samedi 31 mars 2018

Causes de 68

Pourquoi 68 ? Question posée à Romain Goupil, leader lycéen de ces temps lointains, par l'émission Rue des écoles, la semaine dernière. J'en retiens qu'il ne pouvait pas supporter ses enseignants (du lycée Condorcet). En particulier, il avait une conscience politique que l'on ne laissait pas s'exprimer. (J'ai cru comprendre qu'il voulait parler avec eux de la guerre du Vietnam.) Et il ne pouvait pas supporter les vieux. La vieillesse commençant à trente ans.

Aujourd'hui, on cherche des explications compliquées à 68. "Le peuple s'ennuie" demeure probablement celle qui a tapé le plus juste.

Détail amusant, l'animatrice de l'émission demande à une jeune fille de 12 ans, venue témoigner de la souffrance à l'école, ce qu'elle pensait des souvenirs de Romain Goupil. Rien n'a changé. 68 n'a pas modifié l'enseignant. C'est toujours un insupportable donneur de leçon pour qui l'élève ne compte pas.

(Curieux parcours que celui de Romain Goupil : de Trotsky à Macron, en passant par Bush ?)

Enfance de la morale

Je m'intéresse à la morale comme outil de manipulation. Mais d'où vient la morale ? De notre enfance. La morale, ce sont nos parents qui nous disent de faire ceci ou cela, sans nous expliquer pourquoi, sans s'adresser à notre libre arbitre.

Cause de 68 ? La génération des parents de 68 était, pour le peu que j'en ai vu, une génération de moralisateurs (insupportables). Cela a pu avoir deux conséquences, dont une paradoxale : la révolte contre un climat étouffant ; mais aussi le désir de faire comme ses parents : dominer le monde par la morale. Quand on est formé par la morale, on ne connaît que la morale. Et voilà pourquoi notre élite nous gouverne par la morale ?

(Et voici aussi pourquoi on conteste sa légitimité : elle est recrutée par des examens qui portent sur la raison, et elle ne l'emploie pas ?)

Morale, arme de manipulation massive

A un moment, j'ai publié des articles sur les techniques de manipulation. Une vulgarisation de travaux de psychologie. J'ai eu du succès, à tel point que l'on m'avait suggéré d'écrire un livre sur le sujet. Je ne l'ai pas fait. Ce qui est certainement bien, puisque il n'aurait pas été complet. J'étais passé à côté d'une technique puissante : la morale. La morale guide notre comportement, par pression sociale, c'est l'hypocrisie, ou, mieux, par intériorisation (je fais appel à la chirurgie esthétique pour obéir aux canons de la beauté). Vous connaissez le fameux "name and shame" ? Les Anglo-saxons ont poussé très loin les techniques de manipulation de groupe. Probablement avec plus de subtilité que les régimes totalitaires. En voici quelques-unes :

Thomas Shelling
Ce qui détermine la morale, c'est la pression du groupe. Robert Ciadini appelle cela "validation sociale". Nous décidons comme les autres. D'où une première subtilité : ce qui compte n'est pas d'avoir le groupe avec soi, mais de faire croire que c'est le cas. C'est une raison pour laquelle le vote est secret ? S'il était public, on ne se demanderait pas ce que l'on a envie de voter, mais ce qu'il "faut" voter. Et le résultat n'est pas du tout le même. (Voir les travaux de Thomas Shelling.) C'est aussi une raison pour laquelle ceux qui veulent manipuler leurs congénères cherchent à provoquer une manifestation publique de leurs opinions : uniforme, badge, barbe, voile, tatouage, etc. ?

Aristote
On atteint au nirvana de la manipulation, lorsque l'on amène le groupe à aller contre son intérêt, et à démanteler ce qui faisait sa prospérité. A l'époque du scandale Madoff, j'ai reçu des mails me disant que la sécurité sociale était elle-même une pyramide de Ponzi. Faux, mais facile à croire. Et, si on l'avait cru, on aurait liquidé la sécurité sociale, qui est dans notre intérêt collectif. Beaucoup d'autres tentatives dans le même sens ont réussi, cependant. D'où un électeur qui se sent floué, et cherche à "dégager" sa classe dirigeante. Quelles sont les recettes de cette technique ? Profiter des petites médiocrités de l'être humain pour lui faire vendre son royaume pour un plat de lentilles. Dîtes lui qu'il est intelligent, alors que les autres sont idiots, par exemple, vous lui ferez faire n'importe quoi. Ou encore que la sécurité sociale coûte cher, parce qu'elle est pleine de tir au flanc et qu'elle subventionne des paresseux. C'est l'argument du "bon sens", l'arme de destruction massive, celle qui a produit le Brexit. Aristote en parlait déjà il y a deux mille cinq cents ans. Et il a montré qu'il conduisait à la dislocation de la cité (on dirait de la société aujourd'hui).

Serge Moscovici
Il y a plus fort. Serge Moscovici a prouvé, dans une expérience, qu'une personne déterminée pouvait faire changer les référentiels de jugement de tout un groupe. C'est à dire, recoder le cerveau de ses membres ! J'ai illustré sa théorie involontairement. Quand je suis entré chez mon premier employeur, contrairement à mes collègues, je n'ai pas abandonné la cravate après mon embauche. Je voulais montrer par là que je n'étais pas dupe de l'hypocrite fraternité du lieu. Curieusement, petit-à-petit, tout le monde s'est mis à porter la cravate. Y compris les deux niveaux de management qui étaient au dessus de moi. J'ai imposé ma morale.

C'est un puits sans fond, probablement. Il se peut que l'on trouvera toujours de nouvelles techniques pour faire disjoncter le raisonnement humain, et transformer l'homme en chose. A l'image du héros de 1984 d'Orwell. Seulement avec une perversité qu'il était loin de pouvoir concevoir. Puisque ce sont des méthodes totalitaires utilisées par un régime qui ne l'est pas. C'est d'ailleurs ce qui les rend particulièrement efficaces. On ne les voit pas venir. D'autant qu'elles ne s'appliquent pas que sur un adulte, qui pourrait se défendre, mais qu'elles nous déforment dès notre conception. Y a-t-il un espoir ? Peut-être chez Robert Merton, qui observe les "conséquences imprévues" des phénomènes sociaux. On fait le bien en voulant le mal (et inversement, malheureusement). Mais aussi de la "Révolte" de Camus. L'homme a quelque-chose en lui, qui finit par lui faire voir le jour. Mais c'est un travail à sans cesse recommencer. Et sans garantie de réussite.

vendredi 30 mars 2018

Grève

Jeudi, train matinal. Arrêt dans les voies. La voix, quasi inaudible, du conducteur, parle d'une alerte à Saint Lazare.

Voilà qui renforce mes idées reçues. Il est facile de paralyser totalement le trafic de la SNCF. Il suffit de faire un peu de grève du zèle. Un paquet oublié ? (Par qui ?) Et j'appelle la sécurité. Et j'arrête la circulation. Ou, un signal d'alarme tiré. Toute la ligne est bloquée. Et comme le système ferroviaire est saturé, c'est le chaos.

C'est une technique qu'a utilisé ENRON, lors de la déréglementation de la production d'énergie en Californie. La particularité d'un système réglementé est qu'il est optimisé. Il suffit d'un rien pour que la demande excède l'offre. Alors, les prix s'envolent. Selon les Echos, la manipulation aurait coûté plus de 60md$ au contribuable de l'Etat. La SNCF fera-t-elle aussi bien ?

Religion

Un jour, un élève m'a demandé s'il pouvait manquer un cours pour raison religieuse. Je lui ai répondu qu'il faisait ce qu'il voulait, le tout était qu'il remplisse la feuille d'absence, de façon à ce que je ne puisse être inquiété, s'il se faisait renverser par une voiture.

En y réfléchissant, je pense que cela en dit long sur moi.
Je considère mes étudiants (qui ont plus de vingt deux ans) comme je considère mes clients : je leur apporte mon expérience.
J'ai entendu la demande de l'étudiant comme un défi. Mon cours ne l'intéressait pas. Comme tous ses camarades qui arguaient d'un entretien d'embauche pour ne pas venir en classe, il avait un comportement irresponsable, de gamin (Msieu...), qui ne peut percevoir l'université que comme une contrainte.
Mais cela dit peut-être aussi que je ne suis pas dans la ligne du parti. Longtemps, l'Education nationale a cru de son devoir d'imposer une morale. C'était probablement cela que cherchait à défier l'étudiant. Dans ces conditions la religion n'est plus une religion, c'est une arme de combat totalitaire, qui a pour objet d'imposer sa volonté à l'autre. On ne peut pas entrer dans une institution et refuser ses lois.

jeudi 29 mars 2018

Causes de 68

J'ai compris tardivement que 68 n'avait pas été une pitrerie. 68 a perdu la bataille de 68, mais a gagné la guerre. Ses idées ont triomphé. Mais qu'était 68 ?

L'exemple d'une proche. Une jeunesse révoltée, qui ne l'empêche pas de faire des études poussées. Mais, une carrière de secrétaire générale d'un organisme ultra conservateur (à la droite du FN), et un mariage avec un directeur d'un syndicat patronal. Un train de vie bourgeois, d'un autre siècle. Mais des amitiés toujours de gauche, notamment pour François Hollande.

Une hypothèse à creuser. La jeunesse de 68 voulait prendre la place de ses parents. (D'ailleurs, c'est ce que dit explicitement le Cohn-Bendit du "pouvoir est dans la rue".) Les idées de gauche lui allaient, parce qu'elle se sentait opprimée ? Elle les a gardées, par cohérence ?

Pouvoir

"On caractérise souvent les post modernistes, influencés par Nietzsche, par le fait qu'ils nient la vérité. ils considèrent que ce qui est tenu pour vrai, même les théories les plus certaines des sciences naturelles, comme étant le produit des relations de pouvoir sociales. (...) Le post moderniste est amené à s'affaiblir ou se contredire, parce que ses déclarations sur la vérité seront produites par son désir de pouvoir" (Si sa théorie est juste.)

