici le moment de faire un point. Il semble que nous ayons été manipulés par deux idéologies soeurs-ennemies.
  • La plus évidente est celle du marché. Le monde doit être réglé par les lois du marché. Cette idée a été poussée non par les milieux d'affaires ou les entrepreneurs traditionnels, mais par les salariés-riches, les diplômés qui contrôlent l'économie. 
  • Moins évidente est l'idéologie de la domination. Celle-ci est poussée par des intellectuels-universitaires, au moins depuis la fin de la guerre, mais se retrouve probablement bien avant, chez Marx, et les Bohèmes. Elle définirait la société (occidentale ?) comme un système d'oppression de minorités par la majorité. 
Ces idées se sont diffusées par la "méthode Gramsci", en jouant sur notre "bon sens" (citoyen = contribuable, etc.) pour nous faire perdre le contact avec la réalité.

Peut-on aller plus loin ? Qu'est-ce qui motive ce type d'idée ? En tout cas, elles ont un point commun. Dans les deux cas c'est une pensée d'intellectuel et de privilégié. L'intellectuel tend à prendre ses rêves pour des réalités. Ce qui expliquerait que nous découvrions que nous vivons dans un monde d'illusions. Quant au privilégié, il tend, probablement, à vouloir conserver ses privilèges.

samedi 25 avril 2020

Méthode Feldenkrais

La méthode Feldenkrais est peut-être ce qu'il nous faut, en ces temps de remise en cause massive.

Elle nous dit que ce que nous dit notre raison sur notre corps est faux. Il a des possibilités insoupçonnées.

La méthode Feldenkrais consiste à reprogrammer le cerveau (jusque-là programmé de l'extérieur, par la société), en partant de l'intérieur, de soi, de son corps. On y parvient en débranchant la raison, par diverses techniques, par exemple la méditation. Ainsi peut-on espérer apercevoir des facultés insoupçonnées et peut être un bonheur interdit.

Publicité pour Blandine Stintzy.

Résilience : inspirons-nous de polytechnique ?

Le mal de l'entreprise française ? Chacun pour soi. Elle se fait écraser. Le Français se méfie du Français. En ces périodes de crise, cela risque de nous coûter cher. Et si l'on s'inspirait de polytechnique ?

Si vous êtes polytechnicien, vous pouvez contacter n'importe quel polytechnicien. Et ce même si vous sortez de l'école, et que lui dirige la plus grosse entreprise du CAC 40. Il vous tutoiera et vous écoutera.

Et les escrocs ? Il y en a, comme partout. Comment résister à la tentation d'utiliser "l'annuaire" pour accélérer la bonne fortune de ses idées, forcément géniales ? Seulement, le système sait s'en garantir. Le patron du CAC 40 va mettre en contact le jeune avec le service de son entreprise qu'il juge compétent. Le dit service enterrera la demande, si elle ne lui convient pas (ce qui est généralement le cas). La morale sera sauve. Le jeune pestera contre les incompétents du service. Le "bien commun" du polytechnicien, c'est la confiance que l'on doit faire à un autre polytechnicien.

(J'ai l'impression que les Allemands ont étendu le système polytechnicien à l'échelle de leur nation.)

vendredi 24 avril 2020

Je n'écoute pas les informations

J'ai remarqué que la plupart des gens que je connais me disent qu'ils s'abritent des informations. Elles sont anxiogènes.

Je suis comme eux. Sommes-nous représentatifs de la société ? En tout cas, je constate qu'il m'arrive ce que je dénonce par ailleurs : pour qu'une information me parvienne, elle doit être portée par quelqu'un de mon réseau. Et elle vient de partout sauf des principaux médias.

Les médias auraient-ils raté leur crise du coronavirus ?

Pourquoi gagne-t-on à donner ?

J'ai toujours essayé de mettre les gens en contact, de faire que quelqu'un apporte ce qu'il sait à quelqu'un d'autre. Bien peu de choses, généralement : seulement un peu de temps, et, éventuellement une idée.

Il y a des personnes qui ne se prêtent pas à ce jeu. Ils n'ont pas le temps.

Ce qui est dommage. Parce qu'un jour ils ont désespérément besoin d'autre chose, d'argent par exemple, ou d'un contact avec tel ou tel, de clients, etc. Et cela leur paraît alors impossible à obtenir, un travail de surhomme. Pourtant, lorsque l'on a des amis, un réseau... tout cela est très facile.

Et voilà pourquoi l'on a intérêt à donner.

(Sauf, lorsque l'on est dans un monde qui ne sait que prendre. Ce monde, alors, est bloqué, tout y est impossible.)

Un témoignage d'expert du don.

jeudi 23 avril 2020

L'avenir est-il à la santé connectée ?

Cette épidémie ne va-t-elle pas être le triomphe de la "santé connectée" ? Dans un monde où le contact entre hommes (et même avec les animaux) est porteur de dangers, pourra-t-on encore aller chez le médecin ?

Les enseignements de la crise contredisent ce point de vue :
  • Les technologies permettent un "gain de productivité" de la médecine traditionnelle. Beaucoup de déplacements sont inutiles. Certains diagnostics sont aussi efficaces à distance que de près. Et même plus efficaces (comme je l'ai constaté régulièrement ces dernières années) : vous pouvez avoir un mauvais médecin de proximité et accès à un bon médecin à distance. 
  • La médecine connectée, par son effet spéculatif, est en partie cause de la crise actuelle. Comme on l'a vu avec l'histoire des masques, certains fabricants ont pensé que l'équipement traditionnel ne leur rapportait pas assez, ils devaient lâcher la proie pour l'ombre. 
  • Paradoxalement, le risque de la santé connectée est l'erreur humaine. Un algorithme est programmé par un homme, et un homme fait des erreurs. L'homme reconnaît aussi ses erreurs. Mais s'il n'est plus là ce sont seulement ses erreurs qui décident de votre sort. 

La nature du Français est-elle la solidarité ?

Temps des interrogations. Quelle voie adopter ?

Surprise : un des principaux courants fondateurs de notre république moderne est le solidarisme ? Le Français serait-il solidaire par nature ?

(Curieusement, un des arguments de l'argumentaire solidariste était l'épidémie...)

Et si c'était le pendant d'un hyper individualisme ?

En tout cas, des travaux à redécouvrir.

Une oeuvre est-elle disqualifiée par ses erreurs ?

J'entendais Georges Steiner dire qu'Hannah Arendt et Simone Weil n'étaient pas des philosophes, parce qu'il n'appréciait pas leurs prises de position. Curieusement, en revanche, il a étudié Heidegger, qu'il appréciait encore moins.

Nos erreurs disqualifient-elles notre oeuvre ? Faut-il renier les travaux de Newton parce que c'était un alchimiste, ou ceux de Pasteur parce que, d'après un de mes enseignants, c'était un nationaliste ?

Ou faut-il se dire que toutes les oeuvres ont un intérêt, parce qu'elles sont une expérience humaine ? Et qu'il est utile de se demander ce qui peut les influencer, et ce qui peut nous influencer, et comment bien penser ?

mercredi 22 avril 2020

L'enfer de Joyce

Il y a un moment saisissant dans A portrait of the artist as a young man, de James Joyce. On est au début du siècle, en Irlande ultra catholique, lors d'une retraite d'étudiants. Un prêtre évoque l'enfer, ce qui tourmente l'artiste, qui est une grand pêcheur.

