mardi 19 octobre 2021

Orphelins de Trump

Vengeance posthume de M.Trump ? 

Les audiences des médias américains s'effondrent. Auraient-elles tué la poule aux oeufs d'or ?

(FT : "US TV network ratings dive after prime years of Trump and trauma. Audiences have deserted media groups in droves as the news cycle has eased".) 

lundi 18 octobre 2021

La métamorphose du dirigeant français

Je suis un des fondateurs d'une association qui veut tirer parti de la créativité de l'entreprise française. Une de nos méthodes est "top boss", une séance de discussion avec un chef d'entreprise. 

Des deux côtés il y a des hommes d'entreprise, mais nous ne nous comprenons pas. Et pourtant la rencontre est surprenante. En quelque-sorte, le dirigeant se métamorphose. Son entreprise devient "une autre entreprise", et lui une autre personne. 

Qu'est-ce qu'un chef d'entreprise français ? Peut être un pur entrepreneur, et, pas du tout, un gestionnaire. Autrement dit c'est quelqu'un qui a des idées et qui sait les mener à bout, en faire une "entreprise". Mais il marche à l'intuition, à l'envie. Il ne sait pas mettre en valeur ce qu'il fait. Cette mise en valeur n'est probablement même pas concevable, pour lui. Il ne voit pas comment faire autrement que ce qu'il fait. Parfois, il rencontre un blocage, par exemple un financier qui ne le comprend pas. Et pourtant, il sait qu'il a raison. 

Cela est peut-être inattendu, mais je crois que la France compte beaucoup plus d'entrepreneurs que les autres nations. Ailleurs, les chefs d'entreprise sont avant tout des gestionnaires, en particulier en Allemagne, où ils héritent souvent de leur entreprise. Et c'est pour cela qu'ils savent tirer beaucoup plus que nos patrons de ce qu'il possèdent. 

Ce que nous apportons, c'est, justement, de voir ce qui constitue la valeur de l'entreprise. Elle est souvent considérable. C'est, peut-être curieusement, une activité qui s'est développée à côté de son activité principale. Pour compenser les difficultés grandissantes de son métier, il a acquis un savoir-faire, qui n'a aucune valeur pour lui, mais qui en a beaucoup pour le marché. 

En tout cas, il reste encore bien des mystères. (Un témoignage.)

Suspension

Je me lave les dents. Ma brosse est molle. Décidément, les brosses ne sont pas de bonne qualité. Mais non. Je me suis trompé de brosse. Pourtant elles ne se ressemblent pas du tout !

Et voilà comment fonctionne notre esprit. Il se trompe "énormément". Comment se fait-il qu'il ait choisi la mauvaise brosse ? Comme se fait-il, qu'ensuite, il rationalise une idée fausse ? Qu'il applique un préjugé (obsolescence programmée) à une observation étonnante ? (Le professeur Cialdini dit que notre cerveau tend à s'économiser, il adopte spontanément une solution qui lui évite de penser.)

Suis-je le seul à avoir toujours tort ? Voilà qui n'est pas rassurant, quand on pense que l'on est dirigé par une élite, qui a une confiance absolue en la supériorité de son intellect. 

Mais voilà aussi ce qui justifie l'intérêt de la "suspension" de Husserl. Spontanément notre raison plaque sur la réalité des préjugés qui la rendent sourde et aveugle. Ce qui provoque des drames. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus d'accidents ? Elle ne marche bien qu'a posteriori. Nourrie d'informations, elle en fait une synthèse, qui nous permet de décider. La "suspension" correspond à ce procédé : débrancher sa raison, pour pouvoir collecter suffisamment d'informations, pour qu'elle puisse voir l'ensemble du tableau, le "système" derrière les faits disparates. 

Examen de gouvernement

Une commission parlementaire a étudié la gestion de la pandémie par le gouvernement Johnson. Il aurait pu mieux s'y prendre, ce qui aurait évité un nombre considérable de morts inutiles, mais il a été particulièrement efficace en phase de vaccination. 

Ce type de commission est-il usuel chez nous ?

Une démocratie en ordre de marche, de temps en temps, essaie de tirer des leçons de son expérience ? 

dimanche 17 octobre 2021

Combattive Europe ?

L'UE serait-elle une proie ? L'Angleterre ne veut pas appliquer les accords du Brexit, qu'elle a signés, la Pologne, entrée dans l'UE à l'initiative de l'Angleterre, ne veut pas appliquer les lois de l'Union qu'elle a acceptées, la Russie lui coupe le gaz, pour lui imposer un contrat dont elle ne veut pas, la Turquie joue au chantage au migrant... 

Rien de cela n'arriverait à un Etat fort. Serait-il temps de réagir ? 

Effet troupeau

L'épidémie, c'est fini ? En tout cas, je suis bombardé de photos triomphales de rassemblements de dirigeants, sans masques, et en configuration troupeau. On claironne le nombre de participants. 

Le patron est-il naturellement grégaire ? Et pourtant on parle de sa solitude ?

Cela conforte peut-être une théorie que cite ce blog. Le patron est malheureux, on ne reconnaît pas son mérite. Alors, il est content de se retrouver avec des gens qui lui ressemblent. Il y est au chaud. 

Mais un tel environnement ne lui est pas favorable, car il ne le stimule pas. Il le conforte dans le statu quo. Sans compter qu'il est le terrain idéal de lancement de la prochaine épidémie. 

Le naufrage de l'Education nationale

1% des élèves actuels auraient été parmi les 10% les meilleurs il y a 30 ans, 56% d'entre-eux, parmi les 10% les moins bons, dit une étude. Le système éducatif français a été dynamité. Probablement tout le monde le sait. Mais on ne s'attendait pas à un tel naufrage. Comment parler de "méritocratie", dans ces conditions ? Et, surtout, de "French Tech" ? Ou même de compétitivité internationale ? 

Chaque réforme semble enfoncer un nouveau clou dans le cercueil de l'Education nationale. Comment changer les choses ? Urgence ?

samedi 16 octobre 2021

La gloire des Gilets jaunes

"A Bercy, les meilleurs cerveaux s’agitent pour trouver des parades au retour des Gilets jaunes" (Philippe Mabille, La Tribune.)

Un temps, il était d'usage de railler les Gilets jaunes. Pauvres types incapables de formuler une revendication sérieuse. Eh bien, ils ont réussi un changement extraordinaire, plus fort que le Brexit ou Trump. Quasiment partout dans le monde, on agite le spectre des Gilets jaunes dès qu'un événement (la hausse du prix de l'énergie ou une mesure environnementale par exemple) menace de toucher le peuple. La "fin de mois" a gagné. 

Les Gilets jaunes ou le triomphe de l'intelligence collective ?

(La suite de l'article : "après le chèque énergie et le bouclier tarifaire, de nouvelles mesures sont attendues pour freiner la hausse des prix des carburants pour les plus modestes, de façon ciblée pour éviter d’être accusé de favoriser les « riches » conducteurs de SUV par une baisse générale des taxes sur l’essence. Formule qui aurait pourtant l’avantage de la simplicité et que propose sans états d’âme Eric Zemmour et plus curieusement (mais il faut dire que sa campagne peine à décoller) la socialiste Anne Hidalgo. Initiative peu appréciée d’ailleurs par ses alliés verts avec qui les relations sont tendues, au Conseil de Paris comme au niveau national face à un Yannick Jadot qui se sent pousser des ailes".)

La dernière séquence de Pirandello


Une compagnie cinématographique, en Italie, du temps du muet. Un "caméraman", qui tourne la manivelle de sa machine est le témoin muet, et quasiment invisible, de la vie qui se déroule autour de lui. 

Histoire agréable, mais qui n'accroche pas. Qu'a voulu dire Pirandello ? La vie est absurde ? On s'agite, voire on s'entre-tue, sans rime ni raison ? A moins que Sisyphe soit heureux, et que ce soit le caméraman qui passe à côté de la vie ?

France 2022 : la réélection de Jupiter

"Les collectivités sont donc dans l’attente d’un signe de l’Elysée. Comme en début de quinquennat, le retour du « en même temps » semble aller de pair avec celui de « Jupiter »." (France 2030 : un plan d’investissement qui laisse les collectivités dans l’attente)

Soit le gouvernement encourage le changement par en bas, soit il l'impose par en haut. Schizophrénie ? Ou le naturel revient au galop ? 

Un résultat que rien ne dément : un pays en crise au moment d'une élection ne reconduit pas son gouvernement. M.Macron est un trop bon connaisseur du marché, pour le laisser faire à sa guise ? Raison du plan de relance ? France 2030 ou France 2022 ? Et après nous le déluge ? 

Dans ces conditions, il est logique de ne compter que sur ses forces, plutôt que sur celles de ses ennemis, qui ont fait des régions leurs baronnies ?

vendredi 15 octobre 2021

Déodorants et phtalates

Le Monde disait, l'autre jour, que les déodorants seraient soupçonnés d'être à l'origine de cancer du sein et que les phtalates, qui se trouveraient dans des objets et des aliments, auraient causé 100.000 décès prématurés aux USA. 

Rien de nouveau. On utilise d'abord, et on constate ensuite. Rayons X, amiante, DDT, etc. 

Ne serait-il pas temps de prendre conscience de ce phénomène ? Et, d'une part, de cesser de dire d'une innovation qu'elle est évidemment sans risque, ce que personne ne croit, et, d'autre part, qu'il serait bien de l'éviter, dans la mesure du possible, en utilisant au maximum ce qui semble avoir fait la preuve de son innocuité ? (C'est probablement la logique du "circuit court".)

Société sidérée

Il y a perte de repères, une forme de « sidération » de la société. On est « désorientés ». On ne sait même plus si le pays fonctionne ou non, s’il est au bord de la faillite, ou non. Du coup, chacun se replie sur soi. Curieuse manifestation : les gens font du « présentiel en télétravail ». Ils vont au bureau mais vivent avec un casque sur les oreilles et se parlent par ordinateur interposé. 

Débat entre amis.

Que faire ? Du positif et de l’humain. Retrouver un sens à notre action, en prenant conscience des forces de notre pays et des opportunités qui s’ouvrent à nous. Et nous donner les moyens d’en tirer parti, en « se retrouvant entre être humains ». Apprendre ou réapprendre le lien social. Et tout d’abord pour sa nature même : « l’innovation ».  

L'avenir est au diesel

En Angleterre, le fret va rouler au diesel. Raison ? L'électricité est hors de prix. 

Les Gilets jaunes ont vaincu ? L'humanité découvre que le développement durable, ce n'est pas qu'une question de doctrines et de paroles. C'est beaucoup de problèmes, concrets, à résoudre. Apprenons, enfin, ce que "changement" signifie. 

jeudi 14 octobre 2021

Inévitable Brexit

L'Angleterre fait un virage à 180 degrés. L'ultralibéralisme, la loi du marché, le Thatchérisme et le Blairisme, c'est fini. Boris Johnson veut que son pays tire le meilleur de ses citoyens et de ses ressources. Productivité, haute qualifications, hauts salaires. Il siphonne les voix de la gauche. Et il prend l'entreprise à son propre jeu : sera-t-elle capable d'innover ? De justifier ses prétentions au génie entrepreneurial, qu'elle rémunère déjà si généreusement ? 

Sans Brexit, ce changement n'était probablement pas possible. Il faut savoir brûler ses vaisseaux ? Surtout quand ils sont pourris ? Car le pays semble dans un fichu état. 

Maintenant, Boris Johnson est face à son destin. Celui de Churchill ? Saura-t-il provoquer un réflexe salvateur chez un peuple qui s'enfonce depuis, peut-être, l'ère victorienne ? 

(Mais nous n'avons probablement rien à lui envier...)

Petit Hitler

Le mépris serait une caractéristique de la société française, disait France Culture. Il se trouve que je découvre par hasard un ancien billet sur le "petit Hitler". Une explication du phénomène ? Le petit Hitler serait quelqu'un qui aurait une position sociale méprisée, mais qui aurait aussi beaucoup de pouvoir. 