Voilà ce que je lis dans un ouvrage sur la philosophie allemande. (German Philosophy, a very short introduction, Andrew Bowie.)

Ce qui m'a frappé. Car on parle beaucoup de "pouvoir" ces derniers temps. Or, le mouvement post moderniste a démarré aux USA, a été formalisé en France, et est le principe de pensée de 68 et de tout ce que l'on lui associe, y compris notre élite gouvernante et dirigeante. Et si le réel moteur de tous ces gens avait été la volonté de pouvoir ? Et si c'était pour cela qu'ils avaient vu partout des relations de pouvoir ?

(Et si c'était le résultat d'une société paternaliste, la société d'après guerre, qui ne pouvait générer que des gamins égoïstes ?)

mercredi 28 mars 2018

Avantages acquis

J'entends parler "d'avantages acquis". Cela s'oppose à la logique du contrat. Signe des temps ? A l'ère de l'avantage acquis, l'ouvrier était faible et l'employeur fort. En fait, ils appartenaient à deux espèces différentes. Aujourd'hui, employeur et employé se ressemblent. On protège les inégaux. Entre égaux, c'est le contrat qui prévaut.

En termes de changement, les choses sont différentes. Pour comprendre le problème, il faut parler "d'avantages donnés". Car ce sont ceux qui ont donné hier qui veulent reprendre aujourd'hui. Et qui accusent ceux qui n'ont fait qu'appliquer les lois d'être des parasites. Et cela signifie injustice. Et l'injustice provoque la résistance au changement.

La loi des 35h montre comment résoudre la question. Les grandes entreprises ont dit : 35h contre avantages acquis. Les 35h ont permis des gains de productivité radicaux. (Ce qui n'était pas leur objet.)

Relation d'aide

Je crois avoir entendu parler mon père de l'histoire suivante. Je ne suis pas sûr que qui que ce soit, en dehors de moi, l'aie entendue. Un de ses élèves lui avait envoyé une lettre curieuse. Peu après l'élève s'était suicidé. J'en déduis que c'était un appel à l'aide. Et que mon père devait sembler quelqu'un qui peut entendre ce type d'appel. Et c'était probablement le cas, puisqu'il n'avait pas enseveli l'accident dans son inconscient. Mais, il y a cinquante ans, la distance élève enseignant était infranchissable. Et il ne pouvait pas y entrer l'émotion. Il est surprenant d'ailleurs qu'un élève ait pu penser autrement. Toute la question du changement ne serait-elle pas là ? Un signal, mais nous n'agissons pas. Une situation que la société n'a pas prévue ? Qu'elle nie ? Et ce peut être un faux signal. La menace de suicide peut être manipulation. Que faire ?

Tout commence par un paradoxe, une bizarrerie : il y a quelque-chose qui ne tourne pas rond dans un homme ou un groupe humain. SOS ? Il faut s'en assurer. Malheureux ou pervers ? Ensuite, voici comment j'interprète la théorie d'Edgar Schein à la lumière de mon expérience.

Seule une recherche personnelle peut nous faire passer de malheur à bonheur. Mais, nous ne cherchons pas. Et quand nous nous mettons à chercher, nous nous égarons. Parce que la solution est là où nous ne voulons pas regarder. Mais, elle est évidente une fois acceptée.

Il suffit de comprendre cela pour que le monde change de couleur. Seulement, celui qui se noie n'a plus sa tête à lui. Pour pouvoir l'aider, il doit vous accepter comme secouriste. S'il se confie à vous, vous avez fait le plus difficile. Ensuite, il faut lui expliquer qu'il y a une solution à ses tracas, mais pas où il le pense. Donnez lui des exemples de gens qui ont rencontré sa situation. Ce n'est jamais parfaitement le cas, mais ça stimule le démarrage de son enquête. Et quand il a démarré, c'est quasiment gagné.

mardi 27 mars 2018

Changement d'ordre 1

Que cherche à faire le gouvernement ? Les fonctionnaires seraient victimes d'une "perte de sens", disait la radio. Depuis que j'ai lu le manifeste de M.Macron, je m'interroge. Il semble avoir une idée en tête, mais ne pas vouloir la dire. Il fait exactement le contraire de ce que je recommande à mes clients. (Ou ce qu'il veut faire lui paraît tellement évident, qu'il croit qu'on l'a compris ?)

La méprise vient peut-être de ce que, dans notre tradition, le changement est d'ordre 2. C'est un changement de système (une révolution). Mais, M.Macron veut probablement un changement d'ordre 1 : améliorer l'efficacité de la France, sans changer le monde. Il veut éliminer le chômage, en améliorant la compétitivité des entreprises. Ce qui signifie augmenter l'efficacité des organismes publics, pour qu'ils aient besoin de moindres ponctions sur le secteur concurrentiel. Si l'équilibre se refait, tout le monde se portera mieux. Pas besoin de grand soir. Aux chiottes Marx, en quelque sorte.

Seulement, il semble parti pour réformer "à la France Télécom", c'est à dire par l'injonction paradoxale. Car les conditions de vie dans la fonction publique sont mauvaises. La cause en est une désorganisation totale. On y travaille peu (ou plutôt, on respecte la loi, ce qui n'est pas le cas ailleurs), l'emploi est garanti, le salaire est relativement élevé, mais on y est usé par le dysfonctionnement chronique qui jette l'homme contre l'homme. Or, je soupçonne que le gouvernement ne cherche pas à comprendre, et à améliorer, la marche de la fonction publique. Il prétend probablement la faire changer par la pression du marché.

Je connais peu ce qui se passe chez Orange. Cependant il me semble que son dirigeant a compris l'erreur de ses prédécesseurs. Et qu'il essaie de composer avec ses employés. Peut-être le gouvernement serait-il bien inspiré de se pencher sur son cas ?

(Changement d'ordre 1 ou d'ordre 2 ? Voir Paul Watzlawick, sur ce blog ou ailleurs.)

Hegel

Voici ce que j'ai compris (ce qui n'est pas une grande garantie). Le projet de Hegel c'est d'achever la philosophie. La philosophie ? Apporter "à l'homme la sagesse (...) c'est à dire la possibilité de se conduire d'une façon telle qu'il soit possible d'être à la fois libre et raisonnable". La philosophie fait l'hypothèse fondamentale de la raison. Et Hegel pousse cette hypothèse à sa conclusion logique.

En quelque sorte il rejoint mon expérience de ce qui bloque le changement : on a tout en main, mais pas dans le bon ordre. Il reprend donc les idées qui ont émergé dans l'histoire, depuis Platon jusqu'aux Lumières, et il les remet en ordre. Comment ? Par un coup de génie. Ce qui semble s'opposer, comme l'être et le néant, ne sont que des étapes dans un processus de transformation qui aboutit à un être de raison, libre. Ce mécanisme, c'est la dialectique. On vit, puis on prend conscience que l'on vit, et, finalement, on apprend à faire ce que l'on veut de sa vie. C'est la raison qui le permet. L'homme doué de raison obtient exactement ce qu'il désire. Ce qui est la définition de la liberté. Ce processus n'est, d'ailleurs, pas individuel. C'est l'évolution de la société, mondiale, qui apporte à l'homme les conditions nécessaires de sa transformation. Cette évolution, c'est l'histoire. Une fois les nations fusionnées et l'humanité correctement organisée, et l'homme devenu rationnel et donc libre, ce sera la fin de l'histoire. Nous n'en sommes pas loin.

lundi 26 mars 2018

Darwin condamne l'intelligence artificielle

Toute mon expérience me disait de faire le contraire de ce que j'ai fait. Pourquoi ai-je pris cette décision ? Parce que j'ai jugé que j'étais devant une situation nouvelle.

Je ne sais pas si j'ai eu raison.  C'est l'avenir qui me le dira. Mais, en tout cas, cela montre une faille rédhibitoire de l'intelligence artificielle, et de tout ce qui s'y apparente. Non seulement l'IA décide en fonction du passé, mais, surtout, elle décide en fonction des données dont elle dispose. Or, la vie ne se modélise pas en trente ou cent variables... La caractéristique de l'homme est peut-être, justement, de pouvoir décider dans un environnement inconnu. Un animal féroce ou un virus d'une nouvelle espèce peut le faire passer de vie à trépas. Mais il réussit à se tirer d'affaires plus souvent qu'une machine qui, elle, a besoin "d'apprentissage". Darwin élimine donc l'espèce des robots, mais pas celle des hommes.

(Voilà pourquoi il est idiot de dire que "parce que l'IA bat l'homme aux échecs, elle va le remplacer partout". En effet, le jeu est justement une situation dans laquelle il ne peut jamais rien arriver de nouveau, tout est contenu dans ses règles. Il faudrait inventer un hashtag "halte aux sophismes".)

Avec dents

Vidéo de la jeune Joan Baez. Je suis surpris par ses dents irrégulières. Aujourd'hui cela ne se ferait plus.

Nous vivons dans une société hyper individualiste, et pourtant la pression à la conformité n'a jamais été aussi forte. Elle va jusque à nous forcer à modifier notre physique (et surtout notre mental, à coups de chimie). Et ce sont les dentistes qui en tirent les ficelles ?

dimanche 25 mars 2018

Et si ?

"En même temps", dit Emmanuel Macron. Nous avons tous des tics de langage, probablement. Un lecteur de ce blog me dit que le mien est "Et si... ?"

Ces tics sont-ils révélateurs d'un trait de caractère ?

(PS. Le soir du jour où j'ai écrit ce billet, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit que ce qu'il reprochait au scientifique, c'était d'appliquer des normes et de refuser ce qui pourrait remettre en cause ses certitudes. Et si? n'a pas que des défauts.)