Ce qui est surprenant est la description qui est faite de l'enfer. C'est curieusement précis et terrestre. On y parle, à longueur de pages, de l'épaisseur des murs, de la température des flammes, de l'odeur. Comment a-t-on pu produire un tel délire ? Comment des gens particulièrement intelligents (on est chez les Jésuites) ont-ils pu croire à de telles fadaises, et les colporter avec le plus grand sérieux ?

Peut-être, à l'origine, y a-t-il une sorte de Dante. La fiction est peut-être bien plus souvent qu'on ne le croit, la source de notre réalité. D'ailleurs, peut-être que notre Dante anonyme s'est-il, simplement, demandé comment transmettre à son prochain l'horreur que doit susciter chez lui l'enfer ? Et il a trouvé les mots qu'il faut pour cela, comme le font les hommes de marketing, pour vous convaincre d'acheter leur quincaillerie ?

Mais pourquoi le croit-on ? Ne croit-on pas, nous aussi, des stupidités, sans pouvoir nous en détacher ? Il suffit d'aller à l'étranger pour comprendre que ce qui nous paraissait essentiel fait rire l'autre homme. Ce n'est pas pour autant que nous changeons d'avis. Nous subissons un méchant lavage de cerveau. Le propre de la raison, et de l'homme, est d'être propre à la manipulation ?

Les Grecs aux temps de la post vérité

Les Grecs ont aussi eu leur moment de "post vérité", il y a 25 siècles. Question : comment s'en sont-ils tirés ?

L'absurde pousse à s'interroger sur le sens de la vie. Il en est sorti ce que l'on considère comme quelques-uns de nos plus beaux acquis.

La célébrité

La célébrité a quelque-chose d'étrange. Dans un premier temps l'opinion publique décide que quelqu'un est célèbre. Cette célébrité éclaire soudainement son histoire, a posteriori : ses moindres gestes, y compris ceux qui pour quelqu'un d'autre seraient ridicules (la mine ahurie d'Einstein, par exemple), deviennent des manifestations de génie.

A qui profite le crime ? Dans le show biz, c'est clair : la célébrité fait vendre. Ailleurs, l'homme célèbre est une autorité morale qui nous indique comment penser ? La célébrité comme moyen de manipulation ?

mardi 21 avril 2020

Organisation déséquilibrée

Entretien avec le professeur Jean-Pierre Schmitt, spécialiste d'organisation des entreprises.

Opinion surprenante : le Français est un intellectuel, du coup, le dirigeant d'entreprise souffre d'un biais technique. L'équilibre technique / organisation n'est pas optimal.

Ce qui signifie que l'entreprise a un potentiel ignoré, et qu'on peut le réaliser avec des conditions de travail bien plus stimulantes pour l'intelligence humaine (au fond, le noeud du problème est là), mais aussi avec moins de moyens...

Interview.

Comment être populaire ?

Internet est le rêve de l'homme de systémique. Toutes les prévisions que l'on a faites le concernant (le triomphe du libertaire, de la démocratie...) ont été mises cul par dessus tête ! Récemment, je me suis intéressé à la popularité des nouvelles qu'on lit sur Internet. On disait que les meilleurs articles seraient "nécessairement" ceux qui gagneraient et que nous lirions tous...

Ce n'est pas la qualité qui crée le lectorat, mais le contraire. Internet est favorable au développement de communautés de copains. Les journalistes eux-mêmes appartiennent à de telles communautés. Leurs messages n'en sortent pas. Vue la façon dont fonctionnent les moteurs de recherche, ils donnent le plus de poids aux articles des plus grosses communautés...

Quant à la censure qu'exerce Facebook, on peut se demander sur quoi elle s'exerce. En effet, ces cercles s'alimentent eux-mêmes. Mon hypothèse est que Facebook censure essentiellement tout ce qui diffère de la doxa, donc, essentiellement, des informations utiles (les autres étant intouchables). Il ne doit pas bon s'appeler Pasteur par les temps qui courent.

Comment cela marchait-il avant ? Il y avait des leaders d'opinion globaux, reconnus de tous. Quand le jury Goncourt jugeait bon un livre, tout le monde le lisait...

Epidémie de coronavirus : une occasion de régénérer notre démocratie ?

Ce sont les événements qui révèlent l'homme, dit-on. Que vont-ils révéler de notre démocratie ?

Pierre Rosanvallon, cela est peut-être surprenant, conclut de ses travaux que le principe de la démocratie est de s'interroger sur elle-même.

Il se trouve que, justement, on s'interroge sur la nécessité du débat. Doit-on laisser la parole à tout le monde ? se demande-t-on. L'épidémie de coronavirus, une occasion de régénérer notre démocratie ?

Carte d'épidémie

 On analyse la façon dont le virus s'est répandu, et ses mutations. Apparemment, l'épidémie aurait commencé mi-novembre, en Chine. Ensuite, ses chemins ne semblent pas aléatoires. Question : chemins du tourisme, chemin des affaires ? Autre ?

Le confinement est-il efficace ? Un pays est-il touché en fonction de son exposition au virus ? de la composition de sa population (plus ou moins de personnes à risque) ?...

Nous le saurons probablement après coup, pour peu que la science fasse son travail.

La résilience des petits

Beaucoup d'entreprises disent qu'elles vont "attendre". Mais peut-on attendre ?

Les start up peuvent elles attendre 5 ans que le monde reparte ? Et l'entrepreneur qui est en train d'entreprendre ? Et le stagiaire, et celui qui sort de l'école, et le chômeur ? Et celui qui est, tout simplement, seul, sans accès à un puissant réseau, le marginal, à tous les sens du terme ?

Comment sauver tout ces gens dont nous avons besoin, dans un monde qui fait du yoyo ? Une question à poser aux spécialistes de résilience, en germination ?

PS. Au sujet de yoyo :

lundi 20 avril 2020

Biohacking

Il y a une dizaine d'années je m'inquiétais du "biohacking". Il est désormais extrêmement facile, et peu coûteux, de modifier de l'ADN, y compris pour un "bricoleur". C'est ce que l'on appelle "biohacking".

A l'époque, on l'a vu comme le triomphe de la créativité du marché, une source d'innovation et de richesse. Mais, l'on commence par se demander si le coronavirus n'en serait pas un résultat.

Et s'il fallait s'interroger sur ce qui se passe dans le monde de la recherche ? Et le remettre sous contrôle ? (Ce qui n'est probablement pas simple, l'ADN modifié, qui se répand par pandémie, est une arme bien plus terrible qu'un fusil d'assaut.)

Organization development, qu'est-ce ?

Organization development fut un des plus puissants mouvements scientifiques d'après guerre. Il était issu de la formidable école de sciences humaines de langue allemande, réfugiée aux USA. Son objet premier : empêcher à la société ses coups de folie, accessoirement la rendre heureuse.

Pourquoi n'en parle-t-on pas ? Peut-être parce qu'il a été détourné de son objet premier, la société, par l'argent des entreprises : il est un pan essentiel de l'enseignement des business schools, il a fait la fortune de quelques-uns de ses gourous.

En ces temps de "post vérité", des travaux à redécouvrir ?

Théorie du complot et liberté de parole

Au nom de la théorie du complot s'exerce la censure.

Il serait bien qu'elle ne survive pas au coronavirus. Car elle tue les idées. Et certaines d'entre elles peuvent nous sauver. Même si elles viennent de marginaux (surtout ?). Le moyen de trancher n'est pas l'insulte, mais la recherche et l'expérience scientifique.

dimanche 19 avril 2020

Tensions dans le monde scientifique

Professeur Raoult, professeur Montagnier... voix dissonantes du consensus médical. Décidément, ce virus est un grand révélateur.

Qui a raison ? Le consensus ou l'individu ?