Or, ce que la France a de curieux, c'est qu'elle nous place tous selon notre "mérite". C'est à dire qu'il y a toujours quelqu'un qui nous est supérieur ! Or, celui qui a le véritable pouvoir est en bas. C'est le soldat qui fait la guerre, pas le général. 

La France comme poudrière ? Et que signifie liberté, égalité, fraternité, dans ces conditions ? 

mercredi 13 octobre 2021

La propriété comme hold up

La propriété c'est le vol. Car elle permet de rafler la "plus value". Théorie de Proudhon. 

Facile à comprendre : un consultant indépendant tire le diable par la queue, en revanche, s'il parvient à recruter du monde, il va récupérer la différence entre le salaire de ses employés et leur prix de vente (la "plus value"). 

Curieusement, Proudhon, qui avait été un entrepreneur, n'a pas compris la leçon de sa faillite. Car tout n'est pas rose dans la vie de l'entrepreneur. Quand la conjoncture se retourne, il doit utiliser la plus value (que l'on appelle trésorerie), pour renflouer l'entreprise. 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Les Américains ont innové. Aidés par les financiers, les plus habiles d'entre-eux ont fait de leurs entreprises des objets de spéculation. C'est désormais le capital qui fournit une plus value gigantesque. The hold up of the century, Mr Proudhon ? 

The lost decade


Dernières nouvelles de Scott Fitzgerald. Thèmes habituels, jeunes gens de la haute société du début du siècle dernier, Hollywood. Mais aussi quelques surprises. Notamment une amusante histoire d'amours enfantines, ou "The lost decade". Un homme demande à découvrir New York, qu'il n'a pas vu depuis dix ans, alors qu'il y a vécu, et en est une célébrité. Métaphore ? Un groupe social se réveille après des années folles ? 

Toutes les nouvelles se terminent sur une pirouette. Peut être figure obligée. 

Et, je me demande si Scott Fitzgerald n'aurait été pas meilleur en critique plein d'humour de la société de son temps qu'à répéter ces histoires de gens riches. Il est vrai que c'est ce qui a fait son succès. 

mardi 12 octobre 2021

Pacifique Anglais

En écoutant la BBC, j'ai l'impression que l'on y est entre gens de bonne compagnie. C'est reposant. On y réserve le même accueil, poli, à toutes les opinions. Pourtant, on ne se prive pas de poser des questions qui pourraient sembler impertinentes à un Français. 

Chez nous, c'est très différent. Le journaliste ne paraît jamais neutre. La tension entre lui et son invité est souvent perceptible. 

Mal français, croyance en des absolus ? Celui qui ne pense pas comme moi est un ennemi mortel ? 

Comment peut-on être Anglais ? 

The house of mirth


Haute société de l'Est américain, au début du vingtième siècle. La noblesse qui a fondé la nation, encore européenne, se mélange aux nouveaux riches, sans éducation. Division des tâches : l'homme gagne la fortune, la femme le dépense dans une suite sans fin de fêtes somptuaires. C'est la "leisure class".

Comme en Europe, les nobles pauvres servent de chaperons aux parvenus-gentilshommes. 

Lili Bart est l'un de ces pauvres. Elle est extraordinairement belle et distinguée, et a une éducation parfaite. Le maintien de son statut de décoration lui demande des frais au dessus de ses moyens. Elle n'a qu'une possibilité de rester en vie : épouser un milliardaire. Malheureusement, en dépit d'un art irrésistible, à chaque fois qu'elle est sur le point de faire une prise, elle a un haut le coeur. 

Il n'est pas possible d'être droit dans une société qui ne l'est pas. Morale de ce roman ?

Les livres écrits par les femmes sont le miroir de ceux des hommes. Le mâle est un pantin, la femme à tous les pouvoirs. Mais, la société féminine est à la fois bien plus civilisée et bien plus terrifiante que son équivalent masculin. Car, on s'y bat tout autant, voire bien plus, mais les conflits ne s'achèvent pas à coups de poings, ils cherchent l'annihilation non du corps de l'autre, mais de son âme, et ce par manipulation des forces sociales. Tout le mécanisme de la perversion narcissique. 

Là aussi, il y a un homme idéal. Mais, comme son équivalent féminin, il est sans consistance. 

lundi 11 octobre 2021

Langue du colonisateur

La BBC interrogeait le récipiendaire du prix Nobel de littérature. Il a été récompensé pour ses travaux sur la colonisation. On lui demandait s'il n'était pas ennuyeux d'écrire dans la langue du colonisateur, l'anglais. 

Il a répondu que c'était un outil. 

Certes, mais c'est aussi un outil qui change la façon de penser. Et c'est peut-être aussi reconnaître que la culture du colonisateur a des mérites. En particulier de s'être répandue au travers du monde, ce qui permet de vendre les livres qu'elle comprend, et d'obtenir le prix Nobel. 

Homicide

Tous les 3 jours une anglaise est tuée par son conjoint, disait BBC4. Comme en France. 

Que trouve-t-on dans les statistiques sur les homicides ? C'est une cause de "mort violente" beaucoup moins fréquente que le suicide ou l'accident. Et c'est une affaire d'hommes. D'après des statistiques nord américaines, 88% des meurtriers et 78% des victimes sont des hommes. 

Quant aux crimes conjugaux, le nombre de cas est relativement faible (wikipedia). Sur 149 morts en 2018, en France, il y avait 21 hommes et 128 femmes. (Moins que le nombre de morts du coronavirus, sur un jour, en Angleterre.) L'analyse que faisait la BBC, à savoir que le tueur serait un prédateur ne semble pas juste. En effet, ces meurtres surviennent souvent dans certaines circonstances : divorce (35%) et chômage, en particulier. En outre, dans 34% des cas, le meurtrier (homme, jamais femme) se suicide. Drame, souvent, passionnel, voire de la misère ?

Les homicides volontaires varient beaucoup selon les pays (wikipedia), de 0 au Vatican, à 0,8 pour 1000 au Salvador. Les USA sont à 5,4 pour 100.000, la France à 1,4 (875 morts, en 2016), l'Italie (pas d'effet Mafia ?) à 0,7, le Japon à 0,3. La Corse à 7.

Mais, peut-être, faut-il se méfier des statistiques, les nations ne comptent pas toutes de la même façon. 

En outre, l'homicide est peut être la partie émergée de la violence. Vues les peines qu'encourent les homicides, tuer quelqu'un ne peut qu'être le fruit d'une forme de folie, quasi suicidaire. Il y a des façons de nuire à l'autre moins risquées. 

Durkheim dirait probablement que l'homicide est un "fait social". Il est conditionné essentiellement par la culture d'un pays. Peut-être aussi par les circonstances du moment (crise, par exemple). Si l'on en croit Durkheim, tant que l'on ne change pas la société, le taux d'homicide a un niveau "normal". Le mieux que l'on puisse faire est de chercher à le ramener à ce taux, s'il l'a dépassé. La systémique dit que vouloir le réduire à zéro aurait un effet contraire (énantiodromie) : une explosion d'homicides. Quant à changer la société, non seulement cela est compliqué, mais ça peut avoir des effets imprévus. Un certain niveau de violence (essentiellement) masculine est peut-être la contrepartie de quelque désir collectif. 

La raison et la donnée

La gouvernante de Proust raconte ses souvenirs. Quelques temps plus tard, j'entends une comédienne lire ses paroles. Rien à voir. Tout le drame a disparu. 

C'est la question de l'interprétation. Avec le même texte, avec les mêmes notes de musique, on peut faire des choses complètement différentes. 

Pourtant, ce n'est pas ce que nous ont dit les scientifiques et les ingénieurs. Pour eux, les données, c'était tout. Il est curieux que l'humanité entière puisse gober de telles sottises. Sera-ce toujours le cas, ou les philosophes des Lumières auront-ils le dernier mot ?

dimanche 10 octobre 2021

Politique industrielle et guerre froide économique

"la guerre froide technologique sino-américaine va sans doute conduire à une verticalisation des chaines de valeur ; c’est du moins le projet explicite des Chinois dans nombre de secteurs évoqués ici. Face à ce risque, l’Europe est la réponse évidente. La responsabilité de l’Allemagne, poids lourd du bloc européen, est dès lors décisive : elle peut conforter la stratégie de l’Union ou céder à la tentation de la stratégie nationale. Les signaux qui nous parviennent dans le spatial comme dans l’aéronautique militaire, dans les composants comme dans les batteries ne sont guère engageants." (Elie Cohen

Et si, le seul moyen de faire plier l'égoïsme allemand était une France forte ? Et si elle devait commencer par se demander comment le devenir, avant de demander l'aide de l'UE ? 

Gendarme et voleur

Quand j'étais petit, je jouais au gendarme et au voleur. Ce qui m'a toujours surpris, c'est que mes camarades préféraient être les voleurs. Il est stimulant de défier l'autorité ?

J'ai l'impression que c'est dans l'air du temps. Que peut faire Boris Johnson, sinon un mauvais coup ? Mais pourquoi s'en priverait-il ? S'il est pris, il devra se conformer à ses engagements. Sinon, il aura gagné. Et voilà pourquoi nous soupçonnons notre gouvernement de nous cacher quelque chose : fors l'honneur, qui ne compte plus, il n'à rien à perdre. 

Mais, au fond, n'est-il pas plus stimulant de jouer le gendarme que le voleur ? Car le gendarme, lui, ne peut jamais gagner définitivement. Et revanche, une seule erreur peut être fatale. Le gendarme vit les mêmes sensations que l'alpiniste à mains nues ? 

Tiers lieux : la France libérée ?

J'ai commencé par entendre parler, il y a déjà des années, de Fab Lab, puis, depuis quelques-temps, de "tiers lieux". (Article.) On dit que c'est extraordinaire. Mais, j'ai parcouru un rapport sur le sujet qui m'a laissé sans voix. Chaque tiers lieux est particulier, et ses succès sont de l'ordre de l'anecdote. Encore une mode sans lendemain ? 

Ce qu'il me semble :

  • Cela répond certainement à un besoin. Peut-être de prendre son sort en main, peut-être de collectif. Une forme de réaction au néolibéralisme, à la méritocratie, à la "supply chain" mondiale qui fait de nous un rouage, toujours trop coûteux, et à tout ce qui fut notre quotidien ces dernières décennies ?
  • C'est "la France libérée", au sens de "l'entreprise libérée" ?
  • C'est une expérimentation à très grande échelle. Il s'agit maintenant de trouver le moyen de partager les succès des uns et des autres pour qu'ils inspirent tout le monde. 

samedi 9 octobre 2021

Le prix Nobel est-il sérieux ?

Le prix Nobel a été décerné à des universitaires qui ont fait des prévisions fiables concernant l'impact du changement climatique, lisait-on. 

Il y a quelques années, le Nobel était allé à deux anti Bush (dont le président Obama, pour sa politique pacifique). 

Le Nobel serait-il attribué en fonction de l'air du temps ? Avec volonté de l'influencer ? Le meilleur moyen de perdre toute crédibilité ? 

(Que dire de tous les Nobel de littérature ? La mode récompensée ?)

Bientôt, une presse populiste ?

Depuis quelques temps il est question d'un empire Bolloré des médias, avec relents de populisme. 

Faut-il s'en étonner ? Il y a un marché qui n'était pas servi. Les USA ont Fox News, l'Angleterre, la presse de M.Murdoch. Et, longtemps, la nôtre a été dominée par M.Hersant.

Est-ce une bonne chose ? Ces gens ont souvent des comptes à régler avec les classes dominantes (qui les ont rejetés ?), et une opinion peu flatteuse du citoyen. 

