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mardi 9 août 2022

L'humanité a-t-elle toujours tort ?

Les livres de mon enfance feraient horreur à l'homme moderne. 

Bientôt, nous vivrions dans les étoiles, ou sous les mers, et mangerions des pilules, lisait-on. Le progrès était matériel, et il était bon, par principe. La mission de l'homme était d'imposer sa loi à la nature. Aux USA, on rasait des montagnes. Des machines en extrayaient le charbon, qui était acheminé automatiquement à d'énormes usines. Les Soviétiques utilisaient l'énergie atomique pour des travaux de génie civil. Dans un film de Paul Newman, une adolescente bombarde des plantes de rayons gamma, pour obtenir des mutations qui seront utiles à l'humanité... C'est l'avènement du pétrole, de la chimie du pétrole, du plastique... Le commandant Cousteau, que l'on appellerait aujourd'hui un touriste, se disait "scientifique", et faisait des expériences "scientifiques", qui consistaient à utiliser des explosifs pour compter les cadavres de poissons qui remonteraient à la surface... Le moindre prix Nobel arrêtait ses recherches pour écrire des livres pédagogiques et nous expliquer, à nous pauvres types, qu'il avait vu la lumière, et ce qu'était la nature... 

L'homme est-il condamné à se tromper ? Jusqu'à l'erreur de trop ? 

Il se peut aussi que l'évolution se fasse par étapes. Chaque étape prépare la suivante. Pour qu'elle réussisse, il faut "y croire" ? Mais il ne faut pas s'entêter ?

mercredi 22 juin 2022

Variole du singe

Variole du singe. Depuis quelques mois, il en est question. 

La variole n'est pas une maladie comme les autres. C'est la première qui ait été vaincue par le "progrès", sous les espèces du vaccin. 

Si la variole revient, cela signifie peut-être que nous avons vécu une parenthèse bénie. Et si tout recommençait comme avant ? 

Cela signifierait que nos "activistes" qui s'en prennent violemment à notre société, porteuse du mal, feraient bien de s'interroger sérieusement sur la réelle nature du dit "mal". Cela signifierait aussi qu'il faut nous demander ce qui fait que notre "progrès" ne marche pas. Ce qui nous donnera peut-être des idées plus pertinentes. 

jeudi 16 juin 2022

Le rayon vert de Jules Vernes


Aventures au pays de Walter Scott. La fille prodigue de deux oncles gâteaux part avec toute sa maisonnée à la recherche du "rayon vert", qui va lui révéler la réalité de ses sentiments. De déconvenue en déconvenue, ils s'éloignent de la civilisation. Ils découvrent l'Ecosse à son plus sauvage, les îles des Hébrides, battues par les tempêtes, qui traversent l'Atlantique, pour se fracasser sur cette pointe avancée de l'Europe. Comme le Club des 5, ils s'installent dans une grotte. 

Jules Vernes, c'est le progrès triomphant. La gloire de l'homme de science. Eh bien, cette fois, c'est tout le contraire. Le scientifique est ridicule, c'est une sorte de savant Cosinus. Les héros du roman sont deux nobles esprits romantiques. 

Jules Vernes aurait-il eu des remords ? Aurait-il pensé que le regard du scientifique rendait, à tort, le monde absurde ? Qu'il passait à côté de tout ce que la vie a de beau ? Qu'il y avait une "vérité alternative" comme le dit M.Trump ?

mercredi 8 juin 2022

Plombés

Quel âge a la terre ? Le même que celui des météorites. Or, les météorites contiennent de l'uranium, qui, à une vitesse connue, se transforme en plomb. Un scientifique décide donc d'analyser une météorite. Seulement, pour cela, il ne faut pas de trace de plomb dans son laboratoire. Or, il a beau faire ce qu'il veut, il en trouve partout : dans les tables, les chaises, la peinture, ses cheveux, sa peau... Il lui faudra plusieurs années pour créer un environnement sans plomb, et faire ses mesures. 

C'est alors qu'il est parti en croisade contre le plomb. Il est allé chercher sa trace dans les neiges polaires. Et a trouvé que la pollution au plomb commence avec la révolution industrielle, puis connaît une brutale envolée dans les années 30. Pourquoi ? On ajoute du plomb à l'essence. 