Joan Baez

Que Joan Baez a changé ! Dans ses apparitions des années 60, elle ressemble à une Mexicaine. Très brune, cheveux longs. Elle chante des pseudo ballades populaires, au texte indigent. Elle semble fort remuée intérieurement. C'est la mode des années 60, si j'en crois d'autres vidéos de la même époque. Puis elle rencontre Bob Dylan, et devient, au bon moment, une artiste engagée. Son physique change aussi. En vieillissant, elle prend l'aspect habituel d'une démocrate de la haute société. Elle est blanche, maintenant. Ce qui demeure est probablement ce qui a fait son succès : la puissance de sa voix.


En observant cette évolution, j'ai pensé que l'homme était bien peu de choses entre les mains de la société.

Couple

Comment un couple peut-il tenir ensemble ? Considérons l'éducation de l'enfant. Tout lui est permis, et on lui dit que tout lui est dû. Le couple est donc la réunion de l'égoïsme de deux enfants.

Pourquoi n'y a-t-il pas plus de séparations ? Peut-être que l'égoïsme a ses lois. Après tout, la guerre en a bien, et la guerre n'est probablement qu'un affrontement d'égoïsmes. Ensuite il y a certainement une forte pression sociale à la conformité. Enfin, le modèle américain de l'entreprise qui prend totalement en charge le cadre de haut niveau, en échange de son âme et d'une disponibilité totale, ressemble beaucoup à une cellule familiale.

(Et si ce modèle d'entreprise était à l'origine de notre modèle de société ?)

samedi 24 mars 2018

Eric Hazan

Eric Hazan milite pour un ordre nouveau. J'ai découvert cet éditeur au hasard d'une émission de France Culture.

En conclusion de l'émission on lui a demandé quels nouveaux livres il aimerait publier. Il a répondu qu'il avait publié juste-là des gens qui affirmaient qu'il fallait supprimer le nucléaire, les prisons... Il aimerait maintenant trouver des auteurs qui expliquent ce que l'on fait lorsque l'on n'a plus d'électricité, ou que les délinquants sont dans la rue.

Notre intelligentsia se bat pour des principes. Elle ne se préoccupe pas de leurs conséquences. Et si, avec Eric Hazan, elle changeait ?

Emprise

Abuser de son pouvoir vis-à-vis de ses enfants créerait-il des surhommes ? se demandait un de mes billets. Il se trouve que France Culture, il y a quelques temps (quand j'ai écrit ce billet !), parlait d'un cas d'emprise. Un père séquestrait sa fille et lui faisait mener une expérience effroyable, en pensant ainsi la préparer au monde. Elle avait survécu, sans sombrer dans la folie. Elle était même devenue thérapeute. Mais, pour autant, elle n'était pas surhumaine. Elle n'avait pas été détruite par une expérience cauchemardesque. Détail curieux, le moment de sa libération avait coïncidé avec un déchaînement de maladies.

Pourquoi ? La "perversion" consiste à utiliser les lois de la société à son avantage, probablement (sens de pervers). Dans ce cas, je me suis demandé si le père n'avait pas utilisé son rôle protecteur de père, justement, pour asservir son enfant. Un père protège d'abord, mais, surtout, il apprend à se défendre, il "élève". Une fois sortie de son entreprise, elle s'est peut-être trouvée sans défenses ?

Un autre problème est le rôle de la mère de famille. Contrairement au père, qui semblait avoir de gros troubles psychologiques, elle paraissait normale. Or, elle avait laissé sans défense son enfant.  "Banalité du mal" aurait dit Hannah Arendt ? Qui est le plus dangereux, le psychopathe, ou celui qui joue le jeu du psychopathe ?

vendredi 23 mars 2018

Intellectuel

"Intellectuel" est devenu une insulte. De même "qu'élite". Pourquoi ? Peut-être que l'on reproche à l'intellectuel d'avoir une "langue fourchue". Il se dit de gauche alors qu'il est un nanti. Et ainsi de suite. Surtout, il ne pense pas, mais utilise l'autorité de ses diplômes pour imposer ses lubies, servir ses intérêts, et dénier à l'autre le droit de penser.

Les Grecs parlaient de sophisme. C'est le détournement de la pensée, ou plutôt de la parole, à des fins personnelles. Dans une société dans laquelle la parole et les études sont l'alpha et l'omega, n'est-il pas naturel que ceux qui les possèdent les utilisent à leur profit ? Qu'en particulier, ils s'arrogent la morale, c'est-à-dire ce qui nous gouverne ?

C'est peut-être ce qui a coulé la civilisation grec. Saurons-nous mettre la raison au service de la société, avant que nous subissions son sort ?

Fin de l'histoire ?

Le progrès pourrait-il s'arrêter ? Les dix mille ans passés sont étranges. Peut-on continuer à ce rythme encore dix mille ans ? Je soupçonne ce qui suit, que j'aurais bien du mal à justifier :

Le moteur du changement, durant cette période, fut la "raison". La caractéristique première de cette raison, c'est la communication à longue distance. Elle donne donc à l'homme un atout social : l'espèce humaine peut se coordonner. Mais, il semble qu'elle ait aussi provoqué l'illusion de l'individualisme. Illusion qui a conduit à la "destruction créatrice". Elle débouche aujourd'hui, paradoxe apparent ?, sur Internet, le réseau de communication universel par excellence. La société d'individus est devenue totalement interdépendante ! Il est possible que l'on soit en train de prendre conscience de la course folle qu'a été le progrès. Et que cela nous conduise à l'arrêter. L'état stable serait le communisme. Pas au sens URSS, mais à celui d'Elinor Ostrom. C'est-à-dire d'une gestion collective de ce qui est nécessaire à la collectivité (cf. le code de la route).

De tels états stables auraient existé pendant quelques siècles ou quelques millénaires chez certaines collectivités humaines plus ou moins isolées. (Les pygmées, par exemple, peut-être les Egyptiens anciens ou encore les Chinois, à certaines périodes.) Par ailleurs, il n'est pas sûr que nos dix mille ans aient été une durée de changement rapide. On peut imaginer que c'est le temps qu'il faut à une espèce pour s'adapter à la niche écologique qu'elle vient de découvrir. (Cf. le dinosaure "devenant" oiseau.)

jeudi 22 mars 2018

Chute de Trump

M.Trump sera assassiné, ou destitué, me disait-on. Et je pensais : vous prenez vos désirs pour des réalités. Regardez M.Clinton, rien n'a pu l'ébranler. Par nature l'Américain se rit des tempêtes. C'est même ce qui fait sa vie.

Eh bien, maintenant, je pense que M.Trump peut effectivement être abattu. Pourquoi ? D'abord, parce qu'il est un peut trop américain. Il ne semble pouvoir vivre qu'à proximité du précipice. Ensuite parce que, pour le battre à la loyale, les démocrates devraient probablement changer radicalement. C'est à dire se préoccuper du sort de la population. Et le changement, c'est pire que tout. Or, les démocrates sont le parti de l'intellect, ils possèdent les esprits les plus brillants, et pervers, des USA.

Comment abattre M.Trump ? Le plus efficace est de l'attaquer pour quelque-chose dont il est innocent. Cela peut paraître paradoxal, mais c'est évident a posteriori. En effet, innocent, on n'est pas préparé à se défendre. Pire : il n'est pas concevable que l'on aie à se défendre. Le temps que l'on réagisse (une autre histoire de changement), on se retrouve à casser des cailloux à Cayenne.

(C'est certainement pour cela qu'un Staline n'avait probablement pas d'amis, et procédait à des purges régulières.
En outre, ce que je dis, est la façon dont les procès, aux USA, sont décrits. Ce qui compte est d'abattre la partie adverse. Tous les coups sont permis.)

Changement paradoxal

Le changement n'est pas ce qu'on croit. On s'attend à passer du noir au blanc, comme lorsque l'on appuie sur un interrupteur. Implicitement, on pense que cela va être la même chose, mais en mieux. Or, le changement, ce n'est pas passer d'une routine à une autre routine, mais de la routine au chaos. Car, on ne change pas, on se change...

Pour expliquer mon expérience, voici comment j'imagine que les dinosaures sont devenus des oiseaux. Donc, une météorite quelconque frappe la Terre. Le dinosaure passe un mauvais quart d'heure. L'atmosphère est irrespirable. Plus rien de ce qu'il fait ne marche. Il a, alors, une idée géniale, systémique, à effet de levier. Et si, au lieu d'utiliser notre potentialité d'être gros, on faisait le contraire ? Brutalement, tout change. Comme Icare, il s'élève au dessus des contingences matérielles, et entraperçoit l'azur. Mais, pour le reste, c'est le cauchemar. C'est l'inconnu, que des problèmes. Et ses vieux réflexes, de monstre, sont fatals. Pensez à tous ces pionniers de l'aviation qui ont payé le progrès de leur vie, et de celle de quelques autres. Le danger est permanent. C'est le Far West. Mais, peut-être que la stimulation du combat le sort de sa torpeur de grosse bête ? Et qu'il vit comme il ne l'a jamais fait, shooté à je ne sais quelle hormone pour dinosaure ?

(Origines de mes idées farfelues.)

M.Sarkozy et la Libye

M.Sarkozy est de nouveau inquiété. Il aurait profité de financements illégaux venant de Libye.

A écouter la radio, il semble qu'il y ait beaucoup de présomptions de culpabilité. Pourquoi autant de gens l'accuseraient-ils ? Ce qui pose aussi la question de la guerre en Libye, et de ses motivations.

Que l'on aime ou n'aime pas nos hommes politiques, je ne crois pas que nous les pensions capables de tels agissements. Très inquiétant. Il faut peut-être s'interroger sérieusement sur l'évolution de notre morale publique, et privée.

mercredi 21 mars 2018

RGPD

On parle de taxer les revenus de Google, Facebook et autres. Difficile. Et si la RGPD, la loi sur la protection des données, était un moyen plus efficace de collecter des fonds que la taxe ?

