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mercredi 7 janvier 2009

De l’intérêt de se faire massacrer

The Strategic Logic of Nonviolence me fait revenir aux techniques démocratiques de lutte contre l’agression (La démocratie en guerre).

Une technique m’a marquée. C’est celle utilisée par la classe ouvrière anglaise au 19ème siècle et par Martin Luther King, après guerre. Organisez des défilés non violents là où votre opposition est la plus susceptible de réagir de manière déraisonnable. Si elle vous massacre, vous avez marqué un point : l’opinion publique révoltée décide de vous accorder quelques droits.

Une condition nécessaire au succès de cette tactique pourrait être un minimum de démocratie.

Sur ces techniques voir Grand expectations, et l’article Peterloo du Wikipedia anglais.

dimanche 21 décembre 2008

Black swan

Film de Henry King, 1942.

J’ai une théorie sur le cinéma : ceux qui assistent à une séance on quelque chose en commun. Il y a homogénéité des spectateurs. C’est un moyen de découvrir les particularités de sa personnalité. Cette fois-ci la salle était faite de jeunes enfants, et de leurs parents. Point commun ? Peut-être une vision de ce qui est bon pour la jeunesse. Ce qui nous plaisait à son âge ? J’aurais volontiers amené ma plus jeune filleule voir ce film. Et elle l'aurait trouvé détestable.

D’ailleurs, il est effroyablement peu politiquement correct. Il s’ouvre sur le pillage d’une ville. Les mâles sont passés au fil de l’épée et les femmes enlevées par l'équipage du héros. En 65 ans, la morale a évolué...

Historiquement, tout est invraisemblable : les pirates s’y battent comme des mousquetaires (de film), les personnages ont des sentiments qu’ils ne pouvaient avoir en leur temps, et, pire, se mésallient sans arrière pensée. Les comédiens du 17ème siècle, qui jouaient au Grec en costume de leur époque, n’étaient pas plus ridicules que ces pirates.

Ce que nous cherchons dans l’art, ce sont des sentiments de notre temps. La vérité historique n’y a pas de place. Elle est d’ailleurs probablement incompréhensible.