D'ailleurs, ces individus sont-ils au dessus de tout soupçon ? N'ont-ils pas des comptes à régler ? Des idées à faire triompher ?...

On n'en sait rien. Mais, Pasteur, lui aussi, a été seul contre tous, au temps où l'on croyait à la génération spontanée...

Ce qui semble extrêmement dangereux est la tentative de "tous" de faire taire les idées discordantes, sans discussion. Ce n'est pas cela la science. Elle ne juge pas sur l'apparence, mais sur l'expérience.

Découvririons-nous que nous avons été gouverné par des "consensus" ?

Après déconfinement : scénario Far West ?

Qu'allons-nous trouver au sortir du confinement ?

Scénario Far West ?  Un monde nouveau, libre, plein d'opportunités, mais dangereux ?

Peut-on s'y préparer ? Peut-être. Ce type de scénario ressortit aux "stratégies en environnement incertain", qui ont été largement étudiées. Elles ont pour particularité de déboucher sur une définition du mot "résilience", qui n'est pas celle de la ligne Maginot.

La main invisible de l'UE : la réglementation

L'UE a un pouvoir insoupçonné.

Le propre de l'UE est de créer des lois. Ces lois sont appliquées aux multinationales et diffusées au monde.

Boris Johnson va-t-il devoir regarder Le prisonnier ?

La suite est ici.

samedi 18 avril 2020

L'esprit de la résistance

J'ai découvert après sa mort que mon père avait été résistant. Un résistant de rien du tout, bien sûr. Il se trouvait que les résistants en chef avaient placé les jeunes résistants, ceux dont la vie ne comptait pas, derrière les Allemands en recul. Et que ceux ci, dans le cas de mon père, ont décidé de se rendre aux résistants, plutôt qu'aux Américains. A quelques kilomètres de là, à Tulle, ces mêmes Allemands ont décidé de massacrer la population. La vie tient parfois à des hasards.

Ce que je comprends maintenant est qu'être résistant n'était pas une question de maquis, mais d'état d'esprit. Mon père était quelqu'un de très calme, de très posé. Je ne l'ai jamais vu se mettre en colère. Il avait d'ailleurs un sens de la répartie étonnant. Je me souviens, par exemple, que mon grand père maternel parlait du gouvernement de l'époque, de sa mauvaise gestion de l'inflation, et de la crise de 29. Mon père lui avait répondu qu'en 29, il fallait des valises et des brouettes de billets pour faire ses courses, et que ce n'était manifestement pas le cas. Mon grand père s'était trouvé sans mots. (Tout cela est loin, et l'histoire est surtout juste par son esprit.)

Et pourtant cet homme posé et calme était un révolté, au sens de Camus. Il avait une réaction épidermique à l'injustice et à la manipulation. Il me semble que c'est cet esprit qu'a eu notre corps médical face à la détresse de la population. Et que c'est cet esprit qu'il faut que nous adoptions.

Rebattons les cartes ?

C'est lors des crises que se rebattent les cartes. C'est la signification de "résilience".

Et vous, vous en faites quoi de vos cartes ?

Le coronavirus : un vaccin contre le VIH ?

Le Pr. Montagnier (découvreur du VIH) estime que le coronavirus serait une tentative de vaccin contre le VIH qui aurait échappé au laboratoire de haute sécurité de Wuhan. (https://shows.acast.com/frequence-medicale-et-pourquoi-docteur/episodes/journal-du-160420)
  • Cela expliquerait beaucoup de choses. Notamment que l'on trouve dans son génome des morceaux de génome du VIH, mais aussi de la malaria, et, plus curieusement, que le virus se transforme aussi vite (le coronavirus européen n'est pas le même que le chinois, ou que l'américain). En effet, la nature reviendrait au galop : le coronavirus se débarrasserait de ce qui ne lui appartient pas.
  • Les Chinois feraient bien de reconnaître leur erreur, dit le professeur. Elle est humaine, même si elle a tué beaucoup de monde et nous menace d'une crise terrible.
Si cette théorie est juste, c'est aussi une leçon pour la presse. Ce qu'elle a attribué à une thèse complotiste aurait eu des bases solides. Elle aurait été l'idiot utile de la post vérité... Même si c'était faux, elle a fait une grave erreur en le balayant d'un revers de la main.

PS. Un commentaire que me fait un ami à qui j'ai envoyé le lien ci-dessus (hier).
Merci Christophe. Au moment même où tu m’envoyais l’url que tu as jointe, l’ami de ma fille m’envoyait la version video suivante: https://youtu.be/9ZTKo-ZWsjo. du même interview du Prof Montagnier. Preuve que le sujet est d’importance. Outre que c’est une vraie bombe, il est plein de réflexions qui risquent de faire avancer à la fois la vérité et la science, par exemple, il signale des points particuliers dans son interview que je reprends ci dessous, points qui corroborent une interview récente du Prof Raoult: 
  • Le séquençage du virus VIH modifié covid19 par les gens de Wuhan contient des parties ou morceaux de celui de la Malaria (entre autres) ==> ceci expliquerait-il (?) l’effet de l’hydroxychloroquine (qui agit sur les atteintes de paludisme) sur le virus (tout au moins non complètement mais partiellement , en phase précoce).  
  • Le virus mute fréquemment par délétion de certaines sous-chaînes. Il signale par exemple que le virus atteignant la côte Ouest des Etats Unis (il cite Seattle) est beaucoup moins virulent que celui de la côte Est, or Didier Raoult prend le pari que le virus va disparaître de lui-même dans quelques semaines, ceci allant avec la constatation de Montagnier. Ont ils raison ? 
  • Dernier point : on cherche mondialement un virus contre le Sida (VIH) depuis 2007, sans l’avoir encore trouvé. Les Chinois expérimentaient l’ajout de séquences au VIH pour l’atténuer. Là encore le Professeur Raoult,  qui prétend que le vaccin du VIH ne pourra jamais exister, aurait-il raison avec son affirmation: "on ne pourra pas faire un vaccin contre le Covid19 pas plus qu’on ne pourra jamais en faire un contre le VIH », soit il connaissait les points évoqués par Montagnier soit il est quasi devin?

vendredi 17 avril 2020

Après le post modernisme, le néo réalisme ?

Ce coronavirus, c'est un peu le jeu de la valeur.

Jusqu'ici, on disait que c'était le marché qui donnait à quelque-chose une valeur.

Soudainement, rien ne s'est plus passé comme prévu. On a parlé de "proximité". La disponibilité de masques ou d'oxygène a eu soudainement une grande valeur, alors que, jusque-là, cela ne comptait pas. Partout, de l'hôpital au gouvernement, on a cessé de calculer.

Qu'est-ce qui a réellement de la valeur ? Tout un travail à faire pour revenir sur Terre ? L'aube d'une nouvelle ère ? Voilà la question que ce sont posée les Grecs après leur "moment thucydidien". Et si l'on suivait leur exemple ?

Organiser la régulation mondiale

Les épidémies proviennent massivement d'un passage de virus de l'animal à l'homme provoqué par la destruction des écosystèmes. Et si l'on mettait en place une régulation qui défendait notre "bien commun" : notre écosystème ?

La question de la régulation mondiale est sujette à âpres discussions. Etrangement, elle a une solution simple, quoi que simple a posteriori. C'est l'objet des travaux du prix Nobel d'économie Elinor Ostrom.

Nos pensées sont elles des virus ?

L'anthropologie observe que les valeurs de notre milieu nous constituent.

Les microorganismes que portaient les conquérants des Amériques ont éliminé les populations autochtones de ces contrées. Pourrait-il en être de même de nos idées quand elles entrent dans des milieux qui ne leur étaient pas familiers ?

