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lundi 19 octobre 2020

La complexité de la démocratie participative

La Convention citoyenne était-elle représentative de la France ? Apparemment, mes doutes d'ancien sondeur ont été confirmés : le groupe n'était pas représentatif. Il était constitué de personnes motivées par la question (un biais bien connu). En revanche, ce que je n'avais pas prévu est que le groupe était solidement encadré par des "militants" de la cause environnementale. (Un article sur le sujet.) 

Ceux-ci ont été délégués par la présidence : voulait-on utiliser cette convention pour donner une légitimité populaire à des idées préconçues ? Mais cette légitimité peut-elle être acquise si le peuple ne se reconnaît pas dans ce qui sort des débats ?

Cette Convention était supposée être un premier pas vers la Démocratie participative. Démocratie participative : pas encore au point ?

(Lorsque je faisais des études de marché, je procédais comme un juge : j'instruisais un dossier. Il s'agit d'écouter toutes les opinions, à la recherche d'un dispositif qui leur convienne à tous. Il y avait des travaux de groupe. Leur rôle était de rechercher le "coup de génie", l'idée qui débloque le problème insoluble. C'est ce qui rendait mon métier passionnant. Je soupçonne que la "démocratie participative" devrait s'inspirer de cette expérience.)

vendredi 18 septembre 2020

Le problème de la 5G

Si vous ne voulez pas de la 5G, vous êtes un retardé, un Amish, nous dit notre président. Bravo, président philosophe, ça c'est de la pensée !

A lui s'oppose l'éternel clan des écolos. La 5G est dangereuse.

On entend aussi que cela nous met aux mains des Chinois. Juste ?

Curieusement, personne ne se demande si cela sert à quelque chose, cette 5G. Or, les usages semblent rien moins qu'enthousiasmants : en gros, jeux vidéos, films et Internet des objets, une mode qui semble avoir fait long feu. Ne pas être un Amish, c'est se farcir des jeux et des divertissements toute la journée ?

A moins que l'on nous ressorte le fameux argument du débit, qui a fait les joies de l'administration lors de la bulle Internet : le débit crée les usages ? Ce qui n'a pas marché il y a 30 ans, marcherait-il maintenant ?

Et, au fait, quel est le risque d'attendre, et de ne démarrer que lorsque les autres auront montré l'intérêt de la technologie ? Après tout, c'est une stratégie qui réussit depuis la nuit des temps, récemment en Chine : vous repérez ce qui marche à l'étranger, vous encouragez des champions locaux, vous leur réservez un marché local ; une fois qu'ils sont grands, vous ouvrez vos frontières.

Démocratie participative, nous dit M.Macron : et s'il mettait ses actes en cohérence avec ses paroles ?

mercredi 12 août 2020

Feed back loop

Feed back loop / boucle de rétroaction, je n'ai entendu parler que de cela pendant mes études. C'est fondamental, et pourtant c'est oublié.

Pour contrôler un "système", il faut, simplement, savoir ce qui s'y passe. Et réagir en fonction. Les anglo-saxons ont un terme qui est peut être plus pédagogiquement efficace : "skin in the game".

La France, depuis toujours, rejette cette idée. Pour elle, il y a une vérité absolue, qui doit être appliquée en force. Voilà ce qui fait qu'il y a des révolutions et des vagues de "dégagisme". Quand on ne comprend pas ce qui se passe dans un pays, quand on n'a pas une bonne feed back loop, on a de violentes surprises.

Serait-ce ce que la "démocratie participative" de M.Macron essaie de corriger ?

samedi 18 juillet 2020

De Jupiter à César ?

M.Macron serait il tenté par le Césarisme ?

Officiellement, le virage qu'a pris le gouvernement s'appelle "démocratie participative". Ce qui n'est pas loin d'être un oxymore. Car le terme même de "politique" correspond à la gestion de la cité (polis) par le citoyen.  C'était le cas à Athènes. C'est aussi ce que fait un syndic de copropriétaires. Mais ce mot peut aussi cacher un des aspects curieux de notre culture.

J'ai noté très tôt dans ma vie professionnelle, qu'il y avait un grand moment dans le changement réussi : lorsque le dirigeant français entre en prise directe avec ses collaborateurs. D'un seul coup, il se débarrasse de tout ce qui lui avait servi à gérer l'entreprise jusque-là, et, qu'au fond, il exècre ("les fonctions support", les consultants, etc.). Et il se passe une transformation étrange : les défauts des uns et des autres deviennent des qualités. En particulier, l'esprit abstrait du dirigeant, si propre au Français, et qui est raillé pour son manque de sens pratique, se met à faire des miracles. Il tranche vite et bien, il résout les problèmes insolubles, et il invente une stratégie simple et brillante. On ne le dit pas, le Français est pudique, mais on s'admire.

Voilà, aussi, ce que l'on appelle le "césarisme". Et cela n'est pas bien vu. Car ce type de gouvernement tourne généralement mal. Comme cela a été le cas avec les deux Napoléon, et peut-être avec Charles de Gaulle, le leader charismatique peut perdre le contact avec la réalité. Il oublie qu'il n'est pas un Dieu. Mais ce n'est pas la seule issue possible.

Le César qui tourne bien s'appelle "servant leader" dans les livres de management d'après guerre. Il comprend, il incarne, mais il ne va pas plus loin. C'est peut-être Clémenceau. (Biographie.)

lundi 13 juillet 2020

Conseil Economique Social et Environnemental et démocratie participative

La démocratie participative, nouvelle mode ? Le gouvernement a demandé au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) d'organiser des consultations des citoyens. La Convention Citoyenne pour le Climat, c'est lui, et ça ne fait que commencer. "Le projet de loi organique réforme le Conseil économique, social et environnemental (CESE), amené à jouer un rôle dans le développement de la démocratie participative. Le CESE devient le "carrefour des consultations publiques" et le conseil des pouvoirs publics. Son fonctionnement est modernisé et sa composition revue." (lit-on ici.)

Qu'est-ce que le CESE ? On le présente, surprise, comme la troisième chambre de la République, après celle des députés et le Sénat. Il est constitué de "représentants sociaux". Il est consulté plus ou moins obligatoirement au cours du processus législatif. Mais on s'est longtemps demandé s'il avait une utilité. Avant sa réforme, il semblait promis à la casse. (Il se trouve que je l'ai rencontré lors d'une mission, j'en ai retiré l'impression que nos institutions étaient tombées bien bas.)

Ce "machin" (au sens de De Gaulle) sera-t-il un outil démocratique efficace ? On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs ?