D.H. Lawrence, un petit polisson ? N'est-ce pas lui qui a écrit Lady Chatterley ?
Cette sélection de nouvelles (DH Lawrence, Selected short stories, Brian Finney, Penguin classics, 1982) raconte une autre histoire. Avec Lawrence, il n'y a pas de bien et de mal. Il y a la complexité, la différence, l'ambiguïté, l'incertitude, l'inconnu. C'est cela qui fait la beauté de la vie. C'est ce que veut combattre la société, du coup, elle crée des êtres vides, des fantômes, des Anglais. La vie saine est anti absolus. C'est l'équilibre entre des objectifs inatteignables. C'est l'absence de règles. C'est un exercice de tous les instants, un équilibre fragile, qui peut rompre, et qu'il faut maintenir, on ne sait pas comment, par miracle. Elle est du côté du peuple, et du primitif, non de celui de l'élite et de la civilisation.
La forme du récit est inhabituelle. D.H. Lawrence est aussi bien, voire plus, dans la tête et les sentiments des femmes que des hommes. Le personnage principal apparaît rarement en premier. Et ce qui lui arrive se produit sans avoir été annoncé, comme par miracle. Plus curieusement, la succession des réactions des protagonistes est imprévisible, et surprenante.
Quant aux nouvelles, elles évoluent avec la vie de D.H. Lawrence. Elles commencent dans les campagnes, les mines de charbon et les aciéries de l'Angleterre profonde de la fin du 19ème siècle, avant de passer par l'Allemagne, prussienne et militaire, puis de s'achever dans la classe des intellectuels. Privés de coeur, leur parcours est le seul à être prévisible.
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dimanche 1 mars 2020
mercredi 2 décembre 2015
Sons and lovers de DH Lawrence
Au début du siècle dernier, histoire du rapport étroit entre une mère et son plus jeune fils. Famille de mineurs, mais pas de misère ici. Au contraire, on semble vivre plutôt bien. La mère vient de la classe moyenne. C'est, en fait, une intellectuelle. Et, rapidement, la rudesse de son époux ne lui convient plus. Elle se reconnaît dans ce dernier fils qui partage ses intérêts.
Ce qui me surprend dans ce livre, c'est la franchise des propos. Il n'y a pas de place pour le diktat de la morale ici ou pour une vision de ce qui pourrait être le bien. Les personnages disent ce qu'ils ont sur le cœur, et font selon leur gré. Et cela se passe bien. Surtout, cela me frappe souvent dans le roman anglais, c'est fou ce qu'il y a de vie dans ce livre. J'ai l'impression qu'en France on cherche à atteindre des vérités éternelles. Du coup, on fait du sec et du vide. En Angleterre, on parle de soi, et on touche quelque chose d'universel...
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