Les révolutionnaires étaient des "bourgeois" qui combattaient l'aristocratie. Et si, au contraire, ils avaient fait son jeu ? Comme dans Le guépard : changer pour ne pas changer ?

jeudi 16 avril 2020

L'économie politique : l'économie sur des bases neuves

Faire un changement systémique, qu'est-ce que ça signifie ?

Attaquer les principes de notre pensée. Le principe de notre pensée économique est que le marché calcule exactement la valeur de n'importe quoi. Nous devons agir en fonction du prix. Cela explique le grand changement des dernières décennies : la supply chain. Les entreprises sont allées au moins cher. 

Principe alternatif ? Le facteur de production de l'économie politique. Le "facteur de production" est capital créatif et résilience. En agriculture, c'est la terre. Pour l'homme c'est son potentiel de création. C'est la capacité à inventer du pertinent. A la fois du nouveau qui donne du prix à la vie (une nouvelle forme d'art) et de l'essentiel quand nous sommes en danger (des vaccins). Cela demande l'accumulation de savoir-faire et de diversité. C'est le fruit d'une histoire bien employée, d'un terroir bien cultivé. 

Cela amène à la logique du "hub", dont un exemple fameux est la Silicon Valley. Le hub est formidablement créatif, parce que l'on y trouve une "masse critique" de compétences de proximité qui se développent en apprenant les unes des autres et qui créent du sans précédent en se combinant. 

Cela change tout. L'avantage concurrentiel de la grande entreprise, par exemple, devient son tissu de fournisseurs-champions, et ce partout où elle est implantée. Grâce à eux, elle peut inventer de l'unique. La concurrence n'existe plus ! 

L'entrepreneur devient alors un jardinier. Il observe son écosystème, il repère son potentiel, il le stimule pour qu'il lui donne du toujours plus enthousiasmant dont il a besoin pour sa propre création. 

On en revient aux fondations de l'économie, telles que conçues par Jean-Baptiste Say. L'économie ce n'est pas la concurrence, comme on nous l'a répété, mais l'échange du différent. Les petites voitures françaises contre les grosses voitures allemandes, par exemple. C'est la stimulation et l'échange du génie humain.

Pour changer le monde il faut changer de pensée

Si l'on veut penser neuf, il faut comprendre ce qui nous fait penser vieux. Ce qui nous fait penser vieux, ce sont des principes inconscients qui provoquent des prédictions auto-réalisatrices, et dont on n'arrive pas à se dépêtrer, surtout si l'on croit penser révolutionnaire.

Il y en a deux, majeurs. La nature, l'homme, tout... est une "machine" (énergies propres à base de batteries, d'éoliennes, de panneaux solaires, tout cela non recyclable) et le changement doit faire table rase du passé (décroissance).

Du berceau au berceau est la seule oeuvre que je connaisse qui ne fasse aucune de ces deux hypothèses.

Inflation et régulation

Un monde divisé entre une couche de sa population qui connaît une inflation accélérée (économie irréelle) et une autre dont l'inflation est nulle (économie réelle) peut-il survivre ? Suite. A défaut d'une solution, une amorce d'idée :

Il me semble qu'il faut partir des risques de ce modèle, et de ce que nous avons vécu. 
  • L'économie irréelle veut essorer l'économie réelle (ce qu'elle fait depuis 50 ans). Si elle réussit, cela produit une révolte. 
  • L'économie réelle ponctionne l'économie irréelle : plus besoin de travailler, le riche va payer ! Il n'y a plus d'activité. Peut-être un départ d'inflation (réelle) ? 
  • L'économie irréelle aurait un rôle : réguler la monnaie. La monnaie n'a pas le sens qu'on lui donne ordinairement. Elle n'a aucune "valeur". Son rôle est de permettre les échanges. Or, elle a ses "maladies" : ceux qui sont placés aux goulots d'étranglement des échanges en profitent, ce qui a pour conséquence des crises. La création de l'économie irréelle serait un moyen de rendre inoffensif l'instinct de cette population. 
(On notera, une curieuse alternative à ce modèle : une économie sans argent à la Proudhon : la monnaie d'échange, si j'ai bien compris, est notre contribution au bien collectif.)

mercredi 15 avril 2020

Colbertisme chinois

Les Chinois sont les champions du colbertisme. (Penser l'économie avec Jean-Baptiste Colbert, France Culture.)

On a oublié ce que cela signifiait. Colbert identifiait ce que la France ne savait pas faire, importait des experts de l'étranger, protégeait sa filière économique en construction, puis la poussait à dépasser son modèle. Arrivé là, il devenait exportateur.

C'est ce qu'a fait le gouvernement d'après guerre avec notamment le nucléaire et les télécoms.

C'est ce qu'ont fait les Chinois avec tout, y compris Google et Amazon. Comme quoi cela marche toujours.

Qu'est-ce qui a fait que nous pensions aujourd'hui que le "champion national" est une idée bureaucratique, ruineuse et ridicule ? L'émission ne le disait pas. Je soupçonne que ce que les Chinois et peut-être Colbert avaient compris est que le Colbertisme marche s'il est tiré par un minimum d'esprit entrepreneurial.

La société tente-t-elle d'asservir l'homme ?

Suite de ma série sur le changement planétaire en quelques livres. Une question qui revient régulièrement : et si la société était un "être" ? Tendrions-nous à devenir des organes ?

Curieusement, les grands courants de pensée individualistes prennent l'optique inverse : l'homme étant un loup pour l'homme, pour éviter une oppression, il faut qu'un mécanisme neutre dirige la vie collective (par exemple le marché financier).

Une idée de changement ?

L'antidote au virus : la femme ?

The Guardian remarque qu'il semble que l'on a moins de chance de mourir du coronavirus si son pays est dirigé par une femme que par un homme.

Le journaliste explique : pour réussir dans la vie, la femme doit être meilleure que l'homme.

L'hypothèse d'un homme : la maman et le macho.

mardi 14 avril 2020

Inflation différentielle

Nous sommes aux prises avec un curieux phénomène. L'inflation qui touche les biens de consommation courante est nulle. Mais les maisons, les biens de luxe, la valeur de certaines entreprises... subissent une inflation délirante. Et les banques échangent des masses d'argent qui ne servent qu'à être échangées.

Cet équilibre est-il stable ? Comment le réguler ?

L'optimisme paradoxal des Limites à la croissance

Les limites à la croissance. Le rapport du Club de Rome de 72. L'origine de la "colapsologie" ?

Mais le lit-on bien ? Et s'il disait que le changement du non durable au durable n'avait rien de sorcier ?

Je poursuis ma relecture de quelques classiques du changement humain :

Le drame de la pauvreté

Comment combattre une épidémie quand on habite un bidonville indien ?

On ne le peut pas. La seule solution est d'expliquer aux habitants ce qu'ils peuvent faire, au mieux, et les laisser se débrouiller. (Scientific American.)

Cette épidémie va-t-elle nous faire prendre la pauvreté au sérieux ?

lundi 13 avril 2020

Théorie du complot : le nombre réel ne l'est pas...

D'après un théoricien, il n'y aurait pas de nombre réels dans la nature (c'est à dire de nombres avec une infinité de décimales - plus exactement il n'y a pas de nombre ayant une succession de chiffres aléatoire).

La raison en serait que ce type de nombre demanderait une énergie infinie à la nature. La précision des nombres grandirait au cours du temps.