J'entendais dire que de Gaulle en avait voulu à la presse. Il l'avait sauvée, après guerre, mais elle était uniformément contre lui. (Ce qui expliquait qu'il ait voulu une télévision à sa botte.) Elle a peut être eu tort, effectivement, de manquer de nuances. Cela expliquerait-il qu'elle soit tombée aux mains de M.Hersant. Et si c'était elle qui avait fait le succès de M.Bolloré ? 

vendredi 8 octobre 2021

Wokisme : exercice d'application

"je sens bien qu'en tant que boomer / hétéro cisgenre / blanc j'ai du souci à me faire, je suis du côté des méchants", écrit quelqu'un que le wokisme traumatise, et qui ne voit de salut que dans la retraite. 

Il n'a rien compris à woke. En effet, il se décrit justement comme appartenant à une communauté opprimée : il a donc tous les droits, et aucun souci à se faire. 

Santé mentale au travail

Notre société a produit le "bullshit job". Il semblerait maintenant que l'on se demande si, après tout, il n'est pas économiquement efficace qu'un individu trouve du sens à son travail. (Article.)

Un cadre utile pour étudier la question du sens : "Il appert qu’un travail qui a un sens présente les six grandes caractéristiques suivantes : l’utilité sociale du travail, la rectitude morale du travail, les occasions d’apprentissage et de développement, l’autonomie, la qualité des relations et la reconnaissance."

à condition, certainement, d'éviter de répondre soi-même à ces questions, et de chercher ce qu'elles signifient pour ses contemporains. 

Corde et capitaliste

Nous allons être sauvés par Poutine ! Les bourses s'enflamment. 

(FT, hier : "Equities climb as investors bet that Russia will help Europe avoid energy crisis. European and UK gas prices fell in early trading after a chaotic Wednesday that saw UK futures contracts climb almost 40 per cent before Russian president Vladimir Putin said his country was prepared to stabilise the market.")

M.Poutine a profité de la pénurie d'énergie, pour réduire notre approvisionnement. Maintenant, il nous dit : construisez le pipe line dont vous ne voulez pas, et je vous sauve. 

Grosses ficelles, première leçon du jeu d'échec pour les nuls, mais ça marche. Car le financier est un animal. "Greed and fear", dit-on dans son langage. Et dire qu'il veut gouverner le monde... 

jeudi 7 octobre 2021

Bas salaires, basses qualifications

Boris Johnson veut mettre un terme aux "bas salaires, basses qualifications", dans son pays. Renversement de tendance. Et changement que nous devons tous réussir. 

"We are not going back to the same old broken model with low wages, low growth, low skills and low productivity, all of it enabled and assisted by uncontrolled immigration" (BBC)

Pour que l'entreprise française ou anglaise soit concurrentielle, internationalement, elle doit être hautement productive. Ce qui implique hauts salaires et hautes qualifications. Mais productivité veut dire innovation. Et cela n'a rien d'évident. Cela n'est pas une question de technologie, de "numérique" ou autre, mais demande avant tout connaissance de son métier et talent de le réinventer. 

Voilà le défi qui nous est lancé. 

La machine et le chômage

On ré industrialise. Cela veut dire de la productivité, donc de la machine. Sans quoi salaires et protection sociale ne nous rendent pas compétitifs. Oui, mais la machine crée le chômage, non ? 

Question est mal posée. Si l'on prend la société dans sa globalité, plus elle a de machines, plus elle dégage du temps à l'homme pour innover et fabriquer des choses nouvelles (ou des services), et donc plus elle produit. Ce qu'elle produit est réparti entre ses membres qui, donc, s'enrichissent. Non seulement la machine ne crée pas le chômage, mais elle conduit à une hausse du niveau de vie. (C'est une des raisons pour lesquelles Michael Porter dit que l'automatisation conduit à une montée en qualification des personnels concernés accompagnée de hausses de salaires.)

Bien sûr, avec l'homme tout peut mal tourner. Il y a, par exemple, le scénario "intelligence artificielle", aussi appelé "oligarque russe". Quelques personnes placées à des endroits stratégiques s'emparent du bien collectif, qui les rend autonomes. Les autres peuvent crever. (Idéalement, les premiers partent sur Mars, pendant que la Terre explose.)

Et ne va-t-on pas produire n'importe quoi ? Bien utilisée, l'économie est une machine à résoudre des problèmes. Plus on lui en demande, plus elle produit, et plus elle nous enrichit. Seulement, il faut poser correctement le problème. Ce qui n'est pas le cas avec la transition climatique. En effet, certes, la transition est une bonne idée, mais on impose une contrainte impossible à satisfaire : le renouvelable permettant de ne rien changer à nos habitudes. Un problème mieux posé serait : zéro émission, sans perdant. Voilà qui change tout. Mais qui demande, pour être résolu, une coopération de tous avec tous, qui n'est pas (encore ?) compatible avec notre modèle social hyper individualiste. 

mercredi 6 octobre 2021

Wokisme pour les nuls

Réunion entre amis. L'un se lance dans une tirade islamophobique. L'autre répond que le problème de l'immigration est l'intégration. Quand il était en terminale il y a 40 ans, il y avait tout autant d'immigrés, mais ils avaient droit à l'ascenseur social. A quoi le premier lui répond qu'il se vante d'avoir étudié dans une terminale plus prestigieuse que la sienne. Wokisme. 

Le wokisme consiste à se placer en situation de victime pour dominer l'autre. Dans cet exemple, on a deux personnes qui viennent du même milieu, populaire, et ont étudié dans le même lycée de banlieue rouge, en même temps... 

Le wokisme, de gauche, peut donc cohabiter avec l'islamophobie, de droite. Ils sont tous deux la conséquence d'une même cause : la volonté de domination. Le propre de notre temps. 

L'antidote ? La générosité, et la solidarité ?

Raison et complexité

On découvre que le cerveau ne marche pas comme on le pensait. On a cru trouver des zones qui avaient des fonctions spécifiques (la mémoire, la peur...). En fait ces zones interviennent bien dans les dîtes fonctions, mais aussi dans d'autres. En fait, on a peut-être projeté sur le cerveau des idées préconçues. 

""Depuis plus de 100 ans, les scientifiques ont cherché en vain les limites cérébrales entre penser, ressentir, décider, se souvenir, bouger et d'autres expériences quotidiennes", a déclaré Barrett. De nombreuses études neurologiques récentes confirment que ces catégories mentales « sont de mauvais guides pour comprendre comment les cerveaux sont structurés ou comment ils fonctionnent »."(Article.)

Exemple de "complexité" ? Ce que nous appelons la "complexité" est, en fait, la nature, ce qu'il y a de normal et d'évident. Si nous la trouvons "complexe", c'est parce que nous croyons connaître la réalité, et que ce que nous observons ne lui correspond pas. Alors nous avons inventé un terme pour dire que si nous n'y comprenions rien, c'était parce que c'était du ressort d'une science encore plus élevée. Nous disons à la nature qu'elle n'est pas naturelle. 

Or cette "réalité" est une création de notre raison, en fait une illusion, au mieux une simplification. 

mardi 5 octobre 2021

J'aurais voulu être un artiste

J'aurais voulu être un artiste, disait M.Sarkozy, interrogé par France Culture. (A voix nue.) Starmania ? Pas de sens du ridicule ? 

Mais n'est-il pas un artiste ? Et n'est-ce pas le cas de nos grands fauves de la politique ? Un discours n'est-il pas un numéro d'artiste ? Un one man show ? N'est-ce pas comme cela depuis les Grecs, leurs sophistes et leur rhétorique, et Cicéron et le forum romain ? N'est-ce pas ce qui a fait la force de M.Trump ou de M.Clinton, ou même de M.Macron, dont on dit qu'il fut un acteur amateur passionné ? 

L'automobile et l'emploi

"Pays pionnier dans l’automobile, la France a beaucoup souffert dans la compétition mondiale au cours des vingt dernières années. L’automobile est à l’origine de près de la moitié de la dégradation du solde des produits manufacturés depuis 2000, et explique une large part de la désindustrialisation qu’a connue le pays." dit une étude de France Stratégie

En fait, le fabricant français va bien, mais les conditions de production sur le territoire national ne sont pas favorables. Donc il ne produit pas en France. Une question de coût du travail et de fiscalité. Y compris, en comparaison de l'Allemagne, du Japon et des USA ! Là, explique le rapport, le désavantage coût est compensé par l'avantage volume ! 

Et si le Japon et l'Allemagne, tout simplement, avaient voulu faire travailler leurs citoyens "quoi qu'il en coûte" ? Alors ils auraient cherché à compenser leurs différents handicaps par l'innovation, permettant des gains de productivité, des programmes de qualification de leurs employés, corrélatifs, et des méthodes de type "mode projet" qui permettent une grosse créativité et réactivité, et une réduction de temps de cycle, à condition de travailler avec des partenaires proches.

lundi 4 octobre 2021

Nation building

Les Anglo-saxons ont un terme pour tout. "Nation building" est ce qu'ils n'ont pas fait en Afghanistan. Ils s'en sont mordu les doigts. 

Et si "nation building" était ce dont avaient besoin les pays en développement, pour sortir du chaos qui est leur sort ? De quoi s'agit-il ? 

Déjà le terme de "nation" n'a rien de naturel. C'est quelque-chose qui a émergé de l'histoire occidentale. Ce n'est pas une structure sociale qui va de soi. Les cultures africaines actuelles paraissent tribales, par exemple. Ce qui n'est pas compatible avec la notion de nation. D'ailleurs, même en Occident la nation ne va pas de soi : la Corse rêve de faire sécession, ainsi que l'Ecosse ou la Catalogne. Premier problème à résoudre. 

Ensuite, que l'on le veuille ou non, il y a une règle du jeu mondiale, qui, faute d'un meilleur terme, est celle du "marché globalisé". Chaque nation, pour y tenir sa place, doit "produire de la valeur ajoutée". C'est à dire transformer des ressources naturelles en des biens et services complexes. C'est le Produit Intérieur Brut. Les moins habiles à ce jeu se font exploiter par les autres, et sombrent dans le crime et la misère. 

La Chine a particulièrement bien réussi cet exercice. Elle a échangé sa main d'oeuvre, sans droits de l'homme, contre des transferts de technologie, jusqu'à devenir autonome (ou estimer l'être). Seulement, elle avait un avantage : elle était une nation. 

De l'importance de ne rien savoir

Pascal écrit que la vie de l'homme digne de ce nom le conduit de l'ignorance du bébé à celle du sage, qui a constaté l'impossibilité des certitudes. Que sais-je ? dit Montaigne.

Et entre le bébé et le sage, il y a le "vieux con", terme technique que Pascal ne connaissait pas (qui le traduit par "demi habile"). L'individu qui croit avoir décroché le Graal de la connaissance absolue. Voilà qui n'est pas de notre temps ! 

La recette de l'ascétisme ? Ou de l'action ? Parce que, si je ne sais rien, tout est à découvrir. La réalité se renouvelle sans cesse. Il faut y être plongé pour que jamais nous nous trouvions dépassés. 

(Paradoxalement, Pascal avait la certitude de l'existence de Dieu... certitude qu'il voulait démontrer par la raison, pour convaincre ceux qui n'entendent que la raison...)

dimanche 3 octobre 2021

Fin de récréation

"Siffler la fin de la récréation", voici ce que l'on lisait dans la presse anglo-saxonne, puis que l'on a dit en France. On en comprend peut-être aujourd'hui la signification. 

On a donné au peuple ce qu'il demandait, à commencer par des diplômes. Ces diplômes ne menaient souvent à rien, mais l'ont rendu exigeant. Pénurie de main d'oeuvre. On a payé le chômage. On a délocalisé le travail que l'on ne faisait plus. Et les diplômes qui avaient encore de la valeur ont été acquis par une toute petite partie de la société, qui s'est baptisée, de ce fait, "méritocratie". 

Le tour de passe passe ayant réussi, la méritocratie a décidé qu'il fallait remettre le peuple à sa place, de petit personnel à son service. Fin de la récréation. A nous la France de Dickens. 