Ses découvertes n'ont pas fait beaucoup de bruit. Mais, tout de même, il y a moins de plomb dans l'essence et dans notre vie que de son temps. Environ 25 fois moins, si j'ai bien compris. Mais cela fait tout de même 100 fois plus qu'avant le début de la contamination. En tous cas, cela aurait eu un impact notable sur le QI de la population. 

Au fond, la révolution industrielle fut l'âge de l'innocence. L'idéologie du "progrès" régnait. Ce que fait l'homme est bien. La nature, c'est le mal. Illustration de "l'éthique de conviction", et de son danger : qui veut faire l'ange finit plombé ?

(Inspiré par une émission de Radiolab, diffusé par la BBC.)

jeudi 2 juin 2022

Cauchemar numérique

J'achète Office 365. Jusque-là le logiciel était installé sur mon ordinateur. Pas cette fois. Il est tout cloud. 

Il y a bien une version téléchargeable. Seulement, j'ai découvert, au moment de payer, qu'elle était en option. Et j'en ai marre de me faire exploiter. De toute manière, j'utilise déjà un équivalent Office, fourni par Apple, qui est plein de bugs, mais qui permet de générer le format Office. 

Tout commence mal. Déjà, procédure compliquée, qui me demande de créer une nouvelle adresse mail, avec un nom de domaine Microsoft pour ma société, avec un nouveau mot de passe (ce machin qui est stocké quelque-part, mais qui ne semble jamais marcher quand on en a besoin). 

Le logiciel, qui doit être accessible une heure après passage du contrat, ne l'est pas. Je finis par contacter l'aide Microsoft. Après un "chat" avec un anglophone et son système de traduction, je suis envoyé vers un centre d'appel, qui finit par m'expédier vers un autre centre de dépannage, aux USA. Il m'appelle. Charmante conversation. (Entre temps, le logiciel avait été débloqué.) Quoi que un peu inquiétante : se faire aider demande d'autoriser Microsoft à avoir accès à son ordinateur. 

Finalement, j'utilise assez peu Office 365. L'autre jour, au moment d'y avoir accès : refus. Message incompréhensible. Je pense à résilier mon contrat, mais je n'y ai plus accès ! J'y reviendrai quand j'aurai du temps. Ce que je fais. Il s'agit de charger un logiciel d'authentification sur mon portable. (Et s'y je n'en avais pas ?!). Puis de lire, avec mon portable, un code, qui est sur mon écran. Cela finit par réussir. Mais j'ai encore à utiliser ce sacré système pour d'autres manipulations. 

Entre temps, Explorer s'est mis à me redemander des mots de passe et MacBook aussi. Je parviens à régler ces problèmes. Mais, en ce qui concerne MacBook, la procédure semble avoir été compliquée : elle a demandé à Apple plus d'une semaine. (Elle concernait le service de commerce en ligne d'Apple, que je n'utilise pas, et dont j'avais perdu le mot de passe.) J'oubliais : mon ordinateur s'est remis à me demander mon mot de passe, et plus mon empreinte... Et aussi : Google Drive ne conserve plus une copie de mes programmes sur mon ordinateur... J'envisage une grande migration. 

Kafka : notre vie va-t-elle devenir un enfer numérique ? 

jeudi 31 mars 2022

Grandeur et décadence de l'ingénieur

Dans mon enfance, l'ingénieur était élite de la nation. Aujourd'hui, il est une sorte d'espèce protégée. Il a quelques emplois réservés, extérieurement prestigieux, mais sans conséquence. 

C'est peut-être l'histoire des deux sens de logos. Logos voudrait à la fois dire raison et parole. Eh bien, le tout parole a pris le pas sur le tout raison. L'X-Mines a été remplacé par l'inspecteur des finances. "Ingénieur" est à entendre au sens anglais : rustre.

Causes ? Trois hypothèses :

  • Le progrès, et ses grosses usines pestilentielles, a fait son temps. Toute la séduction de l'ingénieur s'est envolée. 
  • On a testé, ça n'a pas marché. L'ingénieur a dirigé notre pays et ses entreprises. Cela leur a été fatal. En le ménageant, on l'a écarté. 
  • Désormais, celui qui veut arriver au sommet doit s'expliquer. Or, l'ingénieur n'a pas été formé pour cela. 