En conséquence, la nature ferait l'équivalent des erreurs d'arrondi des ordinateurs, qui, eux aussi, ne peuvent pas manipuler des nombres infinis. Cela rend le monde chaotique. Un petit écart microscopique est amplifié en un phénomène macroscopique.

Du coup, cela permettrait peut être de rapprocher la théorie de la pratique. Avec les nombres réels, la physique est déterministe et n'a pas de temps qui s'écoule dans un sens. En outre, il y a une différence que l'on n'arrive pas à combler entre la relativité et la théorie quantique.

Les physiciens essaieraient-ils, plutôt que nous imposer des abstractions, de revenir sur Terre ?

(Article de Quanta.)

Retrouvons la niaque pour l'après confinement

De quoi a-t-on le plus besoin ? D'optimisme.

Et si l'on allait chercher dans la littérature scientifique quelques idées fortes et stimulantes, qui nous fassent voir l'avenir avec un autre oeil ?

Je commence, avec la systémique et la théorie de la complexité...

L'épidémie de coronavirus, vue de Wuhan

Le confinement est levé à Wuhan, depuis le 8 avril. Il avait commencé deux mois plus tôt.

On ne sait toujours pas d'où est partie l'épidémie. Mais, quand aux raisons de sa diffusion, elles semblent claire. Tout d'abord Wuhan est une des villes les plus puissantes et les plus dynamiques en Chine. Il faut trois commissions, et près de vingt jours, pour constater qu'il y a épidémie. Conséquence du phénomène bureaucratique chinois. Or, c'est le nouvel an. Avant que l'on installe le confinement, cinq millions d'habitants sont partis soit en province, soit à l'étranger !

Comme ailleurs, il n'y a pas l'équipement qui faut.

Ensuite, quand la machine se décide à se mettre en marche, elle est à la fois brutale et efficace.

Un article de La vie des idées.

Les origines du coronavirus

On ne sait pas comment le coronavirus est passé de la chauve-souris à l'homme.
Le pangolin n'est plus soupçonné.
En revanche, une maladresse de laboratoire n'est pas à écarter. Il y a plusieurs laboratoires qui travaillent sur ce type de virus à Wuhan, pas tous de haute sécurité. D'ailleurs "la sécurité des laboratoires est un problème en Chine". "Et la Chine n'est pas le seul endroit où arrivent de tels incidents."

Paradoxalement, une erreur humaine serait rassurante, car cela signifierait qu'un virus animal ne se transforme pas aussi facilement qu'il le semblerait en épidémie humaine.

(Bulletin of the atomic scientists.)

dimanche 12 avril 2020

Zéro délai de paiement

Nombre de grandes entreprises ont la tentation de ne pas payer leurs fournisseurs. Risque : des défaillances en série et une crise aggravée, que l'Etat ne pourra pas contenir.

L'idée de Zéro délai de paiement est faire le contraire. La faiblesse de l'entreprise française étant sa trésorerie, il faut payer immédiatement ce que l'on doit pour maintenir au mieux notre tissu économique, et conserver l'argent de l'Etat pour les réelles urgences.

 Et si vous aussi vous faisiez de la publicité à cette idée ?

Le coronavirus et le changement (suite) : le génie est altruiste

Aucun respect, ce coronavirus. Ne nous disait-on pas que le marché était tout ? Que nous devions tout à des "créateurs de valeur" ? Et que la "guerre des talents" exigeait qu'ils aient la part du lion des rémunérations ?

Eh bien, pour sauver l'humanité, les chercheurs en médecine combinent leurs talents dans une communauté auto organisée, en bouleversant toutes les règles de la profession et de la publication. Et cela, dans le plus pur anonymat. Le génie serait-il collectif, et sa rémunération la joie d'être un maillon dans un projet formidable ?

(Article de Slate : le coronavirus est une chance pour l'intelligence collective.)

Le pauvre anglais a faim

Le Financial Times annonçait hier que trois millions de Britanniques souffrent de la faim, du fait de l'épidémie.

On ne se rend pas compte en temps normaux de la fragilité d'une grande partie de notre population, et à quel point nous sommes interdépendants les uns des autres.

Comment relancer la machine, sans que l'attentisme n'ait un effet dévastateur ?

"Three million go hungry in UK because of lockdown 
Research shows stark drops in income have pushed many families into poverty"

samedi 11 avril 2020

Macho Boris

Qu'est-ce qui a expédié Boris Johnson aux soins intensifs ?

Son état d'esprit. Il faut rire de la maladie, et travailler dur quoi qu'il arrive. Il n'a pas pris les précautions que l'on recommande au reste de la population, et même malade, il a continué à travailler.

Et, il semble aussi qu'il y ait beaucoup de gens malades autour de lui. Culture macho ? La culture comme facteur de risque ? (Bloomberg.)

Combien de personnes a-t-il contaminées ?

Le chat et le coronavirus

Le chat peut être infecté par le coronavirus. Il peut contaminer un autre chat. On ne sait pas s'il peut le transmettre à l'homme, mais il est prudent de garder ses distances, vis-à-vis de lui. (Article de Scientific American.)

Le virus passe de l'animal à l'homme, puis de l'homme à l'animal. Pour peu qu'il subisse quelques mutations, on n'en a pas fini.

Ne serait-il pas une bonne idée de se demander comme éradiquer les épidémies à leur source ?

vendredi 10 avril 2020

Et si la re localisation n'était pas que ce que l'on croit ?

On parle de re localisation. On a découvert que nous étions excessivement dépendants de pays étrangers ? Il se joue beaucoup plus : un renversement de valeurs.

Derrière la délocalisation il y a un principe : l'obsession du coût. Moins cher, toujours moins cher. Tout n'était qu'un prix. L'entreprise n'était qu'un prix.

Brutalement, cette logique bascule. Et si une entreprise, c'était un citoyen ? Un citoyen dont nous ne pouvons pas nous passer ? Disponibilité. S'il fabriquait des masques, il peut nous en donner. Mais, il est inventif, surtout, il peut en fabriquer alors qu'il n'en fabriquait pas ! Et s'il peut inventer le masque, il peut aussi inventer de quoi remplacer les secteurs qui n'auront pas survécu à l'épidémie. Il est créatif et il a accumulé, au cours des ans un énorme savoir-faire. D'ailleurs, son talent peut aussi transformer un tissu économique et produire quelque-chose qu'aucune entreprise ne pouvait créer seule. Et il y a le développement durable, les droits de l'homme... il s'en préoccupe peut-être mieux que des sociétés qui sont loin de nous...

(Paradoxe. Et si, avec cette nouvelle définition de l'entreprise (nouvelle, vraiment ?), l'entreprise française était, finalement, compétitive ?)

Les ressorts de la servitude

La Boétie parle de "servitude volontaire". Nos malheurs viennent de nous mêmes. Si nous n'obéissions pas, rien ne serait possible. Curieux problème. Pourquoi de telles situations se produisent-elles ?

Dans son Contrat social, Rousseau écrit que l'homme se donne des lois, et y obéit, pour se protéger de ses semblables. Ce que décrit La Boétie est peut-être un contrat social qui tourne mal. Ce qui, au fond, peut arriver assez facilement : il suffit que celui du dessus utilise l'autorité de celui qui est encore plus haut pour profiter de celui qui est en dessous. Sans se rendre compte qu'il a tout à y perdre. Le vice serait donc l'individualisme. Peut-être aussi le fait que l'on ne pense pas.

Il est tentant de penser que la situation peut changer si elle suit le modèle : "je me révolte donc nous sommes". La révolte, selon Camus, est d'une part "éveil", prise de conscience de la situation. Puis découverte que la solution à nos problèmes individuels n'est pas individuelle, mais collective, l'intérêt général de Rousseau. Et qu'il est possible de faire changer la situation de l'intérieur, puisqu'elle dépend de nous, selon l'idée de La Boétie.

