samedi 26 mars 2016

L'enfance d'un prédateur

On m'a raconté l'histoire suivante. Un adolescent est expulsé de son lycée, pour cause de comportement (vaguement) illicite. (Le nouveau directeur voudrait-il améliorer le taux de succès de son établissement au bac ?) Par ailleurs on constate que l'enfant semble naturellement doué pour exploiter les failles humaines. Ce qui pourrait le prédisposer à être un prédateur ou "pervers narcissique". 

L’éducation nationale, fabrique du prédateur ?
Je crois avoir compris comment on fabrique des prédateurs : on ne leur dit pas "tu ne fais pas bien", mais "tu n'es pas bien". Dans ces conditions, l'individu concerné par ce jugement ne change pas, puisqu'il croit qu'il ne peut pas changer. En même temps il n'est probablement pas possible de vivre si l'on pense "ne pas être bien". Sentiment d'injustice. Mais il découvre qu'en suivant ses penchants, il peut avoir de grandes satisfactions. Or, ne pas bien faire, c'est aller contre la société. Or, c'est cette société qui rend possible la condition d'être humain. Ne pas bien faire c'est devenir un prédateur.  

Mais c'est peut-être bien d'être un prédateur ! me direz vous. Après tout; il éprouve une grande satisfaction à causer le malheur. Il se nourrit de ses proies. Dans notre monde d'angoisse, le prédateur est peut-être le seul homme heureux ! Je ne le crois pas. 1) Il est possible que son bonheur, malsain, ne soit pas de la même qualité que celui des autres (on n'a probablement pas inventé mieux que l'amour) ; 2) le prédateur crève misérablement quand il n'a plus de proie. Soit qu'il n'ait plus la force de chasser, soit que ses proient l'aient isolé.

Il faut donc aider les prédateurs à découvrir que les règles de la société ne sont pas inamicales...

(Et cela c'est un grand changement, en premier lieu pour notre corps enseignant. Issu des nobles idées de 68, il produit industriellement le prédateur en pensant le combattre.)