Après l'ère de l'ingénieur autiste nous en sommes arrivés à celle du bonimenteur ? Pas tellement mieux ? Comment le dirait Aristote, il faudrait un "juste milieu" entre ces deux extrêmes. Le logos bien compris. L'homo sapiens ? 

mardi 15 mars 2022

Intelligence artificielle, calamité agricole ?

L'avenir de la ferme serait le robot. Attention, danger, disent des chercheurs

Dangers apparemment paradoxaux. Ils sont pour ceux qui utilisent, et pour ceux qui n'utilisent pas...

  • Cyber risque, pour commencer. Sans commentaire. 
  • Danger de mauvais dosage et de dommages graves à l'environnement, faute de prise en compte des effets à long terme des traitements.
  • Perte de compétitivité de la plupart des agriculteurs, qui ne pourront se payer ces robots...
Que penser de cette étude ? En tout cas, cela pourrait illustrer un effet pervers d'une forme de progrès : des gains à court terme, qui l'imposent, mais des coûts à long terme. 

(Illustration d'un billet précédent sur le coût du progrès ?)

lundi 14 mars 2022

Les externalités du progrès

L'ordinateur est sensible au rayon gamma. Or, le rayon gamma est partout. Résultat ? Un pilote automatique qui se débranche, un comptage électoral faux... Problème sérieux lorsqu'il s'agit de commande de type "discret", zéro ou un (j'accélère ou je freine, par exemple.)

C'est pourquoi, de plus en plus, les systèmes de contrôle sont redondants. 

Seulement, la miniaturisation constante des composants électroniques pose de nouvelles difficultés : contrairement aux anciens composants, ceux des nouvelles générations sont sensibles à des impulsions électriques infimes... 

Voilà ce que disait l'émission de radio Radiolab. 

Ce qui amène à s'interroger sur le progrès, au sens où on l'entend depuis quelques siècles. Il est de notoriété publique que l'on commence par en voir les avantages, avant d'en percevoir les "externalités négatives". Externalités que l'on met des décennies à maîtriser de manière "satisfaisante". Seulement, la question que l'on ne se pose pas est : et si ce progrès était une sorte "d'attrape nigaud". Et si l'innovation consistait à masquer habilement son coût réel ?

vendredi 4 mars 2022

Docteur Folamour

Dr. Strangelove.png

Les Russes tirent sur une centrale nucléaire. Information au réveil. Puis, un Ukrainien contacté par la BBC explique qu'il s'agit du dortoir de la centrale. 

M.Poutine nous avait déjà parlé de son gros arsenal nucléaire. Et si le nucléaire pouvait tuer autrement que par des missiles ? 

Et si M.Poutine était en train de perdre la face ? Pas parce qu'il n'arrive pas à conquérir l'Ukraine, mais parce que son armée est ridicule. J'ai cru comprendre, toujours la BBC, que l'on n'avait pas dit aux soldats qu'ils partaient à la guerre... Si c'est vrai, ils ne doivent pas être très combattifs... 

Et si l'Ukraine menaçait de tuer le rêve de grandeur de Vladimir ? Un monde dans lequel la Russie éternelle ne serait plus rien est-il acceptable par lui ? Que ferait-il ?

La question que posait Dr Folamour ne serait-elle pas d'actualité ? Si nous survivons à cette guerre, ne faudra-il pas prendre conscience du besoin d'un mode de "gouvernance" qui convienne à une humanité explosive ?

(A ce que l'on dit, l'Ukraine est truffée de réacteurs nucléaires.)

Texte associé par wikipedia à la photo : "By Directed by Stanley Kubrick, distributed by Columbia Pictures - Dr. Strangelove trailer from 40th Anniversary Special Edition DVD, 2004, Public Domain, Link."

mercredi 26 janvier 2022

Vaccin et Aristote

Etes vous "vac" ou "antivac" ? Aristote dirait probablement que la question n'a aucun sens. 