Mais, au lieu de révolte, on peut avoir une révolution, nihilisme, destruction complète, dit Camus.

Mystérieux.

jeudi 9 avril 2020

Avez-vous le style confiné ?

Une nouvelle mode ? Le style "confiné" ? Revendiquer l'état dans lequel nous met le confinement ? Eliminer les conventions sociales, d'aspect en particulier, qui ne sont que contraintes gratuites ? Le jeunisme, notamment ? Remise en cohérence de nos valeurs, avec nos intérêts, et pas avec ceux du marché ? Le confinement contre "l'aliénation" ?

Le jeu de la vérité

Ce qu'il y a de fascinant dans les mots, c'est qu'ils ont plusieurs sens, et que ces sens multiples sont un moyen de manipulation. Car, quand quelqu'un entend quelque-chose par un mot, quelqu'un d'autre entend autre chose, alors qu'ils croient se comprendre. Un exemple, qui a eu du succès ces derniers temps, est la question de la "vérité".

Une première idée est que l'idéal existe, et que nous devons y parvenir. C'est la "vérité" au sens de "vérité révélée" des religions et des Lumières. Cette définition de la vérité conduit au totalitarisme et au nihilisme.

Mais, comme le notait Aristote, son contraire est aussi un totalitarisme. Exemple ? Le post modernisme qui affirme qu'il n'existe pas de vérité (d'où contradiction : affirmer, c'est croire que quelque-chose est vrai). On attribue l'idée à Gramsci, mais elle est probablement dans l'air du temps. Il existe des systèmes tels que le communisme et le capitalisme, disait Gramsci. Aucun des deux n'est susceptible de s'autodétruire, contrairement à ce que croyait Marx. Par conséquent, choisir l'un ou l'autre est une question de manipulation des esprits (ce que l'on appelle aujourd'hui "post vérité"). Dans ce cas, la "vérité" est remplacée par la notion de bien, elle aussi révélée : je me bats pour le communisme (ou le capitalisme) parce que je sais que c'est le bien. La seule explication possible à ce que l'on s'oppose à moi est "le mal". George Bush faisait du Gramsci sans le savoir. (Ou, plutôt, Gramsci ne savait pas qu'il rejoignait les thèses des fondamentalistes religieux.)

Tout cela est contredit par le fait que ces idées ne donnent pas les résultats escomptés. Il y a donc une "réalité", que ne peut pas influencer l'esprit humain. C'est une autre définition de "vérité". Mais le propre de cette "vérité" est que l'on ne peut pas en faire une définition parfaite et finie. Son essence est de nous réserver des surprises. La vérité est quelque-chose que l'on ne peut pas connaître !

Finalement, il existe une dernière définition de la vérité, qui, elle, est de notre ressort, mais s'oppose aussi aux deux premières : c'est la vérité de "dire la vérité". C'est pour elle que l'on s'est battu durant l'affaire Dreyfus.

mercredi 8 avril 2020

Anthropologie et coronavirus

Kurt Lewin disait que pour comprendre quelque-chose, il faut vouloir le changer. Le virus lui donne raison. Son attaque nous révèle ce que nous ne voyons pas.

Et pour commencer à quel point les idées qui ont eu cours ces cinquante dernières années étaient fausses. Elles reposaient sur une hypothèse : la réalité, ce sont nos idées qui la créent ! Une opinion partagée à la fois par les machos à poigne, du genre de Poutine et Trump, les économistes, la gauche qui "interdit d'interdire".

Que l'homme suive sa raison ! Or, que voit-on ? Les riches, dans un mouvement digne de la débâcle de 40, rejoignent en masse leurs maisons de campagne. "Surmortalité du 93"... Dans les magasins, les "distances de sécurité" ne sont pas respectées... Et pourtant, il y a des héros. La profession médicale, en premier lieu. Et pourtant qu'elle était malheureuse jusque-là !

Qu'est-ce que cela signifie ? Notre raison est pilotée par notre intérêt à court terme. Mais pas notre comportement, qui est celui du troupeau ! C'est ce que dit l'anthropologie depuis qu'elle est anthropologie ! Les groupes humains sont gouvernés par des "règles" implicites (collectivement appelées "culture").

Nous redécouvrons l'anthropologie ! La première des victimes des théories dites de la "liberté négative" (interdit d'interdire) a été la science. Scott Fitzgerald parlait de "décennie perdue", notre amnésie, elle, dure depuis 50 ans.

Soigner les maux de l'hôpital

L'hôpital est-il malade ? Une étude.

Apparemment, notre système de santé demeure très bon. Et l'hôpital ne manque pas d'argent... Alors ? Il est victime d'une désorganisation qui a plusieurs causes :
  • La médecine de ville, de moins en moins nombreuse, de plus en plus chère, et qui se "défausse sur l'hôpital", en particulier les urgences.
  • Les réformes de l'Etat. Elles voulaient "rationaliser" l'hôpital, elles ont eu l'effet inverse. 
  • Finalement la "bobologie". La population a recours à la médecine pour des riens. On n'a trouvé aucun moyen de l'éviter. 
Tous coupables ? Difficile changement ? 

Surmortalité ?

Le Monde a la curieuse idée d'analyser la surmortalité en France. Paradoxalement, en pleine épidémie, on pourrait s'attendre à un excès de décès par rapport aux années précédentes. (L'article.)

Certaines régions sont touchées, mais leur "surmortalité" est compensée par une sous-mortalité ailleurs. Ce qui semble vouloir dire que la vie non confinée a sa part de risques.

Le coronavirus inverserait-il les risques ?

(Risques de la vie : accidents de la route, AVC, autres maladies, qui ne se diffusent plus... ?)

mardi 7 avril 2020

Camus est grand

Jean Daniel racontait qu'il s'était brouillé avec Camus sur la question de "l'inéluctabilité" de la décolonisation de l'Algérie. Camus lui a répondu que "inéluctable" est un concept hégélien qui pose en principe que le cours de l'histoire est déterminé.

Et, effectivement, ce qui est arrivé à l'Algérie n'était pas "inéluctable". Jean Daniel explique que, contrairement à ce qu'il a fait avec la Tunisie, et le Maroc, de Gaulle a "bâclé" les négociations avec le FLN, parce qu'il n'avait aucune considération pour ses interlocuteurs. S'il en avait eu, le sort de l'Algérie aurait-il été différent ?

Et que se serait-il passé si nous avions fait comme les Anglais avec Hong Kong ?

(D'ailleurs, Hong Kong ne serait-il pas en train de résister au colonialisme chinois ?)

Notre avenir : heureux Pygmées ?

Avec le coronavirus, l'humanité a découvert que ce qu'elle croyait un acquis ne l'est pas.

En bouleversant l'équilibre des écosystème, notre développement a pour conséquence des mutations de virus, qui, en passant de l'animal à l'homme, produisent des épidémies mondiales. Qu'est-ce que cela signifie ?

Il peut y avoir des épidémies tueuses, de type Ebola (le taux de survie serait de 10%, d'après ce que j'ai lu), ou des épidémies à long terme, comme pourrait l'être l'actuelle, si l'on en croit un article que j'ai cité. Cela signifie une capacité d'intervention rapide pour le premier cas, et, dans le second, d'évoluer vers une "société du confinement", en aidant ceux qui ont tout à y perdre (industrie des événements et autres SDF) à y trouver une place.