En effet, la RGPD prévoit des sanctions qui peuvent atteindre quatre pour-cent du chiffre d'affaires annuel mondial du coupable. Si je comprends bien, la cause peut en être, simplement, un piratage. Facebook, dont les données ont été utilisées par Cambridge Analytica, serait cent fois coupables. Et il y a peut-être pire pour le dirigeant : il a une responsabilité pénale. Il peut être condamné à croupir cinq ans dans un cul de basse-fosse. Voilà qui pourrait amener l'entreprise à faire preuve de bonne volonté dans le paiement de ses impôts, histoire d'attendrir les pouvoirs inquisitoriaux ?

Empathie

Dans un livre sur l'altruisme, Matthieu Ricard parle d'orphelins roumains, je crois, fort mal traités, à qui il voudrait apporter de l'affection. Je me suis mis à la place des orphelins, et j'ai pensé que je n'aurais pas aimé qu'un gros bonze me serre dans ses bras. Surtout, je n'aurais pas aimé être considéré comme un misérable.

J'ai rencontré quelques personnes qui avaient vécu des moments difficiles. Elles s'étaient reconstruites seules. Et elles ne voulaient pas de commisération. Car elle fait de nous des inférieurs, des malades. Ce qu'aucun homme n'est.

L'empathie est une question de juste milieu ? Au bon dosage, elle nous permet de comprendre ce qui n'est pas exprimable en mots. Elle est utile dans l'instant. Mais elle a des dérives. Elle peut nous détruire, ou détruire l'autre. Elle nous détruit quand la souffrance perçue chez l'autre nous rend malade. Elle détruit l'autre lorsque nous nous octroyons un droit d'ingérence dans sa vie. C'est, du moins, ce qu'il me semble.

mardi 20 mars 2018

Péril autonome

Une voiture autonome d'Uber tue un passant, dit le Financial Times. Qui est responsable ? se demande un ami expert.

On peut imaginer qu'Uber fabrique son propre logiciel. Si le passant n'a rien fait d'anormal, il semble difficile de voir un autre coupable qu'Uber. D'un seul coup, la notion de "bug" a une réalité concrète. Et l'affaire peut faire jurisprudence. On va pouvoir commencer à faire appel aux statistiques : à partir de combien de morts, la voiture autonome n'est-elle plus rentable ?

Reflux de l'intelligence artificielle ?

Les projets d'intelligence artificielle patineraient me dit-on. Et ce à la fois dans les entreprises et chez les consultants. Même chez les entreprises très rentables, les programmes de réduction de coûts se remettraient en marche.

Je ne sais pas ce qu'il en est réellement, mais les entreprises semblent obéir à quelques mécanismes qui se déclenchent plus ou moins rationnellement. Tout d'abord, elles ont des cellules qui ont pour rôle de tester l'innovation. Seulement, ces cellules n'ont pas de moyens de diffuser la dite innovation. Elles sont déconnectées des unités opérationnelles et des dirigeants. Ensuite, il y a des mécanismes récurrents "robustes", qui entrent en jeu régulièrement. Notamment, la réduction de coûts est ancrée dans les usages. Ainsi  que l'acquisition d'entreprises "innovantes", supposées remplacer des compétences internes devenues obsolètes. (Entreprise qui sont détruites par l'acquisition et n'apportent donc rien, sinon des coûts qu'il faut compenser par des réductions de couts...)

Cela pose peut-être la question de la direction de l'entreprise. Là aussi, il se pourrait que l'on soit dans le monde du rite. Décider serait choisir, au hasard ou comme les autres, un rite, réduction de coûts, acquisition, cellule d'innovation.

Petit âge glaciaire

C'est le printemps, et il neige. C'est le réchauffement climatique.

Le précédent, aussi, a provoqué une glaciation de l'hémisphère nord. La calotte polaire, en fondant, a refroidi la gulf stream, qui est un convoyeur de chaleur des zones chaudes vers les zones froides. A quand les premiers pingouins ?

(Image : un très bon livre sur le sujet.)

lundi 19 mars 2018

Mayotte

France Culture parlait de Mayotte, il y a quelques temps. Son problème est que peu de gens y ont un travail. Mais, surtout, il y a un gonflement accéléré de la population. D'une part du fait d'une émigration colossale des iles avoisinantes, les conditions de vie à Mayotte étant significativement meilleures que chez elles, d'autre part du fait d'une très forte natalité (5 enfants par femme). Autrement dit, tout ce monde vit du système de protection social français, sans rien lui donner.

Qui parle, France Culture ou Front National ? Une nouvelle fois, le problème est mal posé. Car l'immigration ce n'est pas bien ou mal, il n'y a pas des paresseux et des travailleurs, il y a des êtres humains et des systèmes qui fonctionnent et d'autres pas. Ce que disait aussi France Culture, c'est que la situation est connue depuis longtemps, mais rien n'a été fait.

Statut des retraités ou celui des cheminots, l'histoire semble la même. Nos gouvernants n'ont pas gouverné. Ils ont laissé s'installer des déséquilibres. La difficulté que rencontre le gouvernement actuel est de les éliminer, sans pour autant faire de ceux qui ont semblé en profiter des victimes. Compliqué.

Vlad l'empoisonneur ?

M.Poutine a-t-il empoisonné un ancien espion russe ? Il serait intéressant d'interviewer un Russe sur le sujet.

Il n'est pas impossible qu'il interprète la nouvelle comme un rappel de la puissance russe, et de sa culture immémoriale. Un rappel bienvenu un jour d'élection. Une façon économe de faire une campagne de pub. Russe un jour, Russe toujours. Pas question d'échapper à l'emprise de son pays. Les oligarques qui se sont réfugiés en masse en Angleterre peuvent être frappés à volonté. Partout où il réside, le Russe doit obéir aux volontés du petit père des peuples. (Ce qui doit faire trembler les nations européennes qui possèdent des populations russes.) Quant aux nations européennes, on leur fait un pied de nez, sans risque. Qui se préoccuperait d'un règlement de compte entre malfrats ?

(Le modèle de société anglais d'asile pour oligarque de tous les pays est-il menacé ? Mais, tant que ceux-ci ne gênent pas leur pays d'origine, ils peuvent vivre tranquillement du fruit de leurs larcins. N'est-ce pas aussi une façon d'interpréter ces règlements de compte ?)

Guerre froide

Nous sommes bien plus en danger que durant la guerre froide, disait Christine Okrent et quelques autres, dimanche dernier, chez France Culture. En effet, alors, il y avait des règles. Plus maintenant.

Surprenant. J'ai vécu la guerre froide, et j'y ai cru. En 62, il y avait eu la crise des missiles de Cuba, et on prenait au sérieux un risque de guerre nucléaire (cf. Docteur Folamour). Le monde était peuplé de conseillers russes et cubains, d'un côté, et américains de l'autre. Et il y avait des conflits un peu partout. Che Guevara, ça vous dit quelque-chose ? Et la guerre du Vietnam ? Et l'Afghanistan ? Et les dictatures, dont le principal intérêt était qu'elles n'étaient pas communistes ? L'Espagne, le Portugal, la Grèce... ? (Pour ne parler que de l'Europe de l'Ouest.)
Chez nous, il y avait des groupes terroristes, des prises d'otages (J.O. de Munich...), des espions, et on se demandait si le Parti communiste n'était pas la 5ème colonne de l'URSS. Plutôt rouges que morts, disaient certains. Et, le service militaire se faisait en Allemagne, face aux troupes soviétiques.

Peu de mémoire, ou grande lâcheté ?

dimanche 18 mars 2018

Intelligence naturelle

Vous devez vous faire retirer le foie. Pourquoi ? C'est l'ordinateur qui l'a dit. Le problème de l'Intelligence artificielle (mais aussi de beaucoup de techniques de statistiques) est que c'est une "boîte noire". Elle ne justifie pas ses décisions. (En outre, elle les prend en fonction du passé et d'un ensemble réduit d'informations.)

Il existe cependant des techniques mathématiques qui produisent des règles. Plus exactement, elles identifient des expériences du passé dont vous pourriez tirer des enseignements utiles. Mais ce que sort l'ordinateur demande une réinterprétation humaine. Paradoxalement ce type de logiciel produit des résultats évidents. "On le savait."

C'est là que l'affaire devient intéressante. Car qui est "on" ? Pas tout le monde, d'après ce que j'entends. L'intelligence humaine avait effectivement identifié la règle. Mais pas l'intelligence de tout le monde. Et, exactement comme dans les observations de Michel Crozier, cette règle était exploitée pour profiter à certains, grâce à une tactique de type "grève du zèle". L'ordinateur permet donc de rétablir le bon fonctionnement de l'organisation. Et il le fait sans risque de conflit social, puisqu'il permet de promulguer des règles, sans accuser qui que ce soit.

(Cela révèle aussi un fonctionnement inquiétant de la société, Michel Crozier ne semble pas s'en être suffisamment préoccupé...)

Durabilité réduite

Airbus s'indigne. Un fonds, Melrose, veut acheter un bureau d'ingénierie dont il est le principal client. Attention, dit Airbus, les méthodes dont usent ces fonds ne sont pas compatibles avec notre métier. (Financial Times.)

Voilà qui est surprenant : tous les dirigeants de grandes sociétés se servent de ces techniques. Auraient-ils autre chose que l'intérêt à long terme de leur entreprise en tête ?...