Une émission de France Culture que cite ce blog raconte l'histoire des vaccins. Il y a eu des hauts et des bas. Le vaccin a eu des succès retentissants. Mais, on a cru aussi, comme durant la guerre de 14, qu'il pouvait faire des miracles. Et il a tué. 

D'ailleurs, cela s'applique à Pasteur, il se pourrait que l'on ne considérerait pas les pratiques qui ont fait la gloire du vaccin comme étant acceptables aujourd'hui. En ces temps, les dangers n'étaient pas les mêmes, pas plus que le prix de la vie. D'ailleurs, comme le rappelle un ami, ce n'était pas qu'une question de vaccin. Le vaccin faisait parti du "progrès", et l'on était prêts à mourir pour le progrès ! 

Bref, comme le disent les philosophes pragmatistes, il n'y a pas de certitudes,  il n'y a que des choses "qui marchent", et d'autres pas. Aristote parlerait de "juste milieu". Sa particularité est d'être entre les extrêmes, et de devoir se chercher au coup par coup...

samedi 1 janvier 2022

2022 : année du bourrin ?

1% des élèves actuels parviendraient à entrer parmi les 10 meilleurs % d'il y a 30 ans, disait ce blog. Notre modèle de société est-il en train de changer ? Jadis, quelques grands hommes qui faisaient évoluer les idées et la science. Aujourd'hui, le monde est dominé par des esprits frustes, le reste de la population étant à leurs ordres. Entre-t-on dans un nouveau type de progrès ? 

Ce que l'informatique appelle "l'agilité" nous montre peut-être la voie. L'agilité est l'art du bourrin. C'est le développement de logiciel par essais et erreurs, mais sévèrement encadré, de façon à ne pas trop laisser passer d'erreurs. Et lorsqu'elles parviennent à passer et qu'elles tuent, on fait un procès, on paie les parents des victimes, et on améliore les batteries de test. 

On pourrait donc imaginer un monde "à l'américaine", qui ne chercherait plus à comprendre, comme par le passé, mais dans lequel de gros machos sur le modèle de D.Trump pleins du sentiment de leur supériorité se jetteraient à l'assaut de l'avenir. Certains parviendraient à survivre. De temps à autres leur "science sans conscience" produirait des crises environnementales. D'autres monteraient alors aux créneaux pleins de nouvelles certitudes. 

Après tout, c'est peut être comme cela que la sélection naturelle et le virus procèdent. Ce qu'Hannah Arendt a appelé "l'animal laborans" serait-il l'avenir de l'Homo sapiens ?

vendredi 31 décembre 2021

Réveil virus

2021, nouvelle année virus. 

Ce virus a eu un curieux effet. Il a trouvé la faille de notre société. Il a frappé son principe fondateur. Il fait dégringoler tout l'édifice social.

Voilà un exemple de destruction que n'avait pas prévu Schumpeter. 

Les anciennes religions auraient parlé de péché, et de main de Dieu. Avec raison. Le péché c'est "l'hybris" humain. Nous prétendions nous être affranchis de la nature, pouvoir vivre dans un monde de notre invention. Or, le principe même de la vie semble être la recherche aléatoire des failles de tout édifice. Ainsi il le force à évoluer. 

La devise du virus n'est peut être pas "indignez-vous", mais "réveillez-vous" ! 

(Ou, qui sait ?, "travaillez, prenez de la peine, c'est le fonds qui manque le moins !")

vendredi 15 octobre 2021

Déodorants et phtalates

Le Monde disait, l'autre jour, que les déodorants seraient soupçonnés d'être à l'origine de cancer du sein et que les phtalates, qui se trouveraient dans des objets et des aliments, auraient causé 100.000 décès prématurés aux USA. 

Rien de nouveau. On utilise d'abord, et on constate ensuite. Rayons X, amiante, DDT, etc. 

