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lundi 3 février 2014

Target costing : le retour

Ce blog dit que nous revenons à une période de pénurie (un exemple). Les entreprises font face à un marché en crise. Il va de plus en plus leur imposer des prix qui sont au dessous de leurs coûts.

Il y a une technique pour ce type de situation : le target costing. Elle est relativement simple à comprendre, quoi que difficile à mettre en œuvre. Il s’agit de se donner un objectif de rentabilité et de s’assurer en permanence, de la conception à la vente du produit, qu'elle est au niveau voulu. On met en place une sorte de système (au sens systémique) qui, continûment, mesure l’écart entre prix et coûts et peut être amené à réinventer l’organisation de production de façon à atteindre l’objectif (difficulté).

Le target costing serait apparu chez Toyota en 59. Il a ensuite été adopté par l’ensemble de l’industrie automobile. Mais sous une forme tronquée. Alors qu’au Japon, le principe de la démarche était une mobilisation du génie collectif (notamment celui des sous-traitants), en Occident, on a préféré le rapport de force. Ce qui n’est pas durable : ça compromet la survie des sous-traitants, en particulier, et ça ne stimule pas la créativité du groupe. Or, c’est le principe même du target costing, qui est une sorte de changement permanent.

Le target costing bien compris ne conduit donc pas au licenciement, mais à l’innovation. Et il est anti déflationniste puisqu’il permet de s’assurer que l’on ne vend jamais un bien au dessous de sa valeur. Si votre client veut « moins cher », il aura « autre chose ».

Tout ceci demande un management (notamment de terrain) compétent et résolu et une culture du contrôle de gestion développée. Ce que peu d’entreprises françaises ont. En revanche, elles possèdent peut-être l’essentiel : la culture de l’exploit.

(Quelques références :
  • Target Costing and Kaizen Costing in Japanese Automobile Companies, Monden and Hamada, Journal of Management Accounting Research, automne 1991. 
  • Toyota Motor Corporation : Target Costing System, Robin Cooper et Takao Tanaka, Harvard Business School, 1997. 
  • Restoring the relevance of Management Accounting, Tochori Hiromoto, Journal of Management Accounting Research, Automne 1991. 
  • Japanese Cost Management Practice, Robin Cooper, CMA Magazine, Octobre 1994.)

jeudi 9 octobre 2008

Le changement ne coûte rien

Le changement c’est changer l’organisation pour que l’homme n’ait pas à changer.

Le changement c’est vouloir faire ce que l’on ne sait pas faire. (Voir Définition de changement.)
Aujourd’hui on pense que pour cela il faut de gros moyens. Exemple : vous ne savez pas maintenir votre multinationale à l’équilibre, investissez 100 ou 150m€ dans un logiciel ! Il va contrôler votre société.
Et bien ça ne marche pas.

Ce qui empêche votre organisation d’obéir à vos désirs, c’est les règles (explicites ou non) qui la pilotent et qui lui dictent de faire ce qu’elle a toujours fait.
Pour changer de cap, il faut changer ces règles, et ça ne coûte rien, ou quasiment rien en comparaison des 150m€ précédents. Exemples ?
  • Le problème de contrôle évoqué ci-dessus peut venir de ce que les usages de conception de vos bureaux d'études entraînent nécessairement des moyens de production coûteux (usines, machines, ingénieurs...). Ajoutez à vos processus de conception et de fabrication une mesure de marge et imposez à vos équipes une marge objectif. Accompagnez le processus jusqu’à ce qu’il marche. Sans logiciel, la rentabilité de votre société se redresse. C’est la technique du target costing.
  • Toutes les entreprises sont équipées de progiciels de gestion. Pourquoi ont-elles besoin, parfois tous les 5 ans, d’en acheter de nouveaux ? Acquisitions de sociétés et incompatibilités de logiciels ? Mais pour piloter une entreprise il faut un tout petit nombre d’indicateurs (ce que le contrôle de gestion appelle les facteurs clés de succès) ! Ces indicateurs peuvent être extraits des logiciels existants et présentés proprement, en temps réel, aux managers concernés. Et ça ne demande pas 150m€ ! (même pas 1.)

Compléments :