(Voici ce que dit Melrose PLC, sur son site : "We specialise in the acquisition and performance improvement of good manufacturing businesses." Et voici ce que répond Airbus : "Tom Williams, chief operating officer of Airbus’s commercial aircraft division, told the Financial Times that the possible change in ownership at one of the European aircraft maker’s most important suppliers was troubling because a turnround specialist would be too focused on the short term." )

samedi 17 mars 2018

Grèves à la SNCF (calendrier)

Les grèves de la SNCF démarrent le 3 avril, et se poursuivent sur 3 mois, au rythme de deux jours de grève, trois jours de travail. Ce qui donne :
-Mardi 3 et mercredi 4 avril
-Dimanche 8 et lundi 9 avril
-Vendredi 13 avril et samedi 14 avril
-Mercredi 18 et jeudi 19 avril
-Lundi 23 avril et mardi 24 avril
-Samedi 28 avril et dimanche 29 avril 
-Mardi 8 mai et mercredi 9 mai
-Dimanche 13 mai et lundi 14 mai
-Vendredi 18 mai et samedi 19 mai
-Mercredi 23 mai et jeudi 24 mai
-Lundi 28 mai et mardi 29 mai
-Jeudi 7 juin et vendredi 8 juin
-Mardi 12 juin et mercredi 13 juin
-Dimanche 17 juin et lundi 18 juin
-Vendredi 22 juin et samedi 23 juin
-Mercredi 27 juin et jeudi 28 juin

Statuts de la SNCF

La SNCF semble brûler la chandelle par les deux bouts. Non seulement elle est très endettée (alors que son réseau a un urgent besoin d'investissement) mais ses retraités coûtent 3md à l'Etat par an.

Cela n'est pas totalement anormal. En effet, la SNCF a réduit par deux ses effectifs. Il y a maintenant un actif pour deux retraités. D'où un déséquilibre entre cotisation de l'actif et rémunération du retraité. Et déficit qui doit être comblé par l'Etat. Mais il serait bien moindre, si le régime de retraite de la SNCF était, simplement, le même que le régime général.

Surtout, l'écart entre les moyennes de retraite de l'agent SNCF et du Français ordinaire est de l'ordre de 700€ par mois (2063 à 1376, un écart de plus de 50%). Je me méfie des moyennes, mais en multipliant ce chiffre par le nombre des retraités SNCF, on obtient quasiment les 3 milliards manquants.

L'agent SNCF a donc des raisons de défendre ses avantages acquis. Si les nouveaux embauchés entrent dans le régime normal, le déficit du régime de la SNCF s'accélérera et la pression pour rejoindre la moyenne nationale sera insoutenable. Travailleurs de tous les pays...

Gratte ciel

Deux gratte-ciels à La Défense, dit-on. Cela fait longtemps que le projet a été lancé. Mais il a du mal à démarrer. (Ils grattent peu : 320m seulement, c'est modeste.)

Et la question des transports, me suis-je demandé. Les voix d'accès à la Défense me semblent proches de la saturation... Phénomène Velizy ? De l'utilité d'un minimum d'aménagement du territoire ?

vendredi 16 mars 2018

Maxime Le Forrestier

J'ai découvert un Maxime Le Forrestier inconnu. Il racontait sa vie à France Culture. Elle ne semblait pas gaie. Des parents qui se déchirent, et divorcent, des études prématurément finies, une soeur qu'il suit dans la musique, mais qui le quitte pour l'illusion hippie. Il semble avoir été lâché de partout. C'est d'ailleurs à cela qu'il doit son succès. Car, lorsque sa soeur, qui commençait à être célèbre, rompt les ponts, il doit prendre sa suite. Et il connaît un succès immédiat. Curieusement, tout ce que je chantonne de lui vient de ses débuts. Mais, là aussi, son succès est une méprise. Ce n'est pas l'artiste engagé que l'on croyait alors. "Le parachutiste" n'est pas un appel à la révolte, mais une anecdote personnelle : il a de l'estime pour l'armée. Quant à San Francisco, il y est allé dans les pas de sa soeur, et sans y comprendre grand chose. Les seuls points un peu solides de sa vie semblent avoir été Brassens et les chevaux. Boris Cirulnik dirait peut-être qu'il a manqué de points d'ancrage. D'où une résilience par terrible, et un homme fragile ?

Protectionnisme

Il y a eu un grand massacre de travailleurs italiens à Aigues Mortes, à la fin du 19ème. France Culture le rappelait. Période de chômage. Les Français de souche n'étaient pas contents de ne pas trouver d'emploi. France Culture rappelait aussi que les gouvernants radicaux d'alors avaient été libéraux. Mais les choses n'avaient pas tourné comme ils l'attendaient. Ils avaient alors adopté des mesures protectionnistes. Les "trimards", les prolétaires, avaient cru, à tort, que la nation allait leur donner du boulot. D'où leur colère.

L'histoire est faite d'oscillations entre libéralisme et protectionnisme. Dans les faits, il semble que ni l'un ni l'autre ne soit bon absolument. Les industries naissantes doivent être protégées, sans quoi elles ne naissent pas. Quant aux industries solides, le monde a à gagner à profiter de leurs services. Tout est une question de dosage. Ce qui n'a rien d'évident. C'est pourquoi il est plus reposant de choisir de belles idéologies simplistes ? Quitte à faire s'entre-égorger de pauvres bougres ?

jeudi 15 mars 2018

Religion

J'écoute parfois Questions d'Islam (France Culture).

Dans la religion, il y a deux choses. Le rite, qu'on applique sans penser, et l'étude des textes, penser pour appliquer correctement. Dans ce second cas on se replace dans les circonstances qui ont produit la pensée, afin de savoir ce qu'elle signifie. C'est-à-dire l'enseignement que l'on peut en tirer concernant les questions que nous rencontrons. Il me semble, en écoutant France Culture, que les gens de l'époque ont formulé problème et solution avec les outils intellectuels dont ils disposaient, et que ceux-ci peuvent avoir des équivalences dans notre propre référentiel, quel qu'il soit.

J'ai toujours tort

J'ai toujours tort, dit ce blog. Et il est vrai que c'est l'impression que j'aie. Mais pourrais-je avoir raison ?

Il me semble que, dans le changement, il y a un moment étrange. Alors, on voit exactement ce qu'il faut faire, mais on agit à l'opposé. Par exemple, on utilise le bon mot, mais un mot a deux acceptions, contraires. Et on se sert de la mauvaise. Typiquement, on peut utiliser "aimer" dans "aimer ses enfants" et "aimer le poulet".

Mais il y a des gens qui ont toujours raison, au moins dans leur existence professionnelle. C'est le cas de Christian Kozar. Il a mené une vie d'aventures. Elle l'a fait rencontrer des prises d'otages, des redressements d'entreprise et des crises sociales, notamment. Parfois, il a été en danger. A tous les coups, il a pris une décision inattendue, qui était judicieuse a posteriori. C'est ce qu'il appelle "le vol de la bécasse". La bécasse est difficile à tuer, parce qu'on ne sait pas où elle va, alors qu'elle finit toujours par atteindre son but.

Il donne une anecdote pour expliquer son mécanisme intellectuel. Si l'on montre à des diplômés une boîte et on leur demande ce qu'elle contient, ils vont faire des conjectures. Si l'on fait de même avec des enfants, ils vont l'ouvrir. Et si, pour bien décider, il fallait garder une âme d'enfant ?

mercredi 14 mars 2018

Stephen Hawking

Disparition de Stephen Hawking. Je lui dois ce qui sera probablement mon seul titre de gloire : l'avoir rencontré. C'était à l'époque de mes études en Angleterre, il y a trente quatre ans. Un jour j'ai croisé à plusieurs reprises un invalide en chaise roulante. J'ai demandé à un ami si l'université organisait une journée portes ouvertes pour handicapés. Il m'a répondu que c'était Stephen Hawking, l'homme qui avait montré que les trous noirs fuyaient. (Des tentatives de preuve de sa conjecture ont été faites en laboratoire, mais cela n'a pas été suffisant pour lui valoir le prix Nobel.) Quelques jours après, je me retrouvais à déjeuner à sa table, puis seul face à lui et à son infirmière dans la salle où l'on prenait le café après le repas, sans avoir rien à lui dire. Je n'avais pas confiance en mon anglais, et le sort des trous noirs ne m'intéressait pas. Je pensais déjà que la physique avait son avenir derrière elle. Je serais tout aussi sec aujourd'hui.

Je parlais de Stephen Hawking à un chercheur brillant, mais retraité, qui se plaignait du passage du temps et des renoncements auxquels il nous contraint. Je lui disais que son handicap n'avait probablement pas pesé à Stephen Hawking : il lui avait permis de se consacrer à ce qui l'intéressait : le travail de l'intellect. Comme Sisyphe, j'imagine Stephen Hawking heureux.

Elections en Italie

On pensait que le populisme était en recul. Raté. Après les Autrichiens et les Anglais, ce sont les Italiens qui font un choix inquiétant. Peut-être s'explique-t-il par les compromissions des partis politiques traditionnels ? A force de dire, c'est nous ou le chaos, l'électeur choisit le chaos ?

Cela montre certainement que la situation mondiale est fragile. Et qu'il en faudrait peu pour que les choses tournent très mal. En même temps, le SPD a décidé de rejoindre le gouvernement allemand, même s'il lui en coûte beaucoup. Admirons le sens des responsabilités de l'Allemand ? Mais aussi la France : avec son air con et sa vue basse, elle a tout de même évité la solution italienne ? En tout cas, il va falloir se demander ce que signifie solidarité européenne.

Pouvoir

Depuis quelques temps, on parle sans cesse de "pouvoir". Si les ONG exploitent ceux qu'elles devraient aider, c'est par abus de pouvoir. Si l'homme maltraite la femme, c'est par abus de pouvoir...

Je devrais m'en réjouir ? Mon dernier livre caractérise le principe de la société présente par l'expression de Nietzsche : "volonté de pouvoir". (Qui s'oppose à la "générosité" de Bergson.) C'est mon explication à son incapacité à conduire efficacement le changement. (On ne veut pas changer, on veut casser.)