Ne serait-il pas temps de prendre conscience de ce phénomène ? Et, d'une part, de cesser de dire d'une innovation qu'elle est évidemment sans risque, ce que personne ne croit, et, d'autre part, qu'il serait bien de l'éviter, dans la mesure du possible, en utilisant au maximum ce qui semble avoir fait la preuve de son innocuité ? (C'est probablement la logique du "circuit court".)

jeudi 22 juillet 2021

La culpabilité de l'histoire

Ma grand mère me disait qu'en l'an 2000 on mangerait des pilules. Tout le monde pensait comme elle, dans les années 60. Ce qui paraissait malsain, c'était ce qui était naturel. Paul Newman fait bombarder, par un le héros d'un de ses films, une petite fille à l'esprit pur, de rayons gamma des marguerites. Voilà comment l'on fait des découvertes bonnes pour l'humanité. D'ailleurs, il n'y a pas si longtemps, je lisais un article américain qui s'inquiétait de ce que, chez les pauvres, les enfants allaient jouer dans la nature lorsqu'ils rentraient de l'école. Pas étonnant qu'ils ne fassent pas d'études. 

Nos idées sont collectives. Le plus surprenant, en conséquence, est l'effort actuel pour réécrire le passé. 

Tout cela est peut-être la manifestation d'une pathologie sociale. Pour une raison à déterminer, il existe actuellement une obsession d'être le bien absolu. Un bien qui serait éternel. Universalisme et anti relativisme. Paradis sans confession. Pour cela ce bien est défini de manière plus ou moins arbitraire. Et tout ce qui diffère de cet absolu est condamné. 

jeudi 27 mai 2021

Candide essuie-glace

 "On pouvait penser, depuis Voltaire, que chaque génération avait besoin de son Candide. Chacune ayant ses propres façons d'enfumer ou de salir les vitres qui la séparent des saines réalités, cet entrain à les asperger d'eaux claires est un art de salubrité publique. Or, dans l'ère de progrès où nous voici engagés, dans la bousculade et la frénésie qui "accélèrent" (on nous le dit) l'Histoire où nous sommes emportés, c'est tous les ans qu'il faudrait un Candide, et, d'aventure, tous les mois ; ou, mieux encore, périodiquement, plusieurs Candide." (Maurice Genevoix)

Comment se fait-il que notre société ait, effectivement, une telle capacité au délire ? Qu'il lui faille des crises comme celles que nous vivons actuellement pour que celui-ci soit un rien ébranlé ? Nous faut-il des Candide ou, plutôt, abattre les remparts que nous avons édifiés pour nous protéger de la nature, qui nous empêchent de voir, et de nous adapter ? Sommes-nous, nous et notre éducation, devenus, trop "artificiels" ? 

mercredi 27 janvier 2021

Vaccination permanente

On s'était habitué au vaccin définitif. Mais il se pourrait qu'en ce qui concerne le coronavirus, on retrouve le scénario de la grippe : une vaccination annuelle pour contrer les mutations du virus. Les laboratoires pharmaceutiques seront riches. Le nouveau GAFA ?

Or, il n'est pas interdit de penser que les techniques que nous utilisons actuellement puissent modifier notre génome. Cela n'est pas forcément un mal. L'homme subit, depuis quelques millénaires, des mutations génétiques accélérées. C'est une conséquence de contraintes sociales (adaptation à l'altitude, au lait...). Mais il faut, tout de même, faire attention. Le danger, dans ces conditions, c'est l'aveuglement. Par exemple : interdit de critiquer la science. 

Ne serait-il pas temps de se demander pourquoi les conséquences sur l'homme du développement de la société doivent être aussi violentes ? Et s'il n'y aurait pas quelque manière de faire un peu plus pacifique. 

dimanche 24 janvier 2021

La réalité comme création ?

L'histoire de la FNSEA que je cite dans un billet précédent nous rappelle que jadis, dans mon enfance, on croyait à la science. L'artificiel (créé par l'homme) devait remplacer le naturel. On prévoyait un avenir où l'on mangerait des pilules. Les gens seraient des OGM. On conquérait l'espace. On vivrait dans des bulles. Pour Paul Newman, le poète bombarde les marguerites avec des rayons gamma. C'était le progrès. 

Les mêmes images, par exemple de ville, ne sont pas interprétées de la même façon aujourd'hui. Comment se fait-il que la société ne voit plus la réalité comme dans le passé ? 

Peut être avons-nous besoin de rêver, mais que notre rêve a besoin d'être renouvelé pour durer ? Il s'est épuisé ?