Des coupables ? Ou simple conséquence du principe d'individualisme post 68 ? Chacun a profité de la situation que lui donnait la société. Ceux qui étaient en haut ont gagné. Les "grands commis de l'Etat" ont mis l'Etat à leur disposition. Oligarques. Pas de quoi se vanter, mais il ne pouvait que difficilement en être autrement.

Seulement cette situation n'est plus durable. Le gilets jaunes le rappellent tous les jours. Ainsi que l'émergence d'une pensée "populiste". Il faut, effectivement, remettre tout le monde au travail, mais en créant les conditions pour que chacun soit à la hauteur de ses ambitions. 

Marx avait-il raison ?

Marx aurait dit que le capitaliste vendrait la corde pour le pendre. Il y a du vrai là dedans. L'appât du lucre fait faire n'importe quoi. Y compris vendre des armes à des personnages douteux. Pour autant le capitalisme n'a pas disparu. 

Michael Porter a une théorie qui va dans ce sens mais qui paraît mieux étayée. Pour lui la culture d'un pays peut être le facteur limitant de son économie. La société américaine semble produire pauvreté, et inégalité alors que l'économie a besoin de richesse et d'égalité (d'un marché de plus en plus sophistiqué et exigeant). Tout cela, d'ailleurs, peut venir de principes simples : l'honneur de l'Américain est de "s'en sortir seul". Il n'a pas de projet pour la société. 

Cela montre aussi probablement la difficulté du changement : comment faire évoluer des idées si puissamment ancrées dans une culture ? 

Pour autant, la société américaine d'après guerre, dite "d'abondance", fut le triomphe de la technocratie. Et aujourd'hui, j'ai l'impression que la solidarité revient. Peut-être, d'ailleurs, que c'est un effet de l'individualisme ? L'individualiste qui souffre élit Trump, puis Biden, et c'est le retour de Roosevelt ? Rien n'est simple Mr Marx ?

samedi 2 octobre 2021

Angleterre : mauvaise passe

Décidément, cela va mal en Angleterre. Après les augmentations du prix du gaz, les pompes sans essence, par manque de chauffeurs, maintenant, ce sont les éleveurs de porcs qui doivent tuer leurs bêtes, par ce que les abattoirs ne fonctionnent plus. Eux aussi étaient dépendants de la main d'oeuvre à bas coût d'Europe de l'Est. 

Cela fait penser à Michael Porter : la « bonne » logique de l’économie est le gain de productivité : on compense les hausses de salaire par des gains de productivité par innovation, et on augmente les salaires en échange d’une augmentation de qualification que demande l’innovation. Grâce à l’innovation, on produit de plus en plus, avec les mêmes, ce qui conduit à une augmentation du niveau de vie. 

 Les Anglais auraient-ils fait tout le contraire ? Au lieu d’innover, ils ont laissé se dégrader les conditions de travail et de compétitivité de leurs entreprises, en faisant appel à de la main d’oeuvre à bas coût, qui, nullement exploitée, jouait sur le différentiel de niveau de vie entre l’Angleterre et leur pays (une variante des délocalisations) ? Années folles ?

Tous contre la SNCF ?

La SNCF assaillie de toutes parts ? D'un côté, des associations cherchent à relancer des voies méprisées, de l'autre des opérateurs étrangers s'installent. Et nous nous en réjouissons. Voilà qui était inconcevable il y a encore quelques années. La SNCF a converti le pays aux mérites de la concurrence. 

La SNCF appartenait, en fait, à l'économie sociale. Le pays avait mis en commun ses ressources pour s'assurer un système ferroviaire efficace. Mais comme cela a été le cas pour quasiment toute l'économie sociale (assurances, mutuelles, coopératives), des intérêts particuliers s'en sont emparés (syndicats, hommes politiques, etc.) et ont détourné le projet à leur profit. Les dommages sont tels que l'entreprise ne peut plus se réformer de l'intérieur. Dommage, parce que une SNCF - économie sociale était probablement la solution la plus favorable aux intérêts du pays, et de ses citoyens. 

Comme l'Education nationale, c'est une question de "bien commun". Relisons Elinor Ostrom ? 

vendredi 1 octobre 2021

L'emploi sous la présidence Macron

Croissance de l'emploi, sous le gouvernement Macron. (Xerfi.)

Certes cela peut s'expliquer par la croissance, mais l'auteur cherche un "loup". Il n'en trouve pas. Les CDD sont plutôt en recul, l'emploi public aussi. Bref, augmentation de l'emploi "saine", sans recours usuel à des expédients. 

Mais, tout de même, il y a généralisation de la précarité, les CDI ne sont plus ce qu'ils étaient, et du déclassement, on travaille au dessous de ses diplômes.  

Contrairement à ce qui est dit, et s'il y avait bien un tour de passe-passe : M.Macron a transformé le CDI en CDD ? 

(C'est exactement l'objectif des "lois Macron".) 

L'Education nationale accusée

L'Education forme des déclassés, d'après l'INSEE. Ce serait le cas d'un salarié sur cinq. 

Autre phénomène : les entreprises ne parviennent pas à recruter, en dépit d'un chômage particulièrement élevé. Cela tient, en grande partie, à l'inadaptation des formations fournies par notre système scolaire. Si bien que les entreprises cherchent de plus en plus, quand elles en ont les moyens, à proposer leurs propres formations. 

A cela s'ajoute que, certains métiers, comme l'artisanat, qui à la fois furent des richesses du pays, et correspondent à des aspirations de l'individu, sont jugés comme sots, et indignes de l'Education nationale. 

Et il y a aussi la question de l'ascenseur social, qui ne marche plus, on peut se demander ce qui est arrivé à l'Education nationale. Elle semble s'être donné des objectifs qui n'ont rien à voir avec les attentes de la société. 

Serait-il temps d'en reprendre le contrôle ? 

Brexit going badly ?

Hier, un sondage (cité par politico.eu) disait que plus de la moitié des Anglais estimaient que le Brexit se passait mal. 

Pour me changer les idées, j'écoute BBC4. L'Angleterre semble vivre un drame. Crise du gaz, des fournisseurs sont en faillite, ce qui force beaucoup d'Anglais (souvent pauvres) à accepter de nouveaux contrats beaucoup plus coûteux que les précédents ; manque de chauffeurs, qui fait qu'il n'y a plus d'essence dans les stations, et que les interviewés de la BBC semble au bord de la crise de nerf. Et incessantes escarmouches entre Boris Johnson et l'UE concernant le respect de ses engagements. 

La Grande Bretagne d'après Brexit donne l'impression d'un lendemain de fête : elle découvre les dégâts commis dans un moment de folie. Subit-elle le Brexit, ou les conséquences de ce qui l'a précédé ? Maintenant qu'elle n'est plus dans l'UE, elle n'a plus d'excuse pour ne pas regarder la réalité en face. 

jeudi 30 septembre 2021

L'assisté se rebiffe

"On dit toujours des pauvres “c’est des assistés”, mais moi ayant vécu des deux côtés du monde, je peux vous dire à quel point la bourgeoisie est assistée dès la naissance, a tous les privilèges, le capital scolaire, etc. Les éléments de langage qu’on entend sont totalement faux : l’assistanat est du côté de ceux qui ont déjà tout." (Lien)

Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire ?

Ou, comme le dit Pascal, "ne pouvant faire qu'il soit forcé d'obéir à la justice, on a fait qu'il soit juste d'obéir à la force" ?

L'abandonnée de Tourguenieff

3 longues nouvelles. Tourguenieff (Tourgueniev) mériterait d'être lu par les féministes. Elles l'aimeraient. Car les hommes y sont falots, sans qualités. En particulier le narrateur. Les femmes y sont héroïques et opprimées. Pour les uns et les autres, le mariage est la grande affaire d'une vie. Une vie qui, d'ailleurs, est courte.  

Comme dans Mémoires d'un chasseur (que je préfère), Tourgenieff s'intéresse aux humbles. Les dominants n'ont pas d'histoire ? Et, en dehors de leur contentement de soi, bien peu de substance ? 

mercredi 29 septembre 2021

Angleterre sans chauffeurs

Stations sans essence. La Grande Bretagne manque de conducteurs de poids lourds. Certaines stations, dans les zones densément peuplées, ne sont plus approvisionnées. Avec l'augmentation soudaine du prix du gaz, c'est le drame du moment, si j'en crois la BBC. Beaucoup de gens ne peuvent vivre sans voiture. 

Causes ?  Nombreuses, probablement. 

  • Brexit et dépendance vis-à-vis d'étrangers de l'UE, qui ne reviennent pas. 
  • Examens de permis de conduire qui n'ont pas pu se faire du fait du virus. 
  • Achats en panique. Certains accumuleraient les litres d'essence. On entend que des pompes ont vendu 5 fois les volumes habituels. 
  • Système de juste à temps, qui ne supporte pas le moindre aléa. 
  • Conditions de travail des chauffeurs qui se dégradent, depuis longtemps, sans que rien ne se fasse. (La raison d'être de l'appel massif aux immigrés ?)

Et il va bientôt y avoir Noël.

On parle de visas temporaires pour immigrés, d'augmentation du temps de travail des chauffeurs, d'appel à l'armée...

Recruter localement pourrait avoir un gros impact sur l'emploi : le manque est de plus de 100.000 conducteurs, dit-on... Mais aussi sur l'inflation : pour les attirer, il faut augmenter les salaires, et améliorer les conditions de travail, y compris l'infrastructure d'accueil. 

Au fond, le Brexit méritait bien son nom ? La Grande Bretagne a eu recours (comme beaucoup certainement), pendant fort longtemps, à des expédients. Ils l'ont amenée à la limite de la rupture ? 

Eloge des frontières, par Régis Debray


La frontière est, soudainement, à la mode. Le titre de ce livre a attiré mon regard. Une explication de la dite mode ? 

Surprise : il date de 2010. Une conférence au Japon. Pauvres traducteurs ! Car Régis Debray est un virtuose du langage qui, de surcroît, manie incessamment la référence à une antiquité et une culture opaques au Japonais. A vrai dire, ce n'est pas du Français, c'est du philosophe moderne : du virevoltant. Heureusement, c'est dix fois moins long que du Jankelevitch. 

Qu'ai-je compris ? 

Que nous vivons à l'heure du "sans frontière", alors que, quel que soit le phénomène que l'on étudie, on ne peut que constater que la frontière est le propre de la vie. (La frontière c'est la vie ?) Certes. Survient alors une argumentation systémique. L'absence de frontière a des conséquences palpables. Quand il n'y a pas de frontière, il n'y a pas de limites. On ne sait plus mettre les choses à leur place. Notre vie perd le nord. Ce qui produit, paradoxalement, ce que nous constatons tous les jours : une création anarchique de frontières locales, à l'échelle quasiment de l'individu, partout. Et avec les conflits que cela signifie, puisque les dispositifs qui garantissent la paix entre frontaliers n'existent plus à cette échelle. Guerre de tous contre tous. 

A qui profite le crime ? Au riche et à la haute finance, qui ne sont que "flux" et qui exècrent les barrières. Qui perd ? Le pauvre, qui est vissé au sol, et qui ne peut prendre que des coups. 

Commentaire 

Parfait exemple d'énantiodromie : quand on ne veut pas de frontière, on a des frontières partout. Et surtout chez les riches, qui doivent s'entourer de barbelés et payer des armées privées, et se déplacer en hélicoptère, comme au Brésil. 