Mais nous avons un pouvoir absolu vis-à-vis de nos enfants. En abusons-nous ? Ce qui ne détruit pas renforce, dit encore Nietzsche. Appliqué au bébé, ce serait sûrement la recette du surhomme...

mardi 13 mars 2018

Journée de la femme

Le jour de la Journée de la femme, j'étais dans un bistrot. J'essayais d'y travailler entre deux rendez-vous. La télévision était en marche. Les émissions à la gloire de la femme s'y succédaient, en boucle.

C'est un procédé de régime totalitaire. On ne s'adresse pas au libre arbitre humain. On assène à l'homme ce qu'il doit penser. C'est ainsi que l'on obtient le contraire de ce que l'on cherche. Leçon que nous enseigne l'expérience totalitaire.

Dérive

M.Macron est de droite, disait un Communiste dans un débat de France Info. C'est vrai, c'est vrai, répondait une représentante du PS. Mais ce qui m'étonne, reprenait le premier, c'est à quel point M.Macron s'est senti à l'aise dans le gouvernement socialiste. Peu de temps après, la femme de gauche pronostiquait que le PS allait se redresser aux élections européennes. En effet, il avait, dans ce domaine, de bonnes idées : celles de M.Macron ne venaient-elles pas de lui ? Mais alors, M.Macron est un peu de gauche ? disait l'animateur. Le Communiste a dû penser : ou le PS bien à droite.

Comme la SFIO, le PS n'est pas de gauche. Coeur à gauche, portefeuille à droite ? comme pour les radicaux. Ou langue à gauche, corps à droite ? SFIO et PS sont des mouvements d'intellectuels, de virtuoses de la parole. Ils dominent le champ de bataille du débat d'idées. Mais quel rapport entre leurs actes et leurs paroles ?

lundi 12 mars 2018

Macron perfide

Perfide Macron ? Profiterait-il des défaillances des puissances étrangères ? Son voyage en Inde pourrait être interprété ainsi. Les USA se ferment, l'Angleterre est empêtrée dans le Brexit. L'Inde perd ses partenaires usuels. Il y a de la place à prendre ? Apparemment, ce serait dans le développement durable, préoccupation indienne.

M.Macron n'a pas à s'occuper de son pays. Il est libre comme l'air. Les grandes nations sont plus ou moins paralysées. Contrairement à beaucoup d'hommes politiques français, il semble comprendre ce qui se passe à l'étranger. Tirer parti des faiblesses des autres est un art britannique. Peut-être est-ce pour cela qu'il nous laisse indifférent ?

Durabilité

Combien durera une entreprise ? Le temps qu'elle a duré. Voici ce que dit Nassim Taleb. Ce qui est récent a toutes les chances de disparaître prématurément. Cette idée m'est revenue en considérant les institutions françaises. Elles sont en réinvention permanente depuis la révolution. Et elles sont extrêmement fragiles. Non seulement elles ne sont plus que l'ombre du projet initial, mais un seul gouvernement peut les mettre en pièces, sans forcément le faire exprès. Exemples ? Le système éducatif de la troisième république ou l'Etat providence d'après guerre.

Dans ces conditions, qu'est-ce qui résiste ? Il y a peut-être, comme je le disais pour l'Inde, au fond de la société, des principes qui la tiennent ensemble. Ils sont tellement ensevelis dans notre inconscient, qu'ils sont une seconde nature. Pas vu, pas pris.

dimanche 11 mars 2018

Intelligence artificielle

On nous dit : puisque l'IA a défait tel ou tel champion, l'IA est plus forte que l'homme. Mais, alors, les chevaux devraient nous remplacer puisqu'ils courent plus vite que nos champions ! Le professeur Marcotorchino avance des éléments plus rationnels. L'IA moderne est caractérisée par :
  • De "vieux" algorithmes qui deviennent utiles, parce que l'on dispose de masses des données. (Encore que, il ne faut pas se laisser emporter par un enthousiasme excessif : ces données ne sont disponibles que dans un cas minime de situations.) 
  • Une puissance de traitement informatique sans précédent, grâce, notamment au cloud et au calcul en parallèle. 
  • Une utilisation massive des techniques "d'apprentissage" permises par des avancées en mathématiques, notamment de la théorie de la "géométrie de l'information" (transport optimal de Cédric Villani) et de linéarisation (la linéarisation, est une technique qui consiste en un changement d'espace mathématique, qui transforme des problèmes généralement quadratiques en problèmes linéaires). 
Il poursuit en montrant que les circonstances favorables à l'IA sont assez rares. Pour les autres, il faut résoudre, au coup par coup, des problèmes compliqués. IA est l'art du bourrin ? Beaucoup d'énergie pour pas grand chose ?

N'est-ce pas le cas de toutes les innovations ? Ce qui me frappe lorsque je visite le musée des Arts et Métiers est qu'entre l'idée et la réalisation, il y a eu des décennies de bricolages, parfois risqués. L'IA est-elle suffisamment séduisante pour que l'on fasse assez de sacrifices pour qu'elle éclose ?

Progrès et anxiété de survie

Le progrès ne fait que s'accélérer disaient des amis. Je ne le crois pas.

Il a freiné. Mon idée du progrès, c'était le moteur, l'électricité, la voiture, l'avion, la fusée, les téléphones, les télévisions, l'électroménager, les antibiotiques (l'hygiène d'abord, qui a prolongé radicalement notre vie), la génétique, l'industrie agroalimentaire, l'ordinateur, l'énergie nucléaire, la physique qui faisait sans cesse des découvertes fondamentales, ou même les mathématiques qui inventaient continuellement de nouvelles disciplines. Mais aujourd'hui ? Rien n'a remplacé le Concorde, par exemple. La vitesse des avions de combat a régressé, faute de combattants. De même que celle des fusées. Ailleurs, comme pour les OGM, le nucléaire, ou le bricolage génétique, le progrès inquiète. L'innovation ne fait plus de sauts quantiques. Elle est de plus en plus coûteuse. Notre bibliothèque, c'est le web, et il lui faut des masses d'électricité pour rester éveillée ! Les économistes parlent de rendements décroissants. Serait-ce le cas ?

Surtout, le progrès ne se fait pas seulement parce qu'il est possible. Nassim Taleb dit que les tribus arabes ont trouvé que, dans le sable, le chameau était plus pratique que la roue. Je me demande si, en Occident, le progrès n'a pas été mû par la lutte de l'homme contre l'homme dont parle le philosophe. En Angleterre, par exemple, le coût du travail s'affaisse, on remplace la machine par l'homme. La guerre, qui obéit au même principe, a été un grand moment d'innovation. Ce serait probablement le cas d'une catastrophe climatique. Sans anxiété de survie, pas de progrès

Le moyen-âge est un scénario d'avenir que mes amis devraient envisager.

samedi 10 mars 2018

Mathématique

Mathématique, obsession de l'Education nationale. Conclusion que tiraient des amis de leurs démêlées avec Parcoursup. Tout les enseignants, à commencer par ceux de philosophie, regardent en premier la note de mathématique. Probablement que cette note est devenue une mesure de QI.

C'est dommage pour les hommes et pour les mathématiques.

Quand on passe sa vie dans le changement, on ne croit pas au QI. L'homme n'est pas défini par une aptitude qui se manifesterait à la naissance. (Décidément la France n'est jamais sortie de l'Ancien régime.) L'homme a la capacité de changer. Quant aux mathématiques, il me semble que cela ressemble aux médicaments. Pour bien s'en servir il n'y a pas besoin de savoir les fabriquer.

Pour un changement de l'Education nationale ? De la sélection à l'enseignement ?

L'homme pris au piège

Léon Chestov est un philosophe estimé. J'ai pensé que ce petit livre serait une introduction facile à son oeuvre. En fait, il est plutôt à l'image de la Russie du début du 20ème siècle. Son complexe d'infériorité vis-à-vis de l'Europe virait à une supériorité touchante. Elle avait désormais une littérature. Elle était certaine que l'Occident avait les yeux tournés vers elle. Elle avait une mission :
Et après Pouchkine, à son exemple, toute la littérature russe depuis le début de ce siècle jusqu'à nos jours a conservé et conserve la devise : enseigner aux hommes l'humanité.
La haute société russe était occupée à commenter ce miracle en marche. Il n'y avait pas plus lu et écouté que le critique littéraire, dit la préface. Chestov s'inscrit dans ce mouvement. Il commente Pouchkine, Tolstoï et Chekhov. Peut-être cherche-t-il ce qui justifie ses opinions ? Comme les pragmatistes américains, auxquels il s'oppose pourtant, il se bat contre deux courants. L'un est l'absurde, l'autre l'idéalisme. Il croit que, certes, la situation de l'humanité n'est pas brillante. Mais il est possible de l'améliorer. Et, probablement, comme il le voit dans la vie de Tolstoï, dans les moments désespérés peut se faire la lumière.

(La Révolution de 17 fut-elle un résultat de cette mission messianique ?)

vendredi 9 mars 2018

Idéologie

L'idéologie est une autre raison d'échec du changement. (Suite du billet précédent.) L'idéologie ? Croire que l'on possède la vérité. La bonne façon d'aborder le changement, selon mon expérience, c'est de partir du principe que l'on a tort. Il y a de bonnes chances que quelque chose que l'on croit soit faux (c'est justement cela qui a changé). En cherchant des causes à la situation actuelle, on finit par comprendre comment la faire évoluer, naturellement, sans bouleverser les hommes. C'est le pragmatisme, au sens philosophique du terme.

Application. Le gouvernement se dit pragmatique. Est-il dénué d'idéologie ? Il semble plutôt qu'il ait une vision béate du progrès. Vision qui résulte d'une expérience de la vie de privilégiés. Le pragmatisme, c'est être prêt à appliquer une recette "qui marche", même si on n'a pas compris pourquoi. Le gouvernement applique des recettes dont on sait qu'elles ne marchent pas.