Le plus surprenant peut-être est que l'épidémie ait révélé que nos dirigeants ne nous ressemblent pas. Eux semblent croire à l'autorité de la science, au pouvoir des experts. Ce sont des extraterrestres ?

vendredi 15 janvier 2021

Progrès

Qu'est-ce que le progrès ? Pour les Lumières, c'était celui de la "raison". L'humanité allait devenir "sage" grâce au bon usage, ou au développement de quelque-chose qui se nomme la "raison". Qu'est-ce que cela signifie ? Peut-être que nous éviterions ce que nous considérons, avec le recul, comme des drames humanitaires, dûs à notre aveuglement. 

Curieusement, le travail sur la "raison" que cela signifiait a été abandonné, et "progrès" a changé de sens.

Ces mécanismes de changement de sens mériteraient d'être étudiés. En fait, on ne cherche jamais la signification d'un terme, on la déduit de son contexte. Comme le contexte change, le mot change. Il y a peut-être aussi des mécanismes plus volontaires : pour faire de la publicité on s'approprie un mot que la population aime bien, et on l'associe à ce que l'on fait. 

Ce qui a peut être perdu les philosophes de Lumières, c'est qu'ils n'en sont pas restés au problème. S'ils nous avaient laissé une question, façon tables de la loi, peut-être que nous nous chercherions encore à la résoudre. Alors qu'ils ont cherché à nous laisser des solutions. Et le sort des solutions est de dériver et de se transformer, radicalement. 

lundi 4 janvier 2021

Souverainisme ou du bon usage des mots ?

Souverainisme ? Hier, cela sentait le soufre et le FN. Maintenant, on en arrive à se demander si tous ces gens qui semblaient être passés de l'extrême gauche à l'extrême droite (Chevènement et autres Debray) n'étaient pas en avance sur leur temps. Et si l'altermondialisme, si proche de la "relocalisation" et des circuits courts post coronavirus, n'est pas un souverainisme. 

Souverainisme = humanisme ? La mesure de toutes choses n'est pas le PIB, mais l'homme ? Les experts et leur parole d'autorité, aux vestiaires ? L'homme est souverain de son destin ?

Pensons-nous correctement ? Un nouveau concept (souverainisme dans ce cas) apparaît, on l'approuve ou le désapprouve, par un raisonnement superficiel. Nous jugeons à l'apparence ? Mais aussi, du danger des mots ? Ce ne sont pas des solutions, mais des problèmes ? Croire qu'avec un mot l'on tient une solution, c'est le début des problèmes ? Tout le combat d'une forme de souverainisme ?

jeudi 24 septembre 2020

Moderna

Webinaire du PDG de Moderna, entreprise de Biotech en tête de la course au vaccin anti coronavirus. Ce que j'ai compris (avec des erreurs probables, notamment en ce qui concerne le procédé).

(PS. Rediffusion : https://www.youtube.com/watch?v=T8rRVWRMnvM&ab_channel=SymposiumCentraleSup%C3%A9lec

Moderna est une start up. Le fruit d'un pari. Utiliser "l'ARN-messager" (ARNm), pour apprendre au corps à se défendre lui même contre une maladie. C'est la troisième génération des techniques de fabrication d'un vaccin.

Ce que j'ai cru comprendre est qu'il s'agit d'envoyer le "bon" message aux ribosomes, qui vont produire un antigène du coronavirus (pour prendre un exemple). Technique peu coûteuse, car,  toujours si j'ai bien compris, à partir du moment où l'on a la description de l'agent pathogène, trouver le "bon message" est un exercice informatique de quelques heures ou jours ; l'ordinateur commande alors des machines qui produisent le vaccin ; viennent alors les tests, aussi longs qu'avec une autre technique. Celle-ci aurait l'intérêt de pouvoir modifier très vite ses vaccins (sans besoin de validation), en cas d'une mutation modeste du virus.

Moderna ou les USA et le capitalisme à leur meilleur ? 
Pour Moderna, une société qui n'avait jusqu'ici pas d'horizon à plus de trois ans, le coronavirus vaut 30 milliards de dollars. En un an.