La membrane d'une cellule, la peau d'un homme... séparent l'intérieur de l'extérieur. Qu'est-ce que l'intérieur d'une frontière ? Quelle forme de vie permet-elle ? Peut-être ce que les anthropologues appellent "culture". La fameuse "société", qui n'existait pas selon Madame Thatcher. La France, l'Allemagne, l'Angleterre... sont des êtres vivants. C'est peut être une des leçons de l'épidémie, qui a vu la réapparition, quasi instantanée, des frontières. 

mardi 28 septembre 2021

Léninisme numérique

La Chine tape sur ses entreprises de la high tech. Ce qui est surprenant, car son succès tient en partie à avoir su développer sa propre Silicon Valley, en fermant ses portes au modèle original. Il y aurait trois raisons :

  • Des irrégularités de gestion. 
  • Le gouvernement chinois veut avoir accès à leurs données, pour contrôler le pays.
  • Réorienter leur activité du frivole au sérieux, pour servir la géopolitique chinoise. 
C'est un rappel à l'ordre. Un rappel que le maître absolu est le parti communiste, et que la Chine est une dictature. Une dictature numérique. 

En Occident on s'enrichit entre deux crises, en Chine, entre deux purges ?

France : drame de la solitude ?

Sous-marin australien : que pèse la France ? Comme en Irak : la France aboie, l'Amérique envahit ?

Leçon ? Et s'il fallait, une fois pour toute, comprendre que la France n'est rien et que hurler ne sert à rien ? 

S'inspirer des Allemands ? Eux ne protestent pas, ils agissent. Et ils agissent sur les mécanismes qui régissent le monde. A commencer par l'économie. 

(Et si c'était ce que leur a enseigné 40 ? Même détermination, autres moyens ?)

Epidémie ?

Ai-je bien entendu ? La BBC annonçait 800 morts du coronavirus, par semaine. Satistiques Internet. Eh bien oui, et en France, il y a, en moyenne, 60 morts par jour. Or, tout semble être revenu à la normale, au masque près. 

Lassitude ? Tant que les hôpitaux ne sont pas saturés, tout va ? Les affaires des entreprises ne sont pas compatibles avec les mauvaises nouvelles ?... Mystère. 

lundi 27 septembre 2021

La relocalisation n'est pas pour demain

Conférence de l'ESCP sur la relocalisation. Où l'on apprend que la délocalisation n'a pas été une bonne affaire. Rien ne marche correctement avec une "supply chain" étirée. Il n'y a que des "coûts cachés". Manque de réactivité, baisse de qualité, contrefaçon, risques d'approvisionnement, risques de réputation, freins à l'innovation (on a découvert que, pour innover, il fallait que la création et la production soient proches)... Paradoxalement, ce sont ceux qui avaient le plus à gagner, le textile et le jouet, et qui en ont le plus profité, qui étaient les moins faits pour être loin de leurs marchés et des modes. 

Va-t-on revenir à la raison ? Non, car, entre temps, nous avons perdu les compétences nécessaires à faire le travail maintenant délocalisé ! (La délocalisation ou l'attrape nigaud ?)

L'espoir : reconstruire à partir de ce qui existe encore de compétences sur notre territoire. 

(La conférence disait aussi que la France a été particulièrement efficace dans l'élimination de son industrie, il n'y a que la Grande Bretagne qui ait fait mieux, et, encore, marginalement.)

Le monde selon Trump

Biden, Trump, même combat ? Voilà ce que l'on entend. Conséquence des sous-marins australiens. 

Question d'hommes ou de principes ? Et si le principe américain était le rapport de force ? Protégez-moi de mes amis... Et ce rapport est plus facile à appliquer vis-à-vis de quelqu'un qui a confiance en vous que vis-à-vis d'un ennemi. 

Si je suis milliardaire, c'est parce que j'ai travaillé dur pour cela. Vous n'en fûtes pas capable, obéissez, maintenant. On retrouve ce raisonnement partout. Je me souviens d'une interview par France Culture d'une démocrate américaine qui disait que la classe moyenne blanche devait ses conditions de vie à ce qu'elle ne voulait pas s'adapter à la modernité : qu'elle ne vienne pas se plaindre ! La "méritocratie" est une justification de la domination des intellectuels. Ces thèses ne sont pas qu'américaines, bien sûr. 

Notre société est constituée de patrons et d'intellectuels, des Chinois et des Suisses. Comment faire que des individus n'utilisent pas le rôle que leur donne la société humaine pour détruire cette société ? La question que nous pose M.Biden ? Comme quoi l'égoïsme myope peut avoir des mérites ?

Woke

Un débat sur le "wokisme". Il faut se tenir à la page. Même ce blog. 

"Woke" ? D'après wikipedia, c'est un terme noir américain, qui signifie "woken", éveillé. Cela serait une injonction à rester sur le qui-vive. Le terme aurait été récupéré par l'intellectuel de gauche pour regrouper toutes les "dominations", dans une nouvelle Internationale : "dominés de tous les pays, unissez-vous". 

Débat utile ? Si l'on en parle en France, toujours en retard d'une guerre, c'est probablement que l'affaire est derrière nous. Le "wokisme" (ou "intersectionnalité" !) aboutit à la contradiction. Tout dominé est un dominant. 

A commencer par l'intellectuel promoteur du concept, ultra riche, ultra privilégié, ultra blanc. Car si l'on parle de wokisme, aujourd'hui, c'est que sa domination de la parole publique, la "cancel culture", n'est plus totale. 

dimanche 26 septembre 2021

Financement local

Et si l'on finançait localement l'économie locale ? C'est le combat de Territoires et financements innovants. Idée qui mériterait d'être étudiée ?

En effet, c'est une des forces de l'Allemagne. Les banques régionales sont des investisseurs patients, de long terme, pour les entreprises régionales. En cas de difficultés, on peut compter sur elles. Voilà qui est bénéfique pour l'économie locale, et donc nationale. 

En outre la solution alternative, le capital risque, est extraordinairement dangereuse. En effet, il demande des taux de rentabilité invraisemblables, à relativement court terme (par exemple un doublement de la valeur de l'entreprise à 5 ans). Ce qui conduit, comme le note Michael Porter, à de la "cavalerie". C'est fatal à l'entreprise, et au petit porteur. 

Seulement, ce n'est pas simple à mettre en oeuvre. Il faut un véhicule, et aussi un état d'esprit. Si l'on croit ce que l'on entend, les banques allemandes, contrairement, par exemple, à l'Etat français, sont de bons (de réels) investisseurs : elles ne sont pas passives. 

(On dit d'ailleurs la même chose des syndicats allemands, qui se comportent comme des investisseurs, et non des défenseurs de droits acquis.)

Heureuse Allemagne ?

L'Allemagne a des dirigeants stables. J'entendais hier, que Mme Merkel avait vu passer 5 premiers ministres anglais. Quant aux gouvernements français, ça ne se compte plus. Heureux allemands. 

Paradoxe. Dans son génie, très français, de Gaulle avait cru que pour qu'un dirigeant dure, il fallait que son mandat soit long. Simple bon sens, non ?

Eh bien, le mandat d'un chancelier est court, et pourtant il occupe longtemps le pouvoir. La raison ? 

La coalition. Au totalitarisme jacobin, l'Allemand oppose la recherche de consensus entre sensibilités de l'opinion. Cela ne permet pas de décider vite. Mais de bien décider. D'ailleurs, à chaque fois que Mme Merkel a décidé à la française (le nucléaire, l'immigration...), ça a été un désastre. Etre français ne s'improvise pas.

Qu'est-ce qui nous manque pour appliquer la méthode allemande ? Probablement des partis qui représentent quelque chose de plus que l'ambition de leur leader et de ceux qui veulent le remplacer. Et, cela va avec, le respect de l'autre, ne pas croire qu'il y a une seule vérité, celle que l'on a en tête. Pas très français tout cela ? Mais, impossible n'est pas français !

La recette de la licorne

On se plaignait que la France n'avait pas de licornes. Il en pleut !

Comme quoi, le Français finit toujours par comprendre. Il a longtemps cru, bêtement, qu'une "licorne" était une entreprise qui gagnait beaucoup d'argent, ou, au moins, qui se développait très fort, avec une grosse rentabilité. Pas du tout. Une licorne est une entreprise qui lève beaucoup d'argent !

Dans le monde des licornes, plus que le plumage, c'est le ramage qui compte. Et les temps sont favorables : il y a une montagne de cash qui ne parvient pas à se placer ! Bienvenue dans le "Magic quadrant" du Gartner, qui porte bien son nom : c'est le monde de l'illusion. Comme "licorne", d'ailleurs.

samedi 25 septembre 2021

Chine : début de la fin ?

Evergrande, gigantesque promoteur immobilier chinois, est en difficulté. Lehman Brothers chinois ? Faut-il craindre une crise mondiale ? J'entendais un interviewé de la BBC (jeudi dernier) dire que le risque était plutôt un ralentissement de croissance de l'économie chinoise : cette crise appauvrissant le citoyen. Or, la croissance chinoise est le moteur du monde...

Cela m'a rappelé une de mes anciennes prédictions. J'ai pensé que Chine et Japon se ressemblent par leur culture. Et que la Chine connaîtrait un repli après une forte croissance. Or, il se trouve que le repli japonais a commencé par une crise immobilière... Y a-t-il plus qu'une coïncidence ? 

La bonne façon d'apprendre la conduite du changement

Je viens de faire une étude des clusters (groupements d'entreprises). Leurs équipes d'animation m'ont épaté : leurs techniques de conduite du changement mériteraient de figurer dans "leading change" de Philip Kotter. LA référence.

On me dit : rien d'étonnant. L'équipe d'animation n'a aucun pouvoir, comment donner des ordres à des adhérents, qui sont des dirigeants ?, mais elle a une obligation de résultat : si rien de concret ne sort, ses jours sont comptés. La conduite du changement est une simple question de sélection naturelle ?

vendredi 24 septembre 2021

Banane à retardement ?

"De 1972 à 1993, la chlordécone, un insecticide hautement toxique, a été épandu sur de nombreuses terres agricoles de la Martinique et de la Guadeloupe. Ce pesticide très persistant dans l’environnement est à l’origine d’un scandale environnemental et sanitaire et fait l’objet depuis 2006 d’une bataille judiciaire à l’issue incertaine." (Emission de France Culture

Il est surprenant que l'on s'étonne que l'on puisse croire à la théorie du complot. Dans ce dossier, il n'y a que des questions. Pourquoi ce pesticide a-t-il été utilisé alors que des études avaient montré sa dangerosité ? Pourquoi le président Macron a-t-il reconnu, dans une envolée lyrique dont il est coutumier, la responsabilité de la France, sans qu'il n'en résulte rien, apparemment ? Et que fait-on des terres concernées ? 

Si je comprends bien, la réponse est : rien. La quasi totalité de la Gouadeloupe et de la Martinique est contaminée par une molécule qui ne se décompose pas, ou difficilement. Alors, on y fait pousser des plantes qui semblent peu l'absorber. Bref, la question est compliquée, or, pour le moment, rien de grave ne s'est produit ? Et je continue à manger des bananes des Antilles. 

L'immoraliste


Hasard d'une bibliothèque. Préjugé peu favorable. André Gide fut une vache sacrée, une lecture quasi obligée à l'époque de mes parents. En outre, j'aime peu le style et les histoires des romans de ce temps. 

Le premier contact renforce ce sentiment désagréable. Roman court, histoire sans grand contenu. Des personnages, de la haute société, qui ne sont plus de notre époque. Un jeune rentier connaît un moment Nitzschéen. Son éducation l'avait tenu dans un carcan. Il a la révélation des nourritures terrestres. Mais, c'est un faible. Il demande à ses amis de le sortir de la déchéance morale dans laquelle un moment de folie l'a conduit. En attendant, il aura provoqué la mort de son épouse. 

Après coup, je me suis demandé s'il n'y avait pas une autre façon de lire L'immoraliste. La confession d'un homme, Gide, qui se découvre, et qui découvre sa nature. Une histoire "en train de se faire". Et un auteur qui demande l'avis du lecteur : certes, j'enfreins la morale, mais suis-je réellement un sale type ? N'y a-t-il pas un moyen de réconcilier nature et morale ? Du coup, ce que je trouve sec et sans contenu pourrait, au contraire, être pudeur et élégance.