Doit-on lui opposer une résistance ? Il nous sort de l'immobilisme. Il porte bien son nom. Et, au moins, lorsque l'on s'agite, on a un espoir de trouver, par essai et erreur, une solution qui marche vraiment.

Culpabilité

Ce qui bloque le changement, c'est la culpabilité. C'est à cause d'elle qu'il est impossible de savoir ce qui a causé la situation actuelle. Par exemple, pourquoi EDF, la SNCF ou l'Etat croulent sous les dettes.

C'est dommage. Car, cette culpabilité est déplacée. Généralement, l'idée qui a provoqué la déroute était méritoire. Ce qui a pêché était sa mise en oeuvre. (C'est ce que je constate dans mon travail.) En repartant du point initial, on peut généralement assez facilement corriger le tir. (Technique que j'appelle "tir au journal.) En effet, quasiment tout était bon.

Mais la culpabilité a des racines profondes. Elle vient de l'image que nous avons de nous. Ce dont ont peur nos dirigeants, c'est de paraître ridicules à leurs propres yeux. C'est ce que dit, selon moi, Molière dans Tartuffe. Et c'est ce qu'il me semble avoir observé.

Reste à savoir si ce phénomène a quelque chose de conscient, ou s'il ressortit à une sorte de réflexe instinctif. (Cf. billet sur la noyade.)

jeudi 8 mars 2018

Transformer les organisations sans bouleverser les hommes

Il existe des mécanismes sociaux qui annihilent les effets du changement. Ce que l'on dit de la NRA aux USA le rappelle. En gros, il y a une dizaine d'années, les ventes d'armes baissent. L'industrie de l'armement est inquiète. La NRA lance une campagne de communication qui convainc l'Américain qu'il est en danger, qu'il doit s'armer. Les ventes triplent.

Je rapprochais cela de ce que disait une démocrate des électeurs de M.Trump : s'ils sont pauvres, c'est que ce qu'ils faisaient n'avait pas d'avenir. Qu'ils s'adaptent au lieu de râler. Et si le démocrate avait été, comme la FNSEA pour le paysan français, le dispositif qui aurait dû éviter au sans-grade d'être le perdant du changement ? D'ailleurs, comme le montre la NRA, y a-t-il une fatalité ? Ne peut-on pas changer l'avenir à son avantage ?

Américain crédule ?

Ce qui est surprenant, c'est à quel point la publicité est efficace aux USA. En particulier en politique. Si vous avez un gros budget publicitaire, vous êtes quasi certain de faire basculer l'opinion en votre faveur. C'est ce qu'on lit dans les journaux anglo-saxons. Et l'histoire de la NRA, qui a convaincu l'Américain qu'il était menacé et qu'il devait s'armer, ne fait que le rappeler.

Explication ? Peut-être que l'Américain considère la publicité comme de l'information ? Et qu'il a confiance en sa capacité de discernement ? Le phénomène n'est pas unique. L'histoire grecque ou romaine, ou celle de la Révolution ou de la troisième République, sont pleines de discours enflammés qui font tomber un régime et valser les têtes. Shakespeare en donne un exemple dans son Jules César. Les Lumières voulaient apprendre au citoyen à penser. Je ne sais pas si, aux USA, il y a eu un projet équivalent. Ou si l'on a jugé que c'était contraire aux lois du marché.

mercredi 7 mars 2018

Commentaires

Je ne suis pas, ou rarement, averti des commentaires que l'on fait sur mon blog. Je ne sais pas d'où cela vient. Peut-être du fait que ces commentaires soient liés à Google+ ? Cela semble provoquer des phénomènes étranges : on ne les voit pas sur Google+, mais j'ai moi-même souvent des difficultés à répondre à un commentaire. Il faut que j'aille chez Google+, ou ne figure pas le commentaire, pour sélectionner mon article, et avoir accès à la fonction commentaire...

Ce qui me paraît bizarre, c'est que Google est très riche, et que faire fonctionner correctement une plate-forme de blog ne doit pas être bien coûteux. Et ce d'autant que cette plate-forme est ancienne, et que, depuis le temps, tous ses problèmes auraient dû être réglés. Cela donne l'impression d'un grand amateurisme, et d'une totale absence de management. Et si cela tenait, justement, à ce que Google a été très vite très riche ? Google ne s'est pas construit comme une entreprise normale, sous la pression du marché et de la concurrence, qui ne pardonne pas l'à peu près ?

Dialectique

1) Je suis déprimé. 2) J'en prends conscience. 3) J'adopte une contre-mesure qui rectifie mon comportement. Je me vois de l'extérieur et agis sur moi comme si j'étais quelqu'un d'autre. Il se pourrait qu'il y ait là ce qu'Hegel appelle la "dialectique". C'est en trois temps :
  1. "En soi" : je me comporte d'une certaine façon, sans en être conscient. 
  2. "Pour soi" : je prends conscience.
  3. "En soi et pour soi" : j'agis, en connaissance de cause. 
SNCF. Je prends des décisions qui semblent ressortir à ma mission. Je réalise que je cours à la faillite. J'en comprends le mécanisme, et j'agis. C'est surtout un procédé d'analyse du changement. Exemple. Les combattants de l'effet de serre ont concentré leur action sur la prise de conscience. Mais ils n'ont pas cherché à comprendre les mécanismes d'un changement social, ce qui les rend impuissants.

Ce procédé n'est pas utile qu'au traitement des pathologies de l'existence : en découvrant son potentiel, on peut aussi vouloir en tirer parti.

mardi 6 mars 2018

Précaution

Fin de l'hiver. Nous avons survécu grâce au conseil du gouvernement. Il nous a rappelé, plusieurs fois par jour que "la grippe est là". Puis : attention à la "vague de froid" !

"Principe de précaution" ? Ce terme semble avoir deux sens. Le vôtre et le mien, c'est à dire pas grand chose. Et celui du gouvernement, la peur d'être attaqué, accusé, renversé. Ce qui explique, à l'envers, la furie des promoteurs du "principe d'innovation", dont Louis Gallois fut le champion. Ces gens sont frustrés par un gouvernement qui a peur de tout.

On s'attendrait à une lutte fratricide au sein de notre élite dirigeante. Or, c'est contre nous que se tourne l'ire de ces gens. Les choses n'ont pas changé depuis la nuit des temps : le peuple est toujours victime de guerres qu'il ne comprend pas ?

(Un livre sur le sujet.)

Mathématique sociale

Etes-vous fiable ? Voici la question que se pose la banque qui doit vous prêter. Elle fait une hypothèse implicite : la fiabilité est une question individuelle. Il se pourrait qu'elle se trompe gravement.

Une des thèses les plus célèbres sur le capitalisme (Max Weber) explique qu'il est une émanation de "l'éthique protestante". Hayek, l'apôtre de l'individualisme, n'était pas loin de penser la même chose : dans son milieu (germanique et protestant), l'individu était naturellement honnête. Le microcrédit de Mohammed Yunus exploite le même type de phénomène. Il prête à des communautés de femmes. C'est la communauté qui fait pression sur l'individu pour qu'il respecte ses engagements, et qui l'aide, peut-être aussi.

Les banques nous évaluent grâce au "credit storing", mathématiques de l'individu. Et si elles s'intéressaient aux mathématiques sociales ?

lundi 5 mars 2018

Protectionnisme

Tous les dix ans les USA infligent des taxes usuraires à l'acier importé. Le paradoxe des USA est que, depuis toujours, c'est un pays protectionniste, alors qu'il a la réputation d'être un combattant du libre échange. Hypocrisie ? Mais, il n'y a rien de caché dans "America first".

L'Europe continentale semble le seul endroit où l'on pratique réellement le libre échange. Est-ce malin de le faire, si les autres ne le font pas ? Une hypothèse, certainement tirée par les cheveux, est que les dirigeants européens ont besoin de la menace de la concurrence étrangère pour gouverner entreprises et pays. Il serait dans leur intérêt de voir du libre échange partout, et de prendre le discours américain pour argent comptant ?

A coeur vaillant...

Projet mal défini, complexité, incertitude... Combien de fois entend-on ces mots ? Et si, même dans les pires conditions, on pouvait retrouver le nord ? Et si ce n'était qu'une question de sang froid et de méthode ("pas à pas") ? Et si, ce qui comptait avant tout était de créer les conditions de "l'engagement" ?

Et si l'on mettait la charrue avant les boeufs ? se dira, avec une certaine angoisse, toute personne concernée par le changement.

Une interview de Laurence Vallée.

dimanche 4 mars 2018

A l'origine en tchèque

A l'origine en tchèque... j'ai eu la curiosité de regarder ma liste de tweets. (Ou plutôt la liste de tweets qu'émet ce blog.) J'ai eu la surprise de voir que l'un était suivi de "à l'origine en tchèque", et l'autre "à l'origine en roumain". Comment Twitter peut-il confondre un texte en français avec un texte en tchèque ou en roumain ? (A moins qu'il y ait un sens caché à "origine" ?)

Deux erreurs sur une cinquantaine de tweets, c'est beaucoup. On parle continuellement d'Intelligence Artificielle, et de son pouvoir de transformation du monde et de remplacement de l'homme. Ne serait-il pas utile de se pencher sur les faits ? (Et de les expliquer ?)

Guerre commerciale

Pourquoi ne pas viser les intérêts de M.Trump ? Ne pas suivre l'exemple des sanctions américaines contre la Russie, qui touchent des individus influents, plutôt que le peuple ? Voilà ce que je pensais en écoutant parler de la guerre commerciale de M.Trump.

En fait, il semblerait que l'Europe ait eu la même idée que moi. Mais elle ne cherche pas à atteindre M.Trump, mais des éléphants de son parti. Ou peut-être, pire que tout, elle vise l'égo de M.Trump. Vous ne comptez pas assez pour que l'on vous sanctionne ?