Le PDG de la société a compris, dès janvier, qu'il était en face d'une pandémie. Il a donné à son équipe l'objectif de produire un milliard de doses. Il n'avait pas les moyens financiers pour. D'autant qu'il doit assurer son approvisionnement, acheter des machines, embaucher et donc payer cash. En mai, il levait 1,3md$ (sa précédente levée, en 2018, était de 628m$, déjà un record). Mais, essentiellement, il a été financé par les Etats, en particulier les USA qui, ont payé cash, eux aussi, tout ou partie de centaines de millions de doses hypothétiques.

L'administration américaine s'est transformée. Là où il fallait 6 mois pour avoir une réponse, celle-ci est maintenant instantanée. Quant à M.Trump, serait-il un agité de surface ? En tout cas, la société n'a subi aucune pression, d'aucun gouvernement. Cependant, elle a pris la précaution d'installer une seconde unité de fabrication en Suisse, jugeant qu'il y avait peu de chances qu'un pays de 9m d'habitants exige l'intégralité de sa production...

Y en aura-t-il assez pour vacciner tout le monde ? Oui. En fait, aucun des fabricants de vaccin n'a la capacité de répondre à la demande mondiale. Les différents vaccins vont donc se compléter. Celui de Moderna pourrait être le plus efficace, donc réservé aux personnes fragiles et aux soignants. Au passage, j'ai découvert qu'un vaccin n'était pas parfait. Il réduit les risques de complication plus ou moins sérieusement. Les premiers vaccins pourraient être disponibles en fin d'année. Mais le gros de la vaccination se fera en 2021.

Par ailleurs, il faut deux doses par personne, et il y aurait un risque de seconde vague, en hiver, façon grippe espagnole (apparemment pour raison de confinement durant l'hiver).

Le progrès, c'est sauter dans l'inconnu
Et les dangers ? L'accélération de la phase de tests ? Moderna a systématiquement joué avec un coup d'avance, il a lancé les fabrications nécessaires à la prochaine phase de tests, alors que la précédente commençait. Les tests continueront durant les premières vagues de vaccination (sur des millions de personnes, donc). Ce qui probablement en dit long sur les risques que les Etats sont prêts à prendre pour arrêter l'épidémie. A noter qu'il est possible d'aller encore plus vite : la société étudie ce qui peut être les prochaines générations d'agents pathogènes ; en quelque-sorte elle anticipe les premières étapes de test.

Un autre risque, que j'ai mal compris, et qui pourrait avoir affecté les recherches d'un concurrent (Oxford), est que la protéine produite par le vaccin puisse correspondre à une protéine déjà connue par le corps, et qui déclenche des effets indésirables.

Les véritables risques sont à long terme. Il faudra attendre pour mesurer les effets secondaires de ces traitements. En tout cas, encore si j'ai bien compris, les molécules d'ARNm sont détruites par le corps en 48h, et il y a peu de chances qu'elles fassent de nous des OGM : elles ne rentreraient pas dans le noyau des cellules, du moins selon les observations faites à ce jour.

Plus curieusement, il y a le cyber risque. La société, comme ses confrères, est l'objet d'attaques qui visent soit à lui voler son savoir-faire soit à arrêter sa production. La sécurité informatique est capitale, Moderna collabore avec les banques et l'armée, dans ce domaine, et son architecte informatique est une des personnes les plus importantes de la société.

Et les vaccins ? Pourquoi leur résiste-t-on ? Pas uniquement par obscurantisme. Le vaccin de la grippe ne serait pas efficace. Et les fabricants auraient ajouté à leurs vaccins des adjuvants. Pour éviter toute tentation de ce faire, Moderna et ses concurrents ont publié leurs protocoles de fabrication.

The sky is the limit
Et l'avenir ? En bon français, la récompense de "betting the farm" est : "the sky is the limit". Si ce projet est un succès, Moderna fera en un an un chiffre d'affaires de 30md$ (les start up du numérique doivent pâlir d'envie). La société aura alors les moyens de financer une recherche tous azimuts.
Si je comprends, toujours, bien, du VIH au cancer, en passant par les virus les plus méchants, rien n'est hors de portée. Dans dix à quinze ans, Moderna dominera l'industrie du vaccin.