Plus curieusement, il se pourrait que l'on entre dans une nouvelle ère. Pendant longtemps, du vent aux éruptions volcaniques, tout semblait un mystère à l'homme. Et si notre développement nous avait fait déclencher une instabilité nouvelle ? Dans un précédent billet il était question de percolation que produit une "hyper connexion", mais on peut aussi imaginer que l'humanité a suffisamment bouleversé le vivant pour que des phénomènes insoupçonnés se manifestent.

Comme les Pygmées dans la forêt vierge, pour qui tout est danger, nos sens doivent être aux aguets ? Une bonne nouvelle ? Quand, il avait une forêt vierge, le Pygmée était heureux.

Pensée pour Boris

Lorsque, hier soir, j'ai reçu des alertes annonçant que Boris Johnson entrait en soins intensifs, cela m'a touché. J'ai craint pour sa vie.

Réaction paradoxale ? Y a-t-il réellement un risque ? Etre un peu sérieusement malade, n'est-ce pas une forme de justice immanente : il n'avait pas pris l'épidémie au sérieux ? N'est-il pas puni par là où il a pêché ?

Ou égoïsme ? Qu'il soit dans une situation grave montre que l'infection est encore plus dangereuse qu'on ne le pense ? Nous sommes tous des Boris Johnson ?

lundi 6 avril 2020

Peut-on encore penser après les années folles ?

Appel à contribution du gouvernement disant, en substance, "je découvre que ce que je croyais était faux, pouvez-vous m'aider à y voir clair ?"

Il imagine qu'une personne de génie, confinée dans sa cuisine, va lui donner la solution ? Ne risque-t-il pas d'avoir des solutions toutes faites ? Justement celles qui ne vont pas.

Ce que demande le gouvernement c'est une transformation complète de la société, et le plan d'action pour la réaliser, qui ménage une transition paisible avec notre société actuelle. Cela ne sort pas du bon sens ou d'un "focus group" de citoyens, pas plus avancés que le gouvernement sur ces sujets.

Cette question de la "soutenabilité" était l'obsession de la science d'après guerre. Systémique et théorie de la complexité (dont Edgar Morin est un des derniers représentants). Son chant du cygne a été "les limites à la croissance", le rapport du club de Rome. Ensuite, années folles de l'individualisme et des idéologies. Elles ont produit des penseurs de cuisine.

La percolation du virus ?

Et si l'épidémie en cours résultait d'un phénomène de percolation ? Un article que j'ai cité il y a quelques années dit qu’un réseau hyper connecté a des comportements étranges. Il peut transformer un acte quelconque en une crise massive. A l’époque de la publication de l’article on pensait à Internet et au fait qu’il est au coeur d’un empilage de réseaux (par exemple le réseau électrique), et donc que s’il devenait hyperconnecté, il pourrait s’ensuivre de grands désagréments ailleurs. Mais notre société n’est-elle pas aussi « hyperconnectée » ?

Quelque chose se passe en Chine, pour des raisons que l’on ne connaît pas l’événement est dissimulé, et, hop, on a une crise mondiale peut-être pire que celle de 29. (Bien sûr, à l’époque, il n’y avait pas les filets sociaux que nous avons.)

La saga des masques

Pourquoi ne fabriquons-nous plus de masques ? Suite de l'histoire, par la "cellule investigation" de Radio France. Ce qu'on y lit semblera familier à quiconque fréquente d'un peu près l'entreprise.

Le fabricant de masques a été vendu à un groupe étranger. Seule stratégie : le cours de bourse. Ce dernier étant mû par la spéculation, il en résulte l'abandon de la proie pour l'ombre, de l'essentiel pour l'illusion. Autrement dit de la production de masques (rentable) pour la "santé connectée" !

Comment la "start up nation" aurait-elle pu trouver quoi que ce soit à redire à cela ?

Ce que le virus dénonce, ce ne sont pas les mauvais américains, mais l'idéologie qu'a partagée notre classe dirigeante mondialisée, et ce toutes opinions confondues. L'erreur est humaine, mais il ne faut pas exagérer.

(Dans le même ordre d'idées, un service de réparation des brûlés a été transformé en un centre de chirurgie esthétique, bien plus rentable. Qui douterait encore que le marché ne soit là pour faire le bonheur de l'humanité ?)

dimanche 5 avril 2020

Hannah Arendt avait-elle raison ?

Hannah Arendt a écrit "La condition de l'homme moderne" après guerre.

Contraste étonnant avec l'optimisme des Trente glorieuses. Elle écrit que la société technocratique de son temps a transformé l'homme en rouage mécanique. Sa prochaine étape, c'est le loisir. L'homme y perdra ses dernières lueurs d'humanité. Animal ou chose ?

Hannah Arendt avait-elle raison ? A force d'avancer comme une brute, sans réfléchir, la société est-elle arrivée au bord de la falaise ? Le virus : un électrochoc pour remettre en marche le cerveau d'un patient "brain dead", selon l'expression de M.Macron ?

Cure de désintoxication ?

La MAIF rembourse 100m€ : il n'y a plus d'accidents de la route ! Un ami expert auprès des assurances me disait que les interventions des experts avaient été divisées par plus de deux. J'ai entendu dire qu'il n'y aurait plus d'AVC !

Même le comportement des animaux a changé. Jadis les chats traversaient mon jardin au pas de charge, maintenant ils se prélassent. Les oiseaux me semblent aussi avoir des comportements nouveaux : ils prennent leur temps. Notre agitation était-elle un facteur de stress pour la nature ?

Et je n'ai jamais vu le ciel aussi lumineux. Cela m'a fait penser qu'il était peut-être comme cela dans mon enfance. Par petites touches nos conditions de vie avaient changé, sans que nous nous en rendions compte ?

Avions-nous une vie de fous ?

(Comment remettre en marche l'économie, dont nous dépendons tous, sans que l'on recrée les conditions d'hier ?)

samedi 4 avril 2020

Et si le virus révélait notre nature ?

Un ami m'écrit : "Comme dans toutes les guerres nous tenons nos résistants (le corps médical public) et nos collabos (La Poste dont l'attitude corporatiste est lamentable (40% d'arrêt de travail et de droit de retrait)) ; le paradoxe, non des moindres, c'est que ces deux professions sont très syndiquées..."

Il me dit aussi : "Le cas des assureurs va également être intéressant à observer dans les jours qui viennent : la MAIF vient de déclarer qu'elle rendait à ses sociétaires 100 M€ correspondant à une économie sur les sinistres depuis le début du confinement (-80% d'accidents de la route... !) (https://chaqueactecompte.maif.fr/societe-solidaire/covid-19-maif-en-mode-agile/)... silence des autres mutuelles, silence d'AXA. Accessoirement, il faut savoir que toutes les assurances excluent l'annulation d'un voyage ou d'un séjour en cas de pandémie, sauf clause prévue au contrat, très exceptionnel... L'Etat serait fort inspiré d'aller pomper la source du côté assureurs au titre de l'effort de guerre !"

C'est dans l'épreuve que se révèlent les personnalités ? La nature du médecin, c'est de sauver des vies ? Celle du Postier de faire grève ? Celle de la Maif de nous aider dans nos difficultés et celle de ses concurrents de s'enrichir de la misère du monde ?
Que va-t-elle révéler de nous ?

La délocalisation des masques

Coronavirus. Hier matin, la radio disait qu'elle avait retrouvé les masques manquants. Ils étaient fabriqués en Bretagne. L'Etat était actionnaire de l'entreprise. Puis il a vendu sa participation. L'entreprise a été achetée par un groupe américain, démontée et délocalisée. (Un article.) L'usine était rentable. Si l'on regarde ce blog, on verra qu'il est plein de ce genre d'histoires, depuis qu'il existe. Il s'en est même assez vite lassé.

