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jeudi 8 septembre 2022

La souveraineté commence par la pensée ?

Nicolas Dufourcq, dans son dernier livre, observe que notre “élite” est facile à manipuler. 

En se limitant au domaine que je connais le mieux, il est effectivement frappant de constater à quel point elle absorbe aisément ce dont l'entreprise a fini par se méfier, ce qu’en anglais on nomme les “modes de management” (management fads), que l’on retrouve sur la “hype curve” du Gartner group. 

Depuis la “bulle internet”, et ses “autoroutes de l’information”, et son “c’est le débit qui va créer l’usage”, elle paraît curieusement sensible aux campagnes de marketing des grandes sociétés étrangères. Bien souvent, elles semblent avoir écrit les rapports que publient ses hauts fonctionnaires. 

Pourquoi ? Cela tient probablement en grande partie à ce que nous n’avons plus qu’un “exécutif”. Cet exécutif n’a, par définition, pas de capacité de traitement de l'information. 

On a découvert que notre pays était dépendant du reste du monde, pour les biens essentiels. Et si la première souveraineté à retrouver était celle de la pensée ? Nous devons réapprendre à penser par nous-mêmes ?

Et cette pensée, si elle veut être la nôtre, ne peut venir que de l’intérieur du pays ?

(Le rôle du "législatif" est de capter cette pensée. Parce que l'on jugeait qu'il ne fonctionnait pas bien, on l'a éliminé, au lieu de chercher à comprendre la cause du mal...) 

mercredi 3 août 2022

Guerre de Taiwan

Mme Pelosi rend visite à Taiwan. La Chine laisse entendre que son avion pourrait être abattu. (Politico.eu, hier matin.)

La probabilité d'invasion de Taiwan par la Chine grandit dangereusement. Que fera l'Ouest, si c'est le cas ? 

Encore plus de sanctions ? Cette fois, il n'y a plus de supply chain mondiale. La Chine fabrique tout. (Et, accessoirement, l'Allemagne est en faillite.) 

Et si l'on envisageait sérieusement cette question de "souveraineté" ? 

mercredi 29 juin 2022

Conseil national de la résilience alimentaire

L'autre jour, j'ai découvert le "conseil national de la résilience alimentaire" (CNRA). 

Son idée est que nous ne faisons rien pour assurer notre souveraineté alimentaire, au contraire. (En dehors, bien sûr, d'en parler.) Ce groupement des "parties prenantes" de l'agro alimentaire a pour mission d'amener les territoires français à passer à l'action, en leur apportant stimulation et méthodes, simples et de bon sens. 

Voilà qui est nouveau ! Car le travail que je mène depuis trois ans montre que notre pays n'est qu'initiatives intattendues. Il semble, quelle que soit la question, même la plus complexe, qu'il y a toujours quelqu'un, quelque part, qui, dans son coin, l'a résolue. Et même lui a trouvé une solution étonnamment élégante. Or, tout ceci ne fait pas "boom". Nous ne sommes qu'idées disparates qui ne se diffusent pas. 

Pour une fois, il semble qu'il y ait ici un désir d'action systémique. 

(A suivre.)

samedi 15 mai 2021

Qu'est-ce que la souveraineté ?

On parle de souveraineté. Qu'entend-on par là ? Comme souvent tout est une question de définition. 

On entend parfois que souveraineté signifie autarcie. Etre auto suffisant. Mais peut-on être auto suffisant dans un monde qui change ? Les Chinois furent auto-suffisants, ainsi que les Indiens d'Amériques. Mais comme ils ne participaient pas au changement mondial, ils ont été balayés. 

La souveraineté c'est donc, probablement, pouvoir dévaler le torrent du changement, sans boire la tasse. C'est à dire tenir sa place dans l'écosystème des nations. J'ai besoin de l'autre, et il a besoin de moi, c'est pour cela qu'il ne peut pas me couper les vivres. Peut-être mieux, toujours dans la logique d'écosystème naturel, c'est pouvoir remplacer un maillon défaillant par le reste de l'écosystème ?

dimanche 28 février 2021

Réindustrialiser la France

Dans les années 70, que l'avenir soit au service faisait consensus parmi les élites occidentales. La France s'est désindustrialisée. Et elle est allée, dans ce domaine, beaucoup plus loin que des pays comparables. 

