Marronnier de ce blog. L'économie de marché comme trouble à l'ordre public. Les plates-formes de location d'appartements ont produit, dans certaines villes, une explosion des loyers, ce qui interdit à la population locale de se loger. Ailleurs, il y a eu excès de l'offre sur la demande, et effondrement des prix. Donc réduction de l'offre...
Apparemment, Lisbonne a choisi une alternative dont parlait ce blog : le communisme. Le logement devient un "bien commun". La ville se substitue aux plates-formes de location pour gérer l'offre et la demande d'appartements. Les propriétaires deviennent des salariés de la ville.
Vont-ils y perdre ? Pas nécessairement la majorité d'entre-eux. Beaucoup de propriétaires cherchent essentiellement à maintenir leur bien en bon état, et ils n'aiment pas la location court terme, qui produit des revenus incertains. Aujourd'hui nombre d'entre eux laissent leurs logements inoccupés. Il est possible qu'une ville qui saurait correctement administrer et entretenir son parc locatif générerait une offre d'appartements bien supérieure à celle d'AirBnB.
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vendredi 31 juillet 2020
lundi 28 mars 2016
Les conséquences imprévues d'Airbnb
Un ami me faisait remarquer qu'Airbnb permet de faire payer l'hébergement chez soi au prix d'une chambre d'hôtel. Du coup, il est bien plus rentable de proposer un bien en location saisonnière qu'en location permanente. Dans le villes courues par le touriste, comment va faire le petit peuple pour se loger ? (Exemple de San Francisco.)
Nous avons eu la tentation de laisser au marché le soin d'administrer les affaires humaines. Ce n'est pas être pas une bonne idée. Ce type d'exemple montre que nous ne sommes pas égaux devant le marché. Il amplifie considérablement l'avantage qu'apporte la richesse.
mardi 27 octobre 2015
Airbnb et les lois du marché
Airbnb est attaqué par certains résidents de San Francisco. La raison en est qu'un afflux de touristes produit une inflation galopante des prix des locations. Ici comme ailleurs, San Francisco paie les pots cassés du numérique.
Le numérique, du moins tel qu'il est utilisé aujourd'hui, joue essentiellement sur les mécanismes de marché, et les dérègle ?
dimanche 15 mars 2015
Airbnb : effet pervers ?
Histoire arrivée au beau-frère d'un ami. Il loue un appartement en Angleterre par l'intermédiaire d'Airbnb. Il découvre qu'il a une unique fenêtre ! Les photos qui le présentaient ont été prises de telle façon que l'on ne s'en rendait pas compte. Mais il a donné cinq étoiles au logement. Pourquoi ? Parce que le loueur note aussi le locataire. Et que si ce dernier n'a pas le maximum d'étoiles, il aura du mal à louer. Bref, il semblerait que le système de notation d'Airbnb soit victime d'un effet pervers.
mardi 13 janvier 2015
Airbnb : prends l'oseille et tire toi ?
Mon enquête sur les dessous du numérique m’a amené à
demander à un spécialiste de m’expliquer ce qu’était le modèle de
Airbnb...
Internet a permis d’étendre le marché de la location au-delà de l’offre traditionnelle, au logement du particulier. Un point critique pour le développement de ce marché était d’assurer un minimum de sécurité à la transaction. C’est ce qu’a apporté, en partie, Airbnb. (Airbnb n’est ni seul sur ce marché, ni le premier à y être entré.)
Cette sécurité est, d’abord, financière. L’offreur de
logement est payé un jour après que le locataire soit entré dans les locaux.
Ensuite, il y une « pseudo »
sécurité quant à la qualité du logement et du locataire. En effet, il y a un
système d’évaluation et de commentaire sur l’un et l’autre qui apparaît sur le
site de Airbnb. En fait, comme ailleurs, peu de personnes font des
commentaires.
Le système est assez compliqué à utiliser. Rançon de
l’amateurisme des propriétaires, il est difficile de savoir si une offre est
acceptée, et même, une fois qu’elle l’est, s’il ne va pas y avoir changement d’avis !
Ce qui peut arriver alors que l’on a acheté son billet d’avion… La tactique gagnante
consiste à faire des offres à plusieurs propriétaires en espérant que sur
l’ensemble l’une sera retenue.
Quand à la qualité du produit : « le service est donné par le propriétaire. Il
peut être fantastique. Ou la photo a été retouchée avec Photoshop, ce qui est
souvent le cas... Il n’y a aucun contrôle. Ils partent du principe que si ce
n’est pas bon, ça se saura. » Globalement « l’expérience client », « n’est pas géniale ».
« C’est du moyen / bas de gamme. » « Les locataires récurrents préfèrent louer par l’intermédiaire d’agences
qui garantissent une qualité de service. »
Mon interlocuteur a l’impression qu’il serait facile de
faire de Airbnb un excellent produit. Mais « ils ne sont pas dans la valeur pour leurs clients mais pour eux. »
« Ils sont dans une logique de ratissage. Internet permet de fluidifier le marché en étant global et
monopolistique. Ils cassent tout. »
« Ils sont très arrogants. Ils sont
dans l’esprit, je surfe et je bouffe tout ce que je peux. » « Ils sont très riches et ont de très bons
lobbyists. » « Ils ont tellement de moyens, ils écrasent tout. »
C’est ainsi que Airbnb a séduit le gouvernement français et la mairie de Paris « en acceptant de collecter la taxe de séjour auprès du propriétaire, ce qui
lui a permis d’éluder la question du paiement de la TVA de 20%, qu’ils n’acquittent
pas contrairement aux acteurs locaux, et de la détention de la carte d’agent
immobilier. »
Y a-t-il création de valeur ? Pas simple d’y voir
clair. D’un côté, c’est une attaque de l’hôtellerie. De l’autre, cela développe
probablement le tourisme, avec tout ce qui va avec, voyages, restauration…
Airbnb « a
plus une attitude de développement à tout crin en volume sans chercher à
garantir la qualité du service pour les clients et au mépris des législations
locales (pas de vérification de la légalité du loueur) » que la
volonté de la création d’une entreprise durable. Et ce probablement parce que l’opportunité
qu’exploite Airbnb va vite disparaître. « Actuellement, il n’y a pas assez d’appartements pour les gens qui
veulent voyager. Ce ne sera pas le cas dans dix ans ». Airbnb est donc
dans une logique d’essorage du marché. Il prend 17% de la transaction « pour un service extrêmement limité, la
valeur du service fourni est plutôt de l’ordre de 10%, voire quelques pour cent
pour des sites d’annonces qui ne gèrent pas les fonds. » Il devrait y
avoir consolidation du secteur. Airbnb pouvant être acheté par un acteur plus
gros.
Que restera-t-il une fois que la poussière sera
retombée ? Difficile de le dire. Il est possible qu’il y ait banalisation
dans la médiocrité. L’hôtellerie traditionnelle étant réservée aux gens très
riches.
jeudi 23 octobre 2014
Airbnb condamné : la fin des "disrupteurs" ?
A state government report into Airbnb’s home letting service in New York called for more regulation of the sharing economy, after finding that 72% of its listings in the city were illegal and broke one code or another. It also found a notable concentration of multiple properties let by the same individuals; 6% of landlords took 37% of the revenue. (The Economist)
L'économie traditionnelle aurait-elle trouvé le point faible des pirates du "digital" ? Justement, que ce sont des pirates ?
(Dans la même série. Le Financial Times titre : TV’s big guns take on the disrupters, New streaming services from HBO and CBS show how the networks are fighting back.)
(Dans la même série. Le Financial Times titre : TV’s big guns take on the disrupters, New streaming services from HBO and CBS show how the networks are fighting back.)
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