Il y a eu une grande vague de délocalisations, qui n'avait souvent aucune justification financière. Elles étaient "spéculatives". Il y avait un accord général sur le fait que des entreprises délocalisées étaient "évidemment" plus performantes que des entreprises françaises. Les fonds recevaient de l'argent (des retraités !) pour procéder à ce type d'opération. Evident, puisque les salaires étrangers étaient inférieurs aux nôtres, et que le Français était, c'est bien connu, un paresseux. Bien sûr cela oubliait le savoir-faire qu'il avait fallu des décennies à accumuler (et qui justifiait un salaire élevé ?). Cela oubliait surtout l'essence de l'entrepreneuriat qui est de se réinventer sans arrêt pour être à la pointe de la demande. Mais, on ne peut pas exiger d'un financier d'être un entrepreneur.

Cela, personne ne l'a dit, surtout pas les syndicats. 

Ce virus nous rappelle que nous avons vécu des "années folles". 

(Pourquoi l'argent des retraités ? On trouvera sur ce blog une possible explication, en provenance de The Economist. Les fonds de pension n'ont pas les moyens de payer les retraites. En conséquence ils sont prêts à croire aux miracles de rendements fantastiques. C'est cela que leur promettaient les fonds d'investissement.)

vendredi 3 avril 2020

Le coronavirus fait la révolution ?

Le coronavirus a-t-il réussi là où Révolution a échoué ? Depuis que la France est France, nous avons des dirigeants de droit divin. Eh bien, aujourd'hui, France Stratégie (l'ex commissariat au plan) s'interroge. Où allons-nous ? Ne faudrait-il pas mettre en cause nos certitudes ? Et nous demande de l'aide.
préparer un redémarrage qui tienne compte des erreurs du passé pour ne pas les reproduire, réévaluer nos priorités et nos besoins, avec le souci du long terme, dans le respect de nos engagements environnementaux, de nos libertés publiques, et de nos droits sociaux. (Appel à contribution.)

Zéro d'intelligence collective ?

Ce qu'il y a de surprenant dans cette épidémie, c'est que tout le monde fait la même chose. Par exemple, journaux, assurances, Unicef... envoient à peu près le même type de message, généralement en cherchant à être utile et à consoler. Mais cela fait beaucoup de messages. A tel point que j'ai l'impression que, pour se protéger de l'anxiété, beaucoup de gens se tiennent loin des informations.

Surtout, du gouvernement au sans-grade, tout le monde semble avoir les mêmes idées, le même niveau de réflexion.

L'hôpital semble être parvenu à s'auto organiser (paradoxalement, en éjectant ceux qui étaient supposés le rendre performant !). Mais pas le reste de la société. C'est même le contraire qui s'est passé : en nous renvoyant chacun chez nous, le virus a démantelé ce qui nous rend collectivement intelligents : la société qui nous assigne à chacun une spécialité.

jeudi 2 avril 2020

Post modernisme et théorie du complot

La théorie du complot, que c'est laid ! entend-on dire.

Mais "on" devrait se demander s'il y a de la fumée sans feu. Car, même s'il n'y a pas complot, la dissimulation est un usage commun. D'ailleurs, elle a, généralement, une raison honnête : "le pieux mensonge". Et une autre, qui l'est presque autant : ne pas avouer ses fautes, pour ne pas être condamné, ce qui causerait une grande perte à la nation.

La théorie du complot est une conséquence naturelle d'une société post moderne pour laquelle "dire la vérité" n'a aucun sens.

Il y a des sociétés de la vérité. EdF en est un exemple. Pour que les erreurs faites par les opérateurs des centrales nucléaires ne soient pas masquées, m'a-t-on dit, elles ne font pas l'objet d'un blâme, mais d'une formation. Le début de la sagesse ?

Paris est-elle une poubelle ?

La biographe de M.Macron dit qu'il séduit les vieux, puis qu'il les abandonne.

Je me demande si Paris ne raconte pas une autre histoire. M.Macron pourrait être séduit par certaines personnalités, puis être déçu, à l'usage. Il s'en débarrasse plus ou moins élégamment.

Ce n'est qu'une hypothèse.

mercredi 1 avril 2020

Les chemins du virus

Il serait intéressant de suivre le chemin qu'a emprunté le virus pour contaminer le monde.

Mes proches ne l'ont pas attrapé. Quelques amis ont été infectés. En dehors d'un, qui est en Espagne, les autres semblent le devoir à un enfant. Ce qui n'est peut être pas surprenant, puisque les enfants vont à l'école où tout le monde se retrouve, et que le virus est très contagieux. Cela semble aussi signifier que le virus était parmi nous depuis bien plus longtemps que ce que l'on disait. Par ailleurs, il s'agit plutôt de CSP+. Milieu dans lequel on rencontre des gens qui voyagent ? On m'a aussi parlé d'une avocate qui avait plaidé, alors qu'elle était malade. Homicide involontaire ? (Les juristes n'ont rien à faire de la loi et de son esprit ?)

Comme on le lit, les symptômes vont d'un léger désagrément à une grosse grippe, avec perte d'odorat. En fait, faute de test, on ne peut pas être sûr que c'est bien le coronavirus.

Un complément moins subjectif ? Article de France Culture sur le rassemblement évangélique de Mulhouse qui semble avoir propulsé le virus dans toute la France - alors qu'il était supposé être resté loin de chez nous. Il se trouve que M.Macron était à proximité et multipliait les embrassades, ce qui semble signifier que le gouvernement n'était pas au courant de ce qui était en train de se passer.

Qu'en conclure ? On a admiré l'autoritarisme chinois. Mais, celui-ci n'a-t-il pas commencé par laisser enfler l'épidémie et, peut-être même, se répandre partout dans le monde ? Avec ce que cela signifie en termes de coûts humains et économiques. Battement d'aile du papillon : une personne qui ne prend pas la bonne décision, une crise mondiale ?

Trois contes de Flaubert

Pourquoi lire Flaubert ? (Ou relire, dans mon cas.)

Trois petits contes, c'est Flaubert facile. On se cultive sans douleur. Car, Flaubert n'est-il pas un grand auteur ?

Ces trois comptes, illustrent, comme les autres oeuvres de Flaubert, des genres différents. Le premier, Un coeur simple, est l'histoire d'une servante normande, le second, La légende de Julien l'hospitalier, est un conte moyenâgeux, le dernier, Hérodias, c'est Salomé et Saint Jean Baptiste, revu.

L'histoire normande commence comme la vie d'un être humble, la force de l'histoire tenant, justement, à ce que peut avoir d'émouvant un "coeur simple", mais elle se termine, sur une autre histoire, celle d'un perroquet. Hérodias, c'est la bible, traitée à la façon, à grand spectacle, de Salammbô. Seulement, pour créer un effet dramatique, Flaubert joue sur le fait que tous ses contemporains connaissaient parfaitement l'intrigue et ses multiples protagonistes (notamment des sectes juives), ce qui ne marche plus. Quant à Julien, il ressemble à un pur exercice de style, heureusement sauvé par l'humour d'une pirouette finale.

Et le fameux style de Flaubert ? C'est sec. Les phrases sont courtes. Leur force est leur précision dû à un vocabulaire technique qui m'est en grande partie incompréhensible. Cela fait penser aux exercices de l'Oulipo, et à ses listes. Gratuit et sans intérêt ? Flaubert serait-il passé à côté de la vie ?