Les conséquences de cette politique étaient visibles depuis longtemps, en termes de chômage, des malaises sociaux associés, de désertification rurale, et de déficit du commerce extérieur. Mais, apparemment, il a fallu l'épidémie, et les failles béantes qu'elle a révélées (santé, télécom, numérique...), pour que nos gouvernants prennent conscience que le pays avait perdu sa "souveraineté". 

D'où des propositions d'économistes pour "réindustrialiser" le pays. 

Bonnes idées ? Le changement est un processus long, qui commence par une prise de conscience. C'est elle qui compte...

lundi 4 janvier 2021

Souverainisme ou du bon usage des mots ?

Souverainisme ? Hier, cela sentait le soufre et le FN. Maintenant, on en arrive à se demander si tous ces gens qui semblaient être passés de l'extrême gauche à l'extrême droite (Chevènement et autres Debray) n'étaient pas en avance sur leur temps. Et si l'altermondialisme, si proche de la "relocalisation" et des circuits courts post coronavirus, n'est pas un souverainisme. 

Souverainisme = humanisme ? La mesure de toutes choses n'est pas le PIB, mais l'homme ? Les experts et leur parole d'autorité, aux vestiaires ? L'homme est souverain de son destin ?

Pensons-nous correctement ? Un nouveau concept (souverainisme dans ce cas) apparaît, on l'approuve ou le désapprouve, par un raisonnement superficiel. Nous jugeons à l'apparence ? Mais aussi, du danger des mots ? Ce ne sont pas des solutions, mais des problèmes ? Croire qu'avec un mot l'on tient une solution, c'est le début des problèmes ? Tout le combat d'une forme de souverainisme ?

samedi 7 novembre 2020

Tous souverainistes ?

Il n'est plus question que de souveraineté nationale et de re localisation. J'entendais M.Galois rappeler que c'était le combat de M.Chevènement, et qu'il n'avait pas été toujours bien vu. 

Ce n'est pas la girouette qui change... ?

jeudi 10 septembre 2015

Corbyn : hirondelle qui change l'Europe ?

"Jeremy Corbyn No More War crop" by Garry Knight from London, England - 
Jeremy Corbin [sic]. Licensed under CC BY 2.0 via Commons.
Jeremy Corbyn leader des travaillistes anglais ?

Le succès de cet inconnu surprend la presse anglaise. Car elle pensait que les travaillistes avaient été punis pour le gauchisme de M.Milliband. Or, ils iraient encore plus à gauche. On présente M.Corbyn comme un soixantehuitard fossile ayant les pires fréquentations. Un article de la Tribune fait un point sur cette question :

M.Corbyn ne devrait pas survivre longtemps ! Il a tout le monde contre lui. Et il fait tout pour cela. Ses pires ennemis sont les cadres de son parti : plutôt la droite que lui ! Pire, il prend l'opinion à rebrousse poil. Il dit le contraire des idées reçues. Surtout, il a un discours fort peu démago. Certes il veut rééquilibrer l'activité de la société en faveur des démunis, qui votent de moins en moins pour les travaillistes et de plus en plus souverainistes, écologistes ou indépendantistes écossais. Mais il veut le faire par des moyens bien tristes à l'aune du Marxisme : par exemple, il pense que le déficit anglais (très supérieur au nôtre) est lié à un cercle vicieux : le régime fiscal anglais est très favorable aux entreprises, mais le surcroît d'activité qui en résulte, dont la captation d'entreprises étrangères, ne compense pas le manque à gagner. 

S'il y a changement de la gauche anglaise, ce n'est peut-être pas celui que l'on dit. Après avoir cru au père Noël, d'abord keynésianisme irresponsable puis amour blairiste du marché tout aussi aveugle, elle entrerait en contact avec la, terne, réalité ?

Les Anglais ont été les pionniers de la libéralisation de l'économie. Ce revirement, sans lendemain ?, annonce-t-il un changement politique européen ?

(PS.
  1. Depuis que j'ai écrit ce billet, Jeremy Corbyn a été élu : une analyse des conséquences de l'événement : "one thing looks certain: British politics is about to change in a dramatic way."
  2. A y bien réfléchir, j'ai probablement tort. Le retour d'une forme de "hard left" a peut-être été annoncé par Syriza. Un changement serait en cours ? Et ses voies sont impénétrables ?)
(P2. Corbyn, à la chambre.)