Peut-être, surtout, est-il dangereux d'appliquer à un auteur l'idée que l'on a fini par se faire de lui. C'est, au contraire, un être humain qui avance dans l'inconnu. 

Mme Merkel, ou l'art des relations internationales ?

Quelle est la qualité la plus sous-estimée d'Angela Merkel ? "Elle a écouté tout le monde - petits, moyens, grands pays, elle n'a jamais fait de distinction", dit Juncker, qui sait ce que c'est que d'être premier ministre d'un pays minuscule et a travaillé avec tous les chanceliers allemands depuis Helmut Kohl. "Cela explique aussi son influence dans l'UE." (...) Merkel « a toujours suivi le débat politique intérieur dans les autres pays de plus près » que les autres dirigeants, dit Juncker. "C'était son charme politique européen, que tout le monde avait l'impression qu'on pouvait lui dire les choses comme elles sont dans son pays, et elle a intégré cela dans le réseau global de solutions européennes auquel elle a contribué." (lettre de politico.eu concernant l'élection allemande, hier.) 

Un modèle pour les autres dirigeants ? Aime et fais ce que tu veux ?

jeudi 23 septembre 2021

Emotion contagieuse

"les émotions, comme le rhume, s'attrapent" Les émotions seraient contagieuses. Quelques "pisse vinaigre" peuvent changer radicalement l'humeur d'un groupe. 

Voici ce que je lis dans un article (Large Group Interventions and Dynamics, par Barbara Bunker et Billie Alban). D'autant plus inquiétant que cela semble incontrôlable et aléatoire. 

Ce serait une propriété des groupes de grande taille. Une sorte d'instabilité naturelle, façon "aile de papillon" et théorie du chaos ?

Que faire ? J'en retiens surtout qu'un homme averti en vaut deux, et qu'il faut éviter les grands groupes (les diviser en petits groupes). 

Remarque : c'est peut-être le rôle des sociétés : elles nous structurent. La "foule" serait-elle un phénomène contre nature ?

L'expérience de la banlieue

J'ai été en avance sur mon temps. J'ai quitté Paris avant tout le monde. Mais pas pour la province, mais pour la banlieue. J'ai pu constater, une fois de plus, que l'on est conditionné par son environnement. Vivre en banlieue, c'est :

  • Comprendre les gilets jaunes. J'ai retrouvé, 40 ans après, le lieu de mon adolescence. Surprise : nous sommes totalement dépendants de la SNCF, et elle ne fonctionne plus. Et les avions ? Il n'y en avait pas. Maintenant nous avons deux couloirs aériens. Ils passent en rase motte (pour simplifier le travail des contrôleurs aériens ?). Visiblement la vie des classes moyennes s'est dégradée, sans que cela émeuve le politique. Au contraire ?
  • Comprendre le populisme. L'élu aime l'insécurité, et les polices municipales qui l'accompagnent ? Ca fait vendre ?
  • Comprendre l'écologiste. L'Artificialisation est une réalité ! Ma petite commune a désormais de gigantesques magasins entrepôts. Et les anciennes plaines agricoles sont bétonnées par des programmes immobiliers. D'où vient cette mode ?
  • Comprendre la politique. La commune de banlieue ressemble à l'Etat. Le maire y est quasiment de droit divin, il est incontrôlé. Le seul moment démocratique est l'élection municipale. Et, encore : la médiocrité appelle la médiocrité. 
  • Découvrir le ciel, que l'on ne voit pas à Paris. Et la lune. Du coup, je me suis intéressé à ses phases, et à Vénus !
  • Découvrir la nature, et qu'il peut y avoir des fleurs toute l'année, vive la pluie !, des araignées utiles et curieuses à observer, des nids de guêpes... 

mercredi 22 septembre 2021

La bonne façon de réformer ?

Enquête sur le programme Territoires d'industrie. Son but est de favoriser la réindustrialisation du pays, en partant du terreau industriel local. 

Au lieu d'imposer d'en haut, comme il le fait d'ordinaire, le gouvernement laisse l'initiative à ce que le programme appelle un "binôme élu, industriel" de volontaires. 

Voilà qui change, effectivement, du jacobinisme :

  • L’Etat fait un diagnostic rigoureux et honnête. 
  • Il identifie un potentiel, et le moyen de l’exploiter. 
  • Il n’intervient pas directement, mais met à la disposition de volontaires, dont il a décrit les caractéristiques, la « boîte à outils » dont son analyse montre le besoin (y compris concernant ses propres services, dont il décrit les défauts avec objectivité), ainsi qu’un plan directeur pour guider un projet.
Et quand il y a volonté locale, ça marche, et pour relativement pas cher. 

Problème ? La volonté. Ce type de démarche repose sur l'initiative. Comment réformer le pays, dans son ensemble, dans ces conditions ? 

Par le "nudge". Le gouvernement semble jouer sur des réflexes conditionnés (tout cela s'inscrit dans des "contrats" avec l'Etat, c'est associé à des subventions...). Et ensuite, l'émulation : l'élu va au secours de la victoire. Il suffit de quelques réussites pour que tout le monde suive. 

Admirables Anglais

Pourquoi la France s'évertue-t-elle à intervenir chez ses anciennes colonies ? Nos intellectuels disent que le colonisateur est haïssable. Et, lien de cause à effet ?, il semble évident que nos ex colonisés trouvent le Français haïssable. Je me demande depuis toujours pourquoi nous ne sommes pas cohérents. 

Paradoxalement, les Anglais, alors qu'on pourrait penser que leur "diviser pour régner" a laissé le monde à feu et à sang, ont beaucoup mieux réussi leur coup. Leurs colonisés les admirent, rêvent de s'installer chez eux, et leur font former leurs élites. (Il faut dire qu'ils ont su conserver des universités dignes de ce nom.) 

Serait-il temps que le Français se regarde dans une glace ? 

Transition climatique : retour sur terre

Augmentation du prix de l'énergie. L'économie repart. Et, il n'y a pas de vent. Ce qui fait que l'Allemagne doit brûler du charbon. Et M.Poutine en profite pour jouer de son pouvoir de nuisance. Et l'Europe condamne les mines de charbon polonaises. Mais où les Polonais vont-ils trouver de l'énergie et des emplois ? Et comment les pauvres, partout en Europe, vont-ils parvenir à absorber les hausses de prix ? (France Culture, hier matin.)

Et voilà. Le changement ce n'est pas que des petites filles qui affrontent les grands de ce monde, ce n'est pas que des décrets, c'est aussi des réalités déplaisantes, sur lesquelles les grands n'ont aucun pouvoir. Si on veut les éviter, il faut un minimum de planification dans le changement... Avec la solidarité comme principe.

mardi 21 septembre 2021

Tous complotistes

L'incendie de Lubrizol par France Culture (Les pieds sur terre), l'autre jour. 

Une journaliste, dont la famille habite à Rouen, enquête. Elle annonce que le gouvernement a confié le dédommagement des victimes et l'étude des impacts de la pollution à Lubrizol, louche. Elle interviewe une association de riverains, qui mène une contre enquête. Elle visite le site avec une représentante de Lubrizol, qu'elle présente comme une employée modèle de la world company.

Imaginons que notre journaliste, ou sa famille, aient été employées par Lubrizol, auraient-elles trafiqué les données d'enquête ? Pensent-elles que leurs concitoyens sont moins honnêtes qu'eux, ou, qu'au contraire, aucun homme n'est honnête lorsque son intérêt est en jeu ? Mais, si c'est le cas, n'y a-t-il pas de multiples conflits d'intérêt dans cette enquête ? Et son contenu : preuves ou insinuations ? 

La théorie du complot expliquée ? Même l'immaculée France Culture ne peut résister à la tentation ?

Et aussi la raison d'être de la justice : juger à charge et à décharge ? (Et pourquoi c'est un travail difficile, et long ?)

Great India

Les Indiens jouent un rôle important en Angleterre, notamment en politique. La raison en est culturelle. Ils ont des compétences utiles à la société moderne que n'ont pas les natifs. On voit aussi leur émergente domination aux USA où beaucoup de multinationales sont dirigées par des Indiens. Contrairement aux Américains (et aux Français, d'ailleurs), les études scientifiques ne leur semblent pas honteuses. 

Ce qui me laisse penser qu'un jour un Indien pourrait être premier ministre anglais, sans, qu'au fond, cela ne gêne grand monde. L'Angleterre pourrait-elle devenir une réserve indienne ?

Metavers

L'avantage d'être vieux est de revoir renaître régulièrement les mêmes nouveautés. L'infâme GAFAM parle maintenant de Metavers. L'artificiel va coloniser le réel. Rien de neuf. (Article.)

Pourquoi de telles idées renaissent-elles ? Mêmes raisons que pour la voiture autonome : le GAFAM a des masses d'argent dont il ne sait rien faire. Seule idée : imposer l'idéologie qui sous-tend son modèle, par KO. Comme on le lisait à l'époque de la Nouvelle économie, au moment de la chute de l'URSS, il y a quelque-chose dans la culture américaine qui la pousse à vouloir dominer le monde ?

Combat désespéré ? "Réchauffement climatique : le secteur du numérique génère plus de gaz à effet de serre que l'aviation" lit-on, "En imaginant que les émissions du secteur du numérique restent stables d'ici 2050, elles représenteront 35,1 % des émissions globales d'ici là." 

lundi 20 septembre 2021

Changement et culture

Chaque culture a sa façon de conduire le changement, voici ce que j'ai observé (un exemple de "loi forte des petits nombres" !) :

  • La conduite du changement est généralement conçue comme une question de lien social. C'est jouer sur les forces souterraines, qui agissent sur un groupe humain. 
  • L'as de la conduite du changement, c'est le nord africain. Seulement, il lui manque le cap, la forme de rationalité occidentale. Quand il le trouve, il fait des miracles. C'est un plaisir de travailler avec lui. 
  • A l'autre extrémité, il y a le nordique. Lui ne comprend rien au changement. Strictement rien. Apparemment son comportement est totalement organisé par des règles quasi explicites. Le protestantisme certainement. Et cela explique probablement pourquoi autant de libéraux ou d'anarchistes sont protestants : ils n'ont pas besoin de société. Dans ces conditions, le changement se fait en concevant en groupe un plan d'action, qu'on suivra méthodiquement. Sans aucune capacité de changer de cap, si les événements changent. En revanche quand la machine est lancée, c'est un bonheur. Un de mes meilleurs souvenirs. 
  • La France est dans un entre-deux inconfortable. Il y a de la rationalité, et de la société. Malheureusement pas mélangées, y compris au sein d'un même individu. C'est probablement aussi vrai des pays latins. Mais mes rares expériences italiennes ou espagnoles étaient autrement plus agréables que les françaises.
  • Paradoxalement, les Anglo-saxons sont assez proches des Français. En plus nordiques, mais tout de même un peu sociaux, très pragmatiques, et plutôt agréables. 
  • A un moment, j'ai travaillé avec de Japonais. Le changement se faisait en deux temps. Un fourmillement, apparemment irrationnel, ou tout le monde avait le droit de dire n'importe quoi, et pendant lequel, par essai et erreur, le projet se formait, puis une phase planifiée, d'exécution parfaite. C'est peut-être comme cela qu'évolue une culture qui a une forte fibre collective. 
  • Le plus curieux est que le changement paraît un sujet de conversation universel. Tout le monde est plus ou moins frustré de ne pas parvenir à faire ce qu'il juge évidemment bon. 

Qui sont les perdants du changement ?

Il n'est pas juste de dire que la "classe moyenne" a souffert. Certains de ses membres se portent mieux que jamais. Par exemple certains retraités forment une nouvelle "leisure class". Il y a longtemps des études américaines disaient déjà qu'il était difficile de trouver un profil type des perdants du changement. Par exemple, un nombre significatif était dans les classes les plus éduquées, alors qu'elles sont supposées avoir le vent en poupe. 