(Ce que dit Politico : "The targets, cited by Jean-Claude Juncker in Hamburg late Friday, are in line with earlier countermeasure lists, which focused on goods from politically sensitive Republican-run states. Harley-Davidson motorbikes are from Wisconsin and bourbon is produced in Kentucky, the home state of Senate majority leader Mitch McConnell. The EU also stands ready to sue Washington at the WTO.")

samedi 3 mars 2018

Vie non commutative

Cela pourrait s'appeler le théorème de Clint Eastwood. Tirer d'abord et réfléchir ensuite, et son inverse, ne donnent pas le même résultat.

Cette propriété est la "non commutativité". La multiplication est commutative. Cinq fois deux égale deux fois cinq. Il en est de même de tout ce que l'on étudie dans un cours de maths. Or, la vie n'est pas commutative. Et c'est pour cela que l'histoire ne peut pas se remonter à l'envers, contrairement à ce que nous disent les physiques classique ou relativiste. La physique quantique est non commutative : l'observateur a une influence sur l'expérience. Ce qui fait qu'elle est probablement plus fondamentale que les autres théories.

L'homme ordinaire ne devrait pas sous-estimer ces considérations. Je soupçonne que le totalitarisme est "commutatif". Il résulte d'une forme de pensée qui nie la complexité du monde. La commutativité explique aussi peut-être pourquoi penser que l'IA peut remplacer l'homme est gravement stupide. La machine est commutative, contrairement à la vie. Morale : le pouvoir semble aller aux esprits commutatifs, aux machines. Justement aux gens qu'affronte Clint Eastwood.

(Venu de la "conversation scientifique" d'Alain Connes, inventeur de la géométrie non commutative, et d'Etienne Klein, chez France Culture.)

Statut et faits

Le Monde militait pour Trump, ai-je dit. Son article sur le statut des cheminots permet de comprendre pourquoi M.Trump parle de "faits alternatifs". Voilà un article qui annonce l'explication du statut des cheminots. On s'attendrait à des règles, à un texte qui ressemble au code du travail, un statut, quoi. Or, on nous parle de salaires et de vacances, le tout moyenné sur 170.000 personnes. Or, c'est le Monde qui est intelligent, pas nous. Comment se fait-il qu'il ne sache pas ce que signifie le mot "statut" ?

Un statut, ce n'est pas une moyenne. C'est une constitution, une "structure" au sens de Lévi-Strauss. Je ne connais pas la SNCF. Mais je suis intervenu pour d'autres sociétés "à statut". Et ce justement parce que le dit statut bloquait un changement. Il faisait que chaque employé était un cas particulier. Si bien que les personnels de la RH devaient avoir en tête chacun de ces cas. Et qu'aucun système d'information n'était capable de les remplacer. (Qui a parlé d'Intelligence Artificielle ?)

Comment cela s'expliquait-il ? Je vois trois facteurs. L'ancienneté de l'entreprise, pour commencer. (Dans un cas, j'ai retrouvé des traces quasiment du temps des diligences !) Ensuite une puissante organisation syndicale. Enfin une faible pression à la performance, et un management inexistant. (Ou un management qui demandait aux syndicats de faire son travail ?) Ces cas se présentent dans les services publics, et le contribuable est bon prince. Etrangement, il semblerait que l'organisation de l'Etat soit le dernier refuge de l'Ancien régime. Fait alternatif ?

vendredi 2 mars 2018

Avenir de la société

"La réaction d’une organisation hiérarchique à une complexification de son environnement a fait l’objet de simulations informatiques (voir Six Degrees: The Science of a Connected Age, de Duncan J. Watts) : l’organisation se transforme en un réseau, dont les nœuds gagnent en autonomie (le sommet de la hiérarchie étant incapable de traiter seul l’information qui arrive à l’organisation). Ce réseau devient remarquablement résistant à l’aléa (donc au Changement), et développe des mécanismes, dissimulés, qui permettent de le transformer « sans effort »". Voilà ce que j'écris dans un de mes livres.

Je me suis demandé si ce n'est pas ce qui serait en train d'arriver à la société. Après une phase technocratique d'après guerre, ne se recombinerait-elle pas par la base ? L'homme, engrenage, n'apprendrait-il pas l'autonomie ? Un nouveau type de lien social apparaîtrait-il ?

Proposition

Amazon a fait, un temps, ma recherche. C'était à l'époque où il n'était pas installé en France. Il me faisait des suggestions étonnantes. Je lui dois de grandes découvertes. Or, ça s'est arrêté. Aujourd'hui, il me propose du spécialement inintéressant. Ses suggestions me font perdre du temps.

Curieusement, il en a été de même de YouTube. Je ne suis pas un gros utilisateur. Mais, à un moment,  j'ai eu besoin de distraction, je l'ai beaucoup regardé. Et, là encore, les suggestions étaient surprenantes. Brutalement, du jour au lendemain, je ne sais pourquoi, il n'y plus eu que du spécialement inintéressant. Et que dire de Linkedin ?

A l'heure de l'Intelligence artificielle triomphante, c'est incompréhensible. Comment peut-il y avoir une dégradation, radicale, de la performance des systèmes de suggestion ? Je suis peut-être un cas isolé. Mais je soupçonne que le mieux est l'ennemi du bien. C'est parce qu'ils cherchent à forcer la vente que ces systèmes tendent à brutaliser le client.

Statuts et statistiques

Comment bien employer les statistiques ? Mon billet sur l'usage qu'en fait le Monde pour traiter du débat sur le statut des cheminots pose cette question. Que sont les statistiques ? "Ensemble des techniques d'interprétation mathématique appliquées à des phénomènes pour lesquels une étude exhaustive de tous les facteurs est impossible" (Le Robert.) Que fait Le Monde ? La moyenne de toutes les données qui concernent les employés de la SNCF. Et il les compare à la moyenne française. C'est comme si la météo vous annonçait la température moyenne qu'il fait sur terre !

Le principe des statistiques est d'agréger ce qui se ressemble, et d'éloigner ce qui est différent. C'est la segmentation. On répartit le problème en morceaux. Peut-être, pour la SNCF, employés administratifs, conducteurs, informaticiens... Mais, généralement, les segmentations donnent des résultats plus subtils que cela. Et après ? L'évolution du découpage, lui-même, est intéressante. La population de la SNCF a dû beaucoup changer en peu d'années. Peut-être la SNCF ressemble-t-elle de moins en moins à une société de transport ? (Carlson Wagon-lits est devenu un éditeur de logiciel...) Aussi, on peut segmenter la SNCF au sein de la population française. S'il y a des segments propres à la SNCF, ils indiquent un métier qui lui est propre. Sinon qu'est-ce que cela signifie que tel type de métier de la SNCF soit avec tels autres métiers hors SNCF ? On peut, encore, avoir deux types de paramètres : des paramètres pour la segmentation, et d'autres pour la description.

Les statistiques permettent de comprendre en simplifiant. Une fois que l'on a compris, on peut agir. Mais il n'y a là-dedans rien de mécanique. On mène une enquête, on multiplie les techniques de statistiques, pour éclairer la question sous divers angles, et on décide en son âme et conscience. C'est pourquoi les statistiques sont trop importantes pour être laissées aux statisticiens, et aux journalistes.

jeudi 1 mars 2018

ONG et gouvernements

Il y aurait 5 grandes ONG qui seraient aux prises avec des scandales. France Culture disait cela ce matin. Il semblerait aussi que les ONG anglo-saxonnes soient fortement financées par leur Etat d'origine (contrairement à MSF, par exemple).

Cela n'apporterait-il pas des munitions à M.Poutine, qui les voit comme des agents de propagande de l'ennemi ?

Pouvoir des ONG

La BBC cherche les causes du scandale qui secoue OXFAM. "Pouvoir". Du fait de ses moyens, cette ONG (et beaucoup d'autres) a un pouvoir immense sur les populations qu'elle secourt. Et le pouvoir absolu corrompt absolument.

J'entends beaucoup ce mot, "pouvoir", ces derniers temps. Le principe de l'ONG : volonté de puissance ? Serait-ce pour cela qu'elle voit partout un excès de pouvoir ? 

Statuts de la SNCF

Le Monde fait paraître un article sur les statuts de la SNCF. C'est l'objet d'un projet gouvernemental. On y voit qu'il s'agit du statut de "cheminot". On y dit que le cheminot a un emploi à vie, qu'il est un peu mieux payé que la moyenne des Français ; qu'il travaille un jour de moins ; qu'il récupère en RTT le temps qu'il fait au delà des 35h ; qu'il prenait sa retraite à 52 ans, mais ce n'est plus le cas ; qu'il profitait de transports SNCF gratuits ; et de logements à tarifs réduits. Pourquoi fait-on autant de bruit pour si peu ?

L'article dit encore qu'il y a "90% de cheminots" à la SNCF. Mais la SNCF, ce ne sont pas que des gens qui travaillent sur les voies... Il y a aussi beaucoup d'employés de bureaux (dont une de mes voisines d'un temps). Ensuite, on explique que ce statut, qui ne semble pas exister, est une contre partie des conditions de vies difficiles. Mais certaines catégories de personnels n'ont elles pas des systèmes de récupération d'heures dont l'article ne parle pas (les conducteurs, par exemple) ? Ensuite, ne serait-il pas juste de comparer des choses comparables ? Par exemple le régime des conducteurs de trains et celui des transporteurs routiers ? Les personnels d'entretien des voix avec ceux du BTP ?...

Bref, tous ces chiffres sont probablement justes, mais pas le titre de l'article "statut des cheminots : de quoi parle-t-on ?". Peut-être est-ce une leçon quant à ce que l'on appelle "statistique", en mathématiques, et "faits alternatifs", aux USA ?