Je me demande si la solution à ce paradoxe n'a pas quelque chose à voir avec le mot "mérite". Les dominants attribuent leur succès à leur "mérite". Nous vivrions en "méritocratie". Or, pour commencer, si le "mérite" semble toujours être associé aux mêmes formations, le moyen d'y accéder n'a plus rien à voir avec ce qu'il fut encore il y a trente ans. 

Et, surtout, et si les perdants étaient ceux qui avaient le réel "mérite" ? Chester Barnard explique que la colonne vertébrale d'une entreprise est faite de ceux qui poursuivent l'intérêt général. Il appelle ces gens des "exécutifs". Les autres suivent leur intérêt égoïste. "Exécutif" = méritant ?

Or, son insistance sur l'intérêt collectif n'est-elle pas un obstacle pour l'ambitieux ? Une raison de mise au chômage pour "résistance au changement" ?

(C'est ce qui semble être arrivé en Russie : ceux qui faisaient avancer le pays ont été les premières victimes de son virage libéral des années 90, qui a vu l'émergence des "oligarques".)


Jeunesse optimiste ?

Enquête sur la jeunesse. Ce n'est pas ce que j'entends à la radio (enquête de Challenge, commentée par Telos.)

  • Elle serait plus préoccupée par la fin de mois que la fin du monde (ce qui est normal : elle doit gagner sa vie)
  • Ses valeurs sont plus collectives (entraide...) et moins individualistes que celles des générations anciennes. 
  • Elle est plutôt optimiste. 
Jeunesse pragmatique ? Voilà qui augure bien de l'avenir ? 

(Et pose la question de savoir si les journalistes, qui ne nous donnent pas cette image de la jeunesse, ne projettent pas sur elle leurs fantasmes... de vieux blancs, individualistes et inquiets.)

dimanche 19 septembre 2021

Examen du gouvernement

Mise en examen de membres du gouvernement pour sa gestion de l'épidémie. J'ai entendu dire qu'il était question, notamment, d'abandon de poste. Un ministre aurait-il les mêmes devoirs qu'un capitaine de vaisseau ?

Qu'en penser ? 

Les Athéniens jugeaient leurs amiraux pour abandon de citoyens, même lorsqu'ils avaient gagné une bataille. L'élu est un élu, un représentant, il va avec son mandat de rendre des comptes. Cela ne sert pas à grand chose, probablement, à la personne concernée (surtout lorsqu'elle est exécutée, comme chez les Athéniens), mais c'est une leçon pour les autres. Y compris pour le citoyen : nous avons des devoirs que nous ignorons. 

C'est peut-être aussi un antidote contre la théorie du complot...

La France torpillée

Cette semaine on parlait d'un contrat de 50md€. L'Australie n'achète plus des sous-marins français. Elle fait équipe avec l'Angleterre et les USA contre la Chine. Bien entendu, comme au temps de la guerre froide, c'est une bonne affaire pour l'économie américaine. Tout l'intérêt de la Chine est peut-être là : justifier un néoprotectionnisme favorable à une relocalisation ?

J'entendais la radio dire que M.Biden se comportait comme M.Trump. Ce qui n'est rien comprendre à l'Amérique. M.Trump était l'archétype de l'Américain. Si on le lui a reproché, c'était le jeu de la politique comme d'habitude. 

Mais cela nous pose surtout une question, à nous Européens. Qui est le pire : le Chinois ou l'Américain ? L'un qui veut envahir Taiwan et l'autre qui exploite ceux qui lui font confiance ? Comment vivre entre Charybde et Scylla, lorsque l'on est aussi divisé que l'UE ? 

samedi 18 septembre 2021

Belmondo au Panthéon

Belmondo ? Populaire et plutôt sympathique dans ma petite enfance. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert qu'il avait été un acteur intello, pas mauvais du tout, d'ailleurs. Mais, pour moi, il avait sombré dans l'oubli. Il était mort depuis longtemps. 

D'une certaine façon, sa mort l'a ressuscité. Phénomène Johny Hallyday. Il a droit à des funérailles nationales. Le pays serait-il nostalgique de ce qu'ils ont représenté, de leur temps ? Déficit de gens à admirer ? Au moins, ils ne peuvent plus nous décevoir ?... Mystère.

Toujours est-il que les hommes politiques ont flairé le moyen de capter cette popularité nouvelle pour regonfler la leur. 

(Anecdote. A une époque, j'ai fait une enquête sur une marque qui avait disparu. Personne ne le savait. J'ai entendu : c'est sûrement une très bonne marque, car on n'en entend pas dire de mal ! Mon client l'a relancée. De l'avantage d'être une gloire d'antan ?)

PH

"en général, un shampooing extra doux est un shampooing destiné aux bébés (jusqu’à 4 mois environ). Pourquoi ? Tout simplement parce que son pH de sa peau et de son cuir chevelu est neutre (7). Alors qu’un adulte, son pH est de 5,5, donc acide. Ce « manteau acide » des cheveux et de la peau joue une fonction « barrière ». Il permet de lutter contre le développement des germes et il augmente la fabrication des céramides de la couche cornée. Alors, pour les cheveux stressés, il n’y a rien de mieux que de choisir des soins avec un pH entre 4.5 et 5.5." me dit une amie. 

Ce qui m'a rappelé les cours de chimie. pH, n'est-ce pas -logarithme de la concentration de H+ ? Vagues souvenirs. Je vais me renseigner chez wikipedia, et découvre, une fois de plus que l'Education nationale m'a raconté des bêtises. Les définitions modernes parlent bien de H+ (proton), mais en précisant qu'il y aurait une question "d'activité" du dit proton, dont le calcul semble ressortir à l'art. 

Le pH est une question d'acides (moins de 7) et de bases (plus de 7). Eh bien, attaquer le problème sous cet angle ne l'éclaire pas vraiment. Apparemment, on a commencé par découvrir qu'il y avait des acides, et des bases. Mais sans donner à cela une définition très claire. Puis la science s'en est mêlée. Elle a trouvé des définitions, qui, à chaque fois, ont rencontré des limites. Il y aurait même une théorie qui ne parlerait pas de protons, mais d'électrons. 

Est-ce l'empirisme qui a eu le dernier mot ? Comme l'intelligence, on définit l'acidité par sa mesure ? Est acide ou basique, ce que les instruments de mesure trouvent acide ou basique ?

Attrape moi si tu peux

Pourquoi certains n'attrapent-ils pas le coronavirus ? Un article un peu ancien dit que l'on a découvert que des échantillons de sang antérieurs au début de l'épidémie réagissaient au virus. 

La défense contre les virus ne serait pas que par anticorps, qui, d'ailleurs, ont tendance à disparaître. Il y aurait des "cellules T", qui se souviendraient des infections passées. Or, le coronavirus serait une variante du rhume. 

On espérait, que, de ce fait, il n'y aurait pas besoin de vacciner toute la population. Mais, visiblement, ça n'a pas marché. D'après ce que l'on entend, on pourrait être "porteur sain". 

La morale de l'histoire est peut-être que la dernière ligne de défense est le corps humain. A force d'infections, il apprend à se défendre... Dans ces conditions, le rôle de la médecine serait, peut-être, d'atténuer l'attaque, pour lui simplifier la tâche. 

(L'article pourrait aussi expliquer pourquoi repérer les causes d'infection serait au dessus des capacités de l'intelligence artificielle : "c'est imprévisible, car de nombreuses variables se combinent d'une manière que vous ne pouvez pas comprendre : votre histoire, votre nutrition, comment vous avez été infecté, combien de [virus] vous avez contracté - même l'heure de la journée où vous avez été infecté. Et toutes ces variables se combinent de manière imprévisible".)

vendredi 17 septembre 2021

Insaisissable virus

On me raconte l'histoire suivante : une jeune femme, vaccinée, attrape le coronavirus. Elle est contaminée par un de ses enfants. Pas d'assistance respiratoire, mais forme particulièrement carabinée. Ses enfants sont à peine touchés, son mari, non vacciné, pas du tout. 

Un article explique en partie ce phénomène : il faudrait "huit fois plus d'anticorps pour une personne vaccinée pour bloquer le variant (delta, par rapport à ce qu'il fallait pour bloquer le variant alpha)". Ce qui explique la relative faible protection qu'apporte les vaccins actuels ou une infection par une souche antérieure. 

J'en déduis deux choses. Il serait une mauvaise idée, particulièrement dans les milieux médicaux, de ne plus faire de tests. Et il serait intéressant de chercher à comprendre pourquoi certains sont touchés et d'autres pas. 

Sous développement : programme de gouvernement ?

A l'époque où je lisais The Economist, je citais souvent ses articles qui expliquaient que la main d'oeuvre anglaise était devenue si peu chère que les entreprises locales n'achetaient plus de machines. Peut-être première depuis la révolution industrielle, la productivité anglaise baissait ! 

J'ai retrouvé une observation similaire, faite beaucoup plus tôt, chez Michael Porter : l'Angleterre vit de ses acquis, sans les renouveler, et même en les consommant. Elle semble avoir choisi une stratégie de sous-développement, i.e. vivre sur des "facteurs de production" abondants et bon marché, autrement dit une main d'oeuvre pauvre qui garde de son passé impérial une certaine discipline et un niveau de qualification relativement haut (par rapport à son prix). 

Or, on peut dire quasiment la même chose de la France. Au gain de productivité, elle a préféré le chômage et la main d'oeuvre chinoise, et l'Education nationale est dans un état quasi inconcevable. 

Ce blog est féru de systémique, et ce demande quel est le "système" qui peut avoir de telles conséquences. 

La France est-elle d'extrême droite ?

Enquête sur l'opinion des Français (Telos). 50% pour le rétablissement de la peine de mort, 86% pense que l'autorité est une valeur trop souvent critiquée, 62%, on ne se sent plus chez soi... 

Etrangement, les écarts entre bords politiques ne sont pas immenses. 67% des sympathisants PS déclarent que la religion musulmane essaie d'imposer son mode de fonctionnement aux autres. 39% veut rétablir la peine de mort. 

Le Rassemblement National porterait-il bien son nom ?

Faut-il douter de ce type d'étude ? Ou constater qu'il y a un gouffre entre ce qu'affirment les médias et ce que pense le Français ?  

jeudi 16 septembre 2021

La naissance du mépris

Le mépris semble inné (billet précédent) en France. Comment expliquer cela ? 

La cellule familiale est dirigée selon l'arbitraire des parents. L'enfant ne compte pas. Pourquoi aurait-il quelque-chose à dire, on ne veut que son bien ? 

Lui n'est pas d'accord, et se révolte. 

Ce qui conduit à un paradoxe. On pourrait penser que l'on devient individualiste parce que l'on nous enseigne à être contents de nous. Tu es le meilleur ! Or, il pourrait y avoir une autre voie : le mépris. Cela construit des certitudes totalement arbitraires, car échappant à toutes les formations, mais indestructibles ! 

Théorie pertinente ? 

(Nos certitudes sont peut-être simplement que si une idée me passe par la tête, elle est bonne. Nos certitudes sont momentanées ? C'est cela le bon plaisir ?)

Mépris français

Mépris, caractéristique française. Hier matin, c'était un sujet de discussion pour France Culture. 

L'émission reprenait une de mes vieilles théories (qui est en fait celle de Tocqueville) : nous n'avons rien changé à l'Ancien régime. Certes, mais encore ? Comment se sauve-t-on du mépris ?

Il y a tout de même des choses curieuses : quelqu'un comme Madame Hidalgo, dont les désirs sont des ordres, a elle-même terriblement souffert du mépris. 

Une idée ? Le mépris, c'est ne pas écouter l'autre, parce qu'il n'y en pas besoin. Puisque l'on a raison. C'est, dirait Edgar Morin, l'anti pensée complexe. La structure de la société est la matérialisation de cette raison. Par conséquent, la société n'écoute pas l'individu. Je suis professeur, taisez vous. Mais l'individu n'accepte pas ce diktat, car il sait qu'il a raison ! Il se révolte. Et dès qu'il a un pouvoir, sur sa famille, sur une association, sur une commune... il l'exerce selon son "bon plaisir", comme le disait Tocqueville. 

Et si le "bon plaisir" engendrait le mépris ? Et si son antithèse était la prise de conscience de l'importance vitale de l'autre ? Le mépris guéri par la solidarité ? 

Plus personne ne nie le réchauffement climatique

Plus personne ne nie le réchauffement climatique, disait un ami. Il en voulait pour preuve que l'on ne voyait plus de contradicteur dans les débats de réseaux sociaux. A quoi un autre ami répondait que c'était normal, il avait été récupéré par le grand capital, qui y voyait son intérêt. 

On peut aussi parler de communautarisme : il ne sert à rien de contredire quelqu'un, il ne changera pas d'opinion. Chacun chez soi. 

Et à quoi servent les débats d'idées ? On entend de plus en plus dire (y compris chez France Culture) que l'intellectuel aboie, la caravane passe. Ce qui n'est pas très rassurant. 

mercredi 15 septembre 2021

Angela Merkel, présidente de l'Europe

Les Européens, toutes nationalités confondues, aimeraient qu'Angela Merkel dirige l'UE. Nouvelle de politico.eu, hier. 

Il poursuivait en disant que cela montrait que l'UE n'en voulait pas à l'Allemagne de sa politique. 

Est-ce la seule interprétation possible ? Par exemple, ne préférerait-on pas qu'Attila soit dans son camp, plutôt qu'en face de soi ? 

L'intelligence renaît ?

Lorsqu'on lit ce que dit Michael Porter des USA (billet précédent), on peut se demander si l'histoire des dernières décennies n'est pas celle de l'extension de leur modèle culturel au monde. La soft power américaine aurait-elle quasiment réussi à coloniser la Terre, comme l'annonçait la Nouvelle économie dans les années 90 ?

Nous avons tous été ubérisés. Amazon, la perle de l'innovation ?, de gigantesques entrepôts employant des galériens. Le cloud ? Des masses d'ordinateurs. Production de masse, vacances de masse, consommation de masse, travail de con... Même l'élite est devenue de masse. Le parvenu dans toute sa splendeur, qui n'a plus d'aristocrate à singer, cela donne un oligarque russe, ou un inspecteur des finances qui se prend pour un entrepreneur. Nous avons vécu le quart d'heure américain, le degré zéro de l'intelligence ?

Martin Buber dirait que nous sommes passés du "tu" au "cela". Plus de nature, de mystère humain, d'émerveillement, plus que de la matière. L'or transformé en plomb. 

Mais, alors, nos lendemains pourraient-ils chanter ?

USA : forces et faiblesses

Dans les années 90, Michael Porter fait une intéressante analyse des USA :

  • Il rappelle que les USA sont étonnamment riches en ressources, or, contrairement aux pays qui leur ressemblent (Brésil et même Canada), ils ne se sont pas endormis sur leurs lauriers et ont développé une économie extrêmement sophistiquée. 
  • Les USA dominaient quasiment tous les secteurs de l'économie après guerre. Ils ont perdu presque partout, sauf, dans les secteurs critiques, tels que la défense. Pourquoi ? se demande Michael Porter :
  • La caractéristique des USA, quasi culturelle, c'est la production de masse. Mais c'est aussi une faiblesse, car produire en masse est généralement incompatible avec une haute qualité. C'est une stratégie coût, pas innovation. 
  • A cette époque, mais peut-être toujours aujourd'hui, leur état est inquiétant : une science de haut niveau qui ne se transforme pas en entreprise ; baisse de qualité des ressources humaines ; des employés peu formés ;  une immigration facile, qui fournit de la main d'oeuvre bon marché - et ne pousse pas à l'innovation ; un marché peu exigeant ; une tendance à la déréglementation (peu soucieux de la santé humaine, des conditions de travail, de l'environnement...) ; endettement à outrance ; judiciarisation à outrance ; un management qui n'aime pas la technique ; aucun effort pour cultiver un tissu de partenaires. 
  • La puissance des fonds de pension c'est la victoire du court terme. D'où manager professionnel (pas entrepreneur), fusions et acquisitions, pas d'innovation, sous-traitance à l'étranger des composants les plus complexes (donc perte du savoir-faire de l'entreprise). 
  • Mais le pays est exceptionnellement propice à la start up. 
Commentaire 

Les travaux de Michael Porter affirment, de manière inattendue, que la puissance de l'économie est intimement liée au modèle culturel d'un pays. Plus ce modèle veut le bien de ses citoyens, plus, par exemple, il pousse ses normes environnementales, sanitaires ou sociales, plus son économie est forte. Paradoxalement, le socialisme est bon pour l'économie ! 

Or le modèle américain, comme le modèle anglais, est un modèle de classes. Ils s'accommodent très bien d'avoir des miséreux, des réserves et des ghettos, et des milliardaires. Et cela tient peut-être à ce que ce sont des sociétés individualistes. Car, on ne peut pas, seul, passer de gros obstacles. Le modèle bureaucratique "d'organisation machine", démiurge / exécutants, que revêt la coopération aux USA, n'est pas efficace pour faire autre chose que de la production de masse de faible exigence. 

En fait, on oublie que les USA sont un monde, relativement peu peuplé, qui pourrait vivre de ses propres ressources naturelles (et de celles de ses satellites). D'ailleurs, ce qu'ils appellent "world games", sont des championnats nationaux. Constatant qu'ils ne sont pas aussi magnifiques qu'ils croyaient l'être, ils pourraient très bien se replier sur leur territoire, et y rester d'autant mieux qu'ils perdront en compétitivité. 

mardi 14 septembre 2021

Paris, je te quitte !

Paris, je te quitte, est un site web qui aide les familles de Parisiens à s'installer en province. Voilà qui répond à un très vif besoin. Pas tant du Parisien, d'ailleurs, que de la province. 

En effet, c'est fou ce que le bon sens peut dire de sottises. En particulier, il reproche au Français, par comparaison avec l'Américain souvent, de ne pas être mobile. Mais sait-on ce que cela signifie être mobile ? Il ne faut pas seulement trouver un emploi, mais deux, il faut une habitation, des nourrices, des écoles, des universités, du sport, des hôpitaux... Or, ce dont souffre la province, c'est "d'attractivité", abandonnée des programmes de développement gouvernementaux (qui croyaient à une mondialisation des mégalopoles ? Façon Grand Paris ?), il lui manque beaucoup. Du coup, ses entreprises ne parviennent pas à recruter. Cercle vicieux. 

On oublie que les Etats américains sont des Etats, c'est à dire des pays, on y trouve tout, idem en Allemagne, d'ailleurs. 

Et c'est pourquoi, lorsque l'on est Français, vouloir partir de son territoire est extraordinairement compliqué et doit être un réel "projet de vie" géré en mode "changement planifié" ! D'où l'intérêt de Paris, je te quitte

Musique contemporaine, quel marché ?

Ecouter France Musique, c'est s'interroger sur la musique contemporaine. Sa particularité, c'est d'être atroce, et d'être présentée par des animateurs sinistres. Pour eux, la musique contemporaine, c'est un sacerdoce, probablement.

On découvre aussi qu'elle a certainement des difficultés à trouver son "modèle économique". France Musique, croyant probablement à la vertu de la publicité comme opium du peuple, a recours au matraquage. Est-ce efficace ? 

J'ai eu la surprise d'entendre qu'un élève de Schönberg avait fait fortune à Hollywood. Et, effectivement, la musique de Schönberg peut très bien convenir à un film. Particulièrement à un moment inquiétant. 

De tous temps, la musique a fait le bruit de l'argent. Car, il faut de l'argent pour payer le créateur. Et il doit faire ce qui plait à son commanditaire. Qu'il soit royal, noble ou papal comme ce fut les le cas pour Bach, Mozart, Beethoven, Pergolese et bien d'autres, ou qu'il soit pauvre, pour le jazz, le rock et autre folk. Et si la musique contemporaine employait cette voie ? Elle pourrait faire du Gerschwin ou du West side story à la Bernstein. Ou peut-être se repositionner "haut de gamme", événement sinistre et cher pour salon d'oligarque parvenu, nouveau phare de la culture globale ? 

Baudelaire et Flaubert vécurent de leurs rentes. C'est une autre solution. Notamment pour enfant d'oligarque. A condition de savoir aspirer à une gloire posthume. Et d'être discret.

lundi 13 septembre 2021

David et Goliath, l'association et la technocratie ?

Une association concurrence la SNCF, et elle prétend, bien que toute petite, être la plus efficace. L'effet d'échelle, qui a justifié toutes les stratégies de nos grands patrons serait-elle prise en défaut ? L'association mobilise le génie humain, la technocratie fait le contraire ? 

Ce que cette histoire a d'intéressant est qu'elle était le modèle qu'avaient en tête probablement beaucoup de Français avant la guerre de 40. Ils voyaient la France comme un juste milieu entre l'individualisme et le communisme. Un individu "très libre", avec une couche sociale, très fine. Un monde d'associations. Mais tout cela a été balayé par l'Etat technocratique, paternaliste, et massif. 

Crise des médias

Pourquoi nos journaux ne se vendent-ils plus ? On répond, généralement : Internet, ou "montée du mal" : le Français est manipulé par des puissances occultes. 

A un moment, j'ai beaucoup utilisé le "perceptual mapping". Idée très simple, en ce qui concerne les journaux : ceux qui vous lisent vous ressemblent. Or, que trouve-t-on dans les pages du Monde, par exemple ? Les nouvelles des USA, avec un jour de retard, le traitement scientifique de questions de sexualité exotique, des résultats sportifs pour intellectuel cool. Bref, le coeur de cible du Monde, c'est le Bobo, et celui qui se prend pour un Bobo, ou peut-être encore plus justement, le soixante-huitard. Bref, c'est maigre. 

Et si nos journaux se demandaient qui sont les Français ?

dimanche 12 septembre 2021

La France changerait-elle ?

On n'en parle pas beaucoup, mais le gouvernement semble avoir adopté une méthode de changement révolutionnaire, eu égard à la tradition du jacobinisme français. Il signe des contrats de relance avec les "territoires", en donnant les moyens de les mettre en oeuvre à ceux qui en manquaient (ingénierie de projet). Et cela semble marcher, les collectivités locales y mettent, effectivement, du leur. Souci "d'équité territoriale" écrit-on. (Article.)

Lorsque je lis ce qui se dit sur sa réforme de l'enseignement, je me demande si le souci du gouvernement n'est pas cette fameuse "équité". Essaierait-il de réparer les dérives du passé ? 

Si c'est le cas, pourquoi ne le dit-il pas ? Fameux phénomène dont parle Michel Crozier : en France, on a le droit de bien faire, mais seulement à condition de ne pas le dire ?... 

Juger le passé

Husserl et Heidegger disent, apparemment, que la pensée est une construction sociale. Bref, croire que la nature est mathématique est idiot. Car les mathématiques ont demandé toute une histoire pour s'élaborer. Chaque étape de la pensée collective a produit une interprétation différente de la nature. La dernière en date n'a rien d'une vérité absolue. 

Voilà qui semble probable. Mais aussi qui fait de notre attitude actuelle un paradoxe. Pourquoi cette tendance de l'intellectuel à juger le passé à l'aune de la doxa moderne ? Pourquoi déboulonner des statues ? D'ailleurs, à y bien regarder, nos ancêtres ne sont-ils pas tous coupables de quelque-chose qui va à l'encontre de la morale dominante ? Pourquoi réécrire le passé, comme l'ont fait les Soviétiques ? 

L'intellectuel est un individualiste obsédé par la pureté et qui est incapable de concevoir que l'histoire de l'humanité soit un mouvement social éminemment complexe, et éminemment bon, puisque nos purs idéaux en sont le résultat ?